Disque – Michel Polnareff – La Compilation (1991)

Michel Polnareff est un auteur-compositeur-interprète français, né le 3 juillet 1944 à Nérac. Pianiste et mélodiste pop, il cultive une apparence singulière. Il est le compositeur et l’interprète d’un grand nombre de succès populaires, notamment : La Poupée qui fait non, Tout pour ma chérie, Je suis un homme, Le Bal des Laze, On ira tous au paradis, Lettre à France ou encore Goodbye Marylou. Les musiques de Polnareff s’inspirent de styles anglo-américains, suivent parfois une ligne néo-classique (telle Âme câline). L’artiste affiche un look androgyne (qui ne cesse d’évoluer), et écrit certains textes prônant la liberté sexuelle. La presse ne le lâche pas et le considère comme un symbole de la décadence de la jeunesse, à cause de son apparence jugée efféminée (point commun avec David Bowie) et de ses textes qui choquent. L’Amour avec toi (repris par Étienne Daho en 1989) est d’ailleurs interdit d’antenne avant 22 heures.

L’enfance :

Michel Polnareff est russe du côté de son père, et Breton du côté de sa mère. Il passe toute son enfance dans la musique. Son père Leib Polnareff (Léo Poll) a écrit des chansons pour Édith Piaf et Mouloudji, c’est d’ailleurs à lui que l’on doit les arrangements français de la chanson Le Galérien (d’après une mélodie populaire russe). Sa mère Simone Lane, est danseuse. Michel Polnareff commence le piano à quatre ans et reçoit à douze ans le premier prix de solfège au conservatoire du 8e arrondissement de Paris.

En 1957, il se familiarise avec la langue anglaise lors d’un séjour linguistique dans le Dorset. À 20 ans, il quitte le cocon familial qu’il juge étouffant, et s’installe sur les marches du Sacré-Cœur avec une guitare achetée avec ses économies. Ses premières notes seront celles de La Poupée qui fait non.

Les débuts :

Il devient beatnik, pacifiste et fait la manche en reprenant les standards rock de l’époque. En 1965, repéré et invité par André Pousse, il remporte un concours de rock organisé par Disco Revue au club alors branché La Locomotive. Le premier prix est un contrat avec Barclay, que Polnareff refuse.

Gérard Woog, un ami d’enfance, insiste pour le présenter à Lucien Morisse, patron d’Europe 1 et futur manager. Michel accepte de signer avec la maison Disc’AZ de Morisse à condition d’enregistrer à Londres avec Jimmy Page à la guitare et John Paul Jones à la basse (futurs Led Zeppelin). À son grand étonnement, la maison de disques accepte, et La Poupée qui fait non sort le 26 mai 1966. Cette chanson connaît un véritable triomphe et sera reprise par de nombreux artistes.

Il enchaîne alors les tubes, de la complainte Love Me, Please Love Me (Rose d’or au festival d’Antibes, numéro 1 au Brésil) au romantique Bal des Laze en passant par l’existentiel Sous quelle étoile suis-je-né ? ou encore l’électrique et revanchard Roi des fourmis. Polnareff expérimente un système quadriphonique pour le disque Polnareff’s, ou encore fait tourner le micro tel un lasso pour enregistrer les chœurs de On ira tous au paradis.

L’exil américain :

Revenant d’une tournée internationale à l’été 1973, Polnareff découvre que son déficit bancaire se calcule en millions de francs, son homme de confiance Bernard Seneau l’a escroqué : avec son argent, il lui a loué un logement et une voiture sans les lui acheter (alors que Polnareff se croyait propriétaire), puis il est parti avec ses sous sans laisser d’adresse, et bien sûr sans avoir payé les impôts du chanteur. Polnareff se retrouve donc non seulement les poches vides, mais débiteur d’une énorme dette fiscale, et il faudra des années pour que ses avocats prouvent sa non-complicité dans cet impayé fiscal d’un million de francs. Sa mère meurt au même moment et Polnareff, dépressif, doit faire une nouvelle cure de sommeil avant de s’exiler, le 10 octobre 1973, aux États-Unis à bord du paquebot France, dont c’est un des derniers trajets (avant d’être désarmé en 1974 puis revendu).

Le retour en France :

En 1984, il signe la bande originale de La Vengeance du serpent à plumes de Gérard Oury. Durant cette période, Michel Polnareff réside épisodiquement en France. De 1985 à 1987, il s’installe à l’hôtel Le Manoir de Chaubuisson à Fontenay-Trésigny en région parisienne, et compose Goodbye Marylou qui devient immédiatement un tube à sa sortie. Lorsque le manoir ferme, il s’installe pendant 20 mois dans l’appartement des propriétaires du Café des Trois-Valets, à Fontenay-Trésigny, nourri, logé, blanchi. Néanmoins, ce que Polnareff écrit dans son autobiographie sur cette expérience est ressenti négativement par la famille propriétaire du café. C’est à cette époque qu’Epic (Sony Music aujourd’hui), lui propose un contrat.

À partir de septembre 1989, il réside (durant huit cents jours) à l’hôtel Royal Monceau, où il commence l’enregistrement de l’album Kâmâ Sutrâ avec l’aide de Ben Rogan à la production et Mike Oldfield à la guitare. Le disque sort en février 1990 et est un succès (près d’un million d’exemplaires vendus) grâce aux tubes Kâma Sûtra, LNA HO, Toi et moi. L’image de Michel Polnareff devient symbolique, dans ses clips et sur les pochettes, on ne voit que sa silhouette ou ses lunettes. « Période bleue » confiera l’intéressé, à l’image du clip Kâmâ Sutrâ où l’on aperçoit son ombre hanter les couloirs du Royal Monceau.

Quelques Albums remarquables :

Love Me, Please Love Me (1966) : Âgé d’à peine 22 ans au moment où il enregistre son premier album, Polnareff verra son disque publié aux États-Unis, qui pourtant faisaient peu de cas du rock français, sous le titre French Rock Blues. Folk rock, dans la veine de Bob Dylan, des Byrds ou des Kinks, avec des mélodies qui évoquent celles de Brian Wilson, et des expérimentations sur le son et le mixage dont l’exemple le plus frappant est Sous quelle étoile suis-je né ?

Michel Polnareff, dans cette seconde moitié des sixties, fut donc l’un des rares artistes pop français (avec Serge Gainsbourg et aussi Jacques Dutronc qui émerge la même année) à rivaliser en France avec les Anglo-Saxons, tant dans la qualité des compositions que dans la production sonore.

Coucou me revoilou (1978) : est le 6e album studio de Michel Polnareff sorti en 1978, premier album de Polnareff en langue française depuis son exil. Il suit la sortie de la chanson Lettre à France. 

Lettre à France : En 1972, Polnareff reçoit une lettre d’une agence immobilière qui lui réclame six mois de loyers impayés et apprend par la suite que ses biens – sa Rolls et sa maison – ne lui appartiennent pas, mais sont en location. Il a été trahi par son homme de confiance qui l’a spolié en lui prenant son argent et en laissant le chanteur endetté. De plus, le fisc lui réclame plus d’un million de franc, mais Polnareff est ruiné. L’opinion publique refusant de croire en sa bonne foi et supportant mal ce désamour, Polnareff décide de quitter la France, alors qu’il est menacé d’emprisonnement, pour refaire sa vie ailleurs.

Il s’exile alors en Californie où il publie un single qui se classe rapidement au Billboard Hot 100, hit-parade américain. Mais la France lui manque, et, pris d’un coup de blues, Polnareff griffonne sur une nappe en papier les premières notes de la chanson qui ne se nomme pas encore Lettre à France. Il enregistre la musique sur cassette et l’envoie à son parolier Jean-Loup Dabadie. Dabadie écrit alors un texte avec deux niveaux de lecture : on peut soit y voir une simple lettre d’amour d’un homme loin de sa dulcinée ou alors celle d’un homme exilé qui rêve de revoir son pays, la France. Ce double sens des paroles séduit Polnareff. Sorti durant l’été 1977, Lettre à France se classe au classement des sondages de l’IFOP à la 15e place à la date du 23 juillet 1977. Le titre progresse au hit-parade et atteint la 4e place le 27 août 1977, avant de chuter à la cinquième place durant les deux premières semaines de septembre 1977. Il apparaît pour la dernière fois dans le top 20 le 8 octobre 1977. Le single se vend à 840.000 exemplaires. Le succès de “Lettre à France” permet à Polnareff de revenir en France en octobre 1978 pour régler ses affaires avec le fisc et d’être innocenté par la justice, qui reconnaît la culpabilité de l’homme de confiance, toujours en fuite au moment du jugement. Toutefois, Polnareff est toujours redevable d’un million de francs à l’administration fiscale.

Cet album a pris plus d’un an de travail à l’artiste, qui en garde cependant un mauvais souvenir. Quelques titres se sont néanmoins imposés, comme Une simple mélodie, l’ironique Le Cigare à moteur, ou encore J’ai tellement de choses à dire et Le Clochard des jumbos qui dénoncent son exil forcé.

Bulles (1981) : Cet album fit renouer Polnareff avec le succès avec 800.000 exemplaires vendus. Bulles est un album en totale harmonie avec le son de l’époque et prouva à l’artiste que le public français ne l’avait pas oublié. À son lancement les trois chansons “Radio”, “Je t’aime”, et “Tam-Tam” furent les plus diffusées par les radios nationales. Cet album marqua aussi un tournant dans l’orientation musicale du chanteur. En effet, Polnareff s’imposait désormais dans un style plus rock, et les ballades dont on avait l’habitude à ses débuts ne sont pas présentes (à l’exception de “Je t’aime”).

Kâma-Sûtra (1990) : Cet album a été composé à Paris, à l’hôtel Royal Monceau, où le chanteur resta plus de 800 jours sans en sortir pour les besoins de sa création d’abord, mais aussi en raison de sa myopie devenant une cécité totale. Kâma-Sûtra est le fruit de prouesses techniques. En effet, Polnareff enregistrait les voix depuis le bar de l’hôtel, « L’Aquarius », et écoutait, par téléphone ou par bande transmise via un ordinateur, les sons mixés en studio parfois à plusieurs milliers de kilomètres. Les parties cordes ont été enregistrées aux studios Abbey Road. Annoncé par le single Goodbye Marylou (sorti en juin 1989), Kâma-Sûtra réintègre les mélodies au piano qui ont fait le succès de Polnareff, absentes de ses deux précédents albums, Bulles et Incognito.

Accompagné lors de sa sortie de l’un des premiers clips en 3D (LNA HO), abordant de manière inédite les rapports sentimentaux par réseaux, ici le minitel avec Goodbye Marylou, cet album peut être considéré comme le plus avant-gardiste de Polnareff. Mike Oldfield a joué des solos de guitare sur deux morceaux de cet album (Besoin de toi et LNA HO).

La Compilation (1991) : Les meilleurs titres de Michel Polnareff sur un double album qui sera rééditée en 1998.

Discographie : 

1966 : Love Me, Please Love Me
1968 : Le Bal des Laze
1971 : Polnareff’s
1972 : Polnarévolution
1974 : Michel Polnareff
1975 : Fame à la mode
1978 : Coucou me revoilou
1981 : Bulles
1982 : Show télé 82/Public
1985 : Incognito
1990 : Kâma-Sûtra
1996 : Live at the Roxy
2007 : Ze re Tour 2007
2016 : À l’Olympia

Voir sur YouTube : “Michel Polnareff Lettre A France Remastered” par sacha oudot ; Michel Polnareff – “La poupee qui fait non ( Rare Original Video 1966 )” par exclusivevids1000 ; “Michel Polnareff ( Ame caline ) 1967” par Babyhowdy233 ; “Michel Polnareff : on ira tous au paradis” par sdup

 

Album – Barclay James Harvest – Best of (1991)

En 1966, deux groupes locaux de Rythm’n’blues situés à Oldham, en Angleterre, fusionnent pour former The Blues Keepers. Grâce au parrainage d’un homme d’affaires local (qui est aussi leur producteur) ils louent une ferme du XVIIIe siècle dans le Lancashire où ils répètent intensivement, et évoluent vers le rock progressif, surfant sur le phénomène musical du moment. En devenant professionnel, le nom Barclay James Harvest (BJH) est  adopté ; le groupe comprend : John Lees (guitares, voix), Les Holroyd (basse, guitare rythmique, voix), Stuart “Woolly” Wolstenholme (claviers, chant) et Mel Pritchard (batterie).

Après avoir sorti leur premier single en avril 1968, le groupe rejoint le légendaire label progressif Harvest, filiale d’EMI, élargissant rapidement leurs horizons musicaux, principalement en expérimentant des structures de chansons et des orchestrations plus évolutives. Au début, il s’agissait de l’utilisation de bois, de cordes et de cuivres avant d’acquérir un Mellotron (instrument de musique polyphonique à clavier fonctionnant comme un échantillonneur, chaque note du clavier contrôlant directement la lecture d’une petite bande magnétique contenant l’enregistrement à restituer. Il a été largement utilisé dans les années 1960 et 1970, notamment par les formations de rock progressif), mais au moment de la sortie de leur premier album «Barclay James Harvest» en 1970, ils employaient un orchestre, le grandiose Orchestre Barclay James Harvest Symphony dirigé par Robert Godfray.

Bien que produisant une partie de leur meilleur travail mélodique à cette époque, l’orchestre s’avère trop coûteux et malheureusement les ventes ne sont pas au rendez-vous. La tournée de promotion est un fiasco de même que les 3 albums qui vont suivre Once Again, Short Stories et Baby James Harvest, aussi EMI lâche le groupe. Mais en 1973, ils signent chez Polydor et le succès arrive enfin au Royaume-Uni avec des albums comme Everyone Is Everybody Else, Octoberon et Gone to Earth, qui permettent au groupe d’être connu en Allemagne avec des ventes dépassant le million d’exemplaires et aussi en Belgique.

Le succès commercial des années 80 : 

Avec le succès commercial croissant, les structures de leurs chansons se simplifièrent avec des arrangements plus forts. En 1979, Woolstenholme quitta le groupe parce qu’il était devenu désabusé de s’être éloigné des racines du rock Progressif. BJH continue dans les années 1980 avec ses trois autres membres fondateur auxquels viennent se joindre des musiciens de session. À cette époque, BJH fait une percée commerciale en Europe, en particulier en Allemagne où ils font plusieurs concerts historiques en plein air, notamment un gratuit sur les marches du Reichstag le 30 août 1980 à l’occasion de la chute du mur de Berlin devant plusieurs centaines de milliers de fans. Les années 1980 permettent à BJH de devenir superstar en Allemagne, Suisse et France avec une série d’albums d’or et de platine et des tournées affichant complet : Eyes of the Universe, Turn of the Tide, A Concert for the People (Berlin), Ring of Changes et Victims of Circumstance.

Années 90, la scission : 

À la fin des années 80, la popularité du groupe commença à diminuer. Dans les années 90, un procès traumatique et l’élargissement des différences musicales entre les membres du groupe crée une scission. En 1998, les deux auteurs-compositeurs Holroyd et Lees se séparent tout en continuant à travailler sous le parapluie de l’ancien nom du groupe. Ainsi sont nées les deux groupes qui restent aujourd’hui: Barclay James Harvest avec Les Holroys persévère dans le style AOR (Album Oriented Rock) de leur travail ultérieur ; tandis que Barclay James Harvest (JLBJH), de John Lees, est retourné au travail plus orienté Rock Progressif des années 1970, y compris en jouant de nouveau avec Woolly Wolstenholme. Le batteur Mel Pritchard décède en 2004 à l’âge de 56 ans.

Discographie : 

1970 : Barclay James Harvest
1971 : Once Again
1971 : Barclay James Harvest & Other Short Stories
1972 : Early Morning Onwards
1972 : Baby James Harvest
1974 : Everyone Is Everybody Else
1974 : Barclay James Harvest Live
1975 : Time Honoured Ghosts
1976 : Octoberon
1977 : Gone to Earth
1978 : Live Tapes
1978 : XII
1979 : Eyes of the Universe
1981 : Turn of the Tide
1982 : A Concert for the People (Berlin)
1983 : Ring of Changes
1984 : Victims of Circumstance
1987 : Face to Face
1988 : Glasnost
1990 : Welcome to the Show
1991 : Best of BJH
1993 : Caught in the Light
1997 : River of Dreams

Voir sur YouTube : “Barclay James Harvest – Victims of circumstances – Thommys Popshow – 1984” par PetersPopShow ; “Barclay James Harvest – Welcome To The Show ( Eurotops )” par patikdisco et “Barclay James Harvest – The Ultimate Anthology (2004)” par john chen

Youngtimer – Alpine A610 (1991-1995)

Présentée au Salon de Genève 1991, la nouvelle Alpine A610 s’éloignait encore du concept sportif initié par la berlinette et repris par l’A310 au moins dans ses premières versions à quatre ou six cylindres. Devenue Coupé Grand Tourisme à part entière, L’alpine A610 remplaçait les V6 Turbo et les Le Mans, elles-mêmes lointaines descendantes de l’A310 via la GTA. La conception des A 610 reprend celle des Alpine GTA. Le châssis-poutre supporte une carrosserie en matériaux synthétiques. Le moteur est installé en porte-à-faux arrière comme sur les Porsche 911. Les moteurs sont des V6. Il y a 4 places dans l’habitacle.

Le changement dans la continuité : 

En tentant d’exploiter l’image d’Alpine, encore très forte même sur les marchés d’exportation, Renault se trouve partagé entre la tradition et la recherche d’un nouveau concept favorisant les notions de luxe et de confort sans renier les performances. D’où une certaine continuité dans les lignes et les volumes qui s’accompagne pourtant d’un remaniement fondamental du châssis et de la mécanique. Le châssis est à poutre centrale à section rectangulaire avec à l’avant une structure en tôles embouties qui est fixée par l’intermédiaire d’un caisson transversal rigidificateur et à l’arrière une structure évasée qui prolonge la poutre et reçoit la boîte de vitesses et les chapelles des suspensions.

Plus rigide et mieux finie : 

Le châssis provient directement de l’étude faite pour les GTA USA. Ce châssis renforcé et plus lourd sur l’avant contribuera à stabiliser la voiture à très haute vitesse (défaut des GTA) ; l’implantation mécanique privilégie la motricité et répartit plus efficacement les masses. Le V6 Turbo est plus raffiné, donnant davantage de souplesse. Quant aux finitions, elles atteignent désormais un niveau de qualité d’une vraie GT européenne puisque la voiture est équipée de série de l’ABS, de la direction assistée et de l’air conditionné. La sellerie est en velours de qualité. Mais l’agile berlinette des débuts est désormais bien loin.

Caractéristiques Techniques : 

Moteur : V6 PRV à 1 ACT par banc de cylindre ;  Turbo Garett T3 ; Cylindrée : 2975 cm3 ; 250 ch DIN à 5750 tr/mn.
Transmission : propulsion, boîte manuelle 5 rapports.
Poids et performances : 1420 kg ; Vitesse maximale : 265 km/h.
Châssis – Carrosserie : Coupé.
Dimensions : Longueur : 4415 mm ; Largeur : 1762 mm ; Hauteur : 1188 mm ; Empattement : 2340 mm.

Prix du modèle neuf en  1991 : 395.900 Francs soit 90.000 € avec 49,1% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 30.000 €

Film – Jusqu’au bout du monde (1991)

Wim Wenders a tourné “Jusqu’au bout du monde” en cinq mois dans 15 villes de huit pays différents et cela sur quatre continents, filmant Claire Tourneur (Solveig Dommartin) parcourant le monde à la poursuite de Trevor McPhee alias Sam (William Hurt) dont elle est amoureuse. “Jusqu’au bout du monde est un film d’amour aventureux futuriste sous forme d’enquête sur les routes du monde, ou inversement” comme le dit son réalisateur. Il y a deux versions disponible de ce film. Une de 3 heures, telle qu’elle est sortie en salle, éditée en VHS et que l’on peut encore trouver en DVD import US, et une autre, de 4h40 “Director’s cut”, éditée en coffret DVD en V.O. sous-titrée.

L’histoire a lieu en 1999, un monde futur seulement un peu plus usé, violent et technologiquement avancé que celui de la date du tournage, au tout début des années 90. Il vit sous l’ombre de la mort, après qu’un satellite nucléaire indien soit sorti de son orbite et chute en spirale vers la surface de la Terre, menaçant ses zones peuplées. Les masses de population qui essaient de fuir les sites à impact potentiel provoquent une panique mondiale. Les gens ont mis leur vie entre parenthèse, y compris une jeune femme qui a laissé son ami britannique ennuyeux, Eugene (Sam Neill), pour une aventure à Venise. En quittant la ville au volant de son auto, elle a un accrochage avec deux gangsters qui la chargent de convoyer à Paris le butin d’un hold-up. En cours de route, elle prend en auto-stop Trevor, un Américain énigmatique qui semble lui aussi compromis avec des personnages dangereux et dont elle tombe finalement amoureuse.

Wenders est le maître des road movies, comme «Kings of the Road» ou «Paris, Texas», et des films aux thèmes mystérieux, comme celui-ci. Ses scénarios ont tendance à commencer par des figures énigmatiques apparaissant de nulle part, et à continuer avec une série d’événements aléatoires qui finissent par en révéler le thème.

Le personnage de William Hurt poursuit sa mission personnelle secrète, qui l’emmène des grandes métropoles du continent européen (Venise, Paris, Moscou…) à San Francisco puis au Japon avant de le conduire finalement vers sa destination finale, dans l’Outback Australien, les territoires du nord, berceau de la culture aborigène. Claire ainsi que Eugène qui aime toujours Claire et un détective privé, Phillip Vinter, le traquent d’une destination à l’autre, tandis que les méchants leur collent au basques, mais sans jamais vraiment réussir à les intercepter.

Lorsque le satellite nucléaire indien est abattu par le gouvernement américain, l’effet résultant de l’impulsion électromagnétique nucléaire détruit toute l’électronique non blindée dans le monde. Au bout de leur voyage, alors que leur avion est tombé en panne dans l’Outback Australien, Sam (accompagné de Claire) retrouve son père Henry et sa mère Edith qui habitent dans un mystérieux laboratoire souterrain, et nous comprenons les raisons du long périple de Trevor alias Sam Farber…

Wenders a rassemblé autour de lui ses acteurs et une équipe de base de 17 techniciens, se déplaçant d’une ville à l’autre, recrutant des équipes locales, tournant souvent pendant les déplacements. Son directeur de la photographie, Robby Muller, a parlé d’essayer de maintenir une certaine cohérence visuelle dans l’éclairage et les cadrages, mais Wenders était à la merci des conditions locales de tournage, et beaucoup de scènes ont été tributaires de circonstances imprévisibles.

Dans ce très beau film, Wim Wenders est très critique quant à la boulimie technologique de notre société consumériste et aux pièges tendus par les mondes virtuels. L’Outback, évoque un lieu où les traditions orales ont survécu pendant des siècles grâce aux peuples aborigènes. C’est dans ce lieu précis que Henry Farber a établi son laboratoire protégé des impulsions électromagnétiques, se transformant peu à peu en scientifique fou obsédé par ses recherches. Mais juste quand il met au point son invention révolutionnaire (une machine permettant d’enregistrer les rêves humains), un satellite nucléaire fait des siennes et flashe la plupart des puces électroniques. À la fin du film, Sam et Claire deviennent accros à regarder leurs rêves enregistrés et il sont sauvés de la folie par les aborigènes. Toute la morale du film est résumée ici : nous, les humains, ne devrions pas oublier l’art de la narration, qui parle de nos racines, de nos contes et nos légendes ; il devient salutaire d’empêcher la technologie de nous dicter notre façon de communiquer et de rêver, sinon, nous y perdrons notre âme.

Réalisateur : Wim Wenders
Scénario : Michael Almereyda, Peter Carey, Solveig Dommartin, Wim Wenders
Directeur de la photographie : Robby Müller
Musique : REM, U2, Peter Gabriel, Elvis Costello, Patti Smith, K.D.Lang, Elvis Presley, Lou Reed, Nick Cave, Depeche mode, Talking Heads, Neneh Cherry.
Producteurs : Ulrich Felsberg, Jonathan T. Taplin

Distribution :
Solveig Dommartin : Claire Tourneur
William Hurt : Sam Farber, alias Trevor McPhee
Sam Neill : Eugene Fitzpatrick
Rüdiger Vogler : Phillip Vinter
Pietro Falcone : Mario
Chick Ortega : Chico Remy
Eddy Mitchell : Raymond Monnet
Max Von Sydow : Henry Farber
Jeanne Moreau : Edith Farber
Ernie Dingo : Burt

Voir sur Dailymotion : “Jusqu’au bout du monde (1991 – bande annonce VO)” par Aline Bretsine

Série TV – Nestor Burma (1991-2003)

La série TV met en scène Nestor Burma, joué par Guy Marchand, un détective privé avisé et désinvolte, joueur de saxophone à ses heures, qui mène ses enquêtes avec un brio teinté d’humour au volant de son cabriolet Peugeot 504. Il est entouré d’Hélène, sa fidèle secrétaire qui malgré les nombreux services rendus est rarement payée, de Zavatter, son adjoint et parfois de Picpus. On n’oubliera pas non plus le chat Rififi. Les policiers sont gratinés : entre les commissaires Faroux et Niel, qui voient en Nestor un fin limier qui doit parfois être cadré, et l’inspecteur Fabre, un flic borné dont Burma se moque souvent, on trouve toute la palette des comportements. L’ambiance de la série est “Polar jazzy” ponctuée par la voix off grave et apaisante de Guy Marchand ; les épisodes sont souvent tournés dans les arrondissement de Paris en référence à l’œuvre de Léo Malet.

Personnages de la série :

Nestor Burma : Guy Marchand. Hélène : Successivement : Sophie Broustal, Natacha Lindinger, Géraldine Cotté et Jeanne Savary. Zavatter : Michel Fortin. Picpus : Serge Dupuy.  Commissaire Faroux : Pierre Tornade. Commissaire Niel : Elisa Servier. Inspecteur Fabre : Patrick Guillemin.

Cette série télévisée française fait 39 épisodes de 90 minutes ; elle fut créée d’après le personnage éponyme de Léo Malet et diffusée entre 1991 et 2003 sur Antenne 2, France 2 puis rediffusée sur M6. Depuis 2005, la série est régulièrement rediffusée sur France 2, Direct 8, Paris Première et Canal Jimmy. Les scénarios des premières saisons étaient adaptés des livres de Léo Malet, mais ceux-ci firent ensuite place à des scénarios originaux.

Hubert Prolongeau de Libération avait questionné Léo Malet peu avant sa mort en 1995 en lui demandant notamment s’il retrouvait Burma en Guy Marchand : “Burma, oui. Le reste non. […]. Mais Marchand est sûrement le Burma le plus vrai que j’ai vu. Il a sa désinvolture. Dans ses rapports avec sa secrétaire Hélène en particulier, même si j’aurais souhaité qu’il y ait un peu plus d’érotisme. Et puis, détail qui me touche, il fume vraiment une pipe à tête de taureau”.

L’auteur des romans :

Léo Malet (1909-1996) est né dans le quartier de Celleneuve à Montpellier. Autodidacte, il débuta dans la vie “artistique” à Montmartre, au cabaret de la Vache Enragée, le 25 décembre 1925, ce qui faisait de lui le plus jeune chansonnier de la Butte.

Il fut ensuite, et tour à tour, employé de bureau, manœuvre, vagabond, journaliste occasionnel (collaboration à l’En dehors, à l’Insurgé, au Journal de l’Homme aux Sandales, à la Revue Anarchiste, etc.), “nègre” d’un maître-chanteur analphabète, gérant de magasin de modes, figurant de cinéma, crieur de journaux, emballeur (chez Hachette), etc.

Poète, il a appartenu au Groupe Surréaliste de 1930 à 1949. En 1942, en publiant ‘120, rue de la Gare’ il fit dans le roman policier ce que les critiques (de Mme Germaine Beaumont à Robert Margerit) ont appelé une “irruption fracassante, apportant un ton nouveau dans ce genre littéraire.”

En 1948, il fut le premier lauréat du Grand Prix de Littérature policière. En 1958, le Grand Prix de l’Humour noir couronna sa série des Nouveaux mystères de Paris – série, écrit Gilbert Sigaux, dans laquelle “il met en scène les secrets de la ville en même temps que les secrets des personnages.”

Il a écrit sous divers pseudonymes : Frank Harding, Léo Latimer, Lionel Doucet, Jean de Selneuves, Omer Refreger et Louis Refreger.

Certains de ses romans ont été adaptés en bandes dessinées par Jacques Tardi. Le personnage de Nestor Burma a inspiré une série télévisée avec Guy Marchand dans le rôle principal.

Léo Malet est décédé le dimanche 3 mars 1996 à Paris à l’âge de 86 ans. Il est inhumé à Châtillon-sous-Bagneux, dans les Hauts-de-Seine (92). Source : www.info.fundp.ac.be

Pour en savoir plus

Voir sur YouTube : “Nestor Burma S01 EP0. Corrida Aux Champs Elysees”