Oldtimer – Lamborghini Jarama (1970-76)

Si Lamborghini étonna avec l’Espada, vraie quatre places sportive sur le châssis d’une 400 GT qui sortit en 1968, il revint à une 2+2 plus légère avec le coupé Jarama présenté en 1970. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’appellation de cette auto ne doit rien au célèbre circuit espagnol, mais à l’élevage de taureaux de combat qui se trouve dans la même région. La confusion est facile et elle ne pouvait pas déplaire à Lamborghini.

Un modèle intermédiaire entre l’Espada et la Miura :

C’est une plate-forme d’Espada qui sert de base à la Jarama, successeur du coupé Islera. L’empattement est réduit de 2,65 m à 2,38 m, mais le moteur est abaissé pour dégager l’habitacle. C’est toujours le V12 de 4 litres donné pour 350 ch. Le style de la carrosserie est encore signé Bertone, chez qui Marcello Gandini l’a créé. Il a repris la forme générale trapézoïdale de la FIAT 128 “Shopping” du salon de Turin 1969. Les lignes sont tendues et la taille réduite de l’empattement met en valeur l’importance des porte-à-faux avant et arrières qui paraissent égaux à l’œil nu. On retrouvera cette silhouette sur l’Iso Lele. Bertone à encore innové dans le traitement des phares qui sont cette fois à paupière rétractable.

Un accueil sans enthousiasme :

L’accueil réservé par la presse à cette nouvelle Lamborghini manqua d’enthousiasme car elle fut perçue comme étant moins pratique que l’Espada sans avoir la vivacité d’une deux places. La Jarama ne manquait pas de qualités et sa conception était intéressante, mais on peu aujourd’hui penser que son étude et sa mise en fabrication furent accomplies avec un peu trop de précipitations. La volonté de faire un coupé intermédiaire déboucha sur une voiture originale certes, mais manquant quelque peu de grâce, avec ses lignes trop raides et ses volumes mal équilibrés. Contrairement à l’Espada, elle ne se vendit pas bien, malgré l’apparition d’une version S au Salon de Genève de 1972 (365 ch contre 350). Cette dernière poursuivra sa courte carrière jusqu’en 1976 avec 150 exemplaires vendus, contre 177 pour la GT.

Caractéristiques Techniques : Voir brochure ci-dessous.

Prix du modèle Neuf en 1970 : 105.000 F soit 119.046 € avec 644 % d’inflation.

Côte actuelle : à partir de 150.000 €.

Oldtimer – Dino 246 GT (1969-74)

Alors que Ferrari s’oriente déjà vers une généralisation du V12 sur toutes ses productions, Dino Ferrari, le fils du Commendatore, conçoit un V6 peu avant sa mort prématurée en 1956. Ce moteur connaît rapidement un énorme succès en compétition sur des Formules 2, et des Formules 1 auxquelles il permet  d’enlever le championnat du monde en 1961.

Un moteur central :

Parallèlement, Pininfarina cherche depuis des années à dessiner une voiture à moteur arrière ou central : cela permettrait de gagner sur la hauteur, affinant d’autant la silhouette, sans parler des meilleures qualités dynamiques qu’apporte cette Formule aujourd’hui généralisée. Enzo Ferrari est très hostile à cette disposition arrière du moteur. Il finit pourtant par céder et autorise Pininfarina  à fabriquer un prototype… qui ne sera pas une vraie Ferrari. La splendide berlinette à moteur central présentée au Salon de Paris de 1965, s’appelle en effet Dino GT et elle reçoit de droit une version assagie du fameux V6. Le nom de Ferrari n’apparaît pas et, lorsqu’elle sera commercialisée à partir de 1968, la Dino 206 GT devra certains de ses éléments intérieurs aux usine Fiat. Le moteur Dino sera aussi utilisé dans d’autres modèles du groupe Fiat comme la Fiat Dino en 2 et 2,4 L, “dégonflé” à 180 ch (en fait la puissance et les réglages sont les mêmes, mais les catalogues Fiat ne pouvaient pas indiquer la même puissance pour une question de marketing) mais aussi la Lancia Stratos.

Caractéristiques :

Moteur: 6 cylindres en V en position centrale arrière ; cylindrée : 2419 cm3 ; 4 arbres à cames en tête ; puissance réelle, 190 ch à 7600 tr/mn ; 3 carburateurs Weber double corps. Transmission : directe aux roues arrières ; boîte de vitesse, à 5 rapports. Dimensions : longueur, 4,23 m; largeur, 1,70 m ; poids à vide : 1080 kg. Performances : vitesse maximale : 240 km/h ; 1000 m départ arrêté en 27,3 secondes. Production : 3761 exemplaires.

Prix en 1970 et prix actualisé en 2016 en tenant compte de l’inflation : En 1970, une Ferrari Dino 246 GT 2.4 neuve coûtait 73.500 Francs équivalent à 82.801 € en 2016.

Cote constatée en 2016 : Les prix pratiqués sur ce modèle sont devenus indécents. Comptez un minimum de 200.000 € environ. Le prix fluctue à la hausse en fonction du nombre de milliardaires de toutes nationalités qui investissent dans les voitures de collection les plus prisées pour diversifier leurs placements ; à ce prix là, même Dany Wilde aurait laissé tomber.

Voir sur YouTube : Dino 246 GT on the road par Kult Werkstatt

Oldtimer – Alfa Romeo Montréal (1970-76)

Fabriquée à 3925 exemplaires seulement, l’Alfa Montréal est considérée par certains amateurs comme la plus belle Alfa Romeo de la deuxième moitié du XXe siècle. En tous cas, elle est toujours activement recherchée et très convoitée.

Une origine canadienne :

L’Alfa Romeo Montréal fut présentée à l’état de prototype à Montréal – d’où son nom – lors de l’exposition internationale de 1967, organisée pour fêter le centenaire de la confédération canadienne. Dès son apparition, l’enthousiasme fut tel qu’Alfa Romeo décida de la commercialiser. C’est Bertone qui avait signé la carrosserie de ce coupé, dérivé de la 1750 et équipé d’un moteur venu de la 33 sport, une voiture de course, mais dans une version fortement dégonflée.

Des phares discrets :

Deux éléments de la Montréal méritent d’être plus particulièrement soulignés. Premièrement, les doubles phares cachés par des grilles étaient pratiquement invisible durant la journée. Deuxièmement, les panneaux arrières de chaque côté, étaient munis de six ouvertures d’aération horizontales. Enfin, il faut souligner que Bertone ne fit aucune concession question ligne et habitabilité: la Montréal était une stricte biplace.

Caractéristiques :

Moteur: nombre de cylindres, 8 en V; 2 arbres à came en tête; 2 soupapes en tête par cylindre; cylindrée, 2593 cm3; puissance, 200 ch à 6500 tr/mn. Transmission: roues arrières motrices; boîte de vitesse à 5 rapports synchronisés; différentiel autobloquant. Dimensions: voie avant, 1,37 m; voie arrière, 1,31 m; empattement, 2,35m; longueur hors tout, 4,22 m. Performance: plus de 220 km/h.

Prix en 1970 et prix actualisé en 2016 en tenant compte de l’inflation de 639% : 60.000 Francs soit un prix actualisé de 67.593 €.

Cote constatée en 2016 : 35.000 € et jusqu’à 50.000 € pour un modèle fiabilisé et en très bon état.

Voir Sur YouTube : “1973 Alfa Romeo Montreal full HD action video with fantastic engine sounds!” par ClassicarGarage

 

Film – On l’appelle Trinita (1970)

Le Western spaghetti :

Au début des années 1960, le western est sur le déclin avant que l’influence de réalisateurs tels que Sergio Leone lui insufflent une nouvelle jeunesse. L’impact du western à la sauce méditerranéenne sera tel qu’il va en faire évoluer radicalement les codes et influencer profondément et durablement le cinéma mondial. Il est cependant tenu pour quantité négligeable par les cinéphiles admirateurs du genre.

Esthétique et musique :

Esthétiquement, le western spaghetti se définit sous l’influence décisive de Sergio Leone par des angles de caméra très largement ouverts sur des paysages imposants, mais aussi par l’utilisation de cadrages originaux et très expressifs (comme des contre-plongées, l’encadrement de la scène dans des fenêtres ou des cordes de potence, etc.) ou des cadrages très serrés (gros plan sur un regard, une main sur la détente d’un revolver…). La musique de film joue également un rôle très important, lente et rythmée, elle s’accélère progressivement pour faire monter l’intensité dramatique lorsque le scénario le réclame. Le western spaghetti a sans conteste fourni quelques-unes des plus belles bandes originales du septième art sous la direction d’Ennio Morricone. Parmi les poncifs du genre et sous l’influence une fois de plus de Sergio Leone il y a encore les longues scènes de duels, lentes et dramatiques, soutenues par une musique lancinante à souhait, avec des successions de gros plans sur les protagonistes.

Lieu de tournage :

Les westerns spaghettis ont principalement été tournés dans le désert de Tabernas dans la région d’Almería en Espagne. Doté d’espaces vierges de présence humaine et ressemblant aux paysages de l’Arizona ou du Nevada avec des conditions météos exceptionnelles, des steppes, des dunes, des ravins, des collines et des canyons. La main d’œuvre bon marché et la facilité d’accès à quelques kilomètres de grandes villes ont fini de convaincre les réalisateurs de ce style cinématographique à privilégier le désert espagnol aux plaines américaines.

On l’appelle Trinita :

Le quatrième film du duo Terence Hill (Mario Girotti) et Bud Spencer (Carlo Pedersoli). Trinita tireur émérite, retrouve par hasard son frère Bambino qui a usurpé l’identité du shérif local. Dans la vallée voisine, les menaces que subit une communauté de mormons de la part d’un terrible homme d’affaire et de ses hommes de main, va obliger les deux frères à venir faire le ménage.

Voir sur YouTube : “On l’appelle Trinita (1970) Bande annonce ciné française” mis en ligne par Otto Rivers

 

Oldtimer – Fiat Coupé Dino (1969-73)

Présenté à la fin de l’année 1969, les spider et coupé Fiat Dino 2400 ont succédé aux précédentes versions 2 litres (respectivement lancées en 1966 et 1967), suivant en cela l’évolution parallèle de la Dino V6 produite par Ferrari et animée par le même moteur dans une variante plus poussée. Fiat déléguait à Ferrari les responsabilités du montage final des Dino. Le trajet des caisses en était autant accrus vu que l’assemblage des carrosseries se faisait à Grugliasco (Turin) et la motorisation chez les spécialistes de Maranello (Modène).

Un bloc en fonte :

Réalésé à 2400 cm3, ce V6 coiffé par deux doubles arbres à cames en tête développait 20 chevaux DIN de plus que le 2 litres des origines. Par rapport à leurs devancières, ces deux Fiat à la vocation sportive affirmée, offraient des performances supérieures ainsi qu’une souplesse améliorée. Parmi les principales modifications apportées à cette génération de Dino Fiat, on notera le montage d’une suspension arrière indépendante et l’option d’un boîte ZF à 5 rapports, outre un bloc moteur réalésé en fonte (et non plus en alliage).

Une diffusion marginale :

Sensiblement plus raffiné dans sa présentation, le coupé Dino Fiat 2400 se différenciait aussi du précédent coupé 2 litres par sa calandre métallique à maille carrée et sa poupe traitée en noir mat, ses jantes d’un style plus sportif et son habitacle plus soigné. Produit à 2398 exemplaires en 1969 et 1973 (le coupé 2000 ayant quant à lui connu une diffusion de l’ordre de 3670 unités), ce modèle d’un prix élevé a été voué à une diffusion marginale, en dépit d’une ligne séduisante signée par Bertone. Depuis l’expérience peu concluante de la très sportive 8V de 1952, Fiat n’a jamais réussi vraiment à prendre pied sur le marché des voitures de prestige. Le coupé Dino 2400 n’a pas fait exception à cette règle.

Caractéristiques :

Moteur: 6 cylindres en V à 4 ACT; cylindrée, 2418 cm3; puissance, 180 ch DIN à 6600 tr/mn. Transmission: roues arrières motrices; boîte de vitesse manuelle ZF à 5 rapports. Dimensions: empattement, 2,55 m; longueur: 4,51 m; largeur: 1,70 m; poids: 1400 kg. Performance: vitesse maximale: 205 km/h environ.

Prix en 1970 et prix actualisé en 2016 en tenant compte de l’inflation :

En 1970, une Ferrari Dino 246 GT 2.4 neuve équipée du même moteur coûtait 73.500 Francs ; la Fiat Dino 2.4 Coupé coutait elle environ 50.000 Francs soit un prix actualisé de 56.328 € (639% d’inflation sur 46 ans!)

Cote constatée en 2016 : à partir de 30.000 € jusqu’à 50.000 € pour un modèle fiabilisé et en état collection.

Voir sur YouTube : “Spot – Fiat Dino Coupè”  mis en ligne par Archivio Nazionale Cinema d’Impresa