Film – On l’appelle Trinita (1970)

Le Western spaghetti :

Au début des années 1960, le western est sur le déclin avant que l’influence de réalisateurs tels que Sergio Leone lui insufflent une nouvelle jeunesse. L’impact du western à la sauce méditerranéenne sera tel qu’il va en faire évoluer radicalement les codes et influencer profondément et durablement le cinéma mondial. Il est cependant tenu pour quantité négligeable par les cinéphiles admirateurs du genre.

Esthétique et musique :

Esthétiquement, le western spaghetti se définit sous l’influence décisive de Sergio Leone par des angles de caméra très largement ouverts sur des paysages imposants, mais aussi par l’utilisation de cadrages originaux et très expressifs (comme des contre-plongées, l’encadrement de la scène dans des fenêtres ou des cordes de potence, etc.) ou des cadrages très serrés (gros plan sur un regard, une main sur la détente d’un revolver…). La musique de film joue également un rôle très important, lente et rythmée, elle s’accélère progressivement pour faire monter l’intensité dramatique lorsque le scénario le réclame. Le western spaghetti a sans conteste fourni quelques-unes des plus belles bandes originales du septième art sous la direction d’Ennio Morricone. Parmi les poncifs du genre et sous l’influence une fois de plus de Sergio Leone il y a encore les longues scènes de duels, lentes et dramatiques, soutenues par une musique lancinante à souhait, avec des successions de gros plans sur les protagonistes.

Lieu de tournage :

Les westerns spaghettis ont principalement été tournés dans le désert de Tabernas dans la région d’Almería en Espagne. Doté d’espaces vierges de présence humaine et ressemblant aux paysages de l’Arizona ou du Nevada avec des conditions météos exceptionnelles, des steppes, des dunes, des ravins, des collines et des canyons. La main d’œuvre bon marché et la facilité d’accès à quelques kilomètres de grandes villes ont fini de convaincre les réalisateurs de ce style cinématographique à privilégier le désert espagnol aux plaines américaines.

On l’appelle Trinita :

Le quatrième film du duo Terence Hill (Mario Girotti) et Bud Spencer (Carlo Pedersoli). Trinita tireur émérite, retrouve par hasard son frère Bambino qui a usurpé l’identité du shérif local. Dans la vallée voisine, les menaces que subit une communauté de mormons de la part d’un terrible homme d’affaire et de ses hommes de main, va obliger les deux frères à venir faire le ménage.

Voir sur YouTube : “On l’appelle Trinita (1970) Bande annonce ciné française” mis en ligne par Otto Rivers

 

Oldtimer – Fiat Coupé Dino (1969-73)

Présenté à la fin de l’année 1969, les spider et coupé Fiat Dino 2400 ont succédé aux précédentes versions 2 litres (respectivement lancées en 1966 et 1967), suivant en cela l’évolution parallèle de la Dino V6 produite par Ferrari et animée par le même moteur dans une variante plus poussée. Fiat déléguait à Ferrari les responsabilités du montage final des Dino. Le trajet des caisses en était autant accrus vu que l’assemblage des carrosseries se faisait à Grugliasco (Turin) et la motorisation chez les spécialistes de Maranello (Modène).

Un bloc en fonte :

Réalésé à 2400 cm3, ce V6 coiffé par deux doubles arbres à cames en tête développait 20 chevaux DIN de plus que le 2 litres des origines. Par rapport à leurs devancières, ces deux Fiat à la vocation sportive affirmée, offraient des performances supérieures ainsi qu’une souplesse améliorée. Parmi les principales modifications apportées à cette génération de Dino Fiat, on notera le montage d’une suspension arrière indépendante et l’option d’un boîte ZF à 5 rapports, outre un bloc moteur réalésé en fonte (et non plus en alliage).

Une diffusion marginale :

Sensiblement plus raffiné dans sa présentation, le coupé Dino Fiat 2400 se différenciait aussi du précédent coupé 2 litres par sa calandre métallique à maille carrée et sa poupe traitée en noir mat, ses jantes d’un style plus sportif et son habitacle plus soigné. Produit à 2398 exemplaires en 1969 et 1973 (le coupé 2000 ayant quant à lui connu une diffusion de l’ordre de 3670 unités), ce modèle d’un prix élevé a été voué à une diffusion marginale, en dépit d’une ligne séduisante signée par Bertone. Depuis l’expérience peu concluante de la très sportive 8V de 1952, Fiat n’a jamais réussi vraiment à prendre pied sur le marché des voitures de prestige. Le coupé Dino 2400 n’a pas fait exception à cette règle.

Caractéristiques :

Moteur: 6 cylindres en V à 4 ACT; cylindrée, 2418 cm3; puissance, 180 ch DIN à 6600 tr/mn. Transmission: roues arrières motrices; boîte de vitesse manuelle ZF à 5 rapports. Dimensions: empattement, 2,55 m; longueur: 4,51 m; largeur: 1,70 m; poids: 1400 kg. Performance: vitesse maximale: 205 km/h environ.

Prix en 1970 et prix actualisé en 2016 en tenant compte de l’inflation :

En 1970, une Ferrari Dino 246 GT 2.4 neuve équipée du même moteur coûtait 73.500 Francs ; la Fiat Dino 2.4 Coupé coutait elle environ 50.000 Francs soit un prix actualisé de 56.328 € (639% d’inflation sur 46 ans!)

Cote constatée en 2016 : à partir de 30.000 € jusqu’à 50.000 € pour un modèle fiabilisé et en état collection.

Voir sur YouTube : “Spot – Fiat Dino Coupè”  mis en ligne par Archivio Nazionale Cinema d’Impresa

Hifi Vintage – Ampli-tuner Marantz Model 2600 (1978-80)

Un peu d’histoire :

L’aventure Marantz commence en 1948 avec l’apparition du premier « LP » gravé par Columbia Broadcasting System (CBS) qui déclencha chez les mélomanes un intérêt grandissant pour la reproduction musicale de qualité. A l’origine de son histoire, Saul B. Marantz, né en 1911 à New York. Ce graphiste freelance et amoureux de la musique était mécontent des équipements disponibles à l’époque. Dans sa maison de Kew Gardens à New York, au début des années 1950, il passait de nombreuses heures dans le sous-sol à construire divers amplificateurs pour écouter sa collection de précieux disques.

En 1952, il crée ce qui était pour l’époque, un pré-amplificateur phono révolutionnaire. Il était équipé d’un égaliseur très sophistiqué qui anticipe la normes d’égalisation RIAA (voir explications techniques en bas de page).

Marantz fonde sa Société en 1953 et lance un an plus tard le « Model 1 »,  un préamplificateur mono légendaire. L’amplificateur de puissance à tubes Model 2 fut lancé en 1956. Grâce à un simple commutateur, il pouvait passer du mode pentode (40 watts de puissance de sortie), au mode triode (25 watts).

En 1964 Marantz est racheté par Superscope. Puis la société commence à fabriquer ses produits au Japon en 1966 avec le « Model 25 », puis 22 et 28. En 1980, Superscope vend la marque Marantz, le réseau de distribution et l’ensemble de ses actifs à l’étranger (sauf pour les U.S.A. et le Canada) à Philips. Marantz a eu une influence majeure dans le développement des systèmes audio hi-fi et a atteint son apogée dans la deuxième moitié des années 1970.

L’ampli-tuner Marantz Model 2600 :

Ampli-tuner Marantz Model 2600

Marantz sortit de nombreux amplis-tuner parmi lesquels, le prestigieux Model 2385. C’était un ampli-tuner extrêmement puissant produit de 1977 à 1980 qui développait 2x185W et pesait 27 kg. Mais les plus onéreux furent les Model 2500 et 2600, encore plus extravagants (2 x 250 et 2 x 300 watts), aussi lourds et encombrants, et évidemment aussi performants. Il faut noter qu’ils était équipés d’un oscilloscope utile pour régler correctement l’accord d’une station. Ces appareils n’intéressent que les collectionneurs (fortunés) ne fût-ce que par leur puissance démesurée.

Côté technique, le 2600 est équipé d’un transformateur toroïdal à deux enroulements séparés, chacun dédié à un canal. En sortie, l’amplification finale est confiée à un quadruple push-pull. La fréquence intermédiare du tuner contient 6 étages. Enfin, l’appareil est compatible avec le Dolby FM. Lorsqu’on trouve cet ampli-tuner, ce qui n’est pas évident, il se négocie à des prix indécents. On parle de 6000 $…

Spécifications :

Couverture radio : FM, MW
Puissance : 300 watts sous 8Ω (stereo)
Réponse en Fréquence : 20Hz to 20kHz
Distorsion Harmonique : 0.03%
Dimensions : 491 x 178 x 435mm
Poids : 27.4kg
Années de production : 1978-80

Technique Audio : La norme d’équalisation phono RIAA, acronyme de la Recording Industry Association of America :

Sur un disque vinyle, le sillon gravé (à partir d’un enregistrement sur bande magnétique) contient une reproduction mécanique du son enregistré, qui lors de l’écoute d’un disque vinyle est restituée par la pointe de lecture (le diamant) équipant la cellule de la platine disque. Elle effectue des mouvements variant à la fois latéralement et verticalement en fonction de ces reliefs. Lors de l’enregistrement d’un disque vinyle, le signal n’est pas gravé tel quel, mais subit une égalisation. Si on gravait le disque sans correction RIAA, les reliefs larges correspondant aux sons les plus graves seraient trop larges pour tenir dans le sillon, tandis que les reliefs les plus fins correspondant aux sons les plus aigus seraient si fins que leur reproduction par la cellule serait noyée dans le bruit de fond du vinyle, et que l’on ne les entendrait plus. On augmente donc progressivement le niveau des sons aigus pour que leur relief dans le sillon soit plus important et on atténue les basses fréquences pour que leur modulation rentre dans la place disponible. Par la suite, avant d’être reproduit, ce signal doit être ré-égalisé en sens inverse pour être suffisamment fidèle. La courbe résultante doit être horizontale.

Série TV – Les Rois Maudits (Années 70)

Les Rois maudits est une mini-série française en six épisodes de 102 minutes, réalisée par Claude Barma d’après l’adaptation par Marcel Jullian de l’œuvre de Maurice Druon. Cette série a été diffusée entre le 21 décembre 1972 et le 24 janvier 1973 sur la deuxième chaîne de l’ORTF.

Synopsis :

Maurice Druon raconte l’histoire de la monarchie française depuis Philippe IV le Bel jusqu’à la guerre de Cent Ans. L’histoire commence durant le règne de Philippe le Bel alors qu’il tente d’écraser l’ordre des Templiers. En 1314, il fait arrêter les membres de l’ordre pour hérésie et, à l’issue du procès, fait condamner au bûcher les dignitaires à la tête de l’ordre. Sur le bûcher, Jacques de Molay (grand maitre de l’ordre) lance une malédiction sur Philippe le Bel et sa descendance ainsi que sur Guillaume de Nogaret, qui a mené l’instruction du procès des Templiers et le pape Clément V, qui a ouvert le procès sous la pression du roi.

Effectivement, Guillaume de Nogaret, le pape Clément et Philippe le Bel meurent tous trois dans l’année. Les successeurs au trône ne seront pas plus chanceux puisqu’ils meurent d’assassinat ou de maladie sans avoir donné d’héritier au royaume : c’est la première fois, depuis Hugues Capet, que la ligne de succession au trône est brisée. Cette série TV se focalise sur les intrigues, les convoitises, les ruses provoquées par ces moments de succession. Les épisodes suivent les évènements jusqu’à la déclaration de la guerre de Cent Ans qui en résulte.

Épisodes :
1.Le Roi de fer
2.La Reine étranglée
3.Les Poisons de la couronne
4.La Loi des mâles
5.La Louve de France
6.Le Lis et le Lion

Source

Voir sur Dailymotion “ep 01 – Rois.Maudits.(1972),.Le.Roi.De.Fer Part 1” par Dominiquebattini

Livres SF – Philip K.Dick – Cinq romans des Années 70

L’auteur :

Philip Kindred Dick est l’auteur d’une série de chef d’œuvres comme “Ubik” ou “Le Dieu venu du Centaure”. Né en 1928 à Chicago et mort le 2 mars 1982 à Santa Ana, Dick déploie dans ses livres une qualité de vision quasi hallucinatoire digne des plus grands peintres de l’imaginaire. Sa première nouvelle sort aux Etats-Unis en 1952 dans la revue Planet. Sa première récompense littéraire vient dix ans plus tard avec “Le Maître du Haut-Château” qui remporte le Hugo à la convention mondiale de SF. La France le consacrera définitivement après 1968.

Nombre de ses œuvres ont été adaptées au cinéma pour devenir des films cultes : tels Blade runner, Total recall, Planète hurlante, Minority report, A scanner darkly, Next, L’Agence, The man in the high castle (série TV).

Philip K. Dick au début des années 70 :

Pour mieux comprendre l’état psychique de l’auteur quand il a écrit ces livres, il faut savoir qu’en 1969, sa vie s’écroulait. Couvert de dettes, il voit sa seconde femme partir avec l’enfant (répétition d’un traumatisme connu), mais cette fois le somatique fait défaut à son tour: l’organisme miné par les amphétamines, le foie en mauvais état, la tension trop élevée, il doit entrer à l’hôpital en proie à des fantasmes de morcellement: “J’avais l’impression que mon corps partait en morceaux, que le gouvernement voulait ma mort. Alors je me suis fait soigner, puis j’ai décidé  de m’enfuir des U.S.A. sans espoir de retour et d’aller mourir au Canada”.

Ubik (1969-70) “Une pulvérisation invisible d’Ubik et vous bannirez la crainte obsédante, irrésistible, de voir le monde entier se transformer en lait tourné”.
Qu’est-ce qu’Ubik? Une marque de bière? Une sauce salade? Une variété de café? Un médicament? Peut-être… Et quel est donc ce monde où les portes et les douches parlent et n’obéissent aux ordres qu’en retour de monnaie sonnante et trébuchante? Un monde où les morts vivent en animation suspendue et communiquent avec les vivants dans les “moratoriums”. C’est dans cet univers que Glen Runciter a créé un organisme de protection contre les intrusions mentales : télépathie, précognition, para-kinésie. Joe Chip, un de ses employés, est chargé de monter un groupe de “neutraliseurs” de pouvoirs “psy”, afin de lutter contre ce qui semble être une menace de grande envergure.
Dick, récompensé par le prix Hugo en 1963 pour “Le Maître du haut-château” atteint ici le sommet de son art : la peinture de mondes illusoires, paradoxaux, voir schizophrènes et psychédéliques comme dans “Le Dieu venu du centaure”.

Au bout du labyrinthe (1970) : Après huit ans d’attente, Seth Morley reçoit son autorisation de transfert sur la planète Delmak-O. Il s’y retrouve en compagnie d’une douzaine d’autres personnes originaires de tous les points de la galaxie. Chacune représente une discipline scientifique différente mais nul n’est là pour recevoir ni pour leur dire quel genre de travail on attend d’eux. Qui plus est, la planète est changeante et le paysage se déforme sans arrêt. Les colons aperçoivent parfois un édifice qui, à d’autres moments, s’évanouit. Ailleurs, ils croisent de grosses coccinelles portant des caméras sur leur dos ! Mais la situation devient véritablement dramatique lorsqu’une sorte de folie homicide s’empare de certains membres de la communauté. N’ont-ils pas été envoyés sur Delmak-O que pour y périr ?

Message de Frolix 8 (1970) : Sur Terre, en l’an 2135, ce sont les Exceptionnels et les Hommes nouveaux qui gouvernent — surdoués, technocrates et tyranniques. Et les Ordinaires obéissent, sans désespérer tout à fait…
Ils se souviennent, en effet, de Thors Provoni, un Ordinaire comme eux, mais rebelle. A bord d’un vaisseau, il s’est échappé dans la galaxie, à la recherche d’alliés qui libéreront la Terre de l’oppression. Où est-il ? Vit-il encore ?
Oui, un messager clandestin circule : Provoni revient, mission réussie. Ce que le message ne dit pas, c’est que l’aide qu’il a obtenue est celle des Frolixiens, des créatures non humaines…
Va-t-il avec eux sauver la Terre, ou la perdre ?

Coulez mes larmes dit le policier (1974) : est l’histoire d’un homme dont tout le monde semble avoir oublié l’existence et l’identité. La veille encore, il était Jason Taverner, producteur de télévision respecté, chanteur à ses heures et idole d’au moins trente millions de téléspectateurs.
Mais lorsqu’il s’éveille dans une chambre d’hôtel sordide un matin, il semble être le seul être humain au monde à savoir qui avait été— Jason Taverner. Ses amis, ses collaborateurs, et même Heather, sa maîtresse et complice de toujours, affirment ne jamais l’avoir rencontré.
Une situation pour le moins inconfortable dans Etat ultra policier où les campus sont assiégés depuis vingt ans et où le défaut de papiers d’identité suffit à vous envoyer au bagne. Seulement voilà, ce n’est pas un homme comme les autres. Produit d’une expérience secrète, Taverner est un “Six”, un mutant aux nerfs d’acier qui mènera une lutte sans merci, sous les yeux d’un “Pol” sentimental, contre la folie où il vient de basculer.

Deus Irae (1975) : Après l’holocauste qui a mis fin à la Troisième Guerre mondiale, les rares survivants devenus méconnaissables à force de mutations sont l’enjeu d’une lutte sans merci entre deux Églises : celle du Bien et celle du Mal, qui vénère Deus irae, le Dieu de la Colère, celui qui a lâché sur le monde l’horreur atomique.
Chargé de réaliser un portrait de cette funeste divinité pour ranimer la foi de ses fidèles, Tibor McMasters, un peintre sans bras ni jambes, part à sa recherche à travers une Terre dévastée, en proie aux stigmates d’un monde devenu fou. Un monde où se dissipe la frontière entre l’humain et le divin…