Youngtimer – Lotus Esprit (1975-2003)

Malgré sa ligne sportive bien aiguisée signée Giugiaro et son châssis-poutre en acier hérité de la Formule 1, la Lotus Esprit originale commercialisée en 1975 montrait un souffle un peu court. Son moteur n’était en effet qu’un 2 litres de 4 cylindres de 160 ch. Il lui manquait un peu de punch et de panache.

Une carrosserie redessinée par deux fois : 

La firme aurait voulu doter l’Esprit d’un V8 dès sa sortie, mais ses finances, selon son habitude, étaient trop chancelantes pour un tel investissement et il faudra attendre 1996 pour qu’elle en soit équipée. L’Esprit n’a commencé à respirer à son rythme qu’avec l’adjonction d’un turbocompresseur en 1980. Il lui a aussi fallu se guérir de de quelques défauts de jeunesse (problèmes de refroidissement et mauvaise insonorisation). Pour marquer sa maturité, sa carrosserie fut redessinée une première fois en 1980, en gardant l’esprit du modèle original. En même temps, sa cylindrée fut porté à 2,2 litres. Un lifting beaucoup plus radical sera fait par Peter Stevens en 1988, mais les premiers modèles beaucoup moins arrondis restent les plus prisés des collectionneurs.

Des origines dispersées : 

Selon l’habitude de la firme, l’Esprit était montée à partir d’éléments de diverses origines. Le dessin de son bloc cylindre venait de chez Vauxhall, ses éléments de suspension étaient signés Opel et sa boîte de vitesse était héritée de la Citroën SM. Le tout a été patiemment raffiné et perfectionné au fil des ans, jusqu’à en faire, à la fin de sa carrière, une des meilleures voitures de sport à moteur central du marché mondial.

Les différentes séries : 

S1 (1975-80) : Son design, très proche de celui du concept car d’ItalDesign, est d’une grande pureté, et se distingue entre autres des séries suivantes par un spoiler avant séparé, l’absence d’écopes latérales, et la présence de feux arrière empruntés à la Fiat X 1/9.

S2 (1980-81) : Le moteur évolue, sa cylindrée est portée à 2174 cm3, pour gagner en couple, la puissance restant inchangée. Les feux arrières sont repris à la Rover SD1 et le spoiler avant est intégré au pare-chocs. Les défauts de jeunesse sont peu à peu éliminés, tandis que les performances, jugées à l’origine tout juste acceptables au regard de l’agressivité de la ligne, progressent, notamment avec l’arrivée d’une version Turbo (2174 cm3 développant 210 ch, 0 à 100 km/h en moins de 6 s), en hommage au titre constructeur acquis en F1 avec au total sept titres de champion du monde.

S3 (1981-87) : Avec la version S3, l’acheteur aura le choix entre le moteur atmosphérique et le moteur suralimenté, équipant une voiture homogène et fiabilisée. Puis vint une version HCI (1986-87) qui atteint 240 ch en turbo et 180 ch en atmosphérique. L’injection est apparue avec ces versions.

La ligne fut reprise en 1988 par Peter Stevens, arrondissant le style de Giugiaro. Dès lors, l’Esprit recevra une boîte Renault. En 1989 sortit la version SE, avec un 2174 cm3 équipé d’un turbo refroidi par eau de 264 ch. Avec deux fois moins de cylindres, elle pouvait s’expliquer sur un pied d’égalité avec une Ferrari 328. Un aileron arrière fera alors son apparition pour renforcer l’appui aérodynamique, devenu impératif avec les très hautes vitesses que l’Esprit pouvait dorénavant atteindre sur circuit. La puissance du moteur sera ensuite portée à 300 ch avec la X180-R qui s’illustra brillamment dans les compétitions aux États-Unis et donna une série limitée Sport 300 produite jusqu’en 1995.

S4 (1993-96) : En 1994 apparait une évolution S4 qui fut produite jusqu’en 1996, bénéficiant de la direction assistée et d’un développement aérodynamique de l’effet de sol dont l’inventeur était Colin Chapman. La S4S a été l’ultime version sport de l’Esprit avec 298 ch. Les ultimes modifications sur le moteur 2,2 L portant sur l’alimentation furent faites sur les dernières S4 et S4S.

V8 (1996-2004) : Pour répondre aux attentes du marché américain, l’Esprit sera équipée ensuite d’un moteur V8 biturbo de 3500 cm3, développant 350 ch. Le quatre cylindres sera alors redescendu à 2000 cm3 pour 240 ch avant de disparaître du catalogue en 1999.

Prix du modèle neuf en 1983 (Turbo) : 209.890 F soit 69331 € avec 116% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 29.000 €

Caractéristiques Techniques : modèles 1983 : voir la brochure ci-dessous.

Album – Modern English – After The Snow (1982)

Modern English est un groupe de new wave britannique connu pour ses succès mondiaux «I Melt with You», «Hands Across the Sea» et «Ink and Paper». Formé en 1979 à Colchester, Essex, par Robbie Gray (voix), Gary McDowell (guitare, voix) et Michael Conroy (basse, voix), Modern English était à l’origine connu sous le nom de The Leper. Le groupe a pris le nom «Modern English» lorsque Richard Brown (batterie) et Stephen Walker (claviers) se sont joint au groupe.

Après un single sorti sur leur propre label Limp en 1979, le groupe signa chez 4AD les années suivantes pour deux nouveaux singles et la sortie de leur session chez John Peel enregistrée avant leur vrai premier album, Mesh & Lace sorti en 1981. Initialement leur musique était très influencée par Joy Division. Une deuxième session chez John Peel fut enregistrée en octobre 1981. (John Peel était l’un des DJ les plus populaires et les plus respectés au Royaume-Uni et dans le monde entier. Il a eu une grande influence, non seulement sur la manière de faire de la radio, mais également sur l’évolution de genres musicaux comme la pop, le rock alternatif, le hip-hop et la dance music. Animateur sur BBC Radio 1 depuis le lancement de la chaîne en 1967, il y est resté jusqu’à sa mort en 2004. Il était alors le dernier animateur historique de la station).

After The Snow (1982) : leur album suivant fit une plus grande place aux synthétiseurs et fut plutôt comparé aux Simple Minds et à Duran Duran. Il sortit l’année suivante aux États-Unis, sous le label Sire Records, où il se hissa à la soixante-dixième place du classement du magazine Billboard et fut vendu à plus de 500.000 exemplaires. Grey commenta cet album en disant : « on pensait : on ne fera jamais un disque de pop, on est des artistes, quoi ! Mais les choses ne tournent pas toujours comme vous voulez et quand vous faites un disque de pop, ça donne du plaisir plus que n’importe quoi d’autre.» L’entrainant « I Melt With You » (produit par Hugh Jones) a atteint la 7ème place sur le Top Tracks Billboard Charts et la 78ème place sur le Billboard Hot 100 en 1983. Le titre a gagné en popularité en raison de sa programmation en boucle sur MTV au début de 1983 et de son utilisation dans les générique de fin et dans une séquence de montage «falling in love» dans Valley Girl la même année. Il s’est classé 39ème sur les 100 meilleures chansons des années 80 et 7ème sur les 100 plus grandes merveilles du succès des années 80. Le critique Johny Waller du magazine Sounds le décrivit comme une « fête de l’amour et de la luxure, imaginative et sensuelle, qui mériterait de sortir en maxi 45 tours, sans face B ». A réécouter le superbe « Someone’s Calling », autre single tiré de l’album.

En 1983, le groupe s’installa à New York et travailla à son troisième album, Ricochet Days, qui se fit lui aussi une place dans le top 100 américain. Modern English quitta alors 4AD pour n’être plus signé que par Sire en dehors du Royaume-Uni et du Canada. L’album Stop Start en 1986 fut le dernier album produit par Sire, avant que le groupe ne se séparât.

Gray et Conroy avec Modern English participèrent au collectif This Mortal Coil avant de reformer Modern English avec Mick Conroy et Aaron David pour un nouvel album en 1990 Pillow Lips, maintenant sur le label américain TVT. L’album comprend une nouvelle version de « I Melt With You » qui sortit en single, ce qui les plaça une nouvelle fois dans le top 100 du magazine Billbord. Le regroupe cependant se sépara une deuxième fois en 1991, à cause de problèmes de contrat avec TVT, à la suite de quoi Grey forma le groupe Engine. En 1995, ayant gagné face à leur maison de disques, Engine se mua en une nouvelle mouture de Modern English produit par une autre maison de disques, Imago, avec Grey et Matthew Shipley (synthétiseurs). Cette formation enregistra l’album de 1996 Everything’s Mad.

Robbie Grey fit une tournée américaine avec cette nouvelle formation augmentée du batteur britannique Roy Martin. Ils traversèrent les États-Unis et enregistrèrent un nouvel album avec Hugh Jones (producteur des premiers enregistrement du groupe). Les chansons furent écrites avec le guitariste Steven Walker ainsi que Matthew Shirley, aussi bien chez eux à Londres que sur les routes au cours de leurs tournées. Restées quelque temps au fond d’un placard, toutes ces chansons sortirent le 24 mai 2010 sous le titre Soundtrack (littéralement bande son). La formation initiale du groupe fit une tournée en juillet et septembre 2010. Parmi les membres on put retrouver Robbie Grey (chant et guitare), Gary Mc Dowell (guitare et chant), Mick Conroy (guitare et chant), Steven Walker (guitare), Stephen Walker (synthétiseur) et Ric Chandler (batterie).

Source

Discographie :

Mesh and Lace : 1981
After the Snow : 1982
Ricochet Days : 1984
Stop Start : 1986
Pillow Lips : 1990
Everything’s Mad : 1996
Soundtrack : 2010

Voir sur YouTube : « Modern English – I Melt With You (Official Video) » par 4AD ; « Modern English – « Someone’s Calling » par Edgar Aldrett ; « Modern English – Hands Across the Sea » par morrisonAV et « Modern English – Ink and Paper Video » par delahuerta’s channel

Youngtimer – Ford Capri (1969-86)

Sur le modèle de la Mustang dont le succès sur le marché américain étonna ses promoteurs eux-mêmes, Ford Europe définit une mini-Mustang en reprenant la même recette : une plate-forme et une caisse classiques d’une esthétique très sage mais élégante, différents moteurs de 1300 cm3 à 3 litres et divers niveaux de finition permettant de séduire plusieurs segments de clientèle.

Un succès commercial mais aussi sportif : 

Produite simultanément en Angleterre et en Allemagne à partir de janvier 1969, la Capri s’imposa très vie sur tous les marchés. Ses versions à moteur quatre-cylindres étaient à la fois bon marché, fiables et économiques. Mais la Capri, dont les qualités routières demeuraient très moyennes, se révèlera cependant avoir un potentiel sportif insoupçonné avec la 2600 RS. À l’automne 1970, les préparateurs allemands s’occupèrent de la Capri lorsque Ford l’équipa du 2,6 litres en V des Zéphyr anglaises et des Taunus 26 M allemandes. La plus agressive était la 2600 RS (Rallye Sport) allégée et préparée par Jochen Neerpsch. Avec l’injection, des suspensions affermies et surbaissées, des freins à disques, etc, la 2600 RS s’illustra en Rallye et dans les épreuves d’endurance.

Trois générations et un équipement à la carte : 

La MK1 (1969-73) : Dès son lancement, il est possible de choisir entre plusieurs moteurs. En Allemagne le client s’en voit proposer cinq : trois V4 (1300, 1500, 1 700 cm3) et deux V6 (2000 ou 2300 cm3). Au Royaume-Uni, l’éventail se limite, dans un premier temps, à deux 4 cylindres en ligne (1000 ou 1600 cm3) et un V4 (2000 cm3). À partir de l’automne 1969, une nouvelle version 3000, équipée du V6 de l’ancienne Ford Zodiac, vient compléter la gamme britannique. Le catalogue Ford ne propose pas moins de sept degrés de finition. En combinant les options et les moteurs – les versions 1700, 2000 et 2300 bénéficient d’office d’un équipement « GT » plus complet que la Capri standard, dotée d’une présentation simplifiée.

La MK2 (1973-77) : En février 1974, la Capri fait l’objet d’un premier lifting, en Allemagne comme au Royaume-Uni. Ce rajeunissement consiste dans l’abandon de la nervure latérale qui ornait les flancs des anciens modèles, l’abandon des prises d’air latérales, un capot plus plat et un hayon arrière sur toutes les versions. La ligne générale est moins nerveuse, plus sage. Le choix des Capri est simplifié : autour d’une gamme ramenée à quatre versions (1300, 1600 GT, 2300 GT et 3000 GT), on ne trouve plus que deux finitions : L ou XL pour la 1300, standard ou « Ghia » pour les trois versions GT. À l’automne 1975, la gamme disponible en France se résume à trois modèles, la 3000 GT n’étant plus disponible qu’en Allemagne. La gamme germanique, elle s’enrichit au printemps 1976 d’une Capri 2000, animée par un V6 emprunté à la Taunus 2000. Parallèlement, de nouvelles finitions sont proposées : « L » ou « GL » pour la Capri 1300, « S » pour la 1600, « S » ou Ghia pour les 2000 et 2300. Reconnaissables à la bande adhésive marquée d’un S stylisé qui orne leur flancs, les Capri S se substituent aux anciennes GT. Elles adoptent un carénage sous le pare-chocs avant et un becquet arrière. L’année 1976 voit aussi l’arrêt de production de la Ford Capri anglaise, 337.500 exemplaires ont été assemblés à Halewood depuis 1969. Désormais, toutes les Capri commercialisées proviennent des chaînes de Cologne.

La MK3 (1977-86) : C’est la version qui a le mieux marché et esthétiquement la plus réussie aussi. Les modèles commercialisés à partir du mois de février 1977 diffèrent des précédents par leur capot débordant légèrement sur la calandre, par leurs doubles phares en série, leur carénage avant et aussi par leurs pare-chocs peints en noir mat. Quatres finitions sont proposées : L en modèle de base, GL dotée d’un équipement plus luxueux, Ghia (finition haut de gamme avec pavillon recouvert de vinyle), et S (Sièges baquets Recaro, jantes alu, déflecteur noir à l’arrière et logo S). On notera aussi que le logo ovale Ford orne désormais les calandres des Capri. L’acheteur français a maintenant le choix entre les motorisations suivantes : 1,3 l (50 à 60 ch), 1,6l (68 à 88 ch), 2l (98 à 101 ch), 2,3l (108 à 114 ch), et 3l (138 ch), cette dernière pouvant prétendre à une vitesse maximale de 200 km/h. À l’occasion du Salon de Genève, en mars 1981 apparaît la nouvelle Capri 2,8 litres Injection. Équipée du moteur de la Ford Granada, cette version dispose de 160 ch DIN d’une injection et de disques de freins avant ventilés. Fin 1982, les Capri « S » et la 2.8 Injection reçoivent une boîte à cinq rapports, avec overdrive dans le cas de la 2,8 litres. En septembre 1981 apparaît aussi la 2800 Turbo (ailes élargies, spoiler avant et déflecteur arrière) 188 ch, 215 Km/h, mais elle n’est pas importée en France.

En avril 1984, la Ford Capri cesse d’être commercialisée en France. Le modèle disparait du marché anglais 2 ans plus tard. En dépit de ses nombreuses qualités, la mode n’est plus aux coupés propulsions mais aux berlines GTI.

Prix d’une Capri 2800 neuve en 1983 : 80.240 F soit 26.505 € avec 116% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 6000 €.

Caractéristiques Techniques : Voir brochure ci-dessous.

 

Disque – Téléphone – Dure Limite (1982)

Téléphone est un groupe de rock français formé en 1976 et séparé en 1986, composé de Jean Louis Aubert (chant, guitare), Louis Bertignac (guitare, chant), Corine Marienneau (basse, chant) et Richard Kolinka (batterie). En dix ans d’activité de 1976 à 1986, le groupe a sorti cinq albums studio. Il est également le deuxième plus gros vendeur de disques pour un groupe de rock français (derrière Indochine), avec plus de six millions d’exemplaires vendus.

Les débuts du groupe :

Au milieu des années 1970, les groupes de rock français (Ange, Magma, Martin Circus, Au Bonheur des Dames, Triangle, Zoo, Les Variations…), malgré leur succès et leur popularité auprès de la jeunesse, ne reçoivent pas de promotion de leur maison de disque et n’ont de ce fait aucune reconnaissance médiatique en radio ou télévision. L’arrivée du mouvement punk en Grande-Bretagne change cet état de fait et Téléphone en sera le principal bénéficiaire.

L’histoire de Téléphone commence le 12 novembre 1976 au Centre Américain de Paris, Boulevard Raspail. Ce soir-là, doit avoir lieu un concert des jeunes Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka, deux musiciens qui ont déjà fait partie de quelques groupes. Ils ont préparé le concert avec ardeur mais ils n’ont personne pour les accompagner. Ils font donc le tour des amis, et parviennent in extremis à trouver deux musiciens compétents et libres : Louis Bertignac et Corine Marienneau, tous deux anciens du groupe Shakin’ Street.

Les futurs Téléphone sont déjà au complet et jouent quelques compositions d’Aubert (dont Hygiaphone et Métro, c’est trop !) et des reprises de rock anglais (The Who, The Rolling Stones, etc…) devant un public enthousiaste de 500 personnes. Artistiquement, l’expérience se révèle marquante : les quatre musiciens déclareront plus tard avoir ressenti lors de ce premier concert une alchimie aussi mystérieuse qu’excitante, qui les pousse à rester ensemble. Avec l’aide d’un copain d’Aubert, François Ravard, qui fait office de manager, ils partent donc à la recherche d’engagements. Ils jouent dans les MJC, les soirées dansantes, et bientôt les salles de spectacle.

Le groupe, avec un son sans concession inspiré des groupes anglais, fait donc sensation partout où il passe. Ils jouent leur premier concert sous le nom de Téléphone au Gibus, prestigieux club parisien, puis deviennent des habitués des fins de soirée aux studios de Radio France avec Jean-Louis Foulquier. Les mois qui suivent voient l’ascension fulgurante du groupe : Le 26 mars 1977, à l’initiative de la RATP, le groupe donne un concert gratuit au métro République. Il en résulte un énorme embouteillage et le blocage de la ligne 11 du Métro de Paris. Le 2 mai, ils assurent la première partie d’Eddie & the Hot Rods au Pavillon de Paris, leur volant la vedette. Le 7 juin, profitant de la défection de Blondie, ils jouent à l’Olympia en première partie du groupe américain Television. Le concert remporte un très grand succès, et des critiques enthousiastes dans les journaux.

Dès le lendemain, le groupe enregistre son premier 45 tours « Téléphone! », en public au Bus Palladium avec Andy Scott. Le 45 tours, auto-produit à 2000 exemplaires, est vendu cinq francs à la sortie des concerts par le groupe, puis réédité par le label Tapioca. Il comprend « Hygiaphone » et « Métro (c’est trop) ». Le disque, pourtant sorti sans aucune autre promotion que les concerts du groupe, remporte un succès très encourageant. Un mois plus tard, à la suite d’un article paru dans le magazine « Rock & Folk », Téléphone est approché par la maison de disques Pathé-Marconi. Le 25 août 1977, moins d’un an après sa formation, le groupe signe un contrat pour trois albums.

Téléphone (1977) : Enregistré à l’Eden Studio de Londres et produit par Mike Thorne, le disque se vend à plus de trente mille exemplaires en quelques mois et atteint ainsi la deuxième place du classement de ventes d’albums en France. L’année suivante, soutenu par la maison de disques qui décide de lui assurer une promotion digne de ce nom, ce premier album deviendra disque d’or. Le single « Hygiaphone » se classe à la vingt-septième place du classement des ventes de disques. C’est en soi une véritable révolution dans le rock français. On n’avait jamais entendu jusque là un groupe de rock français, chantant en français, aussi proche de l’esprit et du son des Rolling Stones. Le titre « Anna » atteindra, quant à lui, la 60ème place.

Crache ton venin (1979) : Enregistré aux Studios Red Bus de Londres et produit par Martin Rushent, c’est l’album de la consécration : il finira disque de platine, avec plus de 400.000 exemplaires vendus et atteint la deuxième place du classement de ventes d’albums en France. Le single emblématique de l’album est « La Bombe humaine », 32ème au classement des ventes dont le refrain, repris en chœur par tous les adolescents de l’époque, exprime bien l’angoisse du nucléaire et de la guerre froide tout autant que la nécessité de prendre en main son destin. Le groupe appuie également sa popularité sur les concerts, très nombreux et énergiques : au cours du printemps 1979, ils réalisent plus de soixante dates.

Au cœur de la nuit (1980) : est enregistré au studio Pathé à Boulogne-Billancourt et à l’Electric Lady (le studio qui fut créé par Jimi Hendrix, idole du groupe) de New York. Il se classe à la 3ème place du classement de ventes d’albums en France. En décembre, il est déjà disque d’or. Un seul single, « Argent trop cher » est tiré de l’album ; il atteint la vingt-septième place du classement des ventes. Après un court passage en Italie, le groupe entame début 1981 une grosse tournée française : 3000 personnes par soir en moyenne et une quantité impressionnante de matériel.

Dure Limite (1982) : Après trois disques chez Pathé-Marconi, le groupe signe chez Virgin, en échange d’une avance de 5.000.000 F. Le patron de Virgin, Richard Branson, a l’intention de faire d’eux un groupe de dimension internationale. En effet, malgré quelques tournées à l’étranger, Téléphone reste dans une large mesure un phénomène purement franco-français. En mars 1982, Téléphone part à Toronto pour enregistrer son quatrième album, Dure Limite, produit par Bob Ezrin, qui s’est précédemment occupé d’artistes comme Alice Cooper, Lou Reed, Pink Floyd ou Peter Gabriel. Le 33 tours est révélé le 3 juin 1982. Fortement soutenu par leur label, qui fait entre autres réaliser par le cinéaste Julien Temple une vidéo pour « Ça (c’est vraiment toi) », avec des sosies de personnalités telles que Margaret Thatcher ou Sid Vicious, le disque est le plus grand succès de l’histoire du groupe ; il s’est classé à la première place du classement de ventes d’albums en France et s’est vendu en deux ans à plus de 700.000 exemplaires. « Ça (c’est vraiment toi) » se classe 5ème des ventes de singles et « Cendrillon » atteint la 14ème place.

Pourtant, à cette époque, la concurrence commence à exister en France : de nouveaux groupes de rock français, tels que Trust ou Indochine, marchent sur les plates-bandes de Téléphone. Le référendum 1981 du magazine musical Best place même Trust en première position devant Téléphone. C’est aussi la mode new wave des boîtes à rythme et des synthétiseurs, à laquelle le groupe résiste en conservant un son très rock.

Un autre monde (1984) : En 1984, Téléphone est fatigué par la pression commerciale, les tournées mondiales incessantes et leur demi-échec récent, notamment dans certaines villes des États-Unis, commencent à entamer l’ambiance au sein du groupe. Cette lassitude se retrouve dans le son d’Un autre monde, leur nouvel album. Enregistré au cœur de la campagne anglaise, dans le studio de Glyn Johns qui a travaillé avec plusieurs des idoles du groupe : Rolling Stones, Who, Led Zeppelin, Eric Clapton, le disque est de loin leur plus mélancolique. Il marque aussi l’arrivée d’un son plus moderne et moins rock, avec des synthétiseurs, ce qui ne l’empêche nullement d’être un succès, et de se classer à la deuxième place du classement de ventes d’albums en France. Il se vend rapidement à plus de 600.000 exemplaires (devenant disque de platine), notamment grâce à la chanson qui donne son titre au 33 tours. Celle-ci devient un tube fin 1984 début 1985, en atteignant le numéro 4 au Top 50 ; le single y reste classé 32 semaines d’affilée, et le clip de la chanson réalisé par Jean-Baptiste Mondino, alors en pleine ascension, n’est sans doute pas complètement étranger à ce succès.

La séparation du groupe :

Début 1986, le groupe entre en studio pour produire un nouvel album. Mais la tension s’est accentuée entre les musiciens, et seul le single « Le jour s’est levé » sort en avant-première pour faire patienter les fans. Ce sera leur dernier succès : numéro 4 au Top 50, classé vingt-deux semaines fin 1985, début 1986. Depuis quelques mois déjà, les membres du groupe s’éloignent de Téléphone, collaborant de plus en plus à des projets extérieurs. Le 24 mars 1986, le manager de Téléphone annonce que les musiciens vont prendre une année sabbatique pour mener à bien leurs projets personnels. Le label Virgin précise : « En aucun cas ce congé de douze mois ne signifie la séparation du groupe ». Pourtant, moins d’un mois plus tard, le 21 avril 1986, les membres du groupe annoncent leur séparation.

Source 1Source 2

Discographie : 

1977 : Téléphone
1979 : Crache ton venin
1980 : Au cœur de la nuit
1982 : Dure Limite 
1984 : Un autre monde

Voir sur YouTube : « TELEPHONE – Ça c’est vraiment toi (Clip officiel) » ; « TELEPHONE – Un autre monde (Clip officiel) » ; « TELEPHONE – Hygiaphone (Clip officiel) » et « TELEPHONE – Le jour s’est levé (Clip officiel) » par TELEPHONE Le Groupe

Youngtimer – Rover SD1 3500 (1976-86)

Présentée en juin 1976, la SD1 3500 a marqué le début d’une nouvelle génération de Rover, particulièrement sur le plan esthétique, car sa carrosserie rompait délibérément avec les formes sages des précédents modèles de la marque. La 3500 fut d’ailleurs récompensée au mois de janvier 1977 par un jury international composé de 48 journalistes spécialisés représentant 15 pays, qui lui attribuèrent le titre envié de « voiture de l’année ».  Sa ligne dessinée par David Bache était inspirée de la Ferrari Daytona. Elle était proposée à son lancement en plusieurs finitions dont la luxueuse Vanden Plas et dotée d’un V8 de 3500 cm3 développant 157 ch. En 1977, furent lancées les versions 2600 et 2300, dotées de 6 cylindres dérivant de ceux des Triumph 2500.

Aérodynamique et pratique :

Dès son apparition, la Rover 3500 se distingua par des solutions techniques originales et une silhouette extrêmement bien profilée bénéficiant d’un excellent coefficient de pénétration dans l’air. Cette limousine de prestige, classique dans sa conception (moteur avant-propulsion) fut la première voiture de cette classe à recourir à la solution très pratique du hayon permettant d’accéder au vaste coffre à bagages. La Rover SD1 fut restylée en 1982. Elle bénéficia de joncs cernant les phares, d’un spoiler à l’avant, d’une lunette arrière agrandie vers le bas et de nouvelles jantes en alliage (pour les versions Vanden Plas et Vitesse).

Une suspension classique :

Pour la suspension, les ingénieurs britanniques optèrent pour une solution simple mais très efficace. S’ils choisirent un système classique à l’avant (jambes McPherson), pour l’arrière, ils abandonnèrent le pont de Dion pour un essieu rigide. Il ne s’agissait pas pourtant d’un retour en arrière ; en effet, le pont était admirablement guidé par des bras de Watt, de longs leviers longitudinaux déchargeant les efforts antérieurs, ainsi que par une grosse barre de poussée centrale.

Les différents modèles : 

Elle était disponible en plusieurs motorisations : un 4 cylindres 2 litres équipé du moteur développant 101ch venant de l’austin Ambassador (version créée en 1982). Deux moteurs 6 cylindres en ligne d’origine Triumph de 2300 cm3 et 2 600 cm3 développant respectivement 125 et 138 ch, un V8 de 3 500 cm3 d’origine Buick de 157 ch, et un 4 cylindres diesel de 2400 cm3 équipée d’un moteur Turbo-Diesel italien développant 101 ch. Enfin, la « Vitesse », modèle sportif dont le V8 de 3500 cm3 à allumage électronique développait environ 193 ch. Pour la petite histoire, John Steed (Patrick Macnee) en conduisait une jaune clair dans la série The New Avengers, datant de 1976.

En collection, préférez la version 3500 équipée du célèbre moteur Buick qui est le seul à être fiable.

Caractéristiques Techniques : 

Moteurs : 4 cylindres en ligne, 6 cylindres en ligne et V8 ; Position du moteur : Longitudinale avant ; Cylindrée : De 2000 à 3500 cm3 cm3 ; Puissance maximale : De 101 à 193ch ch DIN.
Transmission : Arrière ; Boîte de vitesses : Manuelle 5 vitesses ou automatique 3 vitesses.
Châssis – Carrosserie : Berline 5 portes.
Dimensions : Longueur : 4700 mm ; Largeur : 1770 mm ; Hauteur : 1380 mm.

Prix du modèle neuf en 1983 : 117.900 F soit 38.945 € avec 116% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 4000 € pour une 3500.