Album – Barclay James Harvest – Best of (1991)

En 1966, deux groupes locaux de Rythm’n’blues situés à Oldham, en Angleterre, fusionnent pour former The Blues Keepers. Grâce au parrainage d’un homme d’affaires local (qui est aussi leur producteur) ils louent une ferme du XVIIIe siècle dans le Lancashire où ils répètent intensivement, et évoluent vers le rock progressif, surfant sur le phénomène musical du moment. En devenant professionnel, le nom Barclay James Harvest (BJH) est  adopté ; le groupe comprend : John Lees (guitares, voix), Les Holroyd (basse, guitare rythmique, voix), Stuart « Woolly » Wolstenholme (claviers, chant) et Mel Pritchard (batterie).

Après avoir sorti leur premier single en avril 1968, le groupe rejoint le légendaire label progressif Harvest, filiale d’EMI, élargissant rapidement leurs horizons musicaux, principalement en expérimentant des structures de chansons et des orchestrations plus évolutives. Au début, il s’agissait de l’utilisation de bois, de cordes et de cuivres avant d’acquérir un Mellotron (instrument de musique polyphonique à clavier fonctionnant comme un échantillonneur, chaque note du clavier contrôlant directement la lecture d’une petite bande magnétique contenant l’enregistrement à restituer. Il a été largement utilisé dans les années 1960 et 1970, notamment par les formations de rock progressif), mais au moment de la sortie de leur premier album «Barclay James Harvest» en 1970, ils employaient un orchestre, le grandiose Orchestre Barclay James Harvest Symphony dirigé par Robert Godfray.

Bien que produisant une partie de leur meilleur travail mélodique à cette époque, l’orchestre s’avère trop coûteux et malheureusement les ventes ne sont pas au rendez-vous. La tournée de promotion est un fiasco de même que les 3 albums qui vont suivre Once Again, Short Stories et Baby James Harvest, aussi EMI lâche le groupe. Mais en 1973, ils signent chez Polydor et le succès arrive enfin au Royaume-Uni avec des albums comme Everyone Is Everybody Else, Octoberon et Gone to Earth, qui permettent au groupe d’être connu en Allemagne avec des ventes dépassant le million d’exemplaires et aussi en Belgique.

Le succès commercial des années 80 : 

Avec le succès commercial croissant, les structures de leurs chansons se simplifièrent avec des arrangements plus forts. En 1979, Woolstenholme quitta le groupe parce qu’il était devenu désabusé de s’être éloigné des racines du rock Progressif. BJH continue dans les années 1980 avec ses trois autres membres fondateur auxquels viennent se joindre des musiciens de session. À cette époque, BJH fait une percée commerciale en Europe, en particulier en Allemagne où ils font plusieurs concerts historiques en plein air, notamment un gratuit sur les marches du Reichstag le 30 août 1980 à l’occasion de la chute du mur de Berlin devant plusieurs centaines de milliers de fans. Les années 1980 permettent à BJH de devenir superstar en Allemagne, Suisse et France avec une série d’albums d’or et de platine et des tournées affichant complet : Eyes of the Universe, Turn of the Tide, A Concert for the People (Berlin), Ring of Changes et Victims of Circumstance.

Années 90, la scission : 

À la fin des années 80, la popularité du groupe commença à diminuer. Dans les années 90, un procès traumatique et l’élargissement des différences musicales entre les membres du groupe crée une scission. En 1998, les deux auteurs-compositeurs Holroyd et Lees se séparent tout en continuant à travailler sous le parapluie de l’ancien nom du groupe. Ainsi sont nées les deux groupes qui restent aujourd’hui: Barclay James Harvest avec Les Holroys persévère dans le style AOR (Album Oriented Rock) de leur travail ultérieur ; tandis que Barclay James Harvest (JLBJH), de John Lees, est retourné au travail plus orienté Rock Progressif des années 1970, y compris en jouant de nouveau avec Woolly Wolstenholme. Le batteur Mel Pritchard décède en 2004 à l’âge de 56 ans.

Discographie : 

1970 : Barclay James Harvest
1971 : Once Again
1971 : Barclay James Harvest & Other Short Stories
1972 : Early Morning Onwards
1972 : Baby James Harvest
1974 : Everyone Is Everybody Else
1974 : Barclay James Harvest Live
1975 : Time Honoured Ghosts
1976 : Octoberon
1977 : Gone to Earth
1978 : Live Tapes
1978 : XII
1979 : Eyes of the Universe
1981 : Turn of the Tide
1982 : A Concert for the People (Berlin)
1983 : Ring of Changes
1984 : Victims of Circumstance
1987 : Face to Face
1988 : Glasnost
1990 : Welcome to the Show
1991 : Best of BJH
1993 : Caught in the Light
1997 : River of Dreams

Voir sur YouTube : « Barclay James Harvest – Victims of circumstances – Thommys Popshow – 1984 » par PetersPopShow ; « Barclay James Harvest – Welcome To The Show ( Eurotops ) » par patikdisco et « Barclay James Harvest – The Ultimate Anthology (2004) » par john chen

Youngtimer – Alpine A610 (1991-1995)

Présentée au Salon de Genève 1991, la nouvelle Alpine A610 s’éloignait encore du concept sportif initié par la berlinette et repris par l’A310 au moins dans ses premières versions à quatre ou six cylindres. Devenue Coupé Grand Tourisme à part entière, L’alpine A610 remplaçait les V6 Turbo et les Le Mans, elles-mêmes lointaines descendantes de l’A310 via la GTA. La conception des A 610 reprend celle des Alpine GTA. Le châssis-poutre supporte une carrosserie en matériaux synthétiques. Le moteur est installé en porte-à-faux arrière comme sur les Porsche 911. Les moteurs sont des V6. Il y a 4 places dans l’habitacle.

Le changement dans la continuité : 

En tentant d’exploiter l’image d’Alpine, encore très forte même sur les marchés d’exportation, Renault se trouve partagé entre la tradition et la recherche d’un nouveau concept favorisant les notions de luxe et de confort sans renier les performances. D’où une certaine continuité dans les lignes et les volumes qui s’accompagne pourtant d’un remaniement fondamental du châssis et de la mécanique. Le châssis est à poutre centrale à section rectangulaire avec à l’avant une structure en tôles embouties qui est fixée par l’intermédiaire d’un caisson transversal rigidificateur et à l’arrière une structure évasée qui prolonge la poutre et reçoit la boîte de vitesses et les chapelles des suspensions.

Plus rigide et mieux finie : 

Le châssis provient directement de l’étude faite pour les GTA USA. Ce châssis renforcé et plus lourd sur l’avant contribuera à stabiliser la voiture à très haute vitesse (défaut des GTA) ; l’implantation mécanique privilégie la motricité et répartit plus efficacement les masses. Le V6 Turbo est plus raffiné, donnant davantage de souplesse. Quant aux finitions, elles atteignent désormais un niveau de qualité d’une vraie GT européenne puisque la voiture est équipée de série de l’ABS, de la direction assistée et de l’air conditionné. La sellerie est en velours de qualité. Mais l’agile berlinette des débuts est désormais bien loin.

Caractéristiques Techniques : 

Moteur : V6 PRV à 1 ACT par banc de cylindre ;  Turbo Garett T3 ; Cylindrée : 2975 cm3 ; 250 ch DIN à 5750 tr/mn.
Transmission : propulsion, boîte manuelle 5 rapports.
Poids et performances : 1420 kg ; Vitesse maximale : 265 km/h.
Châssis – Carrosserie : Coupé.
Dimensions : Longueur : 4415 mm ; Largeur : 1762 mm ; Hauteur : 1188 mm ; Empattement : 2340 mm.

Prix du modèle neuf en  1991 : 395.900 Francs soit 90.000 € avec 49,1% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 30.000 €

Film – Jusqu’au bout du monde (1991)

Wim Wenders a tourné « Jusqu’au bout du monde » en cinq mois dans 15 villes de huit pays différents et cela sur quatre continents, filmant Claire Tourneur (Solveig Dommartin) parcourant le monde à la poursuite de Trevor McPhee alias Sam (William Hurt) dont elle est amoureuse. « Jusqu’au bout du monde est un film d’amour aventureux futuriste sous forme d’enquête sur les routes du monde, ou inversement » comme le dit son réalisateur. Il y a deux versions disponible de ce film. Une de 3 heures, telle qu’elle est sortie en salle, éditée en VHS et que l’on peut encore trouver en DVD import US, et une autre, de 4h40 « Director’s cut », éditée en coffret DVD en V.O. sous-titrée.

L’histoire a lieu en 1999, un monde futur seulement un peu plus usé, violent et technologiquement avancé que celui de la date du tournage, au tout début des années 90. Il vit sous l’ombre de la mort, après qu’un satellite nucléaire indien soit sorti de son orbite et chute en spirale vers la surface de la Terre, menaçant ses zones peuplées. Les masses de population qui essaient de fuir les sites à impact potentiel provoquent une panique mondiale. Les gens ont mis leur vie entre parenthèse, y compris une jeune femme qui a laissé son ami britannique ennuyeux, Eugene (Sam Neill), pour une aventure à Venise. En quittant la ville au volant de son auto, elle a un accrochage avec deux gangsters qui la chargent de convoyer à Paris le butin d’un hold-up. En cours de route, elle prend en auto-stop Trevor, un Américain énigmatique qui semble lui aussi compromis avec des personnages dangereux et dont elle tombe finalement amoureuse.

Wenders est le maître des road movies, comme «Kings of the Road» ou «Paris, Texas», et des films aux thèmes mystérieux, comme celui-ci. Ses scénarios ont tendance à commencer par des figures énigmatiques apparaissant de nulle part, et à continuer avec une série d’événements aléatoires qui finissent par en révéler le thème.

Le personnage de William Hurt poursuit sa mission personnelle secrète, qui l’emmène des grandes métropoles du continent européen (Venise, Paris, Moscou…) à San Francisco puis au Japon avant de le conduire finalement vers sa destination finale, dans l’Outback Australien, les territoires du nord, berceau de la culture aborigène. Claire ainsi que Eugène qui aime toujours Claire et un détective privé, Phillip Vinter, le traquent d’une destination à l’autre, tandis que les méchants leur collent au basques, mais sans jamais vraiment réussir à les intercepter.

Lorsque le satellite nucléaire indien est abattu par le gouvernement américain, l’effet résultant de l’impulsion électromagnétique nucléaire détruit toute l’électronique non blindée dans le monde. Au bout de leur voyage, alors que leur avion est tombé en panne dans l’Outback Australien, Sam (accompagné de Claire) retrouve son père Henry et sa mère Edith qui habitent dans un mystérieux laboratoire souterrain, et nous comprenons les raisons du long périple de Trevor alias Sam Farber…

Wenders a rassemblé autour de lui ses acteurs et une équipe de base de 17 techniciens, se déplaçant d’une ville à l’autre, recrutant des équipes locales, tournant souvent pendant les déplacements. Son directeur de la photographie, Robby Muller, a parlé d’essayer de maintenir une certaine cohérence visuelle dans l’éclairage et les cadrages, mais Wenders était à la merci des conditions locales de tournage, et beaucoup de scènes ont été tributaires de circonstances imprévisibles.

Dans ce très beau film, Wim Wenders est très critique quant à la boulimie technologique de notre société consumériste et aux pièges tendus par les mondes virtuels. L’Outback, évoque un lieu où les traditions orales ont survécu pendant des siècles grâce aux peuples aborigènes. C’est dans ce lieu précis que Henry Farber a établi son laboratoire protégé des impulsions électromagnétiques, se transformant peu à peu en scientifique fou obsédé par ses recherches. Mais juste quand il met au point son invention révolutionnaire (une machine permettant d’enregistrer les rêves humains), un satellite nucléaire fait des siennes et flashe la plupart des puces électroniques. À la fin du film, Sam et Claire deviennent accros à regarder leurs rêves enregistrés et il sont sauvés de la folie par les aborigènes. Toute la morale du film est résumée ici : nous, les humains, ne devrions pas oublier l’art de la narration, qui parle de nos racines, de nos contes et nos légendes ; il devient salutaire d’empêcher la technologie de nous dicter notre façon de communiquer et de rêver, sinon, nous y perdrons notre âme.

Réalisateur : Wim Wenders
Scénario : Michael Almereyda, Peter Carey, Solveig Dommartin, Wim Wenders
Directeur de la photographie : Robby Müller
Musique : REM, U2, Peter Gabriel, Elvis Costello, Patti Smith, K.D.Lang, Elvis Presley, Lou Reed, Nick Cave, Depeche mode, Talking Heads, Neneh Cherry.
Producteurs : Ulrich Felsberg, Jonathan T. Taplin

Distribution :
Solveig Dommartin : Claire Tourneur
William Hurt : Sam Farber, alias Trevor McPhee
Sam Neill : Eugene Fitzpatrick
Rüdiger Vogler : Phillip Vinter
Pietro Falcone : Mario
Chick Ortega : Chico Remy
Eddy Mitchell : Raymond Monnet
Max Von Sydow : Henry Farber
Jeanne Moreau : Edith Farber
Ernie Dingo : Burt

Voir sur Dailymotion : « Jusqu’au bout du monde (1991 – bande annonce VO) » par Aline Bretsine

Série TV – Nestor Burma (1991-2003)

La série TV met en scène Nestor Burma, joué par Guy Marchand, un détective privé avisé et désinvolte, joueur de saxophone à ses heures, qui mène ses enquêtes avec un brio teinté d’humour au volant de son cabriolet Peugeot 504. Il est entouré d’Hélène, sa fidèle secrétaire qui malgré les nombreux services rendus est rarement payée, de Zavatter, son adjoint et parfois de Picpus. On n’oubliera pas non plus le chat Rififi. Les policiers sont gratinés : entre les commissaires Faroux et Niel, qui voient en Nestor un fin limier qui doit parfois être cadré, et l’inspecteur Fabre, un flic borné dont Burma se moque souvent, on trouve toute la palette des comportements. L’ambiance de la série est « Polar jazzy » ponctuée par la voix off grave et apaisante de Guy Marchand ; les épisodes sont souvent tournés dans les arrondissement de Paris en référence à l’œuvre de Léo Malet.

Personnages de la série :

Nestor Burma : Guy Marchand. Hélène : Successivement : Sophie Broustal, Natacha Lindinger, Géraldine Cotté et Jeanne Savary. Zavatter : Michel Fortin. Picpus : Serge Dupuy.  Commissaire Faroux : Pierre Tornade. Commissaire Niel : Elisa Servier. Inspecteur Fabre : Patrick Guillemin.

Cette série télévisée française fait 39 épisodes de 90 minutes ; elle fut créée d’après le personnage éponyme de Léo Malet et diffusée entre 1991 et 2003 sur Antenne 2, France 2 puis rediffusée sur M6. Depuis 2005, la série est régulièrement rediffusée sur France 2, Direct 8, Paris Première et Canal Jimmy. Les scénarios des premières saisons étaient adaptés des livres de Léo Malet, mais ceux-ci firent ensuite place à des scénarios originaux.

Hubert Prolongeau de Libération avait questionné Léo Malet peu avant sa mort en 1995 en lui demandant notamment s’il retrouvait Burma en Guy Marchand : « Burma, oui. Le reste non. […]. Mais Marchand est sûrement le Burma le plus vrai que j’ai vu. Il a sa désinvolture. Dans ses rapports avec sa secrétaire Hélène en particulier, même si j’aurais souhaité qu’il y ait un peu plus d’érotisme. Et puis, détail qui me touche, il fume vraiment une pipe à tête de taureau ».

L’auteur des romans :

Léo Malet (1909-1996) est né dans le quartier de Celleneuve à Montpellier. Autodidacte, il débuta dans la vie « artistique » à Montmartre, au cabaret de la Vache Enragée, le 25 décembre 1925, ce qui faisait de lui le plus jeune chansonnier de la Butte.

Il fut ensuite, et tour à tour, employé de bureau, manœuvre, vagabond, journaliste occasionnel (collaboration à l’En dehors, à l’Insurgé, au Journal de l’Homme aux Sandales, à la Revue Anarchiste, etc.), « nègre » d’un maître-chanteur analphabète, gérant de magasin de modes, figurant de cinéma, crieur de journaux, emballeur (chez Hachette), etc.

Poète, il a appartenu au Groupe Surréaliste de 1930 à 1949. En 1942, en publiant ‘120, rue de la Gare’ il fit dans le roman policier ce que les critiques (de Mme Germaine Beaumont à Robert Margerit) ont appelé une « irruption fracassante, apportant un ton nouveau dans ce genre littéraire. »

En 1948, il fut le premier lauréat du Grand Prix de Littérature policière. En 1958, le Grand Prix de l’Humour noir couronna sa série des Nouveaux mystères de Paris – série, écrit Gilbert Sigaux, dans laquelle « il met en scène les secrets de la ville en même temps que les secrets des personnages. »

Il a écrit sous divers pseudonymes : Frank Harding, Léo Latimer, Lionel Doucet, Jean de Selneuves, Omer Refreger et Louis Refreger.

Certains de ses romans ont été adaptés en bandes dessinées par Jacques Tardi. Le personnage de Nestor Burma a inspiré une série télévisée avec Guy Marchand dans le rôle principal.

Léo Malet est décédé le dimanche 3 mars 1996 à Paris à l’âge de 86 ans. Il est inhumé à Châtillon-sous-Bagneux, dans les Hauts-de-Seine (92). Source : www.info.fundp.ac.be

Pour en savoir plus

Voir sur YouTube : « Nestor Burma S01 EP0. Corrida Aux Champs Elysees »

Album – R.E.M. – Out of Time (1991)

Fondé à Athens, Georgie (U.S.A), en 1980, R.E.M. a été l’un des groupes de rock les plus influents des années 80 et du début des années 90, surfant sur la vague des groupes indépendants «alternatifs» qui émergeaient de partout sur la scène pop-rock de cette époque. Les membres du groupe sont le chanteur Michael Stipe (né le 4 janvier 1960), le guitariste Peter Buck (né le 6 décembre 1958), le bassiste Michael Mills (né le 17 décembre 1958) et le batteur Bill Berry (31 juillet 1958). Leur premier LP, Murmur, a été salué par les critiques comme l’un des meilleurs disques de rock de 1983 ; il inclut le hit « Radio Free Europe », qui établira un modèle pour leur carrière. Leur public n’a cessé de croître, leurs albums ont continué sur la lancée du succès en produisant des hits underground et ils ont parcouru les États-Unis en tournée. Dans les années 90, ils étaient des méga-stars à la radio et sur MTV, et Stipe devint une célébrité pop. Berry s’est retiré du groupe en 1997, mais le groupe a continué à enregistrer et à jouer sur scène et les critiques de rock ont ​​continué à faire l’éloge de leur travail jusqu’en 2011, année de leur séparation.

Murmur (1983) : Au cours de l’été 1981, R.E.M. a enregistré son premier single, « Radio Free Europe », au studio Drive-In de Mitch Easter. Sorti sur le label indie local Hib-Tone, « Radio Free Europe » a été pressé à seulement 1.000 exemplaires, mais la plupart de ces singles sont tombés dans les bonnes mains. En raison du fort bouche à oreille, le single est devenu un succès sur la radio de l’université et est arrivé en tête du sondage de fin d’année de The Village Voice sur Best Independent Singles. Le single a également attiré l’attention de grands labels indépendants, et au début de 1982, le groupe avait signé chez I.R.S. Records, qui sortait « Chronic Town » au printemps. Comme le single, Chronic Town a été bien accueilli, ouvrant la voie à l’album de premier plan pour le groupe, Murmur.

Murmur (1983) : Cet album était sensiblement différent de Chronic Town et il fut accueilli avec des commentaires enthousiastes à sa sortie au printemps ; Rolling Stone l’a désigné comme étant le meilleur album de 1983, battant Thriller de Michael Jackson et Synchronicity de Police. Murmur a également élargi l’audience du groupe de manière significative, en entrant dans le Top 40 américain.

Reckoning (1984) : Le groupe revient à un son plus rugueux avec Reckoning. Cet album contient certaines des chansons les plus populaires de R.E.M. parmi lesquelles So. Central Rain (I’m Sorry) et (Don’t Go Back To) Rockville. L’illustration qui figure sur la pochette est le résultat d’une collaboration entre le chanteur Michael Stipe et un artiste de Géorgie Howard Finster. Reckoning se classe 27e dans le classement des meilleurs ventes d’album américain (certifié or en 1991), et devient le premier album de R.E.M. à entrer dans les charts du Royaume-Uni à la 91ème place.

Fables of the Reconstruction (1984) : Le groupe est entré dans un territoire plus sombre avec son troisième album, Fables of the Reconstruction. Enregistré à Londres avec le producteur Joe Boyd, Fables of the Reconstruction correspond à une période difficile dans l’histoire de R.E.M., car le groupe était chargé de tensions provoquées par des tournées sans fin. L’album reflète les humeurs sombres du groupe, ainsi que son obsession pour le Sud rural, et ces deux fascinations ont surgi dans la tournée de soutien. Stipe, dont le comportement sur scène était toujours un peu étrange, entra dans sa phase la plus bizarre, en prenant du poids, se teignant les cheveux en blond décoloré, et portant d’innombrables vêtements superposés. Aucune des nouvelles bizarreries de la personnalité de R.E.M. n’a empêché Fables of the Reconstruction de devenir leur album le plus réussi à ce jour, en vendant près de 300 000 exemplaires aux Etats-Unis.

Lifes Rich Pageant (1986) : R.E.M. a décidé d’enregistrer leur prochain album avec Don Gehman, qui avait précédemment travaillé avec John Mellencamp. « Lifes Rich Pageant » est une vieille expression Anglaise qui signifie « ça fait partie des grandes choses enrichissantes de la Vie ». Lors de sa sortie de fin d’été en 1986, Lifes Rich Pageant a été accueilli avec les commentaires positifs qui était devenus habituels à chaque nouvel album de R.E.M. Cet album a surpassé les ventes de son prédécesseur.

Document (1987) : R.E.M. avaient jeté les bases d’un grand succès, mais ils ont atteint la gloire avec cet album. Document, est devenu un succès peu de temps après sa sortie de l’automne 1987. Produit par Scott Litt – qui produirait tous leurs disques au cours de la prochaine décennie – Document a grimpé dans le Top Ten des États-Unis et est devenu platine grâce au single « The One I Love », qui est également entré dans le Top 10; Il est également devenu leur plus grand hit en Angleterre à ce jour, atteignant le Top 40 britannique. L’année suivante, le groupe a quitté I.R.S. Records, signant avec Warner Bros. pour un montant de six millions de dollars.

Green (1988) : Le premier album sous le nouveau contrat a été Green, est sorti le jour des élections américaines 1988. Green a continué sur la voie du succès de Document, devenant double platine et générant le Top Ten single « Stand ». R.E.M. est partie en tournée internationale pour Green et ils ont joué leurs premiers concerts dans des stades aux États-Unis.

Out of Time (1990) : R.E.M. Revient en 1990 après une pause, pour enregistrer leur septième album, Out of Time, qui sort au printemps de 1991. Out of Time était un album pop et folk luxuriant, bénéficiant d’un éventail plus large de sons que les disques précédents du groupe et qui entra dans les charts américains et britanniques directement à la 1ère place. Son single principal, « Losing My Religion », est devenu le plus grand single du groupe, atteignant la quatrième place aux États-Unis. Puisque les membres du groupe étaient épuisés de la tournée de Green, ils ont choisi de rester à la maison. Néanmoins, Out of Time est devenu le plus célèbre album du groupe, se vendant à plus de quatre millions d’exemplaires aux États-Unis et passant deux semaines au sommet des charts. Le second single de l’album, Shiny Happy People (sur lequel chante aussi Kate Pierson du groupe originaire d’Athens B-52’s), fut aussi un gros tube, atteignant la dixième place aux États-Unis et la sixième au Royaume-Uni. Out of Time offre à R.E.M. sept nominations lors des Grammy Awards de 1992, le plus grand nombre de nominations pour un seul groupe cette année-là.

Automatic for the People (1991) : R.E.M. retourne en studio en 1991 pour enregistrer l’album Automatic for the People qui est plus tortueux et  introspectif que le précédent. L’album évoque les thèmes de la mort et du deuil. Plusieurs chansons contiennent des arrangements de cordes écrits par le bassiste de Led Zeppelin John Paul Jones. Considéré par de nombreux critiques (ainsi que par Buck et Mills) comme le meilleur album du groupe, Automatic for the People se classe no 1 au Royaume-Uni et no 2 aux États-Unis. Il donne trois nouveaux tubes dans le top 40 américain : « Drive », « Man on the Moon » et « Everybody Hurts ». L’album s’est vendu à près de dix millions d’exemplaires dans le monde.

Monster (1994) : Monster se hisse au sommet des classements de vente d’albums aux États-Unis et au Royaume-Uni et se vend à près de neuf millions d’exemplaires dans le monde. Les singles « What’s the Frequency, Kenneth? » et « Bang and Blame » sont les derniers succès du groupe à entrer dans le Top 40 américain, alors que tous les singles tirés de Monster – y compris « Crush With Eyeliner » et « Tongue » sortis seulement au Royaume-Uni – se placent dans le Top 30 britannique.

New Adventures in Hi-Fi (1996) : R.E.M. signe à nouveau chez Warner Bros. Records en 1996 pour une somme de 80 millions de dollars cette fois, ce qui en fait le plus gros contrat de l’industrie musicale de l’époque. L’album de 1996, New Adventures in Hi-Fi commence par se classer N°2 aux États-Unis et N°1 au Royaume-Uni. Les cinq millions d’exemplaires vendus dans le monde montrent que la tendance du succès commercial du groupe est en train de s’inverser par rapport aux années précédentes.

La séparation : 

Le 21 septembre 2011, le groupe fait savoir officiellement sur son site qu’il se sépare. Cette séparation intervient quelques semaines seulement après la sortie de leur dernier album Collapse into Now, après 31 ans de carrière. L’annonce officielle de la séparation de R.E.M. se conclut sur un communiqué de la Warner Bros : « R.E.M. est unique dans le sens où il s’agit toujours du groupe d’amis d’Athens, en Géorgie, qu’ils étaient depuis la formation du groupe en 1979. Au long de leur carrière, qui regroupe quinze albums studios et un immense succès planétaire, le groupe en lui-même n’a jamais été composé que de ses quatre membres originels ».

« La seule personne à avoir quitté ce groupe soudé a été le batteur Bill Berry, qui est parti deux ans après une rupture d’anévrisme survenue sur scène en 1995 pendant la tournée ‘Monster’. Mais il n’est pas parti sans avoir obtenu la promesse du groupe qu’ils resteraient R.E.M. ‘Bill avait insisté pour rester, si son départ signifiait la fin du groupe’, se souvient Michael Stipe. »

Discographie: 

1983 : Murmur
1984 : Reckoning
1985 : Fables of the Reconstruction
1986 : Lifes Rich Pageant
1987 : Document
1988 : Green
1991 : Out of Time
1992 : Automatic for the People
1994 : Monster
1996 : New Adventures in Hi-Fi
1998 : Up
2001 : Reveal
2004 : Around the Sun
2008 : Accelerate
2011 : Collapse into Now

Voir sur YouTube : « R.E.M. – Losing My Religion (Official Music Video) » et « R.E.M. – Shiny Happy People (Official Music Video) » par remhq « R.E.M. – The One I Love » par emimusic ; « R.E.M. Man On the Moon » par StephenQdoo