Hifi Vintage – Enceintes colonne prestigieuses : Cabasse Brigantin V (1984) & JM Lab Alcor (1991)

Voici deux réalisations exceptionnelles dans le domaine des colonnes passives à haut rendement des années 80-90, élaborées par deux prestigieuses marques hexagonales : Cabasse, avec sa Brigantin V, une enceinte close 4 voies sortie en 1984, et JMLab, avec son Alcor, une enceinte bass reflex 3 voies sortie en 1991.

Histoire de la marque Cabasse :

Georges Cabasse, physicien et musicien, descendant de plusieurs générations d’artisans luthiers français, créa son entreprise en 1950. Il commença à accroître sa notoriété en 1952 en réalisant la sonorisation du cinéma le Grand Rex à Paris, la première salle de France équipée en Cinémascope, pour laquelle il fabriqua le Diphone, un haut parleur coaxial de 36 cm de diamètre et de 12 cm pour l’aigu. Puis il créa La Maison du haut-parleur, qui réalisait des réparations et des échanges de haut-parleurs. Avec l’arrivée des premières chaînes haute-fidélité domestiques dans les années 60, l’industrie du haut-parleur fut littéralement dopée et la famille Cabasse décida alors de construire sa première usine de production, à Brest. Cela permit ainsi l’édification de la plus grande chambre sourde d’Europe (2000 m3 bardés d’une couche de 2,50 m d’isolant phonique sur le plafond, les murs et le sol) dédiée à la Hi-fi et pour réaliser les tests nécessaires à la mise au point des enceintes, jusqu’au bas du spectre sonore, dans le registre de l’extrême grave (16 Hz).

L’entreprise suivit alors la ligne conductrice inspirée de son créateur Georges Cabasse : la fabrication d’enceintes privilégiant le rendement, la linéarité acoustique et le réalisme de reproduction. Les innovations se succédèrent avec plusieurs séries d’enceintes et le travail avec les professionnels dans le cadre de productions spéciales : En 1980, la structure « nid d’abeille » permet à Cabasse d’appliquer leurs dômes rigides aux haut-parleurs bas médium et basse fréquence pour des diamètres allant de 17 à 55 cm. En 1986, la mousse alvéolaire est développée, peu de temps après la Duocell, une structure de membrane en mousse thermoformée. En 1992, le principe SCS (Source à cohérence spatiale) est mis au point. Selon le SCS, tous les haut-parleurs de l’enceinte sont sur un même axe, formant une portion de sphère pulsante lors de la reproduction de sons.

En 2001, la marque Cabasse est rachetée et devient la SA Cabasse Industrie. Elle est mise en redressement judiciaire en avril 2003 et liquidée judiciairement en juillet de cette même année. En septembre 2006, le groupe japonais Canon rachète Cabasse. En septembre 2014, AwoX, société basée à Montpellier spécialisée dans l’audio et la musique dématérialisée devient le nouveau propriétaire de la marque.

Cabasse Brigantin V (1984-89) :

Cabasse Brigantin V

C’est le haut de gamme Cabasse de l’époque : un poids de 75 kg, 1,45 mètre de hauteur, une puissance efficace admise de 150 watts et de 850 watts en crête pour un rendement de 94 db/1w/1m (ce qui est excellent pour de la hifi), un grave de 36 cm de diamètre pesant 10,3 kg, un filtre passif 4 voies, bref, nous sommes ici dans le haut du panier des réalisations de prestige et il vaut mieux habiter un pavillon de plain-pied équipé d’un très grand salon ou carrément un loft pour en profiter.

Les haut-parleurs : Les analyses spectrales d’un signal complexe montrent que la puissance maximale est en général délivrée au alentours de 400 Hz, c’est à dire dans le bas médium. Cette gamme de fréquence nécessitant une surface de rayonnement importante, Cabasse apporte comme solution le HP bas médium 17NDM, dont la membrane est réalisée avec un sandwich à âme en nid d’abeilles, moulé en forme de dôme, entre deux parements très rigides, ceci aboutissant à une membrane très légère et très rigide permettant des transitoires exceptionnelles.

Les hauts-médiums pour leur part, sont reproduits par un haut-parleur à dôme de 5,5 cm de diamètre, le DOM 11, et les aigus par un modèle à dôme de 2,5 cm, le DOM 4. Leur très faible surface de rayonnement, en fonction des fréquences reproduites, leur permet de s’approcher de la conception idéale selon laquelle un haut-parleur ne devrait pas avoir de masse et posséder en même temps une rigidité absolue. Enfin, les graves sont reproduits par un haut-parleur à cône de très grande dimension (36 cm), le 36 EY dont le poids est supérieur à 10 kg.

L’écoute : La dynamique de ces enceintes est formidable et elles restituent une foultitude de détails qui restent intelligibles même à volume élevé ; les basses descendent très bas jusque dans l’infra-grave. Seuls petits défauts : Il y a sur certains morceaux un sentiment de creux dans les graves utiles, qui peut être dû au placement des enceintes dans la pièce par rapport au mur où à leur fonctionnement en charge close ; le haut médium est un peu trop optimiste et mériterait d’être légèrement mis en retrait. L’enceinte est équipée de roulettes, ce qui n’est pas du luxe pour la déplacer vu son poids. La finition de l’ébénisterie est remarquable.

Prix d’occasion : à partir de 2500 € la paire.

Histoire de la marque Focal-JM Lab : 

Focal-JMlab fut d’abord un bureau d’études dédié à l’acoustique créée fin 1979 à Paris par Jacques Mahul. Cet ingénieur passionné de Hifi et journaliste technique met au point ses premiers haut-parleurs et lance sa propre gamme d’enceintes acoustiques sous la marque JMlab. Sa première enceinte, la DB13, est une enceinte de bibliothèque qui a la particularité d’offrir un volume sonore comparable à des enceintes plus imposantes, notamment dans le grave. Au cours des années 1980, les deux marques se structurent : Focal innove avec des spécialités comme la membrane Polyglass en « V » ou le Polykevlar. Ainsi le tweeter passe de la fibre de verre au Kevlar, lui donnant une courbe de réponse en fréquence plus linéaire et des aigus plus doux, moins stridents. Ces créations successives permettent à l’entreprise JMlab d’introduire ses premiers modèles haut de gamme. L’histoire s’accélère en 1990 avec l’arrivée de Gérard Chrétien, autre passionné de hi-fi, rédacteur en chef de la revue L’Audiophile depuis 1977 et directeur général et marketing de Focal-JMlab jusqu’en 2010. En adaptant ses produits aux exigences des consommateurs, la marque devient leader sur le marché français de l’enceinte acoustique. La notoriété de la marque à l’international s’appuie sur de nombreuses récompenses : le modèle JMlab Vega élu « Enceinte de l’année 1992 » au Japon, pays des audiophiles, et en 1996, le prestigieux modèle Grande Utopia est salué par la presse spécialisée internationale.

JM Lab Alcor (1991) :

JM Lab Alcor

Commercialisée au début des années 90, elle est l’héritière des technologies les plus innovantes issues des laboratoires de la société sœur de JMLab : Focal. Focal était déjà à la pointe, avec ses célèbres kits commercialisés depuis le début des années 80. Il y avait eu entre autres les fameux kit haut de gamme 500 & 600 Focal, composés du caisson mini Onken équipé d’un boomer de 10 pouces (25,4 cm), le 10C01, surmonté d’un coffret ovoïde en plâtre armé de fibre de verre (pour mieux éliminer toutes les arêtes et ainsi assurer le meilleure dispersion spatiale), équipé de l’excellent tweeter T120 FC avec son dôme inversé en fibre de verre, et du médium à ogive centrale 7 MC2 (Kit 500) ou 7N 303 (kit 600). Cette enceinte acoustique avait un excellent rendement et une grande neutralité sonore, surtout dans le haut du spectre. Mais la JMLab Alcor, était une enceinte manufacturée équipée de transducteurs encore plus sophistiqués. Elle pesait 85 kg, faisait 1,20 mètre de hauteur, acceptait une puissance efficace de 200 watts et de 300 watts en crête pour un rendement de 92,5 db/1w/1m.

Les haut-parleurs : Dans l’Alcor, le woofer est un HP de 312 mm à cône Polykevlar, équipé d’un puissant circuit magnétique constitué de 12 petits aimants circulaires répartis en périphérie. Cette originalité Focal autorise une énergie très élevée et procure une ventilation naturelle. Le polykévlar est un sandwich de deux feuilles de kévlar enserrant un mélange résine/microsphères creuses ; on élimine ensuite un maximum de résine pour ne conserver que les éléments de base. La rigidité est telle qu’un homme debout sur le cône ne le fait pas fléchir!

Deux médiums à ogive et cône Polykevlar, sont relayés par le tweeter à 2,5 khz afin d’éviter les interférences mutuelles situées au delà de leur zone idéale de fonctionnement.

Le tweeter Tioxid se charge de la bande 2,5/25 khz. Son dôme concave Tioxid à pièce de phase, sa suspention plane et son énorme aimant lui permettent de couvrir une très grande étendue du spectre aigu en gardant une linéarité remarquable. Le Tioxid consiste en une base de titane recouverte d’une couche de 7µm d’Oxyde de titane. Les ondes se répartissent ici de manière concentrique.

L’écoute : Un son limpide et chaleureux, très équilibré du bas jusqu’au sommet du spectre sonore sans que le médium ne soit trop mis en avant malgré la présence de deux haut-parleurs dans ce registre. La scène sonore est splendide et réaliste. Si l’on a la chance d’en trouver un paire d’occasion (elles sont très rares…), on a beau les écouter souvent, on reste bluffé par le résultat, et on peut passer des heures à redécouvrir sa discothèque (surtout lorsqu’elles sont branchées sur un ampli à tube, même de faible puissance, leur rendement étant relativement élevé).

Prix d’occasion : à partir de 2500 € la paire.

Sono Vintage – Tables de Mixage des années 80 – Partie 2

Voici la suite et fin de l’article : Sono Vintage – Tables de Mixage des années 80 – Partie 1 paru sur Echoretro le 12/06/2017. Ce mois-ci nous allons parler de tables de mixage populaires dans la seconde moitié des années 80 (les 3XXX 6003, AMIX BCC65 et Power 415).

3XXX 6003 (1987-1996) : 

3XXX 6003

La 6003 restait fidèle à la présentation traditionnelle des appareils de la marque 3XXX : finition de la façade en aluminium couleur champagne rosé. Cette table était prévue pour être encastrée et les connecteurs se trouvaient sur la face arrière.

Fonctions et réalisation :

C’est un modèle stéréophonique à 6 voies d’entrée et deux de sortie. Toutes les voies d’entrée sont pratiquement identiques. Elles ne diffèrent seulement que par le type de sources auxquelles elle peuvent être reliées : il existe trois voies micro/ligne et trois phono/lignes. Dans tous les cas, un bouton poussoir sur le fond de la console permet de choisir entre les deux types de sources. Les prises d’entrée sont des Cinch pour phono et ligne et des jacks monophoniques 6,35 mm pour les micros.

Chaque voie comporte un réglage de niveau par potentiomètre linéaire ALPS de haute qualité, et cinq potentiomètres rotatifs pour le réglage de la balance, l’envoi de la modulation sur un circuit auxiliaire, le réglage de grave et d’aigus et celui de la sensibilité qui varie en fonction du niveau des sources. Le signal est disponible sur trois sorties, deux stéréos sur Cinch, la première gérée par potentiomètre linéaire, la seconde par potentiomètres rotatifs, la troisième est disponible en signal asymétrique et symétrique sur jack 6,35 mm, destinée au light-shows. Une sortie casque avec réglage de niveau permet le contrôle de la modulation, avec contrôle de chaque voie sélectionné par le poussoir Cue de chaque voie ou bien la sortie générale sur deux prises en face avant et une en face inférieure. Il existe un circuit d’ordre avec embase XLR pour micro sur flexible avec réglage de niveau et sélection possible vers deux circuits. Enfin, il existe un circuit auxiliaire monophonique et deux circuits d’extension permettant de connecter à travers un commutateur une console spécialisée directement sur le BUS sans réglage pour l’une et sur le circuit auxiliaire avec un réglage pour l’autre.

La construction de cette console est de type professionnelle par tranche. Le BUS fait appel à une nappe souple fixée sur chaque tranche par un connecteur. Le démontage et la maintenance s’en trouvent facilités. Les circuits intégrés sont tous montés sur support. Le bruit de fond est inaudible (80 dB de rapport S/B) et la saturation apparait à partir de 10 volts en sortie, sachant que le 0 dB est à 0,775 volts, on a de la marge…

Prix du modèle neuf en 1987 : 14.490 F soit 3745 € avec 69,5% d’inflation. Valeur actuelle : 300 €.

AMIX BCC 65 (1987-1994) : 

AMIX BCC 65

Sacrifiant à la modularité  de la console CSL-AV, la BBC 65 en conservait néanmoins toutes les qualités et toutes les performances même par certains côtés améliorés puisque dotée d’une correction médium sur les voies stéréophoniques. Le sacrifice de cette modularité permettait d’obtenir un mélangeur d’un prix très attractif adapté aux petites et moyenne radios. La table permettait aussi aux grandes discothèques de sonoriser des formations musicales.

Fonctions :

La BBC 65 était pourvue de 6 voies stéréophoniques avec électrostart et de 5 voies monophoniques adaptées au micro, dont une voie DJ  et une voie micro/téléphone. Trois des 6 voies stéréophoniques sont commutables Phono/ligne, 3 des 5 voies monophoniques sont commutables en micro/ligne mono. La BBC 65 dispose de 6 sorties, 3 sortie stéréo, une sortie écho, une sortie mono, une sortie enregistrement après voice over. La connectique d’entrée sortie est XLR Cinch et Jack 6,35 mm.

Prix du modèle neuf en 1987 : 18.900 F soit 4885 € avec 69,5% d’inflation. Valeur actuelle : 400 €.

Power PMP 415 (1985-1996) : 

Power PMP 415

Conçue pour un usage polyvalent notamment en radio, discothèque et production audiovisuelle, la console PMP 415 offrait une grande capacité de voies d’entrée associée à un large ensemble de fonctions d’exploitation.

Fonctions :

Ainsi pour un usage radio, on note la présence d’un circuit de monitoring par sélection clavier, un circuit aller/retour pour insert téléphonique, un groupe pour machines à jingles, un circuit d’ordres. Pour une utilisation en discothèque, on note la présence d’un filtre actif 3 voies stéréo intégré qui autorise une multiamplification directe du système de diffusion sonore (HP aigu, médium et grave). En production audiovisuelle, la PMP 415 permet une grande souplesse d’emploi du fait de la polyvalence de ses voies d’entrée (RIAA/Ligne/Micro).

Pour les entrées : La 415 comprend 3 voies d’entrées stéréo commutables phono/ligne, 4 voies d’entré ligne stéréo commutables en voie mono, 2 entrées stéréo pour machines à jingles, 1 voie d’entrée spéciale pour le micro du DJ.

Pour les sorties : 2 sorties stéréo principales, une sortie mono symétrique sur transfo pour light-show, une sortie enregistrement stéréo et des circuits auxiliaires.

Pour les circuits auxiliaires : Au nombre de six, ils comportent : un circuit compresseur autofade réglable en efficacité et en temps de relâche, commandé par la voie micro DJ et les entrées machines à Jingles ; un monitoring stéréo sortie ligne et casque avec clavier sélecteur pour contrôler le circuit de préécoute, la sortie stéréo master, le retour téléphone et deux retours extérieurs (ordres/intercom) ; un réseau d’ordres vers 2 directions : prise XLR pour micro en face avant et possibilité de relier ce micro à l’entrée DJ ; un circuit aller/retour pour relier un insert téléphonique ; une entrée BUSS-IN pour relier une console d’extension ; un filtre actif 3 voies en aval de la sortie master avec fréquences de recoupements commutables (500-1000 hz entre voies grave/médium et 1200/5000 hz entre voies médium/aigu) ; enfin, un banc de VU-Mètres avec sélection sortie Master/préécoute calibrage.

Prix du modèle neuf en 1987 : 12.982 F soit 3355 € avec 69,5% d’inflation. Valeur actuelle : 500 €.

Sono Vintage – Tables de Mixage des années 80 – Partie 1

Celles ou ceux qui ont pu passer derrière la régie sono d’une discothèque dans les années 80 ont pu le constater : la table de mixage était la pièce maîtresse du dispositif d’appareils permettant aux DJ (qui à l’époque n’étaient pas considérés comme des artistes à part entière, mais comme des programmateurs musicaux sachant faire un bon “tempo”) de superposer correctement les BPM (Beat Per Minute) des titres programmés afin de les enchaîner au rythme adéquat. Certains parlaient de temps en temps au micro, et se firent ainsi une petite réputation en tant qu’animateur (surtout au début des radios locales FM, alors que les discothèques recrutaient leur DJ parmi les animateurs du sempiternel Hit parade diffusé le samedi après-midi à l’antenne), mais la grosse majorité d’entre eux créaient la couleur musicale de la discothèque où ils mixaient, et parfois sa réputation aussi. Au début des années 70, avec l’apparition des discothèques, des sociétés d’électronique décidèrent de se lancer dans la production de tables de mixage de discothèques, la plus célèbre d’entre elles étant sûrement Freevox qui a déjà fait l’objet d’un article sur Echoretro. Dans cette première partie, nous allons parler de quelques tables de mixages populaires du début des années 80 (les Amix Desk 55, Frank 885 et Power PMP 403). La deuxième partie fera l’objet d’un autre article, avec au programme, d’autres tables de mixage apparues un peu plus tard, dans la seconde moitié des années 80.

Amix Desk 55 (1982-87) :

Amix Desk 55

L’Amix Desk 55 faisait partie d’une famille de consoles adaptées aux radios ou discothèques, mais elle n’était pas modulaire comme sa grande sœur la CSL AV 12. Elle était donc équipée d’une façade monobloc. La façade était bleue anodisée, la photo-anodisation des inscriptions s’avérant plus résistante dans le cadre d’une utilisation professionnelle.

Fonctions et réalisation :

À droite de la console s’installent les voies monophoniques commutables en ligne ou en micro avec prise indépendante pour chaque type de signal d’entrée. Sur la gauche, les voie stéréophoniques sont quant à elles commutables en phono ou ligne. Toutes ces voies d’entrée possèdent un commutateur de sensibilité dont la plage de variation change avec le type d’entrée. Deux des 10 voies d’entrée assurent une fonction particulière, il s’agit de la voie micro DJ et d’une voie phono/ligne prévue pour un lecteur de jingles. Chacune de ces voies peut commander un compresseur dont le taux se règle indépendamment (Voice Over).

Chaque voie stéréophonique dispose d’un correcteur de timbre à deux voies, grave/aigu ; les voies monophoniques reçoivent en plus un correcteur de médium. Toutes bénéficient d’un départ auxiliaire, et les voies micros d’un départ d’écho. Les voies monophoniques possèdent un panoramique et une insertion par voie, cette dernière ne se retrouve pas en stéréo. Les voies machines, phono/ligne ont une touche de départ, les potentiomètres n’ont pas d’interrupteur intégré, ou alors en option. La fonction solo (préécoute) bascule les indicateurs de niveau sur cette fonction, quelle que soit la position de leur sélecteur de signal.

Le constructeur a installé deux groupes de sortie, le compresseur n’existe que pour l’un des groupes, groupes qui possèdent d’ailleurs une prise d’insertion. Il existe aussi un départ monophonique et un départ auxiliaire. Pour les départs des groupes, nous avons deux potentiomètres, un par côté, gauche ou droit, avec chacun leur bouton de commande. Le retour d’écho sera dirigé sur les groupes 1 et 2 ou sur la voie auxiliaire ou sur les trois voies de sortie à la fois. Le groupe 1 se distingue par la présence d’un correcteur de timbres grave/aigu. Dernière fonction, l’écoute : une prise frontale délivre le signal du casque et un départ en face arrière permet d’alimenter des enceintes de contrôle.

Ce mélangeur bénéficie d’une alimentation secteur à transformateur toroïdal qui évite les rayonnements parasites générateurs de bruit de fond. Le nombre des fonctions de chacune des voies impose donc une conception par tranches ; chacune des voies dispose donc de son circuit imprimé à simple ou double face suivant la complexité du circuit. Toutes les cartes sont réunies par un câble plat multiconducteur chargé de constituer le réseau de barre-bus de signal et d’alimentation pour ces dernières, les conducteurs sont câblés en parallèle, deux par deux. Les potentiomètre à grande course sont des Alps, un modèle nippon haut de gamme bien connu des spécialistes. Un châssis de tôle d’acier épaisse donne un certaine masse au mélangeur. L’électronique utilise des circuits intégrés, le plus souvent des doubles amplificateurs opérationnels, pour les circuits de sortie, ces ampli Op sont suivis de transistors de petite puissance.

Prix du modèle neuf en 1983 : 18.600 F (6110 € avec 116% d’inflation). Valeur actuelle : 300 €. Rare sur le marché de l’occasion.

Frank 885 (1982-87) :

Frank 885

Frank avait eu la très bonne idée de présenter des modules d’extension du nombre des entrées de ses consoles qui pouvaient ainsi évoluer en fonction des besoins grâce au module EXT 885. La 885 plaisait au DJ comme à l’animateur de petite radio locale car elle donnait des possibilités assez étendues et bénéficiaient d’une conception ergonomiquement valable, le tout associé à une simplicité d’emploi et de maintenance non négligeable. Au niveau cosmétique, deux poignées d’acier chromé encadraient la façade d’aluminium en aluminium brossé ou noir anodisé en option. Le constructeur restait fidèle aux VU-mètres, instruments donnant une meilleure indication du niveau sonore que les crètes-mètres à Led. Les potentiomètres linéaires portaient des capuchons noirs et les circulaires recevaient des capuchons de couleur.

Fonctions et réalisation : 

La section d’entrée se décompose en deux parties, une partie musique et une partie micro, les deux sections se distinguent par leur rôle respectif de comprimant et de comprimé, autrement dit une section à la priorité sur l’autre : la musique sera effacée par la parole. Ces entrées musique sont au nombre de 5 : une paire d’entrées phono avec correcteur RIAA, une entrée auxiliaire et deux entrées magnétophone. Les trois premières bénéficient d’une commande de démarrage depuis la console. En effet Frank à prévu deux systèmes de commande : un par fader avec contact permanent une fois la tirette poussée, l’autre manuel. Trois interrupteurs à touche fugitive équipent le bas de la façade.

Chacune des voies musique dispose de son potentiomètre de réglage de sensibilité qui permet de couper totalement le signal et de régler les gains respectifs afin que lorsque toutes les tirettes sont à fond, le niveau reste équivalent sur toute les voies. Toutes les voies musiques bénéficient d’un unique correcteur de timbre commun à toutes les sources : un correcteur trois bandes dont le médium occupe une grande largeur de bande. Deux prises d’insertion placées en série permettent d’associer la 885 à des dispositifs de traitement externes (correcteur paramétrique, echo, etc…). La console bénéficie d’un départ lumière pour les light shows. Les voies micro comportent deux entrées avec réglage de gain et correcteur grave/aigu. Un potentiomètre dose le niveau de l’écho. Parmi les voies de type micro prioritaire, une voie jingle permet d’installer une machine de lecture dont le passage coupera automatiquement la musique.

Enfin, le module 885 en option sert à ajouter 4 voies à la console, trois micro mono et une stéréo.

Frank construisait ses consoles en petite série, constituées d’une série de modules indépendants et reliés entre eux par des câbles unifilaires. Les circuits imprimés sont équipés de cosses évitant de souder directement dessus car, en cas de chauffe, on risque de décoller les pastilles de cuivre. La construction est aérée et les circuits intégrés montés sur support (la maintenance est facilitée). Les potentiomètres sont des Radiohms crantés de luxe. L’alimentation possède une carte de régulation de tension à circuit intégré ce qui diminue le souffle.

Prix du modèle neuf en 1983 : 9963 F (3291 € avec 116% d’inflation) et 5000 F pour l’extension. Valeur actuelle : 300 €. Rare sur le marché de l’occasion.

Power PMP 403 (1982-1992) :

Power PMP 403

Sûrement la plus célèbre des tables de mixage des années 80, d’une part grâce à sa polyvalence et sa fiabilité, d’autre part grâce à son prix abordable (8353 Francs tout de même à l’époque…). On la trouvait dans les petites discothèque, dans certaines radios locales associatives mais c’était surtout la favorite des Disc Jokeys qui animaient les “soirées estivales disco” dans les petites villes et les villages ainsi que dans les banquets de mariage. Sa réalisation devait beaucoup aux régies radio/discothèque PR 1300 et ZZ 807.

Fonctions et réalisation : 

La PMP 403 comprend 12 canaux d’entrée répartis en 3 voies stéréo universelles, 4 voies auxiliaires micro/line, 1 voie spéciale DJ et 1 entrée jingle. En sortie de table, elle dispose de 2 groupes stéréo et d’une sortie spéciale pour light show. Les 3 voies stéréo sont dites universelles car elles peuvent, par commutation, recevoir diverses modulations : Pick up RIAA, ligne ou micro. Un réglage de sensibilité permet de calibrer le gain d’entrée en fonction de chaque utilisation. Chacune de ces voies possède un électrostart pour la télécommande des machine visualisée par une Led de départ. Les 4 voies micro/ligne peuvent recevoir divers types de modulation grâce aux préréglages de sensibilité.

La voie DJ possède un réglage de sensiblité d’entrée, des corrections séparées (grave/présence/aigu), un panoramique et un circuit d’effet (delay, phasing, echo, etc…) avec réglage de gain et clé d’insertion. Par ailleurs, l’entrée DJ commande le système Autofade dont l’efficacité et le temps de relâche sont réglables séparément.

L’entrée jingle possède la particularité de commander, elle aussi, le système autofade. Deux groupes de sortie stéréo autorisent la diffusion simultanée de 2 programmes différents : en effet, le groupe principal (Out 1) délivre l’ensemble de la modulation qui peut être corrigée par un Equalizer à 5 fréquences (60-250-1000-4000-16.000 Hz) ;  par contre, le groupe auxiliaire (Out 2) permet d’annuler l’équalizer de sortie, les interventions du DJ, l’envoi des Jingles pour ne diffuser que le seul programme musical. Enfin, une sortie spéciale (Out 3) symétrique sur transfo est prévue pour alimenter un Light show.

Le monitoring de la PMP 403 est très complet avec un secteur de préécoute de toutes les entrées et du Master Out 1. En mode prélist, la visualisation des niveaux des voies d’entrée sur les Vu-mètres permet de travailler en “Beat-meter”. En position normale, les Vu-mètres visualisent le niveau de sortie out 1. Au chapitre des commodités, il faut signaler la présence d’un double standard de connecteurs Cinch/Jack 6,25 mm et la possibilité d’accéder aux barres de mélange pour coupler la PMP 403 à un autre mélangeur.

De 1992 à 1996, la Power 403 fut remplacée par la Power PMP 4003.

Prix du modèle neuf en 1983 : 8353 F (2759 € avec 116% d’inflation). Valeur actuelle de la 403 : 300 €. Valeur de la 4003 : 500 €. La 403 commence à se raréfier sur le marché de l’occasion. Quant à la 4003, elle est rarissime.

Hifi Vintage – McIntosh C26 & MC2505 (1968-78)

L’histoire de McIntosh :

Au milieu des années 1940, à Binghamton dans l’état de New York, Frank McIntosh dirige une petite entreprise spécialisée dans la conception et le développement de stations de radiodiffusion. Étant à l’avant-garde de cette industrie florissante, il constatait les nombreuses lacunes de l’équipement professionnel de l’époque, la plus importante étant l’absence d’un amplificateur basse fréquence de haute puissance et de faible distorsion dans les studios. Avec l’ingénieur Gordon Gow, il développa un amplificateur historique. L’amplificateur était bien supérieur à la concurrence dans ses spécifications de puissance de sortie et de distorsion. Il fut d’abord accueilli avec incrédulité. Mais la preuve de ses qualités fut faite par l’écoute. Le bouche à oreille fonctionna et la demande de l’amplificateur augmenta, de sorte que Frank McIntosh et Gordon Gow durent créer le Laboratoire McIntosh. La société nouvellement créée introduisit une nouvelle ère d’excellence audio professionnelle et McIntosh fut parmi les premiers à commercialiser des équipements professionnels destinés aux consommateurs exigeants.

Pendant plus de six décennies, McIntosh a maintenu sa domination sur l’industrie audio haut de gamme et la prestigieuse entreprise continue à fabriquer son matériel de haute fidélité à Binghamton, à New York, avec une ingénierie et une méthode de fabrication identique à elle de ses fondateurs. La permanence de McIntosh sur le marché est due à sa fidélité aux composants haut de gamme, tous adhérant au critère de conception exposé par Frank McIntosh et Gordon Gow : performance sonore supérieure et fiabilité inégalée. Chaque élément a été créé avec une marge d’utilisation suffisante pour qu’il ne soit jamais exploité à proximité de son point de stress. Une raison pour laquelle environ 80% des éléments audio McIntosh produits depuis 1949 sont toujours en état de fonctionnement aujourd’hui et ce qui est plus étonnant est qu’ils restent supérieurs aux équivalents modernes. La marque bénéficie d’une forte notoriété auprès des audiophiles et des passionnés de musique et de design les plus exigeants. Les légendaires vu-mètres bleu turquoise des produits McIntosh sont devenus le symbole du luxe et de l’excellence. Depuis 2001, McIntosh est dirigé par Charlie Randall.

Le Préamplificateur C26 :

La conception du préampli C26 a commencé en 1967. Il remplaçait le C24. C’était le premier préamplificateur à avoir un panneau avant tout en verre, qui correspondait au nouvel amplificateur de puissance MC 2505. Les exigences avaient déjà été déterminées par Gordon Gow, en fonction de sa recherche en marketing.

Deux fonctions uniques dans le C26 étaient le commutateur de phase et la sortie de canal central. Ces commutateurs étaient situés dans un évidement en haut de du C26 à l’avant. Le commutateur de phase servait a inverser la phase d’un canal. Il devenait ainsi facile et rapide de vérifier si les connexions des haut-parleurs étaient correctement mises en phase. La sortie du canal central se trouvait à l’arrière du préampli et le contrôle de niveau était en haut. À l’époque, il était recommandé que le canal central sorte un signal de 6 dB au-dessous de la sortie des canaux droit ou gauche. Le canal central était un circuit de mélange simple dérivé des canaux gauche et droit. À l’époque, Paul Klipsch utilisait systématiquement un canal central pour le renforcement sonore. En outre, les enregistrements de Mercury Living Presence étaient réalisés à l’aide d’un microphone de canal central supplémentaire.

La commande des tonalités disposait d’un loudness (appelé aussi contour) permettant un supplément de basses fréquences pour être en adéquation avec le comportement physiologique de l’oreille humaine à des niveaux d’écoute faibles. La plupart des loudness commercialisés sont constants et ne varient pas en fonction du réglage de volume. Le C 26 avait un bien meilleur système : un contour variable en continu. Lorsque le volume est baissé, le contour augmente automatiquement la quantité requise d’amplitude et de bande passante en fonction du nouveau niveau d’écoute. Cette action fournissait une gamme complète de fréquences en écoutant même à des niveaux d’écoute très bas.

Prix de vente en 1973 : 449 $ soit 2548 € avec 476% d’inflation.

L’amplificateur de puissance MC2505 :

Lorsqu’il fut introduit en 1967, le McIntosh MC-2505 était un amplificateur révolutionnaire à bien des égards et il servit de modèle à tous les futurs amplis McIntosh à venir. Non seulement il s’agissait du premier amplificateur à semi-conducteurs de McIntosh, mais il s’agissait également du premier à avoir une plaque frontale en verre massif, des compteurs de niveau de sortie calibrés de précision, un système de montage panloc, et il incorporait aussi le célèbre Unity Coupleformer Autoformer de McIntosh permettant une impédance de sortie nominale de 4, 8 et jusqu’à 16 Ohm. L’aspect le plus déterminant du MC2505 est qu’il s’agissait d’un des premiers amplificateurs à semi-conducteurs réellement bien construit, établissant ainsi un nouveau niveau d’excellence.

Aujourd’hui, le MC2505 est encore aimé pour les mêmes raisons qu’il y a 45 ans. Il a une signature sonore intemporelle qui rend l’écoute de la musique fluide et agréable. Du haut jusqu’au bas du spectre sonore, l’ampli a une douceur libre qui contraste avec la dureté et l’agressivité de tant d’amplis de son époque et actuels.

La configuration est unique :

Trois sections d’alimentation séparées : Une alimentation à courant élevé positive et une négative sont utilisées pour les étages de sortie. L’autre alimentation positive est utilisée pour les étages du driver. Tous les composants électroniques sont surdimentionnés, notamment les redresseurs au silicium. Les condensateurs de filtrage de l’étage de sortie de puissance ont une capacité très élevée, ce qui donne une réserve d’énergie importantes dans les fréquences basses du spectre inférieures à 20 Hz. Le transformateur de puissance est de dimension très généreuse, et garde toujours son punch, même s’il est très sollicité.

Sections de préamplification à deux étages : Chaque étage est surdimentionné afin de fournir une puissance importante avec la moindre distorsion. La marge de puissance est si grande que l’électronique n’atteindra jamais de niveaux de stress si élevés, épargnant ainsi l’usure des composants.

Section puissance : La section de sortie est un amplificateur push-pull en série. Les transistors de puissance utilisés dans la section de sortie sont sélectionnés à la main pour leur capacité de dissipation de puissance élevée, une large réponse en fréquence et une optimisation de leurs paramètres d’utilisation.

Radiateurs anodisés surdimensionnés : Les transistors de puissance sont montés sur de grands dissipateurs de chaleur pour s’assurer qu’ils continueront à fonctionner à basse température quelque soit la puissance.

McIntosh Autoformer : Contrairement à n’importe quel autre amplificateur, l’Autoformer permet au 2505 de fournir une alimentation adaptée à toutes les impédances d’enceintes, ainsi vous n’êtes pas pénalisés pour votre choix de haut-parleurs. Il n’y a aucun risque de dépassement des limites de sécurité ou de surchauffe. L’Autoformer protège également les haut-parleurs des dommages en cas de défaillance de l’amplificateur. Si une composante à courant continu apparaît à la sortie de l’amplificateur, elle est stoppée par l’Autoformer, au lieu de passer à travers la bobine du haut-parleur, ce qui pourrait endommager l’enceinte acoustique.

Circuit de surveillance Sentry : Ce circuit protège les transistors de puissance en cas de surcharge de la sortie. Lorsque le 2505 fonctionne normalement, le circuit de surveillance Sentry n’a aucun effet sur le signal passant par l’amplificateur de puissance. Si la dissipation de puissance augmente au-dessus du fonctionnement normal, le circuit de surveillance Sentry limite la puissance des transistors de sortie. Le circuit de surveillance Sentry agit instantanément pour tout signal d’entrée ou combinaison de charge.

Circuit de détection de température : Si la température de l’amplificateur augmente en raison d’un court-circuit sur le Haut-parleur ou d’une ventilation restreinte, un dispositif automatique de détection de température éteint le 2505. L’appareil fonctionnera à nouveau automatiquement dès son retour à une température prédéfinie.

Compteurs de niveau de puissance double : Chaque canal est équipé d’un compteur de crête très précis. En raison de circuits uniques, ces compteurs peuvent rapporter les changements instantanés et précis du programme musical avec un taux d’exactitude supérieur à 98%. De plus, un commutateur de calibrage à quatre positions (Off, -20, -10, 0) permet d’ajuster le niveau du gain.

Prix de vente en 1973 : 899 $ soit 5102 € avec 476% d’inflation. On peut trouver l’ensemble d’occasion à partir de 2000 €.

Caractéristiques Techniques : Voir Brochure ci-dessous.

Hifi & Sono Vintage – Technics SL-P1200 (1986-90)

Avec une esthétique inspirée de son illustre grande sœur dédiée aux disques vinyles (la SL-1200 MKII), c’était une superbe machine prête à traiter dans les meilleures conditions les compact discs qui commençaient à envahir les discothèques et les radios locales au milieu des années 80. Hormis sa plastique réussie, elle était techniquement en avance sur son époque avec un temps d’accès particulièrement court, un volant de recherche ultra-pratique et innovant (que tous les concurrents de Technics copieront par la suite) et de nombreuses petites touches supplémentaires pour jongler avec le son dans un cadre professionnel.

Description de l’appareil : 

Sa base antirésonnante ressemble à celle d’une table de lecture analogique classique, sur laquelle s’installe un pupitre incliné. Pour insérer le disque, une simple porte se lève et se verrouille électriquement. Le volant massif est remarquable de précision, et le curseur latéral de réglage de vitesse est le même que celui de la 1200 analogique et peut être autant utilisé pour modifier la vitesse de défilement que son rythme. Le panneau d’affichage est incliné comme sur un console de mixage et l’appareil repose sur quatre pieds, ce qui était plutôt inhabituel pour un lecteur CD en 1986.

Ce lecteur pèse environ 14 kg. Cette masse assure la stabilité de l’appareil en présence de vibrations extérieures, qu’il s’agisse du plan sur lequel est installé le lecteur de CD ou encore des vibrations acoustiques venant des enceintes. Technics adopte un châssis constitué d’un matériau anti-vibrations où l’on trouve un capot moulé dans du zamack et plaqué intérieurement d’élastomère. Les pieds contribuent à réduire la transmission des vibrations tandis que la partie mécanique et optique chargée de la lecture du disque flotte sur une suspension souple.

Hormis le réglage de vitesse de + ou – 8%, l’appareil est équipé d’une recherche rapide par touches ainsi que d’un volant de balayage des plages musicales. En haut du panneau de commande, deux touches déplacent la tête laser à grande vitesse pour la recherche rapide. Le volant de recherche peut chercher en vitesse lente et rapide. Une fois cette recherche enclenchée, il ne reste plus qu’à faire tourner la roue du bout du doigt, la tête avance à pas lents ou rapides, des pas de 0,1 ou 0,6 secondes. Cette recherche ultra-précise permet de préparer ses plages à l’oreille, le son n’étant pas coupé pendant la recherche. Le son est en boucle en pause et en recherche, on peut donc faire des échantillonnages. En faisant tourner la roue à la bonne vitesse, le lecteur CD en pause, vous pouvez lire normalement le disque, en avant ou en arrière, en modifiant le rythme à volonté. Le passage d’un disque est donc repérable très commodément. La recherche du début de la modulation sur une plage est automatisée : l’électronique immobilise la tête de lecture à ce point précis.

Un connecteur arrière permet l’installation d’une commande à distance. (électrostart). Une télécommande infrarouge double celle par fil. Elle reprend les fonctions du clavier et en ajoute deux : un réglage de niveau de 12 dB et le balayage des plages du disque CD. La sortie casque est réglable en volume. Il y a deux sortie en face arrière : des RCA classique pour l’audio, et une sortie de sous code pour des applications ultérieures comme l’affichage du titre ou l’apparition d’un texte.

Le panneau d’affichage donne beaucoup d’informations: sur la gauche apparait le numéro des plages du disque, chaque nombre étant entouré d’un carré lorsque le morceau est présent ou programmé. Au dessus de 20 plages, une flèche s’allume. Le minutage est effectué au dixième de secondes près et on peut sélectionner soit le temps écoulé soit le temps restant. Il est également possible de mémoriser des plages du disque pour faire un programme de lecture.

L’électronique :

L’électronique est câblée sur plusieurs circuits et les circuits intégrés sont pour la plupart en boitiers plats. Il y a trois circuits hybrides : deux pour les filtres de sortie de grande précision, un pour le traitement. Le constructeur utilise deux convertisseurs numériques analogiques en sortie, ce qui évite un décalage entre canaux gauche et droit. Les condensateur sont de type Cerafine haut de gamme. Le bruit de fond est de 106 dB au-dessous de zéro. Les courbes de réponses sont ultra-linéaires et il n’y a pas de diaphonie, même aux fréquences extrêmes. La distorsion n’est pas mesurable, bien qu’elle soit annoncée par le constructeur à 0.0008% ! Il n’y a pas non plus de pleurage et de scintillement.

Prix du modèle neuf en 1986 : 12.000 F soit 3177 € avec 74% d’inflation.

Prix du modèle d’occasion : à partir de 200 €.

Les pannes les plus fréquentes : le contact électrique de la porte de verrouillage du CD s’oxyde et empêche la lecture du disque. Le bloc optique est fragile et se dérègle peu à peu, ce qui donne des erreurs dans la lecture, puis la rend impossible. Bref, l’appareil est superbe, mais après 30 ans de bons et loyaux services, on comprendra qu’il s’essouffle un peu… Si vous en faites l’acquisition, il sera donc réaliste de prévoir de la maintenance à court ou moyen terme.

Voir sur YouTube :  technics SL P1200 par eric tarn