Youngtimer – Lamborghini Countach (1973-1991)

Lorsqu’au début des années 70, on songe chez Lamborghini à remplacer la Miura, on fait encore appel au Styliste Marcello Gandini qui travaille à cette époque chez Bertone. Il prépare pour le Salon de Genève de 1971 un coupé aux formes en coin très futuriste, la LP-500 (Longitudionale Posteriore 5 litri, en référence à la position du moteur de 5 litres de cylindrée). Après le succès rencontré au Salon, un long développement s’engage pour rendre vendable cette simple étude : la cylindrée du V12 retombe à 4 litres pour des raisons de fiabilité et la carrosserie gagne de grosses prises d’air. La LP 400 est enfin proposée à la vente en 1973, sous le nom de Countach, mot qui signifie « fabuleux » dans le dialecte milanais.

LP 400 (1973-82) : Mais la crise est là et les caisses se vident ; Ferrucio Lamborghini quitte l’entreprise qu’il a créée et la Countach va pâtir de la période de trouble qui s’ensuivra. Le véhicule dispose d’un moteur V12 de 3929 cm3 développant 375 ch. Le moteur est inséré axialement, contrairement à la Miura. La boîte de vitesses à cinq rapports est placée devant le moteur, et de là l’arbre primaire traverse le carter d’huile pour atteindre la transmission arrière. Contrairement au monocoque de la Miura, la Countach a un châssis treillis (tubulaire), mais la carrosserie est toujours signée Bertone. Le pare-brise est extrêmement plat et les portes « coléoptère » s’ouvrent en quart de cercle vers l’avant, parallèlement à la carrosserie.

LP 400S (1978-82) : Après divers changements de propriétaires pour Lamborghini, la Countach voit enfin sa puissance et son image remonter. Cette nouvelle version fut conçue essentiellement pour obtenir une meilleure adhérence au sol, qui était portant déjà excellente. La suspension fut révisée afin de pouvoir monter des pneus à profil surbaissé ; on monta de nouveaux moyeux plus grands et des freins à disque de diamètre supérieur ; le spoiler fut redessiné, comprenant les prises d’air des freins et deux phares (clignotant et feux de route). Le museau plus large et un gain de poids eurent pour conséquence de faire perdre quelque 25 km/h à la S par rapport à sa devancière, mais elle y gagna en tenue de route. La Countach S fut présentée au Salon de Genève de 1978 et fut produite en parallèle à la version normale. Elle fit immédiatement sensation, mais ne permit pas à Lamborghini de sortir des problèmes financiers, certains fournisseurs refusant de livrer la moindre pièce tant que les factures impayées n’avaient pas été réglées. Les puristes estimèrent que l’aileron, en option, et monté surtout sur les modèles exportés aux USA, gâchaient quelque peu la ligne latérale de la voiture. Surtout qu’il n’apportait rien à l’excellente tenue de route de la S.

LP 500S (1982-85) : La Countach originale était une création de l’ingénieur Paolo Stanzani. En 1980, Stanzani céda la place au famaux Giulio Alfieri, l’ancien ingénieur en chef de Maserati. Pour ce dernier, comme il l’avait démontré avec la Maserati Bora, un berlinette à moteur central pouvait être une machine docile et civilisée. La conséquence de cette nouvelle politique fut la Countach LP500S présentée à Genève en 1982. Le V12 avait une cylindrée portée à 4,75 litres. Il développait la même puissance de 375 ch, mais à 7000 tr/mn. Le couple suivait la même évolution et passait de 37 mkg à 5500 tr/mn à 42 mkg à 4500 tr/mn. En même temps, la garde au sol avait été relevée de 3 cm. Le résultat était une machine plus pratique et plus docile. Heureusement, la géniale carrosserie dessinée par Marcello Gandini conservait tout son pouvoir de fascination.

LP 5000QV (1985-88) : En 1985, la Countach se voit améliorée pour une troisième fois. Le nouveau moteur passe à 5,2 L et reçoit quatre soupapes par cylindre : « QV » signifie « Quattro Valvole » en italien. Les carburateurs sont déplacés au-dessus du moteur, ce qui nécessite une bosse dans le capot moteur, réduisant de beaucoup la visibilité arrière, déjà médiocre. Certains des panneaux de carrosserie en aluminium sont remplacés par des panneaux en Kevlar. Dans la version américaine de la LP 5000 QV, le moteur sera à injection. Les seules options disponibles sont l’aileron arrière et un système audio.

Édition 25e anniversaire (1988-91) : Cette édition est créée en l’honneur des 25 ans de la compagnie. Mécaniquement parlant, le véhicule est très semblable à la LP 5000 QV. Les différences marquantes sont dans la carrosserie. Les entrées d’air sont redessinées et sont plus grosses que les précédentes. Les jupes latérales ont changé de forme, permettant à un plus grand volume d’air d’entrer dans le moteur (un problème sur les versions précédentes). Les feux arrières sont plus étroits. Cette version est la dernière produite, la Lamborghini Diablo ayant été mise en production en 1990.

Caractéristiques Techniques : Voir notice ci-dessous.

Prix du modèle neuf en 1983 : 577.500 F soit 191.979 € avec 118 % d’inflation.

Cote actuelle : USA : 200.000 € ; Europe : 300.000 €.

Film – The Blues Brothers (1980)

L’histoire : 

John Belushi (alias le chanteur Jake Blues) et Dan Aykroyd (alias le chanteur et joueur d’harmonica Elwood Blues), sont les anciens membres d’un groupe de blues qui a été dissout après que Jake ait été arrêté plusieurs années auparavant pour vol à main armé. À sa libération après avoir purgé trois ans de prison, il découvre que l’orphelinat dans lequel il a été élevé est sur le point d’être saisi à moins que 5000 $ d’impôts fonciers ne soient acquittés à l’état. Jake indique qu’ils peuvent rapidement obtenir les fonds, mais la directrice de l’orphelinat, Sœur Mary Stigmata (surnommée « La Pengouine »), refuse catégoriquement d’accepter l’argent volé des frères. Elle les chasse, et leur dit de ne pas revenir tant qu’ils ne se seront pas rachetés.

À l’invitation de Curtis, ancien employé de l’orphelinat qui a fait connaître le blues au duo, les frères se rendent à un service religieux évangélique où Jake a une révélation : ils peuvent réunir légalement les fonds en relançant leur groupe pour un spectacle au bénéfice de l’orphelinat. Leur voyage musical va les emmener de James Brown à Aretha Franklin en passant par Ray Charles, John Lee Hooker et Cab Calloway… Ils récupèrent une Dodge Monaco Sedan 1974 anciennement affecté à la police qui deviendra la « bluesmobile » pour effectuer une tournée musicale truffée de péripéties et de poursuites automobiles. En effet, le duo se fait de nombreux ennemis, notamment le Parti nazi américain, un tenancier de bar, une équipe de chanteurs country, une ex-copine hystérique, et la police du conté de Chicago, très vite secondée par celles de tout l’État de l’Illinois et même les forces spéciales…

Quelques anecdotes sur le film : 

Le groupe des Blues Brothers n’a pas été créé pour le film : il existait déjà. Les deux principaux acteurs, le Canadien Dan Aykroyd et John Belushi (décédé en 1982, soit 3 ans après le tournage du film) l’avaient fondé en 1978, alors qu’ils étaient tous deux des comédiens réguliers de la célèbre émission « Saturday Night Live ».

Pour les poursuites de voitures et les cascades, quarante cascadeurs ont été transportés chaque week-end pour faire le job. Soixante vieilles voitures de police ont été achetées pour 400 $ chacune. Les cinéastes ont obtenu la permission de conduire vers le bas de Lake Street à des vitesses supérieures à 160 km/h. Après une prise, Landis s’est rendu compte que le film semblait passer en accéléré, alors il a ajouté des figurants piétons qui marchaient sur les trottoirs afin de montrer que la vitesse des poursuites n’était pas trafiquée.

À sa sortie aux U.S.A., le film a été projeté dans seulement 600 salles de cinéma, par opposition aux 1400 qui sont habituellement réservées pour un film avec le budget des Blues Brothers. C’est d’une part, parce-que le film dans sa version longue faisait deux heures et demie, mais aussi parce-que certains propriétaires de cinémas ont dit à Landis qu’ils ne voulaient pas montrer un «film noir» dans leur salle.

Réalisation : John Landis
Scénario : Dan Aykroyd et John Landis
Musique : Ira Newborn et Elmer Bernstein
Distributeur : Universal Pictures
Budget : 30.000.000 $
Durée : 2 h 7 (version d’origine) / 2 h 22 (version longue)
Acteurs principaux :
John Belushi : « Joliet » Jake Blues
Dan Aykroyd : Elwood Blues
James Brown : le révérend Cleophus James
Cab Calloway : Curtis
Ray Charles : Ray
Aretha Franklin : Mme Murphy, la femme de Matt et propriétaire du « Soul Food Café »

Voir sur YouTube : « The Blues Brothers (1980) Trailer » par TheTrailerGal

Brochure d’époque de la Dogde Monaco Sedan 1974, la fameuse « Bluesmobile » :

Livre SF – Douglas Adams – Le dernier restaurant avant la fin du monde (1980)

H2G2 : Le dernier restaurant avant la fin du monde (The restaurant at the end of the universe) est le deuxième livre de la trilogie du Guide du voyageur galactique. En fait, il constitue la deuxième moitié de l’histoire radiophonique originale de Douglas Adams. Du fait qu’il prenait beaucoup de temps pour terminer ses manuscrits, il ne pouvait pas tout mettre dans un seul livre et ses éditeurs lui ont demandé de leur donner juste ce qu’il avait écrit. Ils ont publié le reste ultérieurement. Le Guide du voyageur galactique est disponible en cinq tomes dans la collection Folio SF :

1. Le Guide du voyageur galactique (1979)
2. Le Dernier Restaurant avant la fin du monde (1980)
3. La Vie, l’Univers et le Reste (1982)
4. Salut, et encore merci pour le poisson (1984)
5. Globalement inoffensive (1992)

Une annotation au dos de l’édition française de Denoël stipule : « Traduit par Jean Bonnefoy qui a beaucoup souffert ». Bien que j’ai lu le livre il y a une dizaine d’année, (ce qui n’arrange pas les choses vu sa complexité) un résumé même sommaire et partiel est quasiment impossible à faire tant les histoires de Douglas Adams sont décalées et loufoques, mais on peut s’y essayer quand même… Et juste après, vous pourrez trouver quelques citations du livre dont certaines sont hilarantes…

L’auteur : 

Douglas Adams (1952-2001) est un écrivain et scénariste anglais qui est surtout connu pour son œuvre Le Guide du voyageur galactique, une saga de science-fiction humoristique dont il scénarisa le feuilleton radio original puis il écrivit la trilogie.

Le dernier restaurant avant la fin du monde (1980) :

Arthur Dent alias Arthur Accroc (Un des deux derniers survivants de la Terre devenu astrostoppeur après avoir été sauvé par Ford de la destruction de sa planète), Ford Prefect alias Ford Escort (Astrostoppeur en mission pour le Guide intergalactique et ami d’Arthur), Tricia Mc Millan alias Trillian (la deuxième survivante de la Terre qui suivit Zaphod Beeblebrox dans l’espace), Zaphod Beeblebrox alias Zappy Bibicy (Président de la Galaxie en fuite) et Marvin : (Androïde paranoïde et dépressif), viennent de quitter la planète Magrathea lorsqu’ils sont attaqués par un vaisseau Vogon.

Les Vogons sont des créatures stupides et sans cœur qui ne vivent que pour l’administration. Ils sont responsables de la destruction de la Terre. Ils écrivent des poèmes qui sont classés comme la troisième exécrabilité dans tout l’univers selon le Guide du voyageur galactique. Incroyablement laids, les Vogons n’ont d’autre but dans la vie que de respecter l’administration et de faire souffrir le plus de gens possible.

L’équipage est incapable d’utiliser le générateur d’improbabilité pour échapper aux Vogons, vu que Arthur a accidentellement bloqué l’ordinateur. Heureusement, un ancêtre de Zaphod, Zaphod Beeblebrox le quatrième, les sauve. Zaphod et Marvin disparaissent, et réapparaissent dans les bureaux du Guide de l’auto-stoppeur situés dans le bâtiment éditorial de la Galaxie sur Ursa Minor Beta. Ils sont à la recherche de Zarniwoop, qui est parti en croisière intergalactique. Zaphod rencontre Gargravarr. Celui-ci informe Zaphod qu’il doit être envoyé dans le « Vortex à Perspective Totale », un dispositif de torture qui peut anéantir l’âme du supplicié en lui montrant comme il est minuscule comparé à la taille de l’Univers. Cependant, quand Zaphod y entre, le Vortex lui montre qu’il est l’une des entités les plus importantes de l’Univers. Zaphod s’échappe, et trouve Zarniwoop dans la cabine de première classe d’un vaisseau spatial dans un astroport abandonné.

Vous suivez… Bon, alors on continue, mais ça va se corser… Zarniwoop explique que le Vortex à Perspective Totale n’a pas mal fonctionné – c’est un univers virtuel qu’il a créé pour le seul bénéfice de Zaphod, qui est la créature la plus importante de cet univers. Or, il s’avère que Zaphod avait le cœur d’or rétréci dans la poche de sa veste depuis le début (Ce vaisseau spatial tire son nom de la pièce centrale de sa structure : un bloc en or nécessaire au fonctionnement du propulseur. Le vaisseau est volé par Zaphod Beeblebrox lors de son inauguration, dans le premier tome et il lui permettra de trouver la localisation de la légendaire planète Magrathea. Le Cœur en Or est décrit dans le livre comme ayant la forme d’une chaussure). Il est reconstitué, et Zaphod se retrouve réuni avec Trillian, Arthur et Ford. Ils échappent à Zarniwoop en demandant à être transportés au restaurant le plus proche. Milliways, le dernier restaurant avant la fin du monde, est certes le restaurant le plus proche dans l’espace, mais pas dans le temps. Et ils se retrouvent transportés à « cinq cent soixante-seize mille millions d’années » dans l’avenir…

Citations du livre : 

« L’Histoire de toute civilisation galactique de quelque importance tend à traverser trois stades distinctement reconnaissables : celui de la Survie, celui de la Recherche, enfin celui de la Sophistication, également connus sous le nom de stades du Comment, du Pourquoi et du Où ?
Par exemple, le premier stade est caractérisé par la question : Comment manger ? le second, par la question : Pourquoi manger ? et le troisième par la question : Où va-t-on bien déjeuner ? »

« Bêta est une planète de la Zone occidentale qui, par un caprice inexplicable (et quelque peu suspect) de la topographie, est presque exclusivement formée de plages subtropicales. Par un caprice tout aussi suspect de la relatistique temporelle, on s’y trouve presque toujours le samedi après-midi, juste avant la fermeture des bars de la plage ».

« Peut-être serait-il judicieux de rappeler ici les diverses théories auxquelles Ford avait abouti à la suite de sa première rencontre avec des êtres humains pour expliquer leur étrange manie de répéter à tout bout de champ des évidences du genre de : « Quelle belle journée », « comme vous êtes grand » ou « alors, c’est bien ça, nous allons mourir ».
Sa première théorie avait été que si les humains cessaient d’exercer leurs lèvres, leur bouche allait sans doute s’ankyloser.
Après quelques mois d’observations, il avait opté pour une autre théorie qui était la suivante : « Si les humains cessent d’agiter les lèvres, leur cerveau se met à fonctionner ».

« Vous… vous… avez traversé le Vortex? bégaya Gargravaar.
– Tu l’as dit, bouffi.
– Et il fonctionne bien?
– Sans aucun doute.
– Et vous avez effectivement contemplé l’immensité infinie de la création.
– Absolument. Une vue assez magnifique, vous savez. »
L’esprit de Gargravaar en vacilla de surprise. Son corps eût-il été présent qu’il en serait lourdement tombé sur le cul, bouche béante.
« Et vous vous êtes vu, confronté à cet infini ?
– Oh ! que oui !
– Mais… qu’avez-vous donc ressenti ? »
Zaphod haussa les épaules avec suffisance.
« Rien que je ne sache déjà: que j’étais un mec vraiment formidable. Ne vous l’ai-je pas dit, mon vieux, que j’étais Zaphod Beeblebrox ? »

« Dire que vous êtes resté planté là tout ce temps à nous attendre. – Exactement cinq cent soixante-seize mille millions, trois mille cinq cent soixante-dix neuf ans, précisa Marvin. Je les ai comptés. (…) « Les dix premiers millions d’années ont été les pires, indiqua Marvin, et les dix suivants aussi. Je ne peux pas dire que j’ai apprécié non plus la trentaine de millions. Et c’est là, ensuite, que j’ai commencé à avoir la déprime. »

Youngtimer – Porsche 928 S (1979-1987)

Quand la Porsche 928 est sortie, sa ligne se démarquait complètement de la mode. Elle ne ressemblait à aucune autre voiture et quarante ans plus tard, on se retourne avec toujours autant d’intérêt sur son passage. Elle dégage une extraordinaire impression de puissance et de vitesse. Très basse et large, campée sur des pneumatiques de taille importante, on dirait une ventouse collée à la route! Remarquablement bien proportionnée, on ne remarque pas tout de suite qu’elle a un gros gabarit, mais il suffit de la piloter en ville pour en être convaincu. La 928 semble ne pas avoir de pare-chocs, pourtant elle fut homologuée aux U.S.A. parce-que les pare-chocs étaient à l’intérieur. Évolution attendue de la très originale Porsche 928 introduite en mars 1977, la variante 928 S à vu le jour deux ans plus tard. Malgré les 240 chevaux DIN de son V8 de 4,5 litres, le modèle initial avait été froidement accueilli par les fanatiques de la marque.

300 chevaux pour la 928 S :

Nantie d’un moteur réalésé à 4,7 litres développant 300 chevaux DIN, la 928 S transformera valablement l’essai en affichant des performances tout à fait convaincantes : moins de 27 secondes au kilomètre départ arrêté et plus de 250 km/h en pointe En 1979, de telles prestations plaçaient la nouvelle Porsche à un très haut niveau sur le marché des GT.

Une évolution constante : 

La conception de la série 928 fait appel à une architecture « Transaxle » (ensemble boîte-pont accolé à l’arrière) favorisant une parfaite répartition des masses entre les essieux. Au point dès ses débuts, cette Porsche de haute lignée n’en connaîtra pas moins de nombreuses évolutions au cours de sa carrière. En 1983, la version 928 sera ainsi supprimée du catalogue et la gamme se limitera à la seule variante S. L’année suivante, cette dernière profitera d’un nouveau système d’injection allié à un allumage électronique. La 928 S sera désormais proposée avec un système ABS. En 1985, la cylindrée progressera, au bénéfice de la souplesse et des reprises. Deux ans plus tard, la 928 S cèdera sa place à la 928 S4.

La Porsche 928 S4 : 

En Allemagne, en 1987, on roulait librement sur les autoroutes (encore aujourd’hui d’ailleurs, 66,5% des tronçons autoroutiers allemands, soit 8600 km, n’ont pas de limitation de vitesse) et la suprématie de la 928 y devenait contestée. Certaines berlines étaient plus rapides qu’elle, la BMW M5 par exemple. Même la Mercedes 560 Coupé pouvait lui faire des appels de phares sur la voie de gauche. C’était intolérable! Quelques retouches aérodynamiques et 32 soupapes remirent les pendules à l’heure. Avec 272 Km/h et 320 Ch DIN, la nouvelle 928 S4 (reconnaissable à ses grands feux arrière) prit à nouveau la tête du classement des voitures de rêve. Ensuite viendront les 928 GT (330 ch DIN) en 1989 et la 928 GTS (350 ch DIN) jusqu’à sa fin de production en 1995.

Une des meilleures GT, mais plutôt mal-aimée: 

La 928 fait partie du club des rares GT fiables et utilisables au quotidien. En dépit de ses qualités, en 18 ans de carrière, la 928 n’aura été produite qu’à 60.977 exemplaires. Les modèles 928 et 928 S ayant longtemps stagné à petit prix sur le marché de l’occasion, on les trouve souvent dans un triste état. La S4, qui est la plus courante sur le marché, est le meilleur compromis.

Caractéristiques techniques :

Moteur et transmission : Essence V8 ; Cylindrée : 4474 à 5397 cm3 ; Puissance maximale : 240 à 350 ch ; Transmission : Propulsion à moteur avant
Poids et performances : Poids à vide : 1580 kg ; Vitesse maximale : 276 km/h
Châssis – Carrosserie : Coupé
Dimensions : Longueur 4520 mm ; Largeur : 1836 mm ; Hauteur : 1282 mm ; Empattement : 2500 mm

Prix du modèle neuf en 1982 : 307.550 F soit 101.454 € après correction de 116% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 12.000 €

Disques (Coffrets) – Léo Ferré 1960-1967 (1980) & Léo Ferré 1968-1974 (1980)

Léo Ferré (1916-1993) est un auteur-compositeur-interprète, pianiste et poète franco-monégasque. Ayant réalisé plus d’une quarantaine d’albums originaux couvrant une période d’activité de 46 ans, Léo Ferré est à ce jour le plus prolifique auteur-compositeur-interprète de la chanson française. D’une culture musicale classique, il dirige à plusieurs reprises des orchestres symphoniques, en public ou à l’occasion d’enregistrements discographiques. Léo Ferré se revendiquait anarchiste ; ce courant de pensée inspire grandement son œuvre.

Léo Ferré est né à Monaco en 1916 où il grandit très entouré dans une famille bourgeoise. Mais cette enfance harmonieuse est brisée lorsque son père l’envoie en pensionnat au collège Saint-Charles de Bordighera tenu par les Frères des Écoles chrétiennes, en Italie. En 1935, il va à Paris pour y faire des études de droit et Sciences Po (section administrative). Peu intéressé par les évènements politiques et leurs enjeux, il peaufine son apprentissage du piano en complet autodidacte en même temps qu’il mûrit son rapport à l’écriture. Il obtient son diplôme juste avant que la guerre l’amène sous les drapeaux. Il est affecté dans l’infanterie et, en mai 1940, devient aspirant à la tête de tirailleurs algériens. Sa vocation de compositeur s’affirme après sa démobilisation en août 1940.

Les débuts :

A Monaco, il rencontre Piaf qui lui conseille de tenter sa chance à Paris. En 1946, il joue au « Boeuf sur le toit » et signe son premier contrat. Commence alors l’époque de Saint-Germain avec Greco, Vian, Sartre, Queneau…, il joue au « Quod Libet », aux « Trois Maillets »… En 1950, il enregistre son premier disque La Vie d’artiste. Mais c’est la chanson « Paris canaille », qui sera son premier tube. En 1953, Il signe chez Odéon, et s’attaque à l’adaptation des poèmes d’Apollinaire, vaste poème de Guillaume Apollinaire, dont le recueil Alcools exerce une influence majeure sur sa propre écriture poétique. C’est enfin le triomphe avec « La Chanson du mal aimé » et « Poète… vos papiers ».

En 1958, il poursuit ses adaptations de poésie avec Baudelaire et Aragon. Il signe aux éditions Barclay.

Les années Barclay (1960-1968) :

En 1960 Léo Ferré rejoint le label florissant d’Eddie Barclay. À l’instar d’un Georges Brassens ou d’un Jacques Brel, Léo Ferré est à présent considéré comme «un grand de la chanson française» et du music-hall, où il maîtrise ses effets. Mettant entre parenthèses les expériences musicales de la précédente décennie, il emploie son énergie et sa verve prolixe à la chanson. Jean-Michel Defaye son orchestrateur, crée le «son Ferré» caractéristique de cette première époque Barclay et donne durant dix ans une cohésion musicale aux créations du poète.

Paname (1960) : (La première publication de Ferré chez Barclay n’est pas son album sur les poésies d’Aragon, prêt depuis 1959, mais un album de chansons se voulant accrocheuses et populaires, selon le souhait d’Eddie Barclay. Intitulé Paname, ce 33 tours 25 cm vaut à l’artiste de remporter de nouveaux succès avec les chansons « Paname » et « Jolie môme » (parallèlement interprétée par Juliette Gréco). Ferré y prolonge sa collaboration avec son ami Jean-Roger Caussimon (Comme à Ostende) et met aussi en musique l’éditeur et écrivain Pierre Seghers (Merde à Vauban), entre autres. L’album paraît à la fin de l’année 1960.

Les Chansons d’Aragon (1961) : Ferré enregistre dans la foulée Les Chansons d’Aragon, en janvier 1961. Ce disque fait date et va s’imposer assez rapidement comme une référence incontournable dans le monde de la chanson. Pour son nouvel album 25 cm sur ses propres textes, Léo Ferré se montre très offensif : « Mon général, Regardez-les » (texte de Francis Claude), « La gueuse », « Pacific Blues », « Les rupins », « Miss Guéguerre », « Thank you Satan », « Les 400 coups ». Le disque est gravé et pressé, mais ne sortira jamais sous cette forme. Plusieurs chansons sont interdites d’antenne ; à cette censure officielle s’ajoute la censure interne de sa maison de disques. Plusieurs chansons sont récupérées en Super 45 tours. Tour à tour, Léo Ferré se fait sarcastique, mordant, moqueur, (« Les rupins », « Les Parisiens »), antimilitariste (« Miss guéguerre »), ironique et sexiste (« Les femmes »), tendre (« Nous deux », « Les chéris », « L’amour »), romantique (« Vingt ans »), anarchiste vitupérant son époque (« Les temps difficiles », « Les 400 coups »).

« Thank you Satan » est une chanson libertaire emblématique de Léo Ferré, publiée en 1961 sur le super 45 tours Les Chansons interdites de Léo Ferré. Elle est interprétée sur scène par Ferré dans son récital à l’Alhambra de Paris, capté et publié la même année sur disque. Sa chute, telle une prémonition, clôt, (provisoirement), cet épisode de censure : «… et que l’on ne me fasse point taire et que je chante pour ton bien, dans ce monde où les muselières ne sont pas faites pour les chiens».

De 1963 à 1968, Léo Ferré vit dans le Lot, où il a acheté une demeure du XVIe siècle, le château de Pechrigal. En sus de sa production de chansons, il y écrit, sans chercher à faire publier quoi que ce soit, des textes de réflexions et de longs poèmes élaborés. Il s’adonne en outre à sa passion de l’imprimerie, en s’y faisant installer du matériel professionnel. Ainsi, il apprend à typographier, à brocher et édite dans le commerce le journal de son épouse, un livre de deux cents pages qui décrit leur quotidien difficile.

En 1967, Barclay censure la chanson « À une chanteuse morte » dédiée à Édith Piaf (tirée de l’album : Cette chanson). Ferré lui intente un procès, qu’il perd. Après l’avoir raillée, et alors qu’il vilipende l’immobilisme et la soumission du peuple dans une France repue et bien-pensante, c’est dans la jeunesse que Léo Ferré place ses derniers espoirs de changement avec « Salut, beatnik! » La même année, à l’occasion du centenaire de la mort de Baudelaire, Ferré consacre un double-album au poète.

Les années Barclay (1968-1974) :

À partir de l’été 68, Léo Ferré se plonge dans la mise en musique de poèmes extraits de son recueil « Poète… vos papiers! ». Ces nouvelles chansons, enregistrées sur les albums L’Été 68 et Amour Anarchie, seront perçues par la critique comme un renouvellement de son inspiration alors que ces textes ont été pour la plupart écrits au début des années 1950.

« C’est Extra » (1969) : Parue sur le 33 tours L’Été 68 et sur 45 tours en 1969. Il s’agit d’un de ses plus gros succès commerciaux. Le succès de cette chanson élargit considérablement son audience, tout particulièrement auprès de la jeunesse. Léo Ferré aurait eu l’idée de « C’est extra » en voiture, entre deux concerts, en écoutant « Nights in White Satin » des Moody Blues sur son autoradio. Il y fait d’ailleurs directement référence dans le corps du texte, respectivement dans la première et dans la dernière strophe. La chanson est composée de quatre strophes de huit octosyllabes, que sépare à chaque fois un «c’est extra !» quatre fois répété en crescendo. Cette expression de langage parlé a été «offerte» à Ferré par sa petite-nièce, qui la sortait à tout bout de champ. Texte et musique sont de Léo Ferré, les arrangements de Jean-Michel Defaye.

La réceptivité de ce nouvel auditoire, qui reconnaît dans le poète le «prophète» de sa propre révolte, amène Ferré à éclater dans certaines de ses chansons les structures traditionnelles au profit de longs monologues discursifs s’apparentant aux arts oratoires. Par un travail très précis sur la voix parlée (rythme, élocution) et une écriture rhétorique inspirée de la prose de Rimbaud, Ferré ritualise sa parole sur un mode incantatoire et dramatique, qui vise à emporter son auditoire (« Le Chien », « La Violence et l’Ennui », « Le Conditionnel de variétés », « La Solitude », « Préface », « Il n’y a plus rien »). Cette recherche ne sera pas toujours bien comprise et Ferré va dorénavant partager le public et la critique comme jamais.

À cela s’ajoute son attirance pour le rock anglo-saxon, qu’il envisage comme un moyen de dépoussiérer les vieilles habitudes du paysage musical français. Ainsi en 1969, il enregistre à New York une version inédite du titre Le Chien avec des musiciens de jazz-rock (John McLaughlin et Billy Cobham, respectivement guitariste et batteur du Mahavishnu Orchestra, et Miroslav Vitouš, bassiste de Weather Report). Initialement ce devait être avec Jimi Hendrix. Pour d’obscures raisons, Ferré n’utilise pas cette version et réenregistre le titre avec un jeune groupe français que sa maison de disques veut mettre en avant : Zoo. La collaboration durera le temps de deux albums : Amour Anarchie (1970) et La Solitude (1971) et d’une tournée en 1971. Toujours en 1969, il rencontre Brel et Brassens lors d’un entretien pour RTL. Ferré s’établit en Italie, entre Florence et Sienne. 

« Avec Le Temps » (1970) : En 1970, sa maison de disques écarte «Avec le temps» du double LP Amour Anarchie. Sortie «à la sauvette» en 45 tours, cette chanson tragique inspirée de ses propres désillusions devient un classique instantané, le plus grand succès de Ferré, qui ne cesse d’être repris en France et à l’étranger. Cette chanson sur l’amour déçu, la fuite des sentiments et la tragique expérience du temps qui efface tout est inspirée de la propre expérience de vie de Léo Ferré. Il compose cette chanson en repensant à sa rupture avec sa deuxième femme, Madeleine, en 1968, après le drame familial suscité par la mort tragique de leur guenon domestique Pépée. Avec le temps s’impose immédiatement comme un «classique». Face à cet engouement Léo Ferré disait, non sans agacement : «Avec le temps, paroles et musique, je l’ai faite en deux heures.» La chanson s’est classé trois semaines dans les meilleures ventes à partir du 15 avril 1971. Elle arrive en 5ème position du Top 100 des meilleures chanson française.

La Solitude (1971) : Jean-Pierre Mocky lui permet de renouer avec ses rêves orchestraux en lui demandant de composer la musique de son film L’Albatros. Ferré écrit et orchestre quarante minutes de musique symphonique. La collaboration se passe mal ; Mocky n’en utilise que cinq minutes. Ferré reprend ce matériau pour créer, l’année suivante, les chansons «Ton style» et «Tu ne dis jamais rien», décidant du même coup de se passer désormais de tout arrangeur.

Après avoir été idolâtré par de nombreux jeunes, Ferré subit en 1971 une contestation virulente d’une minorité du public se disant gauchiste, qui vient régulièrement perturber les concerts. Ces « désordres » reprendront de plus belle en 1973 et en 1974, au point de lui faire un temps envisager d’arrêter la scène.

Le départ de son pianiste Paul Castanier, fidèle accompagnateur depuis 1957, ainsi que la rupture en 1974 avec la maison Barclay, à la suite d’une accumulation de différends vont contraindre juridiquement Léo Ferré au silence pendant plusieurs mois, il se consacre alors principalement à la composition et la direction d’orchestre.

Les années Toscane (1975-1993) : 

En 1976, recouvrant le droit de s’enregistrer, il signe chez CBS. À partir de cette date la majeure partie de ses enregistrements sera réalisée avec l’Orchestre symphonique de la RAI, placé sous sa direction. La major va très vite se débarrasser de Ferré, dont les retombées commerciales pourtant réelles sont jugées trop faibles en regard de l’investissement qu’il représente (son esthétique à contre-courant de toutes les modes rend malaisée sa programmation sur les ondes et complique désormais la possibilité d’un «tube»). Lâché par le «métier», définitivement dégoûté de n’être qu’une « marchandise pour les producteurs», Ferré se résout en 1979 à assurer lui-même la production de ses disques en louant à ses frais studio, musiciens et techniciens, ne signant plus que des contrats de distribution avec les maisons de disques, et cela jusqu’à la fin de sa carrière. En 1991, il enregistre son dernier disque « Une saison en enfer ». Léo Ferré meurt chez lui, à Castellina in Chianti le 14 juillet 1993, à l’âge de 76 ans.

Source

Discographie Barclay (1960-1974) :

1960 : Paname
1961 : Les Chansons d’Aragon
1962 : La Langue française
1964 : Ferré 64
1964 : Verlaine et Rimbaud
1966 : Léo Ferré 1916-19…
1967 : Cette chanson
1967 : Léo Ferré chante Baudelaire
1969 : L’Été 68
1969 : Les Douze Premières Chansons de Léo Ferré
1970 : Amour Anarchie
1971 : La Solitude
1972 : La Chanson du mal-aimé
1972 : La Solitudine
1973 : Il n’y a plus rien
1973 : Et… Basta !
1974 : L’Espoir

Les deux coffrets de disques vinyles sortis en 1980 chez Barclay : 

Coffret 1 : Léo Ferré 1960-1967 (Barclay)

•Vol. I : « Et… Basta ! » 1973
•Vol. II : « Saint-Germain-des-prés » 1969
•Vol. III : « Paname » 1960
•Vol. IV : « Thank you Satan » (Léo Ferré chante en public au Théâtre de l’Alhambra, novembre 1961) 1961
•Vol. V : « T’es rock, coco » 1962
•Vol. VI : « Franco la muerte » 1964
•Vol. VII : « La Complainte de la télé » 1966
•Vol. VIII : « Salut Beatnik » 1967

Coffret 2 : : Léo Ferré 1968-1974 (Barclay)

•Vol. I : « L’été 68 » 1969
•Vol. II : « Amour Anarchie : Poète vos papiers! 1970
•Vol. III : « Amour Anarchie Ferré 70 vol. 2 : La Folie 1970
•Vol. IV : « La Solitude » 1971
•Vol. V : « Il n’y a plus rien » 1973
•Vol. VI : « L’Espoir » 1974
•Vol. VII : Le septième volume est une compilation de titres parus entre 1960 et 1970, uniquement en 45 tours, super 45 tours ou dans des albums en public.

Voir sur YouTube : « C’est extra Léo Ferré » par gildas ; « Léo Ferré – Avec le temps (enregistrement TRS) » par Universal Music France et « Ton Style » par jose neto