Oldtimer – Maserati Khamsin (1972-82)

La Maserati Ghibli avait récolté des éloges unanimes pour sa superbe carrosserie, signée Giugiaro, qui travaillait alors pour le carrossier Ghia. Mais aussi de sévères critiques pour son pont arrière rigide, indigne d’une voiture aux performances aussi élevées. Elle fut donc mise prématurément à la retraite, dès 1971 après seulement 5 ans de carrière, pour céder la place à la Khamsin, qui serait pour dix ans le coupé 2+2 de la gamme Maserati. La Khamsin lancée, suivant la tradition, au salon de Genève en mars 1973 et dont la production avait démarré à la fin de l’année précédente, avait une ligne et une implantation classique.

Une nouvelle suspension arrière mais une implantation classique : 

Son nom fut, comme à l’accoutumé chez Maserati, le nom d’un vent (en l’occurrence, un vent brûlant du Sud). Elle reprenait l’essentiel de la mécanique de la Ghibli, mais avec une nouvelle suspension arrière qui lui donnait un comportement routier à la hauteur de ses performances. Le moteur, placé à l’avant mais très reculé dans le châssis, était le V8 de 5 litres de la Ghibli dont la puissance était légèrement réduite à 320 ch pour 5500 tr/mn. Parmi les nouveautés mécaniques les plus importantes de ce modèle et en plus de sa suspension arrière indépendante à triangles superposés, il convient de signaler son bloc pont/différentiel monté sur un faux châssis séparé, ce qui permettait de réduire les vibrations et les bruits de fonctionnement, mais aussi la direction assistée à crémaillère qui avait, comme sur la Citroën SM, un degré d’asservissement fonction de la vitesse. La vitesse maximale était de 280 km/h.

Signée Bertone : 

La Ghibli en s’envolant au paradis des collectionneurs avait emporté avec elle sa robe troublante. Pour habiller la Khamsin, Maserati fit appel au carrossier Bertone, et à son styliste Marcello Gandini, le créateur de la Lamborghini Countach. Certes, la carrosserie de la Khamsin ne réédita pas le coup d’éclat de la ghibli, mais avec son arrière retroussé et sa ceinture de caisse très haute, la voiture avait tout de même un look élégant. La Khamsin était cependant une voiture incontestablement meilleure que la ghibli, ce qui explique qu’elle soit restée deux fois plus longtemps au catalogue du constructeur. La sortie de la Khamsin entraîna la disparition des Indy 4,7 litres et de la Mexico, la gamme Maserati se réduisait ainsi à 4 modèles : Merak 2,9 litres, Bora 4,7 litres, Indy America 5 litres et Khamsin 5 litres.

Caractéristiques Techniques : Voir la brochure ci-dessous.

Prix du modèle neuf en 1974 : 165.000 F soit 145.500 € avec 479 % d’inflation.

Côte actuelle : à partir de 130.000 €.

Film & Livre – L’homme qui voulut être roi (1975)

John Huston a longtemps attendu pour faire ce film, et son histoire est une sorte de légende hollywoodienne. Il voulait prendre à l’origine Clark Gable et Humphrey Bogart, mais Bogart mourut, et le projet resta à l’écart jusqu’en 1975. D’autres duos furent pressentis, notamment Newman et Redford mais le casting final de Huston qui se fixa sur Michael Caine et Sean Connery était tout simplement parfait. Ils travaillent si bien ensemble, ils interagissent si facilement et avec une telle camaraderie, que les regarder est un plaisir. Mais au-delà de cette simple entente, la transposition à l’écran de cette histoire de Kipling exigeait beaucoup plus que cela : il fallait filmer de manière subtile et intelligente sans tomber dans le cliché du film d’aventure, même si l’énergie pure inhérente au film et le talent des acteurs rendaient l’interprétation plus facile ; c’est le défit majeur qu’Huston réussit à relever.

L’histoire :

Les deux acteurs jouent d’anciens soldats britanniques (Daniel Dravot et Peachy Carnehan) qui s’engagent à explorer le Kaferistan (une province reculée située au nord est de l’Afghanistan) et à devenir roi de cette contrée qui n’est pas encore touché par la civilisation. Avec leurs fusils et leurs entrainements aux techniques de la guerre, ils pensent qu’ils pourront manipuler les grands prêtres locaux et se mettre en avant en tant que dirigeants. Ils racontent leur plan à un journaliste anglais, un certain Kipling (joué très bien par Christopher Plummer) et, avec son aide ils partent à destination de ces montagnes reculées. Après quelques aventures, y compris une avalanche, ils rencontrent par hasard un ancien militaire de la compagnie des indes, un Ghurka qui se fait appeler Billy Fish, seul survivant d’une expédition cartographique disparue des années auparavant. Billy parle l’anglais parfaitement, ainsi que la langue locale, et il devient l’interprète de Carnehan et Dravot, les aidant dans leur ascension vers le trône.

Ils offrent leurs services comme conseillers militaires, aidant un village puis un autre à triompher de leurs ennemis pour s’en faire des alliés. Lorsqu’au cours d’une bataille Dravot reçoit une flèche en pleine poitrine mais continue à se battre, les indigènes le croient immortel. En fait la flèche a été arrêtée par une cartouchière dissimulée sous la tunique rouge de Dravot. Dravot et Carnehan décident de ne pas détromper les indigènes, afin de les impressionner. Plus tard, leurs exploits parviennent aux oreilles du grand-prêtre, qui les convoque…

Rudyard Kipling : Rudyard Kipling est un écrivain britannique, né à Bombay le 30/12/1865 et mort à Londres, le 18/01/1936. C’est un auteur de romans, de poèmes et de nouvelles qui ont essentiellement pour toile de fond l’Inde et la Birmanie sous la domination britannique. Parmi les plus célèbres œuvres de fiction de Kipling, il faut retenir « Multiples Inventions » (1893), mais surtout le « Livre de la jungle » (1894) et le « Second Livre de la jungle » (1895) : ces recueils de contes animaliers et anthropomorphiques, considérés comme ses plus grandes œuvres, mettent en scène le personnage de Mowgli, petit d’homme qui grandit dans la jungle mais choisit finalement de rejoindre le monde des humains.

« L’homme qui voulut être roi » par Rudyard Kipling : extrait de Contes Choisis (Traduction par Louis Fabulet, Robert d’Humières) .

Premier extrait :

« — Le pays ne donne pas la moitié de ce qu’il devrait parce que le gouvernement ne veut pas qu’on y touche. Ils passent tout leur sacré temps à gouverner et on ne peut pas soulever une bêche, faire sauter un éclat de pierre ou forer pour de l’huile sans que le gouvernement crie « À bas les pattes et laissez-nous gouverner. » C’est pourquoi, tel quel, nous allons le laisser en paix et partir pour quelque autre pays où l’on puisse jouer des coudes et faire son chemin. Nous ne sommes pas de petits hommes et nous n’avons peur de rien, que de la boisson, et nous avons signé un contrat sur ce point. Donc, nous nous en allons être rois.

— Rois de plein droit, murmura Dravot.

— Oui, c’est entendu, dis-je. Vous avez traîné vos guêtres au soleil, la nuit est plutôt chaude, et vous feriez peut-être mieux d’aller dormir sur votre idée. Venez demain.

— Ni coup de soleil, ni verre de trop, dit Dravot. Voilà un an que nous dormons sur notre idée ; nous avons besoin de voir des livres et des atlas, et nous avons conclu qu’il n’y a plus qu’un pays au monde où deux hommes à poigne puissent faire leur petit Sarawak. Cela s’appelle le Kafiristan. À mon idée c’est dans le coin de l’Afghanistan, en haut et à droite, à moins de trois cents milles de Peshawer. Ils ont trente-deux idoles, les païens de là-bas, nous ferons trente-trois. C’est un pays montagneux et les femmes, de ces côtés, sont très belles.

— Mais ça, c’est défendu dans le contrat, dit Carnehan. Ni femmes, ni boisson, Daniel.

— C’est tout ce que nous savons, excepté que personne n’y est allé et qu’on s’y bat. Or, partout où l’on se bat, un homme qui sait dresser des hommes peut toujours être roi. Nous irons dans ce pays, et, au premier roi que nous trouverons, nous dirons : « Voulez-vous battre vos ennemis ? » et nous lui montrerons à instruire des recrues, car c’est ce que nous savons faire le mieux. Puis nous renverserons ce roi, nous saisirons le royaume et nous fonderons une dynastie.

— Vous vous ferez tailler en pièces à cinquante milles passé la frontière, dis-je. Il vous faut traverser l’Afghanistan pour arriver dans ce pays- là. Ce n’est qu’un fouillis de montagnes, de pics et de glaciers que jamais Anglais n’a franchis. Les habitants sont de parfaites brutes, et, en admettant que vous arriviez à eux, il n’y aurait rien à faire. »

— J’aime mieux ça, dit Carnehan. Si vous nous trouviez encore plus fous, ça nous ferait encore plus de plaisir. Nous sommes venus à vous pour nous renseigner sur ce pays, pour lire des livres qui en parlent et consulter vos cartes. Nous avons envie de nous faire traiter de fous et de voir vos livres. »

Second extrait :

« Mais savez-vous ce qu’ils firent à Peachey entre deux troncs de pins ? Ils le crucifièrent, Monsieur, comme ça se voit en regardant ses mains. Ils lui enfoncèrent des chevilles de bois dans les mains et dans les pieds, et il n’est pas mort. Il resta accroché là, et il hurlait. On le descendit le jour suivant, et tout le monde dit que c’était un miracle qu’il ne fût pas mort. Ils le descendirent — pauvre vieux Peachey qui ne leur avait rien fait — qui ne leur avait…

Il se mit à se balancer en pleurant amèrement et s’essuyant les yeux du revers de ses mains scarifiées. Il gémit comme un enfant pendant quelque dix minutes.

— Ils furent assez cruels pour lui donner à manger dans le temple, parce qu’ils disaient qu’il était plus Dieu que son vieux Daniel qui était homme. Puis ils le jetèrent dehors sur la neige, et lui dirent de retourner dans son pays et Peachey retourna — il mit à peu près une année — en mendiant le long des routes. Il n’avait pas peur parce que Daniel Dravot marchait devant et disait : « Viens, Peachey, c’est de grandes choses que nous faisons. » Les montagnes dansaient la nuit, et elles tâchaient de tomber sur la tête de Peachey ; mais Dan levait la main et Peachey suivait tout le long et courbé en deux. Il ne lâchait jamais la main de Dan et il ne lâcha jamais la tête de Dan. Ils la lui donnèrent dans le temple, pour qu’il se rappelle de ne plus revenir, et quoique la couronne soit en or pur et que Peachey eût faim, jamais Peachey n’aurait voulu la vendre. Vous avez connu Dravot, Monsieur ? Vous avez connu le très vénérable F⸫ Dravot ! Regardez-le maintenant !

Il fouilla dans l’épaisseur des loques qui entouraient sa taille tordue, retira un sac de crin noir brodé de fil d’argent, et en secoua sur la table la tête desséchée et flétrie de Daniel Dravot ! Le soleil matinal, car depuis longtemps les lampes avaient pâli, frappa la barbe rouge, les yeux aveugles dans les orbites creuses, de même que le lourd cercle d’or incrusté de turquoises brutes que Carnehan plaça tendrement sur les tempes blêmies.

— Vous contemplez maintenant l’empereur en son appareil ordinaire, comme il vivait — le roi du Kafiristan avec la couronne en tête. Pauvre vieux Daniel qui fut monarque une fois !

Je frémis, car défigurée par vingt blessures, je reconnaissais malgré tout la tête de l’homme que j’avais vu à la gare de Marwar. Carnehan se leva pour partir. J’essayai de le retenir. Il n’était pas en état d’affronter la température extérieure. »

Voir sur YouTube : « Rudyard Kipling’s The Man Who Would Be King (1975) Trailer » par TheTrailerGal

Oldtimer – Jensen Interceptor (1967-76)

Jensen était une petite firme automobile anglaise basée à West Bromwich (Birmingham), fondée par deux frères, qui se fit connaître surtout à partir des années 60. Cette marque peu connue en France commença d’abord par adopter des moteurs américains fournis pas Chrysler, en remplacement des groupes Austin utilisés jusque-là. En 1966, la firme sortit un modèle entièrement nouveau qui fit sensation : la FF, dotée de 4 roues motrices. Cette voiture bénéficiait d’une autre innovation, qui fut montée également sur les Interceptors : des freins à disques sur les 4 roues dotés du système Maxaret, étudié et développé par Dunlop. Cette technologie fut étudiée au premier chef dans le but d’optimiser le freinage en évitant par une astuce technique le blocage des roues.

La version FF : 

L’Anglo-italo-américaine Jensen FF est l’une des toutes premières voitures destinées à un usage routier à avoir été équipée de 4 roues motrices en permanence et mérite, à ce titre, de ne pas être oubliée dans l’histoire de l’automobile. Britannique par sa nationalité et sa transmission intégrale due à l’ingénieur Harry Ferguson (l’homme des tracteurs agricoles), dessinée par Vignale et assemblée en Italie, motorisée par un gros V8 américain, finie à l’anglaise avec une sellerie en cuir Connolly et des placages de bois précieux, la Jensen FF, bien moins chère que les Pur-sang italiens, tout en offrant des performances équivalentes, aurait mérité une plus large diffusion que celle qui fut la sienne.

Les différents modèles : 

1967 : Jensen Interceptor Mark I et Interceptor FF : Cette dernière est la première voiture équipée de la transmission intégrale de série et sera produite jusqu’en 1971.

1969 : Jensen Interceptor Mark II : style légèrement révisée autour des phares, de la calandre, des pare-chocs et des feux arrière. L’intérieur a été considérablement amélioré afin de répondre à la réglementation américaine et la planche de bord est redessinée. L’air conditionné est proposé en option.

1971 : Jensen Interceptor SP : la version la plus puissante de la gamme.

1971 : Jensen Interceptor Mark III : Des retouches sont apportées à la calandre, aux phares et aux pare-chocs. De nouvelles jantes en alliage GKN sont proposées et la climatisation est proposée en série.

1974 : Jensen Interceptor cabriolet : présentée officiellement au salon de l’automobile de New York.

La Jensen Interceptor eut sa carrière interrompue par la crise économique dont fut victime la Grande-Bretagne dans les années 70. En 1976, le constructeur fit faillite et disparut.

Caractéristiques Techniques (Jensen FF) : 

Moteur :  8 cylindres en V à 90°, 16 soupapes ; Position: longitudinal AV : Alimentation: Carburateur 4 corps ; Cylindrée: 6276 cm3 ; Puissance maxi : 335 ch à 5000 tr/mn.
Transmission : AR ; Boîte de vitesses : automatique (3) ou manuelle (4).
Performances : Vitesse maxi : 225 km/h ; 400 m DA: 15″ s ; 0 à 100 km/h: 6″5 s.
Dimensions : Longueur : 4,72 m ; Largeur : 1,75 m ; Largeur : 1,75 m ; Hauteur : 1.35 m ; Empattement : 2,67 m. Poids : 1675 kg.

Prix du modèle neuf en 1970 : 105.000 F pour l’Interceptor et 135.000 F pour la FF (4×4) soit 118.938 € et 152.920 € avec 643 % d’inflation.

Côte occasion : à partir de 25.000 €

Oldtimer – Fiat 130 Coupé (1971-77)

Il est toujours difficile pour un constructeur généraliste qui vit de ses modèles populaires, fussent-ils excellents, de prendre pied sur le marché de l’automobile de luxe. Amilcar en 1929, Peugeot avec les 601 et 604 connurent les mêmes difficulté. Fiat vécu cette expérience avec les 130, berlines et coupés.

Un modèle luxueux :

La berline 130 apparut au Salon de Genève 1969 avec des spécifications de nature à inquiéter Jaguar, Mercedes et BMW : moteur dotée initialement d’un moteur V6 de 2866 cm3 à arbre à cames en tête par banc de cylindre, boîte automatique ou manuelle à 5 rapports, 4 freins à disque ventilés à l’avant, quatre roues indépendantes, différentiel à glissement limité, des finitions luxueuses : direction assistée, air climatisé en option.  Son seul défaut? Elle ressemblait trop aux populaires 125 et 1800.

Un superbe coupé : 

Un coupé en fut dérivé qui apparut au Salon de Genève 1971. La caisse en était signée Pininfarina et le moteur avait été réalésé à 3235 cm3, développant ainsi 165 ch DIN à 5600 tr/mn. Un habitacle clair et une ligne élégante auraient dû lui valoir un succès absolu mais il avait le tort de s’appeler Fiat, de coûter plus cher qu’une Jaguar type E et, surtout, d’arriver trop tôt sur le marché. Son designer, Paolo Martin, tournait le dos aux courbes inutiles ainsi qu’aux chromes et moulures faciles qui ont encore cours au début des années 1970. Il innovait en présentant une approche épurée ressentie comme déroutante à l’époque, mais pertinente jusqu’au seuil des années 1990. C’est également Paolo Martin qui dessina le tableau de bord et les aménagements intérieurs. Ces éléments constituent des maître-étalons pour la décennie qui suit : Le tableau de bord réintroduit les cadrans ronds, il comporte une casquette pare-soleil qui inclut l’emplacement de la radio, et la console centrale est massive quoique bien intégrée à l’ensemble.

Caractéristiques Techniques :

Moteur : V6 à 60° disposition Longitudinale avant ; Cylindrée 3235 cm³ ; Alésage x course 102 x 66 mm ; Compression 9.0:1 ; Distribution Double arbre à cames en tête ; Alimentation Carburateur double corps Weber ; Puissance 165 ch à 5600 tr/min ; Couple 251 Nm à 3400 tr/min.
Transmission : Type Propulsion ; Boîte de vitesses Manuelle 5 rapports / Automatique 3 rapports.
Dimensions : Longueur 4842 mm ; Largeur 1760 mm ; Hauteur 1353 mm ; Empattement 2720 mm ; Voie avant 1468 mm ; Voie arrière 1467 mm ; Poids 1600 kg.
Performances : Vitesse maximale 195 km/h ; 0-100 km/h 10,8 secondes.
Production : 4500 exemplaires.
Prix occasion : à partir de 7000 €.

Album – Queen – A Night At The Opera (1975)

En 1968, le guitariste Brian May, étudiant à l’Imperial College de Londres, et le bassiste Tim Staffell, décidèrent de former un groupe. May plaça une annonce sur un panneau d’affichage du collège pour rechercher un batteur. Roger Taylor, un jeune étudiant en chirurgie dentaire fut engagé ainsi. Le groupe fut nommé Smile. En assistant au cours du Ealing Art College, Tim Staffell devint ami avec Farrokh Bulsara, un collègue qui avait pris le prénom anglais de Freddie. Bulsara qui avait les mêmes goûts que le groupe devint vite un grand fan de Smile. Il tenta, sans succès dans un premier temps, de persuader les membres du groupe Smile de le prendre comme second chanteur. Il suivra ainsi la carrière de Smile de très près et saisira plus tard l’opportunité de remplacer Staffell sur sa demande en 1970, lorsqu’il quittera le groupe pour rejoindre la formation Humpy Bong. Bulsara décida alors, sans l’avis des membres de Smile restants, de changer leur nom pour « Queen » et il effectuèrent leur premier concert le 18 juillet.

Le groupe changea souvent de bassistes pendant cette période. Ce n’est qu’en février 1971 qu’ils se fixèrent sur John Deacon et commencèrent à répéter leur premier album. Ils enregistrérent alors quatre chansons, « Liar », « Keep Yourself Alive », « The Night Comes Down » et « Jesus », pour une démo. Mais aucune société de disques ne s’intéressa à eux. C’est aussi à cette époque que Freddie changea son nom de famille en « Mercury », inspiré par le couplet « Mère Mercury, regardez ce qu’ils m’ont fait » repris de la chanson « My Fairy King ». Le 2 juillet 1971, Queen joua son premier spectacle dans sa configuration définitive à savoir : Mercury, May, Taylor et Deacon, c’était dans un collège du Surrey à l’extérieur de Londres.

Ayant fait des études d’art, Mercury conçut également le logo des Queen, peu de temps avant la sortie du premier album du groupe. Le logo combine les signes du zodiaque des quatre membres : deux lions pour Deacon et Taylor, un crabe évoquant le Cancer pour May et deux fées évoquant la Vierge pour Mercury. Les lions posent les pattes sur une lettre stylisée Q à l’intérieur de laquelle se trouve une couronne, le crabe repose au sommet de la lettre avec des flammes qui s’élèvent directement au-dessus, et les fées chevauchent chacune une branche sur laquelle reposent les pattes arrières des lions. Un énorme phénix surplombe la scène.

En 1973, Queen signa un accord avec Trident / EMI. En juillet de cette année, ils sortirent leur premier album éponyme, dont le son était largement influencé par le heavy metal et le rock progressif.

Quelques albums remarquables :

A Night at the Opera (1975) : est le quatrième album studio du groupe, produit par Roy Thomas Baker et Queen, c’était l’album le plus cher jamais enregistré au moment de sa sortie. L’album tire son nom du film éponyme des Marx Brothers, que le groupe avait regardé une nuit dans le complexe de studio lors de l’enregistrement. Une nuit à l’opéra intègre un large éventail de styles, des ballades et des chansons allant du music hall aux hard rock en passant par le rock progressif et même l’opéra. Plus de 9,5 millions de copies de cet album seront vendues à travers le monde dont 3,6 millions en Amérique (l’album est certifié triple disque de platine fin 2002). 

« Bohemian Rhapsody » : fut écrit par Mercury sur la base d’un solo de guitare composé par May. Toutes les parties du piano, de la basse et de la batterie, ainsi que les arrangements vocaux, ont été pensées par Mercury. Les autres membres ont enregistré leurs instruments respectifs sans aucune idée de la façon dont leurs pistes seraient utilisées dans le mix final. La célèbre section d’opéra était à l’origine destinée à être seulement un court interlude de « Galileos » qui reliait la ballade et les morceaux de la chanson. Au cours de l’enregistrement, la chanson était affectueusement nommée « Fred’s Thing » par le groupe, et le titre n’a émergé qu’au cours des dernières sessions. En dépit du fait qu’elle soit deux fois plus longue que la durée moyenne d’un single en 1975 et qu’elle été accueillie dans un premier temps par des critiques mitigées, la chanson devint immensément populaire, classée en tête des charts dans le monde entier (elle y est restée pour une période de neuf semaines, ce qui est sans précédent au Royaume-Uni). Elle est largement considéré comme l’une des plus importantes chansons de l’histoire du rock.  

News of the World (1977) : a été l’un des grands succès de Queen, grâce aux deux tubes « We Will Rock You » et « We Are the Champions ». C’est le dernier album de la période classique du groupe.

The Game (1980) : fut un gros succès commercial : il se classa n° 1 au Royaume-Uni et aux États-Unis grâce à la présence de deux hits mondiaux, « Crazy Little Thing Called Love », rockabilly de Freddie Mercury et « Another one bites the dust », disco-funk à la ligne de basse célèbre signé John Deacon. Les deux chansons se classent numéro 1 aux États-Unis et un peu partout dans le monde.

The Works (1984) : On y trouve de nombreux tubes parmi lesquels : « I Want to Break Free » de John Deacon et « Radio Ga Ga » de Roger Taylor. C’est le renversement des valeurs puisque les deux compositeurs historiques du groupe, Freddie Mercury et Brian May, rencontrent un succès moins important avec leurs singles respectifs : « It’s a Hard Life » et « Hammer to Fall ». « I Want to Break Free » est un tube planétaire. Dans le video clip, les quatre membres du groupe apparaissent déguisés en personnages de soap opéras. La dérision est bien présente notamment chez Freddie Mercury, portant minijupe, bas-résilles et moustaches. L’autre grand tube, « Radio Ga Ga », est un morceau sophistiqué à l’extrême comme son clip qui a nécessité le concours de plusieurs centaines de figurants pour un hommage au film Metropolis.

A Kind of Magic (1986) : La majorité des compositions de cet album ont été inspirées par le film Highlander, de Russell Mulcahy, sorti la même année. A Kind of Magic arbore une pochette humoristique avec les quatre membres de Queen caricaturés en crooners. Ce dessin sur fond noir s’inspire du clip d’A Kind of Magic. C’est un album au son puissant où le hard rock a une place de choix. A Kind of Magic confirme l’ascendant de Roger Taylor dans le succès commercial du groupe.

Freddie Mercury est mort le 24 novembre 1991 à l’âge de 45 ans à Londres.

En 2001, Queen entre au Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland, Ohio, États-Unis. En 2002, Queen se voit accorder une étoile sur le célèbre Hollywood Walk of Fame. En 2003, Queen devient le premier et, à ce jour, unique groupe à entrer au Songwriters Hall of Fame. Selon le Livre Guinness des records de 2005, les albums de Queen ont passé un total de 1422 semaines, soit 27 ans dans les classements du Royaume-Uni dans son ensemble ; plus longtemps qu’aucun autre groupe ou artiste, y compris les Beatles et Elvis Presley.  

Discographie : 

Queen (1973)
Queen II (1974)
Sheer Heart Attack (1974)
A Night at the Opera (1975)
A Day at the Races (1976)
News of the World (1977)
Jazz (1978)
The Game (1980)
Flash Gordon (1980) – soundtrack
Hot Space (1982)
The Works (1984)
A Kind of Magic (1986)
The Miracle (1989)
Innuendo (1991)
Made in Heaven (1995)

Voir sur YouTube : « Queen – Bohemian Rhapsody (Official Video) » par Queen Official ; « Queen – I Want To Break Free (High Quality) » par Queen Forever; « Queen – Radio Ga Ga (Official Video) » ; « Queen – A Kind of Magic (Official Video) » et « Queen – Crazy Little Thing Called Love (Official Video) » par Queen Official