Hifi Vintage – Enceintes Bose 901 (1969-2017)

La Bose 901 Série 1 (1969-1973) :

Dès sa sortie au début des années 70, la Bose 901 a créé plus d’agitation dans les cercles audio que n’importe quelle autre enceinte acoustique. Une grande partie de sa popularité est attribuable aux articles dithyrambiques que certaines revues de technique audio lui dédièrent, notamment Stereo Review, et il ne fait aucun doute que les annonces convaincantes de son inventeur, l’éminant Dr. Amar Bose, professeur au M.I.T., eurent également leur effet. Mais tous ces éléments ne peuvent expliquer à eux seuls l’extraordinaire popularité de la 901.

Peut-être le facteur le plus important dans son succès est lié à son champ sonore incroyablement profond, ce qui rend d’autres systèmes placés dans le même showroom un peu triviaux, comme si la 901 était un modèle de clarté et d’ouverture du son et les autres une pâle imitation. Les 901 ont un son fantastiquement ouvert avec de bonnes basses et une présence exceptionnelle qui semble projeter les artistes à leur place originelle dans un auditorium.

Une marque devenue prestigieuse et un modèle 901 toujours en vente depuis presque 50 ans : 

La marque est encore de nos jours une des plus réputées dans le domaine de la Hifi et continue à produire le modèle 901, aujourd’hui dans sa version 6. Pour ce faire la 901 utilise 9 haut-parleurs de 11,5 cm identiques sans filtrage dont un seul est dirigé vers l’auditeur, les huit autres assurant 89% de la dispersion énergétique vers l’arrière suivant un angle étudié. Le tout est disposé dans un boitier dont la structure est en plastique. Évidemment, il ne faut pas dans ces conditions s’attendre à une réponse linéaire, aussi chaque paire d’enceintes est vendue avec un équaliser actif à placer entre le préamplificateur et l’ampli. Théoriquement, elles peuvent encaisser 450 W sans broncher…

Des enceintes exceptionnelles avec quelques défauts, notamment un positionnement délicat : 

Les gens qui les apprécient ont été dûment impressionnés par les qualités énoncées. Mais comme beaucoup d’enceintes acoustiques, les 901 sont sensibles au positionnement dans la pièce. Les ondes stationnaires, qui déterminent dans une large mesure une légère coloration acoustique du lieu d’écoute, sont mis en résonance par les ondes sonores provenant des coins de la pièce. Le fait est que, dans un salon de taille typique, placer un haut-parleur dans un coin produira un sursaut de graves. Une fois sorti du coin, cependant, l’efficacité avec laquelle chaque onde stationnaire est minorée dépendra de l’emplacement précis des enceintes par rapport au coin de pièce. A moins d’un mètre, elles peuvent seulement effleurer la résonance majeure de la salle. Mais cela peut varier en fonction de la distance et des fréquences reproduites. Plus la salle est grande, moins le placement du haut-parleur est critique, mais dans de nombreuses salles d’écoute typiques, un changement de position du haut-parleur de quelques dizaines de centimètres peut faire la différence entre un grave trainant et imprécis et un grave ayant un impact sec et bien défini.

Dans la 901, la majeure partie de l’énergie provient de son angle large à l’arrière. Le seul transducteur à l’avant ne fournit qu’une faible fraction de l’énergie totale rayonnée. Le spectre audio entier est rayonné avec une production arrière prédominante. L’onde arrière est alors réfléchie par le mur situé derrière les haut-parleurs, ces réflexions « pulvérisant » le son dans toute la salle d’écoute. Le résultat est que, s’il y a des fréquences de résonance possible dans cette salle, elles seront toutes stimulées au maximum. Et bien que les 901 soient moins critiques au niveau du placement en salle en ce qui concerne l’imagerie stéréo que la plupart des autres systèmes, leurs emplacements approximatifs sont néanmoins circonscrits par les exigences d’un mur arrière proche et les prescriptions habituelles de placement symétrique dans la pièce. La performance des basses finit donc par être plus dépendante des caprices de la salle que des capacités inhérentes des haut-parleurs.

Ainsi, certaines installations de 901 auront des basses profondes et bien définies, tandis que d’autres (la majorité) présenteront des résonances incontrôlées des basses à des fréquences qui sont entièrement fonction des dimensions de la pièce. Cela explique sans doute les réactions très conflictuelles des différents auditeurs qui ont écoutés les Bose 901 dans des magasins ou les ont achetés pour un usage domestique.

Il est probablement juste de dire que la 901 exagère réellement l’espace des enregistrements, plutôt que de le reproduire tel qu’il est contenu dans l’enregistrement. Mais comme la reproduction stéréophonique à deux canaux est intrinsèquement déficiente en qualités spatiales de toute façon, on peut dire que le résultat net est une amélioration du réalisme. La 901 ne synthétise pas l’espace supplémentaire, cependant. Elle améliore simplement ce qui est déjà sur l’enregistrement. Ainsi, un enregistrement fait à l’extérieur ne sera pas imprégné de l’espace de la salle de concert, mais sonnera avec plus de conviction.

Le problème de la 901 est que la première des ondes rétro-réfléchies nous atteint un temps relativement long après l’onde rayonnante frontale, et si cela n’a aucune conséquence dans la mesure où l’information spatiale est concernée – et peut effectivement l’améliorer – cela ne peut que nuire aux détails de ces signaux qui représentent le son direct dans l’enregistrement. L’effet de priorité peut conserver la localisation des sons directs, mais il ne peut empêcher les sons rétro-réfléchis d’être audibles une fraction de seconde plus tard. Et comme chaque onde radiale arrière nous atteint à partir d’un nombre infini de distances, elle n’arrive pas comme une seule impulsion retardée, mais comme un mélange. Il n’y a pas d’écho perceptible – le délai est trop court pour que l’oreille le perçoive comme un espace. Au lieu de cela, il y a ce qui semble être un ramollissement marqué des détails, comme si chaque son était suivi d’une décroissance rapide plutôt que d’une cessation brusque du son, ce qui peut être gênant.

L’équalisation :

L’équaliseur de la 901 (qui se situe entre le préamplificateur et l’ampli de puissance) a une position de commutateur qui atténue la gamme au-dessous d’environ 50Hz (pour réduire le « rumble » des tourne-disque et d’autres perturbations de basse fréquence) et ceci peut aider à soulager la situation dans beaucoup de cas, si utilisé. Mais puisque l’atténuation des basses est un « gros mot » pour la plupart des audiophiles, peu de gens l’utilisent, ce que l’on ne peut pas imputer au système de reproduction. Le filtre ne peut cependant pas faire face à des résonances supérieures à 50 Hz.

L’équalisation permet surtout de compenser les carences des haut-parleurs aux extrémités haute et basse du spectre audio. Bien entendu, une égalisation de ce type est correcte si elle est modérée sous peine de distorsion. Ce qui est préoccupant au sujet de la 901, c’est l’intensité de l’appoint compensatoire utilisé, plutôt que le fait qu’il soit utilisé. L’équaliseur qui fait partie du système 901 offre une sélection de courbes de réponse via plusieurs commutateurs de face avant, mais même dans le mode de fonctionnement qui est identifié comme ayant la réponse la plus plate, les haut-parleurs sont alimentés assez substantiellement en basses et en aigus. Et il n’est pas évident que cela puisse produire une performance aussi bonne que celle obtenue à partir d’un système qui en nécessiterait moins ou pas du tout.

Les haut-parleurs sont capables d’émettre des niveaux vraiment respectables (même sur des programmes musicaux chargés en basse) sans distorsion débordante lorsqu’on ne dépasse pas une puissance raisonnable (une trentaine de watts) avec l’égaliseur réglé pour avantager les basses (c’est-à-dire avec l’égalisation cessant à 40Hz).

Amar Bose a abordé l’incontournable problème de la résonance des graves dans les haut-parleurs en déplaçant ce pic en fréquence (à environ 200Hz) et en appliquant un fitrage de 6dB/octave pour l’annuler. Mais qu’en est-il réellement de cette résonance 200Hz? Bose soutient que les neuf HP ont des fréquences de résonance légèrement différentes, et que la résultante de toute devient «inaudible» ce qui est d’après certains une vision des choses assez « optimiste ».

L’équalisation peut amener aussi un cône de haut-parleur à réagir plus rapidement à un signal transitoire dans les aigus, mais il ne peut pas réduire l’inertie du cône, et donc ne peut pas augmenter la capacité du cône à cesser de bouger une fois le transitoire passé. Le fait demeure que certain n’apprécient pas cet excès d’équalisation dans le haut du spectre qui donne une plutôt mauvaise appréciation des détails et de la définition musicale.

La tendance au voile des 901 n’attirera pas les perfectionnistes audio possédant des amplificateurs haut de gamme à tubes. Mais ce sera un avantage certain pour la plupart des adeptes de la hi-fi, car il adoucira la dureté du son des électroniques à semi-conducteurs de moyenne gamme ainsi que la distorsion des disques imparfaitement enregistrés (qui sont pléthores de nos jours).

Conclusion :

Les 901 produisent une apparence d’ambiance naturelle plus réaliste que n’importe quel autre système de haut-parleur, et sont exceptionnelles à beaucoup d’égards. Elles sont idéales pour les amateurs de rock pour qui l’impact sonore pur est d’une importance primordiale, et pour les auditeurs de musique classique qui veulent une grande profondeur de champ. Ces enceintes ont été améliorées au fil du temps, et réalisées dans 6 déclinaisons différentes, chaque millésime apportant son lot d’innovations. Pour certains (nombreux) les 901 sont magiques et devenues légendaires, pour d’autres (les perfectionnistes qui ont développé un goût systématique pour les subtilités du détail et du timbre) elle ne valent pas leur réputation. Il est donc nécessaire de les écouter avant de les acquérir.

Les millésimes : Série I : 1968 ; Série II : 1973 ; Série III : 1976 ; Série IV : 1978 ; Série V : 1983 ; Série VI : 1989.

Prix de la paire en 1978 : 9300 Francs soit une somme actualisée de 5336 € avec 276% d’inflation.

Prix d’occasion de la série IV :  600 € environ.

Prix des Bose 901 Série VI neuves aux USA : 1398,5 $.

Voir ci-dessous : un banc d’essai du magazine Stereoplay consacré aux Bose 901 Série IV

 

Une réflexion sur « Hifi Vintage – Enceintes Bose 901 (1969-2017) »

  1. Ont peu améliorer le son des Bose 901,notament la définition en utilisant un equaliseur digital type mini DSP programmable ou prévu pour les Bose 901,il faut choisir un amplificateur avec un bon facteur d’ammortissement ,dans les 1000,voir 10000,que l’ont peu trouver chez Kenwood,M1,m2….2x300w leurs vont très bien. Si ont ajoute une source digital de qualité la réponse l’impact dans le grave et exceptionnelle et réaliste, il est vrai qu’il faut un bon placement et écouter à volume réel….. J’ai 4 901 ,2kenwood m2,un Bose serie4,et il est vraiment plaisant d’ecouter des concert ont s’y croit ! J’ai d’autre enceintes pour l’ecoute audiophile, j’aime les deux… Souvent les Bose 901 sont mal utilisé, mal placée, et il est très facile d’optenir un son de mauvaise qualité, surtout que les equaliseurs d’origine sont souvent défectueux ! Merci jeff

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