Album – Status Quo – Quo (1974)

Status Quo est un groupe de rock anglais qui s’est formé en 1967 et qui 50 après, porte encore la bonne parole du boogie aux quatre coins de son pays et du monde.

Au départ, en 1962,  Frances Rossi et Alan Lancaster forment un groupe nommé “The Scorpions”, qui s’est ensuite appelé “Spectres” avec l’arrivée du batteur John Coughlan. Puis ils ont rencontré Rick Parfitt, qui était dans un groupe de cabaret appelé The Highlights. Les Spectres signent un contrat avec Piccadilly Records, mais aucun de leurs singles n’a de succès. Ils devienne les “Traffic”, puis Traffic Jam, afin d’éviter toute confusion avec le groupe de Steve Winwood.

En 1967, le groupe change encore son nom et devient Status Quo. En janvier 1968, ils sortent “Pictures of Matchstick Men”. Ils invitent Parfitt à rejoindre le groupe juste quand la chanson atteint la 7ème place des Hits au Royaume-Uni.

Ils embauchent Bob Young comme roadie et directeur de tournée et Young devient rapidement un important partenaire pour l’écriture de leurs chansons. Leur deuxième album, Spare Parts, ne réussit pas à rentrer dans les charts. La percée de Status Quo commence quand ils signent avec Vertigo. Leur premier album sur leur nouveau label s’appelle Piledriver : il sort en 1972, et déploie un son plus lourd et un style boogie. C’est à cette époque que Status Quo devient l’un des plus grands groupes de rock au Royaume-Uni et gagne des fans qui les suivront sans relâche dans leurs tournées.

Quelques-unes de leurs chansons les plus populaires sortent pendant ces années là : “Rockin All Over the World” (écrit par John Fogerty de Creedence Clearwater Revival), «Whatever You Want» et «Down Down». Cette dernière chanson reste leur seul numéro un britannique.

L’album Quo en 1974 : 

Quo est le septième album de Status Quo. Il fut enregistré  à Londres aux Studios IBC. La plupart des compositions sont signées par Rick Parfitt et Alan Lancaster. La pochette est une véritable œuvre d’art et le contenu est excellent avec des titres puissants comme “Drifting Away” , “Do not Think It Matters “, “Backwater” et le single tiré de cet album “Break The Rules” (7e dans les charts anglais). Quo atteindra la 2e place dans le top album anglais et sera disque d’or au Royaume-Uni et en France.

En 1976, Status Quo signe un accord de parrainage avec Levis ce qui l’associe longtemps à la mode Denim.

En 1981, John Coghlan quitte le groupe et est remplacé par Pete Kircher. Leur apparition finale avec Kircher fut l’ouverture du Live Aid à Wembley en 1985. On retrouve également à l’affiche du show des groupes comme The Style Council, The Boomtown Rats, Elvis Costello, David Bowie, Elton John et Queen.

En juillet 1986, Status Quo joue au Queen live de Wembley, pour la promotion de sortie de son fameux “In The Army Now”, une reprise des frères Bolland qui est plébiscitée dans la plupart des pays européens.

L’album suivant, “Is not Complaining” marche moins bien que son prédécesseur. Dans les années qui suivent, leur renommé perdure, notamment grâce à leurs tournées mémorables et leurs fabuleux concerts où ils vous balancent en pleine figure des tonnes de bon vieux rock. Status Quo ne fait pas dans la finesse, certes, mais avec leurs riffs épais, martelés, répétés à l’infini, leur efficacité est redoutable. Les morceaux se ressemblent parfois, car ils ont toujours ce même balancement qui les propulse, ces mêmes furieux échanges de parties de guitare entre Rossi et Parfitt.

En France, ils passent par Paris en 2006, 2007 et 2008. En octobre 2011, ils se produisaient sur la scène de l’Olympia, et en 2012, au Casino de Paris le 20 novembre, précédé d’un autre à Strasbourg, la veille. L’occasion pour les Anglais de défendre l’album Quid Pro Quo, sorti en 2011.
Le 17 juin 2013, Status Quo sort Bula Quo un double CD contenant les 9 nouveaux titres de la B.O. du film éponyme et, d’autre part, les plus grands tubes du groupe dans de nouvelles versions jamais éditées. Après une prestation au festival Hellfest 2014, Status Quo repart en tournée en 2016 et en 2017!

Discographie : 

Picturesque Matchstickable Messages from the Status Quo (Album – 1968)
Spare Parts (Album – 1969)
Ma Kelly’s Greasy Spoon (Album – 1970)
Dog of Two Head (Album – 1971)
Piledriver (Album – 1972)
Golden Hour of Status Quo (Album – 1973)
Hello (Album – 1973)
Quo (Album – 1974)
On the Level (Album – 1975)
Blue for You (Album – 1976)
Live (Live – 1977)
Rockin All Over the World (Album – 1977)
If You Can’t Stand the Heat (Album – 1978)
Whatever You Want (Album – 1979)
Just Supposin’ (Album – 1980)
Never Too Late (Album – 1981)
1982 (Album – 1982)
Live at the N.E.C. (Live – 1982)
Back to Back (Album – 1983)
In the Army Now (Album – 1986)
Ain’t Complaining (Album – 1988)
Perfect Remedy (Album – 1989)
Rock ‘Till You Drop (Album – 1991)
Live Alive Quo (Live – 1993)
Thirsty Work (Album – 1994)
Don’t Stop (Album – 1996)
Under the Influence (Album – 1999)
Famous in the Last Century (Album – 2000)
Heavy Traffic (Album – 2002)
Riffs (Album – 2003)
The Party Ain’t Over Yet (Album – 2005)
In Search of the Fourth Chord (Album – 2007)
Quid Pro Quo (Album – 2011)
Bula Quo (Album – 2013)
Aquostic: Stripped Bare (Album – 2014)

Voir sur YouTube : “Backwater/Just Take Me from the End of the road” par statusquocom ; “Status Quo – Whatever you want (HD 16:9)” par TheWhiteCat65  ;  “Status Quo – Caroline 1973” par fritz51303

Hifi Vintage – Enceintes Acoustiques Altec Model 19 (1976-81)

Histoire d’Altec Lansing

Années 1920 :

Tout a commencé dans les années 20 ; c’était la belle époque, les gens étaient occupés au travail et au jeu. L’invention et l’innovation touchaient de nombreuses industries et les américains en profitèrent ( arrivée de l’électricité, du téléphone, et bien sûr des progrès de l’industrie cinématographique). Dans ce domaine, l’absence de son créait un vide qui devait être comblé. Ce même vide devint une opportunité pour les Pères Fondateurs d’Altec dont la créativité et l’expertise scientifique conduisirent aux premières images parlantes pour le film : “Le Chanteur de jazz”.
1927 : marqua l’introduction du son dans les cinémas rendu possible par des ingénieurs de la Western Electric qui formeraient plus tard la compagnie Altec Lansing.
1928 : Western Electric forma Electric Research Products, Inc. (ERPI), pour fabriquer, installer et entretenir les systèmes d’image parlants dans les studios et les théâtres. Dans les années 1930 ERPI devint All Technical Products Company .

Années 1940 :

La All Technical Products Company décida d’étendre ses capacités de fabrication en achetant Lansing Manufacturing Company dirigée par James B. Lansing et forma Altec Lansing Corporation le 1er mai 1941. Le premier amplificateur de puissance Altec naquit cette même année. En 1942, Altec développa et produisit son premier aimant permanent dans un haut-parleur duplex de 15 ” dont la version reste encore aujourd’hui la référence mondiale.
Entre 1942 et 1945 : Altec se consacra à des produits militaires électroniques, y compris la production d’équipement de détection anti-sous-marine.
1945 : Altec entra sur le marché intérieur et inventa le terme “haute fidélité” en améliorant la qualité des produits qui vont avec : haut-parleurs, amplificateurs de puissance (pour les tuners d’autres fabricants) et télévision.

Années 1950 :

Les années d’après-guerre, l’Amérique entrait dans son âge d’or de la consommation.
1952 : La première console de radiodiffusion d’Altec Lansing, modèle 250, devient la norme de diffusion dans les forces armées; Peerless fut le premier à fabriquer des transformateurs de puissance hermétiquement fermés.
1953 : La «Voix du théâtre» d’Altec devint le seul système de haut-parleurs de cinéma approuvé par le Conseil de recherche de l’Académie des arts et des sciences cinématographiques. Les systèmes de haut-parleurs «Voix du théâtre» devinrent bientôt la norme mondiale.
1955 : Sortie des premiers haut-parleur “Voix du Théâtre”, modèle 820A ; Peerless produisit des transformateurs de communications pour le Cap Canaveral.
1958 : Premier système complet de musique domestique stéréophonique d’Altec.

Années 1960 :

1961 : Introduction du premier amplificateur à compresseur transistorisé, ainsi qu’une nouvelle ligne de produits téléphoniques; Altec Lansing réalisa un système de téléconférence pour Disneyland.
1967 : Première pour l’industrie de la sono avec la console d’enregistrement et d’enregistrement modulaire à semi-conducteurs d’Altec, modèle # 9200A.
1968 : Altec lança sa ligne de produits Sound Musical pour les musiciens professionnel, y compris le nouveau microphone # 650A.

Années 1970 :

1973 : Le magazine Billboard rapporte que la plupart des studios d’enregistrement dans le monde utilisent des haut-parleurs Altec.
1976 : L’EIA décerne le prix d’excellence en conception et en ingénierie aux enceintes acoustiques de monitoring model 19. Ce système à deux haut-parleurs fut commercialisé en 1977 au prix de 3400 $ (un peu plus de 4200 Euros en tenant compte de l’inflation).

Altec Model 19 :

Les systèmes de haut-parleurs Altec Model 19 étaient conçus pour répondre aux spécifications rigoureuses d’une réponse en fréquence étendue, avec une faible distorsion et une large gamme dynamique requises pour les studios d’enregistrement et de diffusion. Le haut-parleur de graves produit une réponse à basse fréquence étendue même lorsqu’elle fonctionne à des niveaux de puissance exceptionnellement élevés.

Ces enceintes acoustique sont pourvues d’un réglage de grave et d’aigu pour adapter le son à l’espace d’écoute. Ces deux contrôles d’ajustement de fréquence sont utiles pour adapter les enceintes à un large éventail d’environnements acoustiques, y compris les auditoriums, les studios de contrôle et d’enregistrement, les théâtres, salles de conférence et autres applications professionnelles. La portée maximale des deux commandes de réglage est de 14 dB. Lors de l’inspection des courbes, une certaine interaction est observée entre les deux contrôles. Cette interaction empêche un déséquilibre entre le spectre médium et aigu et assure un décalage de phase minimal dans le travail du filtre passif.

L’ébénisterie montée à la main avait une finition chêne ou noyer. Le haut-parleur grave, le 416-8B est toujours considéré comme le meilleur 38 cm jamais réalisé, et ce à la fois pour la haute fidélité domestique et pour les systèmes de sonorisation professionnels, où la précision, le rendement et une excellente réponse dans le grave sont requis. Quand à la compression restituant les fréquences aigus et à son pavillon 811B, elle reste toujours une référence en 2016.

Caractéristiques techniques :

Système 2 voies, 1 grave 38 cm (416-8B) et une compression (33952) montée sur pavillon (811B)

Impédance : 8 ohms
Réponse en fréquence : 30Hz – 20000Hz
Niveau de pression acoustique de sortie : 101dB / W /m
Puissance d’entrée optimum : 65W donnant une pression acoustique de 117 db
Puissance conseillée pour l’amplification : entre 10 et 350W
Fréquence de croisement du filtre deux voies : 1200Hz
Dimensions : Largeur : 762 x hauteur : 991 x profondeur : 533mm
Poids : 64.9kg

Les Jukebox

Un jukebox est une machine à pièces qui joue de la musique à partir d’un disque vinyle ou d’un disque compact une fois qu’une sélection est faite. Initialement appelé “nickelodeons”, le terme jukebox n’est apparu qu’à la fin des années 1930 et ses origines sont litigieuses. Certains croient qu’il est dérivé du mot africain “jook” qui signifie danser. D’autres le relient aux juke-joints-bars (situés au sud des USA et fréquentés par les Afro-Américains) qui étaient populaires à cette époque.

Au plus haut de leur popularité au milieu des années 1950, environ 750.000 juke-box étaient en usage à travers les États-Unis. Ce nombre a diminué au cours des années 1970 et 1980, et avec l’avènement de la technologie CD et du marché croissant des antiquités, le nombre de jukebox actuellement en usage est d’environ 250 000.

L’histoire du Jukebox : 

En 1877, Thomas Edison invente le phonographe, une machine musicale qui jouent de la musique à partir d’un cylindre de cire. Le 23 novembre 1889, Louis Glass installe un phonographe à pièces dans son Palais Royal Saloon situé à San Francisco. Il l’appele “nickel-in-a-slot” parce que c’était le montant d’argent nécessaire pour faire une sélection. Plus tard, le terme est raccourci en nickelodeon. En 1906, John Gabel invente le «Entertainer automatique», une machine musicale qui remplace le cylindre de cire par des disques 78 tours et une offre de plusieurs sélections d’enregistrements qui pouvaient être joués. Gabel’s Automatic Entertainer a dominé le marché jusqu’au milieu des années 1920.

Le jukebox est resté une nouveauté anecdotique jusqu’à l’invention de l’amplificateur électronique. Sans amplification, il était impossible pour un grand groupe d’auditeurs d’apprécier la musique jouée par l’appareil. Quand Automated Musical Instruments Inc. (AMI) a développé un amplificateur en 1927, la popularité du jukebox a explosé. Il était particulièrement populaire dans les diffusions illégales de l’ère de la prohibition parce qu’il fournissait du divertissement à bon marché. AMI vendit 50 000 de ses machines amplifiées en un an, engendrant ainsi l’avènement de l’âge du jukebox.

Pendent la grande dépression, les ventes chutent de 75 millions de dollars en 1929 à 5 millions de dollars en 1933. Mais la popularité croissante du jukebox et les achats par les propriétaires de magasins qui s’en suivent ressuscitent le secteur de la Musique en déclin et en 1938, on enregistre 25 millions de dollars de ventes. En 1940, on comptait 400 000 jukebox en usage aux États-Unis.

Trois noms devinrent célèbres au cours des années 1940 et ils restent encore synonymes de l’industrie jukebox. Wurlitzer, Seeburg et Rock-Ola concentraient la production de presque tous les jukebox fabriqués à cette époque. Au départ, les jukebox ressemblaient à des postes radio, mais dans les années 1940, la conception de jukebox devint originale avec l’aide des quelques grands designers employés par les entreprises. Paul Fuller est sûrement le plus connu d’entre eux ; c’est le concepteur des modèles Wurlitzer qui poussa la firme au sommet de cette industrie vers la fin des années 1940 et 1950. Avec l’utilisation des lumières tournantes, des armoires de style art déco et des tubes à bulles, les modèles Wurlitzer étaient des œuvres d’art. Le design le plus populaire était le Wurlitzer 1015 qui a été introduit en 1946 et est devenu le jukebox le plus vendu dans l’histoire. Il s’en est vendu un total de 56246 exemplaires dans sa version originale. En 1948, Seeburg a offert sa propre innovation à l’industrie du jukebox avec l’introduction de son Select-O-Matic 100, le premier jukebox à inclure 100 sélections de disques. Cette technologie a permis à la musique populaire de s’écouter dans les même lieux que le country régional, le folk, le jazz et le blues, ce qui a complètement changé l’industrie de la musique et son développement. En 1956, des jukebox avec 200 sélections étaient en cours de fabrication.

Le déclin des années 70 :

Mais l’introduction des cassettes enregistrées et la diminution de la production de disques 45 tours affectent la popularité des jukebox. Au milieu des années 1970, le nombre de jukebox tombe à 225 000. L’industrie du jukebox s’affaiblit encore plus au cours des années 1980, jusqu’à ce que le marché en expension des antiquités et la mode du vintage relancent cette industrie. Remis à neuf, les modèles classiques deviennent des objets de collection, et un Wurlitzer 1015 qui fut d’abord vendu pour 750 $ vaut maintenant environ 12 000 $. La technologie CD a insufflé une nouvelle vie au marché primaire, créant de nouveaux modèles qui hébergent 100 CD totalisant 1 000 sélections de morceaux. Un remake du Wurlitzer 1015 est même fabriqué par Wurlitzer en Allemagne. Il en est de même pour des machines Rock-Ola qui sont à nouveau sur le marché. Mais on est loin des succès du début, d’autant que l’informatique et la conversion numérique musicale de disques CD en fichiers numériques compressés mp3 permet de transformer n’importe quel ordinateur en jukebox aux possibilités quasi-illimités.

Histoire de Wurlitzer : 

La famille Wurlitzer a commencé à acheter et à vendre des articles musicaux en Saxe dès 1659. Rudolph Wurlitzer a immigré aux États-Unis en 1853 et a lancé une entreprise d’import vendant des instruments au gouvernement des États-Unis pendant la guerre civile. Bientôt, il est devenu le plus grand fournisseur d’instruments en Amérique et à travers une chaîne de magasins de détail à Chicago, il a commencé à commercialiser une ligne de pianos qu’il fabriquait. Il ne fallut pas longtemps avant que Rudolph y associe mécanisme d’actionnement par pièce de monnaie et c’est alors qu’a commencé le boom des appareils musicaux actionné par pièces de la fin des années 1800.
Peu de temps après le tournant du XXe siècle, Wurlitzer est devenu célèbre pour ses orgues de théâtre ou orgue de cinéma – des instruments de musique de la famille des orgues à tuyaux, largement développé à partir de la fin du XIXe siècle que l’on trouvait dans les théâtres et les salles de cinéma pour accompagner les films muets, mais aussi la danse, la chanson, la musique d’ambiance pendant les entractes et autres manifestations sociales ou sportives, les divertissements et les concerts. Ils étaient fabriqués dans une grande installation dans North Tonawanda, N.Y., où l’usine existe encore aujourd’hui. Rudolph Wurlitzer est mort en 1914, laissant l’affaire à ses trois fils. Lorsque  la demande pour les orgues de théâtre et les pianos automatiques s’est affaibli, Wurlitzer a traversé des moments difficiles. La dépression de 1929 a failli mettre la compagnie en faillite. En 1933, le fils cadet de Rodolphe, Farny, conclut un accord avec Homer Capehart. Wurlitzer fabriquerait un phonographe fabriqué par “Erickson” appelé “Debutante”. L’abrogation de la prohibition était imminente et la demande de musique à pièces était sur le point d’exploser. L’accord est concrétisé et, en 1937, Wurlitzer avait déjà vendu plus de 100 000 phonographes.

Wurlitzer domine l’activité de phonographe à pièces jusqu’à l’introduction du disque 45 tours. À ce moment-là, le mécanisme de Wurlitzer pouvait traiter jusqu’à 24 disques, joués d’un seul côté. Seeburg introduisit un nouveau mécanisme gérant 50 disques qui pouvaient être joués des deux côtés, produisant ainsi un vrai jukebox avec 100 morceau musicaux à sélectionner. Wurlitzer tenta de rivaliser avec Seeburg, en créant de nouveaux mécanismes pour ses machines, mais ne rattrapa jamais vraiment la domination de Seeburg sur le marché de jukebox.
Au début des années 50, les opérateurs considéraient les nouveaux mécanismes Wurlitzer trop complexes et peu fiables. Après presque avoir abandonné les jukebox au début des années 60 et au début des années 70, Wurlitzer donna un dernier coup de poing en 1973 et essaya de faire un remake des vieux jukebox avec le «1050». Mais avec seulement 1600 unités produites, l’effort ne suffit pas. Wurlitzer a tenu le coup jusque dans les années 70, mais alors que la demande pour les juke-box disparait, Wurlitzer se retire des affaires.
Une entreprise en Allemagne rachète la marque Wurlitzer et fabrique des juke-box CD à bulles appelés “One More Time”. Récemment, cette société a été reprise par Gibson, une marque de guitare connue.

Histoire de Seeburg : 

Né en Suède en 1871, Jutice P. Seeburg est arrivé aux États-Unis à l’âge de 16 ans. Il s’installa à Chicago et travailla dans l’industrie du piano comme mécanicien et superviseur. En 1907, J.P. Seeburg créa son entreprise en utilisant son propre nom. Le J.P. Seeburg Piano Co. devient rapidement le premier fabricant d’Orchestrions aux États-Unis. Ces pianos automatiques regroupaient plusieurs instruments qui pouvaient imiter un groupe complet. Seeburg continua avec cette ligne d’instruments jusqu’en 1927, quand il a cessa de fabriquer des pianos pour faire un nouveau phonographe à pièces.

Seeburg fut l’un des premiers fabricants de jukebox multi-sélection avec l’introduction de l’ “Audiophone” en 1928. Cet imposante machine équipée d’une boîte à huit sélection avait des valves de commande pneumatique qui en faisait un appareil moitié nickelodeon et moitié phonographe. Ce modèle eût un succès raisonnable sans atteindre des ventes phénoménales. Dans les années 1930, d’autres fabricants étaient entrés sur le marché et vendaient déjà plus de jukebox que Seeburg. Le prochain modèle, le Selectophone, fut un désastre d’ingénierie. Les broches déformées rendaient les opérateurs fous et cette erreur mit presque l’entreprise en dépôt de bilan. Lorsque J.P. Seeburg entra dans la soixantaine à la fin des années 1930, il confia l’affaire à son fils Noël. C’était un homme d’affaires très pointu et il réorganisa l’entreprise pour rivaliser plus efficacement avec Wurlitzer et Rock-Ola. De 1940 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, Seeburg produisit quelques jukebox qui se vendirent bien.
Mais l’année 1949 Seeburg changea le visage de l’histoire de jukebox quand il inventa un mécanisme qui permettait de jouer les deux côtés de 50 disques, un vrai jukebox à 100 sélections. Ce mécanisme était si fiable qu’il mit presque tous les autres fabricants hors circuit. En 1950, Seeburg introduit le M100B, le premier juke-box à 45 tours. Au cours des années 1950, Seeburg jouit d’une place prééminente dans la production de jukebox et, en 1955, il introduit le V-200, le premier jukebox à 200 choix.
Comme la plupart des autres fabricants de jukebox, Seeburg a souffert de la baisse de demande dans les années 1970 et a fini par arrêter son activité aux États-Unis.

Histoire de Rock-Ola : 

Le nom Rock-Ola est en fait dérivé du nom du fondateur de l’entreprise David C. Rockola qui est né au Canada et, qui, lorsqu’il était jeune, travailla comme mécanicien dans un magasin de réparation de machines à pièces de monnaie. En 1926, il avait sa propre entreprise fabriquant des systèmes à pièces.
Dans les années 1930, Rockola étendit son champ d’activité aux jeux de flipper et aux jeux d’arcades. Comme la demande de phonographes à pièces augmentait la tentation d’entrer dans l’arène des jukebox, Rockola acheta le mécanisme d’un homme nommé Smythe. Rockola réorganisa ce mécanisme de 12 sélections et commença à fabriquer des juke-box (1935 Rock-Ola). Farny Wurlitzer sa concurrente, considéra cela comme une menace pour son entreprise. Wurlitzer tenta de convaincre David Rockola qu’il n’y avait pas place dans l’industrie pour un autre fabricant. Devant son refus, Wurlitzer poursuivit Rockola en réclamant 1 000 000 de dollars pour contrefaçon de brevet sur le mécanisme de Smythe. Rockola finalement gagna le procès, mais cela lui coûta un demi-million de dollars en frais juridiques. Rockola était blessé mais pas à terre. Il a continua ses fabrications et en 1939 et introduisit une série de jukebox très réussis appelés “Luxe Light-Up”.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Rock-Ola inventa un système de transmission de musique par ligne téléphonique. Ce fut très populaire car cela permettait d’écouter de la musique à un moment où la fabrication de jukebox était presque arrêté en raison de l’effort de guerre. Après la Seconde Guerre mondiale, l’industrie du jukebox devint florissante. Les soldats revenaient chez eux et le temps était venu de faire à nouveau la fête. Wurlitzer sortit le modèle 1015, probablement le juke-box le plus populaire de tous les temps, et Rock-Ola présenta la série “Magic Glow” avec les modèles 1422, 1426 et 1428.
Dans les années 50 et 60 Rock-Ola et Wurlitzer étaient les deux leaders dans le domaine des jukebox. La firme présenta de nombreuses idées nouvelles, y compris un jukebox complet qui était si petit qu’il pouvait être accroché au mur! Comme la demande de jukebox baissait sensiblement dans les années 70, Rock-Ola diminua son activité. Au début des années 1990, Rock-Ola vendit l’entreprise à Glenn Streeter, propriétaire de “Antique Apparatus Co.” à Torrance, en Californie. Streeter lui donna une nouvelle vie, ce qui en fait maintenant l’un des meilleurs fabricants de jukebox aux USA encore en activité.

Le jukebox à son musée à Menin 

Voir sur YouTube : “Les Jukebox – Ambiance de bars des années 60/70” par TVResidences et “Jukebox, la passion d’une époque” par Jacques Hamon

Album – Eagles – On The Border (1974)

Ce groupe californien archétypal des années 70 s’est formé avec des musiciens qui ont vécu les meilleurs moments de la West Coast, avec Poco (Randy Meisner) ou les Flying Burrito Bros (Bernie Leadon). Ils doivent leur réputation au soin extrême qu’ils apportent à toutes leurs productions ainsi qu’à la sophistication de leur musique.

La formation du groupe :

En 1971, le guitariste/chanteur Glenn Frey, le batteur/chanteur Don Henley, le guitariste/chanteur Bernie Leadon et le bassiste/chanteur Randy Meisner forment les Eagles. L’idée initiale vient de Frey à qui David Geffen avait conseillé de former un groupe qui jouerait pour Linda Ronstadt pendant sa tournée. L’œil tourné vers son futur groupe, il s’approche de Henley qui devient le batteur. Avec l’aide de John Boylan (le producteur de Ronstadt), Frey attire Leadon et Meisner, deux autres membres du groupe de la tournée. En 1971, ils jouent ensemble pour la première fois à Disneyland, soutenant Ronstadt. Ils jouent si bien que rapidement, ils se retrouvent dans les bureaux de Geffen pour signer un contrat et faire leur propre disque.

Geffen les rattache au célèbre producteur Glyn Johns pour enregistrer leur premier album Eagles (1972), qui est réalisé à Londres en moins de trois semaines. Johns les guide vers le son country-rock qui les rendit célèbre avec les tubes “Take It Easy”, “Peaceful Easy Feeling” et “Witchy Woman”.

“On the Border” ou Le passage de la Country Rock au Pop Rock :

Leur premier disque a d’ailleurs aidé à lancer le boom du country-rock des années 70, mais c’est à partir de leur troisième album que les Eagles mettent l’accent sur la partie “rock” de leur son.

Dans un interview de l’époque, le batteur des Eagles, Don Henley soulignait d’ailleurs: “Faire notre premier album avec Glyn Johns a été un coup de génie du groupe au complet. Surtout de sa part d’ailleurs. Parce qu’il était un producteur solide face à aux difficultés posées par le réalisation d’un premier album. Il a réussi à dire: «Hé, Henley, allez-y, Frey, faites ceci, et même si vous ne savez pas où cela mène, croyez-moi, essayez, c’est pour le mieux.» Il nous a vraiment aidés à faire ces deux albums.”

Les cessions d’enregistrement du troisième disque en mars 1974, se sont avérées plus problématiques. Après avoir enregistré une paire de chansons avec Johns (dont “Best of My Love” qui allait  devenir un énorme tube), le groupe l’a viré et a engagé Bill Szymczyk parce que, comme Henley l’a dit plus tard au magasine rock Crawdaddy, Glyn pensait que nous étions un groupe country rock et semi-acoustique, et chaque fois que nous voulions faire du rock’n’roll, “il aurait pu citer mille groupes britanniques qui pouvaient le faire mieux”.

“Je déteste quand les gens nous qualifient de groupe country-rock parce qu’ils adorent cette musique”, se plaint d’ailleurs le guitariste Glenn Frey dans une interview pour Phonograph Record. “Nous pouvons faire n’importe quoi! Nous pouvons faire du rock and roll, nous pouvons faire de la musique country,  n’importe quoi d’autre.”

L’arrivée de Don Felder : 

Quelles que soient les véritables raisons de la scission, les choses se sont calmées une fois que le groupe a rejoint Szymczyk, et le niveau du groupe s’est encore amélioré après l’arrivée d’un nouveau guitariste, Don Felder, qui est resté dans le groupe après avoir joué sur un solo de slide guitare sur “Good Day in Hell”. (Note explicative: La Slide guitare est une méthode particulière pour jouer de la guitare. Au lieu d’appuyer la corde sur les frètes, un objet appelé «slide» est placé dessus pour faire varier sa longueur donc sa vibration. Ce slide être déplacée le long de la corde sans la soulever (d’où le nom), créant ainsi des transitions lissées et permettant un vibrato large et expressif.)

“J’ai été un fan de Don Felder pendant environ un an et demi !» dit Frey enthousiaste pendant l’entretient avec Crawdaddy” Depuis que je l’ai entendu jouer à Boston une nuit. Je l’ai vu à un concert sur L.A. et je lui a demandé s’il était d’accord pour jouer un solo de slide guitare sur «Good Day in Hell», et à chaque prise, il nous a tous soufflé. S’il n’est pas Duane Allman réincarné, je ne sais pas qui il est. Je me sens mieux que jamais depuis qu’il nous a rejoint. On est meilleurs sur scène maintenant.”

“La chose importante à retenir avec ce groupe est que le tout est plus grand que la somme de ses parties”, déclarait un jour Don Henley au Hit Parader. «Le groupe Eagles et ce que nous avons créé est plus grand que nous cinq ensemble. C’est dur quand cinq gars veulent tout faire. Vous voyez, il n’y a pas de leader dans les Eagles, parce que tout le monde est égocentrique. X peut être leader pour une journée avant que quelqu’un se lève et dise «F..k-you.» C’est parfois dur, mais c’est ce qui nous permet de rester bon.”

L’album : 

“On The Border”: Les paroles ont été écrites au plus fort du scandale du Watergate et de la mise en accusation du président Richard Nixon. Elle évoquait l’inquiétude des gens sur le gouvernement américain qui dépassait les bornes en ce qui concerne les questions de vie privée.

«Good Day in Hell» fut le petit hommage de Glenn à Danny Whitten et Gram Parsons. C’est aussi notre opinion sur les dangers de l’industrie de la musique et le mode de vie qui va souvent de pair avec elle.

Sur des chansons comme “Already Gone”, “James Dean” et “Good Day in Hell”, les Eagles ont un son plus rock & roll. Bien que Glenn Frey ait été fasciné par le nouveau mouvement «country rock», et bien qu’il n’oublie jamais ses racines Motown, son premier amour a été le rock & roll. Peut-être grâce à l’influence de son ami et mentor, Bob Seger.

Glenn Frey est mort le 19 janvier 2016 à l’âge de 67 ans.

Discographie après On The Border :

One Of These Nights (1975) : Le deuxième meilleur album du groupe. Dernier album avec Bernie Leadon.

Hotel California (1976) : Leur grand tube, évidemment. Et aussi la présence de Joe Walsh, venu d’un groupe du Midwest, le James Gang. Une musique taillée pour le plaisir, reflet de l’hédonisme californien. Un des 10 meilleurs disques de Soft Rock. Le titre éponyme est superbe mais je préfère “New Kids in Town”.

The Long Run (1979) : Le groupe s’est séparé de Randy Meisner et l’a remplacé par Timothy B. Schmit. Un autre album monumental avec “I can’t tell you why” et le splendide “King of Hollywood”.

Eagles Live (1980) : Double album contenant les meilleurs tubes. Tout est bon sauf peut-être le son de l’enregistrement qui ne restera pas dans les annales des audiophiles…Le groupe se sépare en juillet 1980.

Hell Freezes Over (1994) : Le groupe se reforme 14 ans plus tard. C’est un album live contenant quelques nouveaux titres enregistrés en studio (Get Over It, Love Will Keep Us Alive).

Long Road Out Of Eden (2007) : Un double album correct mais sans plus.

Voir sur YouTube : “THE EAGLES (LIVE 1977) “Best Of My Love” – RUSS TERRY CHANNEL” par Russ Terry ; “Eagles – I can’t tell you why (original video)” par Reposter (Dailymotion) ; “hotel california video oficial” par domenico catauro

Billet d’humeur – La revente de pièces en métaux précieux

J’ai écrit cet article en septembre 2012 mais il est toujours d’actualité. 

Entre 2008 et 2012, comme un grand nombre de mes concitoyens, j’ai acheté des euros en métaux précieux dès leur sortie, soit à la Poste directement au guichet, soit à la Monnaie de Paris en payant par internet.

J’en ai pris pour un total de 1105 euros : 255 euros en argent : 2 pièces de 5 euros, 3 de 10, une de 15, 2 de 25, une de 50 et enfin, une de 100 euros. 850 euros en or : une pièce de 250 euros, quatre pièces de 100 euros et une pièce de 200 euros.

Comme j’ai pu le constater à chaque fois, l’opération de vente coordonnée par la poste et MDP a eu beaucoup de succès auprès du public.

Je suis vendeur occasionnel sur ebay et, las de voir que certaines de ces pièces d’euros en argent n’avaient gagné aucune valeur intrinsèque ou numismatique depuis leur date de sortie, j’ai décidé d’en mettre huit à la vente avec un prix de réserve raisonnable (120 euros pour 105 euros de valeur faciale). Je n’étais pas gourmand quant au bénéfice vu leur faible côte, les 15 euros de marge me servant seulement à couvrir les frais de vente facturés par Ebay et Paypal.

A ma grande déception, les enchères n’ont pas dépassé 108 euros pour les huit pièces, soit 12 euros de perte avec les frais. J’ai donc abandonné ce premier projet de vente.

Écartant d’office les petites annonces gratuites sans frais certes, mais sans intermédiaire sécurisant (par les temps qui courent, il vaut mieux être prudent…) j’ai tenté de me servir de mes euros argentées pour payer les commerçants chez qui je me sers habituellement, cinq différents, allant de l’épicier du coin au bureau de tabac en passant par mon boulanger. Bien que je les connaisse tous sans exception, leur refus amusé à été d’abord aimablement incertain puis est devenu sympathiquement définitif.

Au final, seule la poste a accepté mes pièces (j’ai pu leur en refourguer deux de 10 et une de 5 euros contre 3 carnets de timbres majorés de quelques authentiques euros de monnaie, en ferraille certes, mais acceptés par tout le monde). Après 5 minutes de paperasserie et un aller-retour vers une porte au fond de la salle d’accueil, le vendeur polyvalent (car aussi conseiller financier , réceptionniste, magasinier et agent d’entretient de machines distributrices de timbres régulièrement en panne)  m’a lancé :

« C’est dommage, il fallait les garder ; un jour elles auront de la valeur ! »

Ma répartie cinglante l’a quelque peu étonné :

« En ce moment en tout cas, personne sauf vous ne les accepte, et je ne parle pas d’un échange contre des vrais billets, je parle simplement de paiement pour acquérir des biens de consommation courante ».

Allégé de 25 euros en argent, j’ai donc repris la quête laborieuse du graal de l’adepte des euros en métaux précieux qui tente de convertir son pécule en billets et je me suis dirigé vers ma banque pour réciter la litanie du vendeur de rondelles en carafe. La caissière, quelque peu étonnée par cette demande inhabituelle a appelé le directeur.

J’ai essuyé un refus catégorique sur toute la ligne ; pas d’échange, impossible même de mettre cet argent sur mon compte alors que ces pièces ont soit disant cours légal dans notre pays. Pour mon banquier, qu’ils soient en or ou en argent, les euro de la MDP valent peanuts.On ne reprend que les pièces d’or côtées (Napoléon, Souverain, 50 Pesos, 20$…) par l’intermédiaire de CPOR devises. Si elles sont scellées par CPOR, elles sont reprises sans être examinées à la côte CPOR moins 8% de taxe plus 2% de commission pour la banque. L’argent est versé sur votre compte dans un délai d’un mois environ”. Dixit le directeur de l’agence.

Quelque peu désenchanté par toutes ces embûches, j’ai fini par appeler au téléphone deux numismates de ma région qui ont pignon sur rue : et là…devinez…De nouveau un refus ferme. Motif : revente difficile voire impossible.

En désespoir de cause, j’ai appelé la Banque de France de Béziers. Une dame m’a répondu sèchement et son refus a été cinglant.

Question-Réponse :

Moi: “Reprenez-vous les euros en métaux précieux?”

B.F. : « Non Monsieur. »

Moi : « Mais Madame, les pièces d’euros en argent métal ont cours légal en France à leur valeur faciale, c’est officiel. Si la Banque de France ne les reprend pas, qui va le faire ?

B.F. : « Cette monnaie n’a pas été émise par nous Monsieur mais par la Monnaie De Paris, essayez de la revendre chez un numismate. »

Moi : « Les numismates n’en veulent pas. »

B.F. : « Désolé Monsieur, alors je ne peux rien pour vous. »

Moi : « Madame, cet argent à cours en France, vous devez me le reprendre, c’est la loi ! »

B.F. : « Essayez la Monnaie de Paris ».

Moi : « Madame, la Monnaie de Parie vends les monnaies, elle ne les rachète pas! »

(Là, imaginez-moi le visage tout rouge avec des jets de vapeur sortant par mes narines et mes oreilles.)

B.F. : « Monsieur, vous pouvez continuer à parler ainsi pendant des heures, il n’empêche que je ne pourrai toujours rien pour vous ! »

Moi : « Mais c’est de l’escroquerie pure et simple !!! » et je lui raccroche au nez, excédé.

(M.A.J. 2016) Après renseignements, je ne suis pas le premier à avoir essuyé des refus, je pense notamment à ce pauvre retraité de Lézignan Corbières qui a cru faire une affaire en achetant 380 pièces de 10 euros des régions pour 3800 euros, alors que cela lui a fait perdre en réalité 2200 euros si on se réfère au prix spot de l’argent métal…, et certainement beaucoup plus. Source: L’Indépendant.

Coriace, je tente à nouveau ma chance mais cette fois en appelant la Banque de France de Montpellier. Pour éviter d’être refoulé comme à Béziers, je demande le service de la monnaie fiduciaire (il vaut mieux s’adresser au bon dieu qu’au Saint). Et là…Enfin on me répond positivement.

Moi: “Reprenez-vous les euros en métaux précieux?”

B.F. : « Oui, mais d’abord adressez-vous auprès de votre banquier, il est obligé de les accepter. »

Moi : « Mon banquier refuse de les reprendre. »

B.F. : « Insistez, dites que c’est la loi. Ces pièces ont cours légal. »

Moi : « Je le lui ai dit et il s’en moque éperdument. »

Je prends donc rendez-vous avec la banque de France le mercredi matin suivant où j’ai finalement décidé de me débarrasser de tous mes euros en métaux précieux dont la valeur faciale est supérieure à la valeur métallique, soit toutes les pièces en argent que j’ai acquis depuis 2008 et la pièce en or de 200 euros de 2011 dont la valeur intrinsèque ne décolle pas.

Après avoir passé trois points de contrôle, je me retrouve face à un employé de la Banque de France et l’informe des raisons de ma visite. Et là, devinez ce que je m’entends répondre :

« Mais monsieur, on vous a mal informé. Nous ne reprenons pas les euros en métaux précieux. »

Mon sang ne fait qu’un tour. J’informe l’employé que j’ai un rendez-vous avec le guichetier de la monnaie fiduciaire. Au son de ma voix, il devine que je maîtrise encore ma colère mais qu’il ne faut pas aller plus loin. Il appelle donc le guichetier mais il me dit « qu’il y a un problème. » Le guichetier s’installe derrière son comptoir. Je lui réitère ma demande. Il me dit que ce n’est pas à lui de reprendre ces euros mais à ma banque. Je lui explique que mon banquier refuse et je le menace d’alerter la presse. C’est sûrement le sésame magique. Il se décide enfin et me tend le formulaire de reprise. Je récupère mon cash après qu’il ait scrupuleusement vérifié mes pièces.

Juste avant que je ne quitte les lieux il me précise :

« Vous savez, ce travail, c’est celui des banques, ce n’est plus le nôtre. Dans quelques mois, notre guichet va fermer et les banques devront prendre notre relais pour les opérations fiduciaires ».

Mise à jour Décembre 2016 et Conclusion :

Aux dernières nouvelles, la banque de France ne reprend plus les Euros en métaux précieux depuis 2014. Voici un petit aperçu du ratio valeur intrinsèque/valeur faciale de certaines pièces en métaux précieux qui vous aidera à faire le tri entre bonne affaire et attrape gogos. Les prix de référence des métaux précieux sont ceux du jour.

Pour les Euros en Or métal.

Valeur métallique de la pièce 100 euros en or 999 (éditions 2008, 2009, 2010) :

3,1 Grammes x 34,8 euros le gramme d’or = 108 euros. Bonne affaire malgré la chute de l’or. Vente sans problème sur ebay à 150 euros environ.

Valeur métallique de la pièce 250 euros en or 920 (éditions 2009, 2010, 2011) :

8,45 Grammes x 0,920 x 34,8 euros le gramme d’or = 270 euros. Bonne affaire, et vente sans problème sur ebay à 390 euros. Tiens, c’est bizarre… MDP n’en sort plus! En effet, la pièce 250 euros de 2016 ne pèsent plus que 4,5 grammes d’or 999 contre 7,77 grammes en 2009, soit une valeur métallique de 157 euros seulement… C’est devenu une mauvaise affaire. Et oui mon bon Monsieur, on met moins d’or dans nos pièces, c’est l’inflation…

Pour les Euros en argent métal : 

Valeur métallique de la pièce 100 euros en argent 900/1000 :

50 Grammes x 0,900 x 0,5 euros le gramme d’argent = 22,5 euros. Mauvaise affaire. Il faudra que le prix de l’argent quadruple pour que certains commencent à s’y intéresser…

Valeur métallique de la pièce 10 euros en argent de 2016 teneur 333/1000 :

17 Grammes x 0,5 x 0,333 euros le gramme d’argent = 2,83 euros. Mauvaise affaire aussi.

Pour les Francs Or :

Valeur métallique de la pièce Napoléon 20 Fr en 2006:

5,81 Grammes x 15,4 Euros = 89 Euros

Valeur métallique de la pièce Napoléon 20 Fr en 2016:

5,81 Grammes x 34,8 Euros = 202 Euros! Bonne affaire!

Pour les Francs Argent : 

Valeur métallique de la pièce 50 Fr Hercule en 2006:

30 Grammes x 0,3 Euros = 9 Euros

Valeur métallique de la pièce 50 Fr Hercule en 2016:

30 Grammes x 0,5 Euros = 15 Euros! Pas mal, n’est-ce pas!

Le calcul est donc vite fait : Si un jour vous voulez acheter des pièces en métaux précieux, investissez dans des pièces boursables (sous scellé) que ce soit pour l’or ou l’argent (pièces à faible prime: Napoléon 20 Fr, Krugerrand 1 once, 50 Pesos); n’achetez des pièces d’or ou d’argent en Euros que pour étoffer votre collection numismatique, car si vous voulez payer avec ou les faire reprendre par votre banque, elles vous resteront sur les bras comme cela a faillit être le cas pour moi.

François