Les Cités Utopiques (Auroville, Slab City, Bombay Beach)

Rares sont les villes qui ont été bâties en privilégiant avant tout le bien-être humain. Au moyen-âge, les architectes et les maîtres d’œuvres se préoccupaient avant tout de la sécurité en lovant les habitations à l’intérieur de remparts les protégeant des envahisseurs, telle la fameuse cité de Carcassonne qui sera restaurée bien plus tard, sous le second empire, par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc. Sous Napoléon III, Paris aussi se refit une beauté grâce à Georges Eugène Haussmann qui construisit d’élégants bâtiments équipés du confort moderne (destinés cependant aux gens aisés) bordant de longues et larges avenues qu’il perça dans les insalubres bâtisses rescapées du moyen-âge.

Au milieu du XXième siècle arrivèrent les grands ensembles marqués par un urbanisme de barres et de tours inspiré des préceptes de l’architecture moderne permettant certes un large accès au confort moderne pour les gens modestes mais mal conçus car loin des commerces, loin des transports, exempts d’insonorisation ou de vie de quartier, propices à la ghettoïsation.

Le fait de mettre le monde dans l’homme et non le contraire demande à l’architecte moderne de devenir philosophe et ce n’est pas facile, même de nos jours. Certains s’y sont essayés avec plus ou moins de succès dans les années 60 notamment en France. Jean Balladur, bâtisseurs des célèbres immeubles pyramidaux de la station balnéaire de La Grande Motte disait : «L’architecture, on le voit, joue à La Grande Motte son rôle naturel d’organisation et de protection pratique de la vie de ses habitants, tout en leur apportant le système enrichissant des formes contemporaines du béton, associées à une symbolique qui parle à leur âme autant qu’à leur cœur».

Cependant, pour Auroville, les instigateurs de la plus extrême des visions de la cité du futur ne sont pas des architectes mais des philosophes spiritualistes, certes épaulés par l’architecte Roger Anger.

Auroville (La Cité du New Age) :

Architecture avant-gardiste – Auroville – Inde

“Les villes aussi se croient l’œuvre de l’esprit ou du hasard, mais ni l’un ni l’autre ne suffisent pour faire tenir debout leurs murs. Tu ne jouis pas d’une ville à cause de ses sept ou soixante-dix-sept merveilles, mais de la réponse qu’elle apporte à l’une de tes questions.” répond Marco Polo à Kublai Khan dans son dialogue imaginé par Italo Calvino. Cet extrait du roman “Les Villes Invisibles”, résume à lui seul la raison d’être d’Auroville, cette ville expérimentale située à une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry dans l’État du Tamil Nadu en Inde et qui a pour vocation d’être, selon les termes de sa conceptrice, «le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes de tous pays apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de tous les crédos, orientations politiques et nationalités».

Dès 1965, Roger Anger (qui fut aussi l’architecte des trois tours de l’île verte à Grenoble) conçut le plan d’Auroville qu’il nomma la « Galaxie », où quatre zones, constituées de grands bâtiments futuristes, s’enroulent autour du temple et de ses jardins en formant un cercle parfait. Auroville fut créée dans la pratique en 1968 par Mirra Alfassa (Mirra Richard), plus connue sous le nom de la Mère et compagne spirituelle du philosophe indien Sri Aurobindo, fondateur d’un ashram à Pondichery. « La Mère » est décédée en 1973. Un demi-siècle plus tard, si des bâtiments administratifs et des habitations sont sortis de terre, ils sont pour la plupart de taille modeste. Pour les voyageurs de passage à Auroville, la plupart des constructions sont presque invisibles, cachées par une végétation touffue plantée par les Aurovilliens.

La cité compte aujourd’hui 80 installations et près de 2400 personnes, venues de 49 nations et engagées dans des activités diverses comme le reboisement, l’agriculture organique, les services médicaux, le développement du village, etc… À présent, le tout est géré par la fondation Auroville. Au centre d’Auroville, se trouve la zone de la Paix, laquelle abrite le Matrimandir et ses jardins, l’amphithéâtre contenant l’Urne de l’Humanité (dans laquelle se trouve mélangée un peu de terre de 124 pays différents) et un lac censé créer une ambiance de calme et réapprovisionner la nappe phréatique. Le Matrimandir est un dôme culminant à 29 mètres recouvert de 1415 disques dorés qui abrite une salle de méditation futuriste en marbre blanc, éclairée par un globe en cristal massif de 70 cm pesant environ une tonne qui fut coulé en 1987 chez chez Chotts à Mayence et livré une fois poli à Auroville par l’entreprise allemande Zeiss en 1991 pour une somme de 230.000 Marks.

Quatre zones s’ordonnent autour de cette zone centrale :

La zone culturelle située à l’est de la zone centrale qui est vouée aux activités éducatives, artistiques, culturelles et sportives. Les activités culturelles incluent des programmes de théâtre, de musique de danse. L’institut international Sri Aurobindo de recherche éducative coordonne le système entier de l’éducation à Auroville. En plus d’héberger un festival de cinéma qui se déroule deux fois par an, les Auroviliens et les visiteurs ont, durant toute l’année, un accès gratuit à une multitude d’activités et de représentations culturelles : cinéma, théâtre, musique, danse, chorale, lectures de poésie, expositions, présentations PowerPoint, conférences, etc… L’énergie créative qui caractérise Auroville est aussi fondatrice du climat encourageant diverses formes d’expression esthétique, notamment les festivals artistiques d’Auroville et les expositions qui sont aussi largement accueillies en Inde.

La zone internationale située à l’ouest de la zone de la Paix, destinée à accueillir des pavillons nationaux et culturels, regroupés par continents. Elle ressemble à un campus cosmopolite, un lieu de rencontre pour des compatriotes.

La zone industrielle située au nord de la zone de la Paix, qui sert à abriter les industries vertes, les centres de formation, l’artisanat, et les services administratifs de la ville. Cette section gère des unités de production pour Auroville, qui aspire à être une ville financièrement indépendante. Elle sponsorise plusieurs industries, telles des unités de traitement alimentaire et des entreprises d’embouteillage, de boulangerie, de fabrication de saumure, de vêtements, d’assemblage de composants électroniques, etc…

La zone résidentielle au sud de la zone de la Paix qui est réservée à l’habitat sur 45 % de sa superficie et à la verdure sur 55 %. Elle inclut des structures qui vont des huttes à des maisons individuelles et des appartements. Tous les biens immobiliers (terrains, maisons, puits) sont la propriété de la fondation Auroville, la propriété privée étant interdite. Pour devenir l’occupant d’une maison existante, il faut faire don à la fondation du montant équivalent à la valeur de la maison et il en est de même pour bâtir une maison.

Autour de ces quatre zones périphériques s’étend une ceinture verte de 1,25 km de rayon, regroupant fermes biologiques, laiteries, vergers, forêt, habitat protégé pour la faune. Elle est censée fournir bois de construction, nourriture, remèdes, et servir de lieu de détente et de poumon vert.

La Cuisine Solaire est la plus importante cuisine collective de la communauté d’Auroville. Elle a été terminée en décembre 1997. Depuis lors, elle sert les déjeuners dans un grand réfectoire et elle envoie également des repas à différents endroits, écoles et particuliers. Elle tire son nom du grand concentrateur solaire sur le toit, qui fournit une partie de la vapeur de cuisson chaque jour ensoleillé de l’année. L’autre partie de la vapeur nécessaire est fournie par une chaudière au diesel.

Les résidents d’Auroville ont créé quelques infrastructures de base (routes, eau, électricité, télécommunications, y compris un réseau de communication électronique). Plusieurs endroits offrent le Wifi gratuit à Auroville, de même qu’une dizaine maisons d’hôtes.

Certains ont perdus leurs illusions sur l’utopie originelle d’Auroville. La communauté devait fonctionner sans argent, mais elle a dû se résoudre à en introduire pour des raisons pratiques, les habitants s’autofinançant pour la plupart par un métier (l’hébergement des invités, la fabrication d’encens, de produits bio, bougies, poteries, bijoux, vêtements, que l’on peut acheter dans les boutiques d’Auroville et de Pondichéry, mais aussi au-delà des frontières de l’Inde. Un tiers des bénéfices revient à la communauté), une rente ou une pension. L’intégration des populations tamoules présentes sur le site n’est pas non plus un modèle de réussite sociale sachant qu’ils sont payés au tarif de base local (c’est à dire 80€ par mois environ…). Cependant la critique est aisée mais l’art difficile et l’on ne peut nier qu’Auroville est le seul projet d’urbanisme alternatif cohérent qui ait vu le jour et soit resté viable depuis la fin des années 60.

Voir sur YouTube : Auroville, “la ville dont la Terre a besoin” par Guillaume Estivie

Slab City (La Cité du squat) :

Installation de Salvation Mountain – Slab City – Californie

Si Auroville est une vraie cité conçue par un architecte urbaniste investi dans une démarche philosophique, Slab city est plutôt un campement permanent situé en plein désert près de Salton Sea, dans le sud-est de la Californie, servant de port d’attache à des marginaux qui cherchent un dernier espace de liberté et de gratuité dans un pays ultra-libéral ou bien, le temps de la saison d’hiver, à des snowbirds (boomers en mal d’aventure désertant le froid du nord au volant de leur camping-car de luxe).

L’histoire du lieu : Avant l’entrée officielle des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, le Corps des Marines des États-Unis prit la décision d’implanter un terrain d’entraînement pour les unités d’artillerie antiaérienne dans une zone accessible aux avions décollant des porte-avions près de San Diego. Pour créer la base d’entraînement, 255 ha furent adjugés à l’armée. Le gouvernement nomma la base en hommage au brigadier général du Corps des Marines Robert Henry Dunlap. Une fois la construction du camp Dunlap terminée, il fut mis en service le 15 octobre 1942. Le camp disposait de bâtiments, d’eau, de routes et de collectes d’eaux usées pleinement fonctionnels. La base a été utilisée pendant trois ans pendant la guerre. En 1949, les opérations militaires au Camp Dunlap furent considérablement réduites, mais une équipe limitée resta sur place jusqu’à ce que la base soit démantelée. En 1956, la tâche de démolition s’acheva, mais les dalles bétonnées furent laissées intactes.

La zone qui est maintenant connue sous le nom de Slab City (Slab signifie dalle en Anglais) était jadis le lieu d’entraînement d’artillerie pour le camp. Il a d’abord été squatté par quelques vétérans qui y avaient travaillé, suivis plus tard par des marginaux vivant de l’aide sociale et enfin par des camping-caristes à la recherche d’emplacements de camping gratuits à l’extérieur de Palm Springs. Les résidents actuels se désignent eux-mêmes comme des Slabbies tandis que les touristes sont appelés Normies.

La popularité de Slab City a augmenté après la publication d’un article dans Trailer Life et RV Magazine vers 1984 et par la suite en 2007, par Sean Penn qui dans un passage du film “Into The Wild”, fait évoluer son héros dans la cité notamment lors d’une visite de Salvation Montain. Le site ne comporte aucune règle et il n’y a pas de taxe pour le parking. Il n’y a pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de toilettes et autres services publics de la sorte. De nombreux campeurs utilisent des centrales ou des panneaux solaires pour produire de l’électricité. L’alimentation peut être trouvée dans la petite ville proche de Niland à cinq kilomètres au Sud-Ouest et où les enfants des résidents vont à l’école.

Réalisations artistiques et scéniques :

Salvation Mountain : Située directement à l’Est de l’autoroute 111, l’entrée de Slab City est facilement reconnaissable grâce à l’installation artistique de Salvation Mountain, une petite colline d’une quinzaine de mètres couverte de peintures et de versets de la Bible, un projet du résident Leonard Knight, décédé le 10 février 2014 à l’âge de 82 ans. Une nécrologie de Knight a déclaré qu’il “a passé près de 30 ans à construire la montagne colorée. Construite en adobe (brique mêlée de paille) et en béton couverts de peinture au latex, Knight travaillait sur la montagne toute la journée, tous les jours. Il dormait au pied de la montagne à l’arrière d’un camionnette, sans électricité ni eau courante “.  En 2002, la Montagne du Salut a été nommée trésor national d’art par le Congrès.

East Jesus : est une installation artistique expérimentale, durable et habitable située dans Slab City. Il n’y a pas de connotation religieuse dans le nom de Est Jésus (c’est plutôt un langage familier pour une œuvre au milieu de nulle part et en apparence, totalement futile). L’installation hors réseau fonctionne sans services publics municipaux. Début 2007, Charlie Russell quitta son emploi dans l’industrie de la technologie, emballa toutes ses affaires dans un conteneur qu’il expédia à Slab City, dans un coin jonché de déchets, où il a commença à entourer ses deux voitures de sculptures. Russell, souvent appelé Container Charlie, a nommé ce site East Jesus. Il est décédé en mai 2011 et son œuvre est protégée par l’association de Frank Redford qui gère les expos des artistes itinérant qui s’y posent ainsi que les visites gratuites. Au fil des années, East Jesus est devenu un lieu unique où les artistes peuvent s’exprimer de manières non conventionnelles, voire radicales. C’est un endroit pour vivre et travailler loin des traditionnelles galeries, des musées et du monde de l’art contemporain institutionnalisé. L’art ici ne nécessite pas l’approbation d’un critique, et n’est pas non plus fait avec l’intention d’être vendu.

The Range : est une discothèque en plein air avec scène, lumières, amplificateurs et haut-parleurs, équipée de canapés en lambeaux et de vieilles chaises pour s’asseoir. Tous les samedis soirs, vers le crépuscule, les habitants et les visiteurs se rencontrent pour un spectacle mettant en vedette des musiciens résidents permanents et toute autre personne souhaitant monter sur scène et se produire. Le lieu est géré par William Ammon, ancien résident, connu sous le nom de “Builder Bill”.

Un article du magazine Smithsonian en octobre 2018 qualifiait la communauté de “paradis des squatteurs” que les habitants considèrent comme “l’un des derniers endroits libres d’Amérique”. L’article disait à propos de la population: «Il y a clairement des gens là-bas qui ne veulent pas être trouvés, ils veulent disparaitre du système, et le désert offre ce genre d’opportunité.»

Voir sur YouTube : Les campeurs sauvages de slab city par Corentin Mullender et Into the Wild-Salvation Mountain Scene par gse3

Bombay Beach (La Cité post-apocalyptique) :

Installation d’avion – Bombay Beach – Californie

Dans les années 1940 et 1950, avant d’être détruite par la mer de Salton, Bombay Beach était censée être un terrain de jeu pour les riches vacanciers. Elle fut conçue pour être la version californienne de la Côte d’Azur, et des célébrités telles que Frank Sinatra, les Beach Boys et Bing Crosby l’aurait fréquenté pour y pratiquer la navigation de plaisance, le ski nautique et la pêche. La région attirait un demi-million de touristes annuellement, rivalisant avec le parc national de Yosemite.

Mais une série d’inondations causées par les tempêtes tropicales des années 1970 engendra un ruissellement d’eau chargée des pesticides traitant les cultures environnantes qui s’accumulèrent dans ce lac fermé soumis à une forte évaporation pendant l’été. La pollution et l’augmentation de salinité entraînèrent d’importantes morts d’oiseaux et de poissons. De nombreux résidents autour de la mer de Salton, y compris ceux de Bombay Beach, déménagèrent en raison de l’odeur du poisson en décomposition et de la peur des problèmes de santé liés à la pollution et des inondations répétées.

Ceux qui restèrent étaient soit trop pauvres pour déménager, soit trop attachés à l’histoire de la région pour partir. En septembre 2019, un rapport de l’Institut du Pacifique signalait que dix ans plus tôt, “il y avait quelque 100 millions de poissons dans la mer. Aujourd’hui, plus de 97 pour cent de ces poissons ont disparu.”

La zone ne s’est jamais remise. Les quelques résidents restants vivent aujourd’hui dans des caravanes, où ils se cachent du soleil brûlant. La plupart des quelques habitants utilisent des voiturettes de golf pour se déplacer, car la station-service la plus proche se trouve à 32 km à Niland. Il n’y a que deux magasins dans la ville, dont l’un est un dépanneur, et l’hôpital le plus proche est à plus de 45 minutes à Brawley. Le bar et restaurant Ski Inn est le seul établissement de restauration et de boisson de la ville. Le “Bombay Beach Drive-In” est une installation artistique composée de vieilles voitures abandonnées dans un cinéma drive-in. Un visiteur en 2019 a écrit qu’il y avait de nombreuses «maisons et roulottes depuis longtemps abandonnées» et que de nombreux bâtiments étaient «des façades sans fenêtre recouvertes de graffitis, entourées de meubles cassés et de gravats».

Le statut de «ville fantôme habitée» de Bombay Beach a attiré de nombreux photographes, cinéastes, explorateurs urbains et touristes, au point que les habitants ont tendance à demander aux visiteurs s’ils sont des cinéastes qui sont là pour tourner un documentaire.  La communauté organise la Biennale de Bombay Beach chaque printemps depuis 2016, invitant “des artistes, des universitaires, des écrivains et des cinéastes à créer des œuvres, à donner des conférences et à mettre en scène des événements”.

Voir sur YouTube : Bombay Beach CA Rediscovered par DesertUSA

Les Écodomes SuperAdobe : l’écocité du futur?

Bonita Domes – Josua Tree – Californie

Inventé par l’architecte iranien Nader Khalili, l’écodome en Superadobe est une construction durable rapide à édifier pour un prix modique, adaptable à tous pays quelques soit les climats. On peut l’auto-construire en petit groupe de 6 à 10 personnes après avoir suivi une rapide formation pratique ; la construction d’une structure de 100 m2 prend 2 à 3 mois, puis à cela il faut ajouter une à deux semaines de délai pour la première couche d’enduit et le second œuvre (plomberie, électricité, pose des portes et fenêtres,…), et encore une à deux semaines pour les 2ème et 3ème couches d’enduit à plusieurs mois d’intervalle. L’écodome est relativement isotherme, il résiste aux ouragans, aux séismes, aux inondations et aux incendies et il s’inscrit dans une démarche respectueuse de l’environnement.

La Technique : Les écodomes sont constitués de sacs empilés remplis de gravats et de terre locale. Les sacs sont maintenus par des fils de fer barbelés. La terre sèche avec le temps. Il suffit de recouvrir le tout pour protéger les sacs des rayons ultra-violets. Un écodome ne coûte que 10.000 dollars. La technique Superadobe de construction rapide pour les maisons (et des bâtiments publics) est un formidable espoir pour les zones dévastées mais il peut être utilisé également comme résidence familiale.

Le concepteur de l’écodome superadobe : Nader Khalili, reçoit sa formation en philosophie et en architecture en Iran, en Turquie et aux États-Unis. En 1970, il obtient une licence de l’État de Californie et exerce la profession d’architecte aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Khalili s’est fait connaître par l’application du système Geltaftan Earth-and-Fire, connu sous le nom de “Ceramic Houses”, et par la technique de construction Earthbag appelée “SuperAdobe”. Ses conceptions s’inspirent fortement de celles des maisons arides traditionnelles en Iran, son pays natal. En 1984, il développe son système Super Adobe, en réponse à un appel de la NASA pour la conception d’établissements humains sur la Lune et sur Mars. Le projet garde un caractère totalement théorique jusqu’à la Guerre Iran-Irak, au cours de laquelle des réfugiés sont envoyés en Iran. C’est alors que Khalili s’associe au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et met ses recherches au service des abris d’urgence.

En 1991, il fonde à Hesperia le California Institute of Earth Art and Architecture (Cal-Earth) où il enseigne sa technique de construction Super Adobe. Une promenade autour du campus est une promenade à travers l’évolution historique de la technologie de construction SuperAdobe. Les conceptions de bâtiments vont d’un petit abri d’urgence pour une personne qui peut être construit en une journée afin de créer un village d’hébergement temporaire, à une maison tout confort équipée de 3 chambres et d’un garage pour 2 voitures, tous construits selon les mêmes principes. Alors que certaines des structures sur place sont entièrement finies, d’autres font partie du processus de recherche et développement en cours. Les successeurs de Nader Khalili (décédé en 2008 à l’âge de 72 ans) étudient la performance de la structure en réponse aux conditions climatiques et aux événements sismiques. Ces structures sont des ébauches, mais sont extrêmement informatives. La leçon première que les étudiants apprennent à Hespéria est que la force de la géométrie de la voûte reste inégalée à ce jour!

On peut se demander pourquoi une structure possédant de telles qualités ne s’est pas plus répandue, surtout à notre époque où le développement durable s’érige en nouvelle religion. D’ailleurs les gens intéressés par l’écodome dans le but d’en faire leur résidence principale se rendent vite compte qu’il n’est pas très populaire auprès des services d’urbanisme de notre pays en raison des normes d’isolation et d’esthétique en vigueur (pour respecter la norme RT 2012, et la nouvelle RE 2020, il faut ajouter une fibre isolante dans les enduits ; certains PLU exigent des des toits inclinés à 45 degrés, etc…). Mais en y réfléchissant bien, on subodore une autre explication à ce manque d’intérêt : Une maison individuelle en superadobe peut être construite à moindre coût (45.000 euros environ terrain compris…). On peut penser qu’un tel projet, s’il se généralisait au bénéfice des plus modestes, ne serait pas du goût de l’état qui rentrerait beaucoup moins de taxes. Pensons aussi aux entreprises du bâtiments qui se retrouveraient amputées d’une grosse partie de leurs revenus. Avec la forte diminution du montant du crédit immobilier et de sa durée de remboursement (pour ceux qui ne s’autofinanceraient pas), les banquiers pleureraient sur leurs pertes. Bref, ces belles maisons économiques en superadobe ont un défaut majeur pour notre système économique ultralibéral : elles permettent de faire de belles économies à ceux qui les construisent, mais peu de bénéfices à ceux qui voudraient les vendre et en faire un business…

François

Voir sur YouTube :  Sustainable Architecture: Hesperia’s Superadobes par KCETSoCalConnected

Photo entête d’article : Le Matrimandir – Auroville – Inde

Série TV – L’or Du Diable (1989)

Cette série en six épisodes réalisée par Jean-Louis Fournier, est inspirée du livre écrit par Jean-Michel Thibau en 1987, le secret de l’abbé Béranger Saunière, un best-seller qui se vendit à plus de 2.000.000 d’exemplaires. La série qui fut diffusée sur FR3 en 1989 et remporta un fort succès d’audience, relate l’histoire de Béranger Saunière depuis sa nomination comme nouveau curé de Rennes-Le-Château en 1885, une petite bourgade audoise, jusqu’à sa mort en 1917. Juste après après avoir entrepris des travaux de rénovation dans son église, ce dernier mena un train de vie fastueux incompatible avec ses origines sociales modestes et sa petite rémunération de prêtre. De nombreux villageois supposèrent qu’il avait découvert un trésor pendant le chantier. Le premier épisode de la série TV commence en 1885 alors qu’il prend en charge la cure de Rennes-Le-Château.

Béranger Saunière, magistralement interprété par l’acteur Jean-François Balmer, est un jeune curé de conviction royaliste qui prend son ministère à l’époque du début de la présidence de Sadi Carnot, quatrième président de la IIIème république instaurée depuis 1870 après les 18 ans de règne du dernier souverain français, Napoléon III. L’empreinte des monarchiste reste encore importante, mais la république forge à nouveau son influence laïque sur le peuple, ce qui est un prélude à la séparation de l’église et de l’état qui sera votée en 1905. L’évocation de ce petit bout de notre histoire n’est là que pour vous aider à mieux comprendre le mauvais accueil qui est réservé à Saunière, un royaliste face à des anticléricaux qu’il affecte sans ménagement du qualificatif péjoratif de “mécréants”.

Le village est pauvre et l’église dont il prend possession est en ruine, le toit éventré, le clocher délabré, alors que les paroissiens ont été remplacés par des poules qui ont investi le maître-autel. Saunière est dévasté par l’ampleur de sa tâche, d’autant plus que le maire ne semble pas favorable au retour d’un prêtre dont la population se passe très bien depuis deux ans.

L’Abbé Boudet (Michel Aumont), curé de Rennes-les-Bains, le village mitoyen nettement plus bourgeois, lui rend visite. C’est un homme cultivé qui s’intéresse à l’archéologie et à l’histoire du coin. Il lui conseille de restaurer l’église délabrée de Rennes-le-Château (consacrée à Sainte Marie Madeleine) qui se dresse sur l’emplacement d’un ancien palais fortifié des Wisigoths. Les legs de l’évêque de Carcassonne (Mr Billard) et d’un mystérieux personnage qui se dit représenter la maison de France (Mr Guillaume) lui permettent de commencer les travaux en 1891. Sur recommandation de l’abbé Boudet, Saunière prend la jeune et jolie Marie Denarnaud (Laura Favali), pour gouvernante. Il résiste à ses avances, mais il finit par céder et leur relation va devenir rapidement plus intime.

Le mystérieux Mr Guillaume lui recommande de changer l’autel. C’est une épaisse dalle de pierre, soutenue par deux colonnes sculptées par les Wisigoths. Aidé de deux maçons il déplace la dalle et découvre qu’une des colonnes creuse contient quelques tubes de bois scellés à la cire renfermant quatre parchemins rédigées en langage codé ; à la demande de Boudet, Saunière se rend à Paris, au grand séminaire de St Sulpice où on le présente à un certain Emile Hoffet, un jeune séminariste féru d’occultisme et de sociétés secrètes, membre du prieuré de Sion. En visite chez son grand Maître (Claude Debussy), il rencontre Pierre Louis, Jules Bois mais aussi la célèbre cantatrice Emma Calvé (Arielle Dombasle), belle diva au sommet de sa gloire, ce qui est un peu déstabilisant pour un curé de campagne totalement inconnu. Après l’avoir séduite, il revient en Province avec les documents traduits.

Grâce à ces documents et à d’autres indices rassemblés par Boudet, Saunière finit par découvrir la cache contenant l’or des Wisigoths. Il conclu un accord avec le prieuré de Sion par l’intermédiaire de Boudet : le prieuré prend livraison des barres d’or, à charge pour lui de reverser à Saulnières la part qui lui revient sur des comptes ouverts sous de faux noms dans différentes banques.

Quelques temps plus tard, il entreprend des travaux considérables, rebâtit l’église, achète des terrains, construit une villa et une tour médiévale. Il mène grand train, voyage, fréquente le monde politique et les artistes. Il offre même un château à Emma Calvet qui est aussi sont amante. Mais le vent de la réussite finit par tourner et l’église décide d’enquêter sur l’origine de sa fortune…

Vous l’aurez compris, le film reprend la thèse sulfureuse défendue en 1982 par trois journalistes britanniques, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh, dans leur essai controversé, L’Énigme sacrée, qui donna un retentissement international à l’affaire de Rennes-le-Château, reliant la prétendue ancienneté médiévale du Prieuré de Sion, l’histoire des Templiers, celles des Cathares, de la dynastie des Mérovingiens, du Saint-Graal et des origines du christianisme, et affirmant que Marie-Madeleine serait venue en France avec un enfant de Jésus, voire avec Jésus lui-même. Cette thèse est elle-même inspirée de “L’or de Rennes” écrit en 1967 par Gérard de Sède qui popularisa la légende des parchemins, en fait des faux fabriqués par Philippe de Chérisey pour son complice Pierre Plantard. Ce livre au succès national sera un jalon important dans la littérature pléthorique autour de Rennes-le-Château et servira de base à d’autres ouvrages publiés en France mais aussi dans des pays étrangers, notamment anglo-saxons (Le plus célèbre d’entre eux étant le roman de Dan Brown : DaVinci Code).

Voir sur YouTube : “Rennes le Château, “L’or du diable” “Les 6 épisodes en 1 film” (Aude 11, France)” par MysteriousChannel

Le Trésor de Rennes-Le-Château et le Pieuré de Sion, mythes ou réalités ?

Selon les documents qui ont été déposés par Pierre Plantard à la Bibliothèque nationale de France dans les années 1960 intitulés “Archives du Prieuré de Sion”, le Prieuré de Sion serait une organisation secrète prestigieuse fondée en 1099 à l’issue de la Première croisade, qui aurait compté parmi ses membres un grand nombre de personnages qui figurent parmi les plus illustres de l’histoire et de la civilisation occidentale comme Guillaume de Chanaleilles (1153-1154), Sandro Botticelli (1483-1510), Leonard de Vinci (1510-1519), Charles III (Duc de Bourbon-Montpensier) (1519-1527), Isaac Newton (1691-1727), Victor Hugo (1844-1885), Claude Debussy (1862-1918) ou encore Jean Cocteau (1918-1963). En 1993 Pierre Plantard admit cependant que cette liste n’était que le fruit de son imagination.

Dans les années 60, Pierre Plantard effectue des fouilles à Rennes-le-Château, et finit par rencontrer Noël Corbu, alors propriétaire de la villa Bétania construite par Saunière, selon qui : “l’abbé est tombé par hasard sur un trésor enfoui en 1249 sous son église par Blanche de Castille pour mettre la cassette royale à l’abri de l’avidité de vassaux opprimés ou de la révolte des Pastoureaux alors que le roi est parti en croisade”.

Plantard publie dans des conditions assez rocambolesques en 1965 le 2e document des Dossiers secrets d’Henri Lobineau («Les descendants mérovingiens ou l’énigme du Razès Wisigoth») qui suggère que la monarchie française descend de rois mérovingiens liés aux mystères du pays de Razès qu’il situe dans la région de Rennes-les-Bains et de Rennes-le-Château. Plantard, lui-même associé à Philippe de Chérisey, contacte Gérard de Sède, leur rencontre aboutissant à la rédaction en 1967 de “L’or de Rennes”, ouvrage qui crée notamment la légende des parchemins (fabriqués par Philippe de Chérisey) et popularise les mythes du trésor de Rennes-le-Château. Ce livre au succès national sera un jalon important dans la littérature pléthorique autour de Rennes-le-Château et servira de base à d’autres ouvrages publiés en France mais aussi dans des pays étrangers, notamment anglo-saxons.

Alors, d’où vient la fortune de l’abbé Saulnière ?

Le Traffic de messe : La piste officielle reposerait sur un substantiel trafic de messes (messe pour la guérison de maladie, messe aux défunts), consistant à détourner à des fins personnelles l’argent expédié par les congrégations et fidèles avec qui l’abbé est en contact à travers toute l’Europe. Il est d’ailleurs historiquement reconnu que l’abbé fut accusé par l’Église de trafic de messes par Mgr Paul-Félix Beuvain de Beauséjour, nouvel évêque de Carcassonne qui lui intentera en 1910 un procès canonique. Procès qui entraînera la déchéance des fonctions sacerdotales de Bérenger Saunière en 1911. Mais le calcul est vite fait : Environ 100.000 intentions de messes, rémunérées de 1 à 5 francs chacune, auraient été vendues par Saulnières entre 1893 et 1915. Ces 500.000 F sont largement insuffisant pour assurer le train de vie qu’il mena pendant des années, supérieur à 5.000.000 de Francs or! Cette hypothèse est donc sûrement erronée.

La collecte de fonds pour les royalistes : Selon le livre «Les grands mystères de l’Histoire de France» écrit par l’historien Renaud Thomazo, l’abbé Bérenger Saunière, ainsi que son frère Alfred, étaient très proches des cercles royalistes légitimistes, dont le cercle de Narbonne. Soit les frères Saunière collectaient des fonds pour ces organisations auprès de leurs ouailles, soit ils servaient d’intermédiaires propagandistes auprès des populations locales à des fins purement politiques, afin de lutter contre la montée en puissance du Mouvement républicain à la fin du XIXe siècle dans le cadre de la IIIème République qui succéda au Second Empire. Selon ces milieux catholiques, les politiciens liés à cette nouvelle organisation de la France étaient considérés comme des hommes sans Dieu. Bérenger Saunière a ainsi pu bénéficier d’aides pécuniaires en liaison avec cette activité, mais seulement au début de son ministère à Rennes-le-Château. Cette action politique est d’ailleurs attestée par la suspension de Bérenger Saunière par René Goblet, ministre des Cultes en 1885, durant six mois car le maire de Rennes-le-Château s’était plaint auprès du préfet des agissements de l’abbé en raison de son action propagandiste auprès des paroissiens de la commune. Donc là aussi, le compte n’y est pas dans la durée.

La Découverte antérieure d’un trésor par l’abbé Boudet : L’abbé Henri Boudet, curé de la commune voisine Rennes-les-bains, homme érudit et fort charitable, offrit en 1887 à Saunière de financer la restauration de l’église Sainte Marie-Madeleine à condition d’en rester le maître d’œuvre absolu mais occulte. C’est lui qui verse au nom de Marie Denarnaud, en quinze ans (et encore les comptes des années 1891 à 1894 ont disparu) 4.500.000 Francs-or ! En 1903 il cesse les paiements pour des raisons inconnues. Saunière est alors sans argent et une brouille entre les deux curés s’installe qui durera douze ans. Boudet, avant de mourir révéla à Saunière le secret de sa fortune. Dès lors les projets extravagants de Saunière reprirent. Sa mort devait les interrompre en 1917.

La Découverte fortuite d’un trésor par l’abbé Saunière : et si toutes ces histoires de parchemins secrets n’étaient que de l’enfumage et que Saunière avait en fait découvert accidentellement un trésor caché en faisant les travaux dans son église? Après tout, Marie, la servante du prêtre déclara sur son lit de mort : “Les gens d’ici marchent sur de l’or mais ils ne le savent pas !”. Voici une liste non exhaustive de trésors possiblement localisés à Rennes-Le-Château ou dans ses environs :

Le trésor de l’abbé Bigou : qui était l’abbé de Rennes-le-Château durant la Révolution française. Selon l’historien régional René Descailledas, en 1789, cet ancien curé de Rennes-le-Château, craignant que les révolutionnaires s’emparent des biens de sa paroisse, aurait pu cacher dans son église quelques pièces en or. En revanche, compte tenu du niveau de vie de la paroisse, l’éventuel «trésor» ne pouvait que se limiter à un petit magot.

Le trésor des Wisigoths (ou Trésor de Jérusalem) : En 410, le roi des Wisigoths Alaric I assiège Rome et, sans doute aidé par des complices qui lui ouvrent une porte, il investit la ville. Tout l’or de Rome est raflé, avec une mise à sac durant 3 jours qui sera immortalisée dans divers tableaux dans le futur. Puis Alaric s’en va vers le Sud de l’Italie actuelle. Il veut désormais conquérir l’Afrique du nord, le grenier à blé de l’Empire. Il descend vers la Sicile, mais, alors qu’il est sur le point d’embarquer, une violente tempête coule une partie de sa flotte et disperse le reste. Il doit renoncer à son projet. En rebroussant chemin, au cœur de la Calabre marécageuse, il contracte des fièvres qui l’emportent en quelques jours. Il est âgé de 40 ans. Selon l’historien Jordanès, Alaric mort, ses soldats, aidés de nombreux esclaves, détournent le cours du Busento, petit fleuve côtier, près de la ville de Cosenza, enterrent leur chef et son cheval, ainsi que son trésor, et rétablissent le cours du fleuve. Les esclaves qui ont participé à l’affaire sont passés par le fil de l’épée. Aussitôt désigné, le successeur d’Alaric, Athaulf, repart vers le nord et gagne la Gaule où il s’empare de la Provence et de l’Aquitaine. Les Wisigoths ne reviendront plus en Italie. Plus personne ne sait où se trouve le tombeau d’Alaric 1er.

Cependant, le trésor de Renne-Le-Château serait celui d’Alaric II, que 70 ans et une généalogie complexe séparent de son aïeul Alaric Ier. On pense que les guerriers Wisigoths n’ont pas enterré tout l’or de leur chef avec lui et qu’ils l’ont au contraire emporté avec eux, ou du moins une partie. Si l’on suit ce raisonnement, le trésor se trouve donc vraisemblablement en Aquitaine, ou en Occitanie. Ce sera donc, en l’occurrence, dans les Monts du Razès, aux portes de Rennes-le-Château. Cette légende, et d’autres encore, nées de celle-ci, ont inspiré le best-seller L’Or de Rennes de Gérard de Sède qui en vendit des milliers au début des années 1960.

Le trésor de Blanche de Castille :  à la suite de la Croisade des pastoureaux en 1251, survenue sous le règne de son fils Louis IX, comme évoqué par Noël Corbu, un trésor fut enfoui en 1249 sous l’église de Rennes-Le-Château par Blanche de Castille pour mettre la cassette royale à l’abri de l’avidité de vassaux opprimés ou de la révolte des Pastoureaux alors que le roi était parti en croisade. Elle mourut avant d’avoir pu lui révéler l’emplacement du magot.

Le trésor des Templiers : caché là à la suite du Procès de l’Ordre du Temple effectué contre cette communauté religieuse par Philippe IV Le Bel entre 1307 et 1314 (cette hypothèse a été défendue par l’écrivain Gérard de Sède. L’ordre possédait, en effet, des templeries dans la région).

Le trésor des faux monnayeurs du château du Bézu : affaire datant du XIVième siècle. En 1307, Othon d’Aure fut accusé de fabrication de fausse monnaie qui était cependant réalisée à partir d’or véritable ; à nouveau, en 1344, un certain Guillaume de Cathala, fut surpris en train de fabriquer de la fausse monnaie avec ce même métal précieux dans le château. Fait surprenant : alors qu’à cette époque les faux monnayeurs étaient condamnés à mort, lui et ses complices furent épargnés en 1347. On notera que la falaise du Bézu et son château apparaissent dans le tableau des Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin, de là à dire qu’ils fondaient un magot découvert dans une cache du château afin de l’écouler en (fausse) monnaie sonante et trébuchante…

Le trésor des Cathares : Un récit historique attesterait que lors de la prise du château de Montségur par les croisés en 1244, quatre Cathares s’en seraient échappés avec un trésor. Cette piste enflamma d’ailleurs l’imagination des nazis qui malgré leurs fouilles acharnées revinrent en Allemagne les poches vides…

Youngtimer – VW Golf GTI Série 1 (1976-1984)

En 1974, la légendaire Coccinelle de Volkswagen était dépassée en habitabilité, tenue de route et esthétique. La 1600 à moteur arrière ne réussira pas à lui succéder. La Golf, elle, réussira à remplacer sa glorieuse aînée. Depuis une décennie, la clientèle était acquise à la traction avant, plus sécurisante. Début 1974, VW suit la tendance avec la Passat et le coupé Sirocco à moteur transversal 1100 ou 1500 cm3. Puiser dans la banque d’organes mécaniques existants était aisé, mais il fallait encore donner à la Golf une ligne attrayante : ce fut l’oeuvre et la réussite de Giorgio Giugiaro, un des rares stylistes qui ne répugna pas à s’intéresser aux voitures de grande série. Née avec quatre vitesse et 1100 cm3, la Golf reçut très vite un 1300 et un 1600 cm3 (75 ch) à essence, mais aussi un diesel de 1500 cm3 puis 1600 cm3.

La Golf GTI 1600 : Au salon de Francfort de 1975 naît la version GTI, petite sportive qui ne pèse que 846 kg dotée d’un moteur de 1600 cm3 développant 110 ch équipé d’une injection électronique. La boîte 5 vitesse apparaîtra en 1979. Pour la tenue de route, la caisse est surbaissée de 20 mm à l’avant et à l’arrière. Des barres antiroulis et des pneus radiaux de 175 x 13 série 70 vont de pair avec des jantes plus larges. Les freins avant sont à disque. Si au niveau aspect extérieur et look intérieur elle est sobre, son tempérament joueur va de pair avec la souplesse et le brio de son moteur. Au début des années 80, la Golf GTI devint un phénomène de société et un objet de désir, notamment pour les “jeunes cadres dynamiques”. Parlant d’elle, on dit la “GTI”, inutile de préciser Golf, elle est unique. Mais pas pour longtemps puisque son concept sera copié avec succès par Peugeot avec la 205 et la 309 mais aussi par Honda avec la Civic.

La Golf GTI 1800 : Volkswagen présenta la GTI 1,8 litre en 1982 dont le moteur, la puissance étant pourtant limitée à 112 ch, améliorait considérablement les temps d’accélération à moyen régime. À elles deux, les Golf GTI 1600 et 1800 furent commercialisées à 461.690 exemplaires, un record pour une petite sportive de son acabit.

La version la plus aboutie de la Golf GTI série 1 fut sans conteste la GTI 16S Oettinger. Entre 1981 et 1983, VAG France commercialisa cette version spéciale de la GTI 1600. Produite à 1250 exemplaires, cette 1600, en plus des attributs esthétiques (kit carrosserie, livrée blanche ou anthracite, jantes ATS…), bénéficiait comme son nom l’indique d’une nouvelle culasse à 16 soupapes greffée directement sur le bloc de 1600 cm3. Résultat : 136 ch à 6500 tr/min et 160 Nm à 5500 tr/min. Un véritable must à l’époque et un parfait collector aujourd’hui. Elle aura comme concurrente la Renault 5 GT Turbo et la Peugeot 205 GTI.

Caractéristiques Techniques : voir brochure ci-dessous.

Prix du modèle neuf en 1976 : 32.000 F soit 23.000 € avec 372 % d’inflation sur la période.

Cote d’occasion : à partir de 10.000 €.

Sono Vintage – La sono des night-clubs (1980-99)

En cette période qui n’est pas très rose pour les discothèques, les disco-mobiles et l’événementiel en général, j’ai pensé qu’il serait sympa de rendre un hommage rétro à ces acteurs importants de nos soirées juvéniles en évoquant l’équipement qui nous permettait de nous trémousser tous les weekend au rythme de la musique pop, funk, disco et plus tard techno selon ses goûts. À cette époque heureuse ou l’on pouvait encore siroter quelques cocktails au milieu de la piste de danse tout en fumant une cigarette, le DJ passait la soirée à “pousser des disques” enchaînés au bon tempo tout en déclamant au micro des phrases enthousiastes à la Yannick Chevalier visant à chauffer l’ambiance jusqu’au bout de la nuit. Puisque je me suis déjà longuement attardé sur les tables de mixages (Freevox DJ Club, Tables de mixage des années 80 Partie 1, Partie 2), les tourne-disques et les magnétophones de cette époque, je vais évoquer dans cet article la partie sonorisation.

La sonorisation des discothèques & des disco-mobiles :

Des années 70 aux années 80, les discothèques étaient équipées de système où l’amplification et les enceintes acoustiques se trouvaient séparées (enceintes passives). L’amplification était simple, double ou triple, selon l’importance du système audio et le volume de l’établissement. La mono-amplification faisait intervenir un seul amplificateur de classe AB ou B dont la puissance variait entre 200 et 400 watts, laquelle était délivrée dans une paire d’enceintes à haut rendement (100 db/1w/1m) équipées d’un filtrage passif deux ou trois voies filtrées à 12 db/octave. La multi-amplification, plus sophistiquée, comprenait un filtre électronique dit actif, qui découpait la bande passante de la musique en deux ou trois plages de fréquences (grave, médiums, aigus) filtrées chacune selon une pente allant de 18 à 24 db/octave. Cela évitait de s’encombrer de selfs, condensateurs et résistances devenues énormes donc coûteuses à ces puissances élevées et surtout d’avoir une dynamique bien meilleure. Deux ou trois amplis stéréo allant de 200 watts en classe AB pour les médiums aigus à 700 watts ou même 1000 watts en classe H pour les graves, alimentaient chaque pavillon de l’enceinte : les caisson à évents bass reflex pour les HP graves et bas médiums et des pavillons exponentiels ou des trompes pour les compressions médium aigus et aigus. Leur rendement évoluait en général entre 97 et 102 db/1w/1m.

Les grosses discothèques des années 80 étaient généralement équipées d’un système à tri-amplification, souvent des enceintes à pavillons JBL, Altec, Metler Audio, HH Electronic ou ALS Pro structurées selon un empilement en “château” dépassant souvent les 2 mètres de hauteur et alimentés par une baie d’ampli Crown Microtech MT 1000, HH Electronic Mos Fet V800, Dynacord PAA 1200, Amix H 2700S ou EMB CS 2 à travers un filtre actif SCV ou Dynacord. Les clubs les plus modestes sonorisaient avec des JBL (les célèbres Cabaret 4612, les MI 632 et à la fin des années 80 les M350), des Bose 802 ou des Dynacord E153 S Alimentées par des amplis Urei 6690, Bose 1802, Ramsa WP 9201 ou Dynacord PAA 800 .

À partir des années 90 sont apparues les enceintes professionnelles amplifiées (dites actives), alimentées directement par le signal stéréo symétrique depuis la sortie de la table de mixage. Pour les gros systèmes avec renfort de basse, l’amplificateur se trouvait niché dans le caisson de grave, généralement pourvu d’un HP de 38 ou 45 cm alimenté à travers un filtre passif. Une double prise symétrique alimentait alors les deux satellites droite et gauches pourvus d’une compression pour les aigus et d’un grave médium de 30 cm.

Dans les années 90, rien ne change pour les gros clubs qui fonctionnent pour la plupart avec des enceintes passives à pavillons, si ce n’est la miniaturisation des amplis grâce à la classe D et ses dérivées qui diminue leur poids et augmente leur rendement (Crown K2). Par contre les boîtes de taille plus modeste et les disco-mobiles professionnelles optent peu à peu pour des enceintes compactes amplifiées bien plus pratiques (qui d’ailleurs se sont de nos jours généralisés un peu partout à l’exception près que les amplis embarqués fonctionnent en classe D, ce qui augmente leur compacité et diminue le poids de façon drastique). On retiendra les fleurons que furent les JBL EON 15, Electro-Voice SX300A, DAS DS 115A et Yorkville NX 750P.

Deux paires d’enceintes passives compactes qui ont marqué cette époque :

Bose 802 (1980-Toujours en vente) :

Enceinte Bose 802 Série II

On ne peut pas parler de sonorisation sans évoquer la mythique Bose 802 qui est au monde professionnel de l’animation ce qu’est la Bose 901 à la haute fidélité. Elle était présente partout dans le domaine de l’animation des années 80 et c’est le cas encore de nos jours avec la version IV qui a toujours autant de succès. L’enceinte est légère (14 kg), solide, compacte et puissante (240 W avec des pointes à 480 W). L’angle de diffusion est important grâce à la conception de montage des huit haut-parleurs large bande de 11,34cm, montés symétriquement en paires verticales sur une face avant à facettes “Articulated Array”. La Bose 802 fut une des première à disposer d’un dispositif de montage polemount adapté aux trépieds standardisés de sono. De plus, elle était équipée d’un couvercle pour le transport.

Les haut-parleurs sont caractérisés par une faible impédance et une bonne endurance. Leur équipage mobile (membrane, enroulement et spider) est conçu pour durer dans des environnements agressifs.

La sensibilité de l’enceinte est assez basse pour de la sono (91 db), mais cela ne nuit pas au niveau sonore maximum qui s’élève tout de même à 123 dB! L’esthétique est particulièrement réussie et a été mainte fois copiée sans cependant lui équivaloir. La 802, c’est aussi un son caractéristique (chaud et doux dans les médiums qui sont mis en avant sans agressivité) qui peut devenir spectaculaire lorsqu’elle est équipée du processeur dédié réglé correctement et d’un caisson de basse adapté (502). Sa notoriété est aussi due au fait qu’elle n’est pas agressive dans les aigus et qu’elle accroche très peu dans les médiums aigus (pas de compression, pas de larsen). Il faut noter que les nouvelles Bose sont équipées de HP en Kevlar (matière quasiment indestructible utilisée pour les gilets pare-balle…).

Prix des Bose 802 en 1984 : 8330 F

Prix d’occasion : entre 400 et 600 € selon l’état et la série.

JBL M330 & M350 (1991-98)

JBL M Séries

Les JBL série M furent sûrement les enceintes de sonorisation professionnelle les plus appréciés des années 90. On les voyait partout que ce soit dans les discothèques, les bars de nuit branchés ou les disco-mobiles bien équipées. Elles avaient tout pour elles : une relative compacité, un poids certes élevé mais encore compatible avec la transportabilité, une restitution sonore proche de la haute fidélité (Bande Passante : 45 Hz – 18 kHz) grâce à une compression haut de gamme 2216H (présente aussi sur les Control 12 SR) et un boomer performant qui pouvait être au choix un 222-8 (30cm) ou un 252-8 (38cm). Le rendement de l’enceinte était compatible avec sa fonction (99 db) puisque avec un ampli de 350 watts, elle pouvait atteindre un niveau sonore théorique de 124 db…

Esthétiquement, l’enceinte était superbe avec sa grille intégrale nervurée protégeant les haut-parleurs et son caisson profilé au design trapézoïdal novateur. Elle était aussi bien pratique avec son embase normalisée qui permettait de la jucher sur un trépied en sonorisation mobile. Une version encore plus haut de gamme dédiée aux auditoriums existait cette fois en version trois voies, équipée d’un M202A dans les aigus et d’un médium M209-8 de 20 cm, le grave de 38 cm restant inchangé. La BP s’améliorait alors à 35 Hz-22 kHz, se qui est exceptionnel pour de la sonorisation.

Prix des enceintes en 1991 : 9000 F pour les M330 et 12.000F pour les M350.

Prix d’occasion : entre 400 et 600 € selon l’état.

Amplificateurs sono des années 80 :

HH Electronic V800 MOS-FET

Dans les années 80, les discothèques étaient de grandes dispensatrices de watts et la limite sonore actuelle imposée des 102 db étaient allègrement franchies (dans le genre 115 db avec des pointes à 120…). Autant vous dire que le matos devait assurer et de nombreux patrons de boîtes optaient pour la sécurité du matériel en cas de surcharge. Les HH Electronic Mos Fet, Amcron et Dynacord avaient la réputation d’être increvables, en plus de dispenser un son d’une qualité irréprochable. Les amplis de cette époque pesaient très lourd (la partie alimentation générant déjà la moitié du poids), et possédaient une ventilation pulsée des plus efficace. Les Dynacord PAA800 et PAA1200 étaient particulièrement appréciés car ils possédaient une compression déconnectable incorporée ne travaillant qu’en cas de surmodulation non linéaire, dont l’intervention était inaudible et sans influence néfaste sur la dynamique. Ainsi les enceintes acoustiques étaient systématiquement protégées de toute surcharge permanente qui aurait entraîné une destruction des compressions d’aigu. Je connais un patron dont le night club est équipé d’amplis Dynacord PAA 800 acquis en 1985. Ils fonctionnent toujours et ne sont jamais tombé en panne en 40 ans d’exploitation!

Prix des modèles neufs en 1985 : Crown MT 1000 : 17.000 F ; Dynacord PAA880 : 14.860 F ; Dynacord PAA1200 : 22.800 F ; Bose 1802 : 17.200 F ; Amix H2700S : 24.600 F ; Ramsa WP9201 : 12.400 F.

Prix d’occasion : entre 200 et 600 € selon l’état.

Enceintes amplifiées des années 90 :

JBL Eon 15 (1995-2008) :

À sa sortie, au milieu des années 90, la JBL Eon Power 15 fit sensation avec ses formes inhabituelles permises par le moulage de la caisse en PVC. Ce modèle était résolument Hight Tech avec sa face avant en aluminium moulé intégrant les transducteurs, pas seulement le pavillon de la compression (modèle 2118H) comme il est d’usage, mais l’ensemble du 38 cm. Ce dernier utilise la structure Differential Drive, mise au point par JBL, avec un aimant Néodyme ce qui explique en partie le faible poids de l’enceinte. L’enceinte est équipée de poignées de transport et d’une embase pour pied intégrées dans sa structure.

L’écoute montre un excellent équilibre global avec un grave soutenu qui accepte bien les corrections. Un petit creux dans les médiums permet une petite douceur garante d’une absence d’agressivité dans cette gamme de fréquence difficile à reproduire. Puissance 130 W dans les graves et 50 W dans les aigus. BP : 50-20.000 Hz. Poids : 18 Kg.

Prix du modèle neuf en 1998 : 6500 F

Prix d’occasion : environ 400 € en bon état.

Electro-Voice SX300A : 1995-2008 : 

EV SX300

D’une taille réduite et d’un poids raisonnable (22,8 kg), La SX300 présente une forme trapézoïdale classique et des proportions agréables. La caisse en PVC  comprend de nombreux points de fixation et une embase pour pied. De conception générale assez classique avec un 30 cm pour le bas du spectre et, pour l’aigu, une compression 1 pouce (modèle DH 2010A) associée à un pavillon à directivité constante moulé directement dans la face avant.  L’ouverture de 65°, aussi bien en horizontal qu’en vertical est une caractéristique rare dans sa catégorie qui lui permet d’être “arrayable”, c’est à dire utilisable en plusieurs exemplaires dans un cluster.

Les résultats de mesure sont excellents avec cependant un certain décalage entre le grave et l’aigu qui est mis en avant. En effet, la compression est très généreuse dans le haut du spectre aigu (elle dépasse allègrement les 20 Khz) ce qui est rare en sono. L’écoute offre des voix bien dégraissées avec une excellente définition. Reste que les modulations difficiles doivent être surveillées sous peine de devenir aisément agressives. Auquel cas une correction de tonalité sera la bien venue. La SX 300 est un peu limitée dans le bas du spectre à cause de son boomer de 30 cm, mais le processeur XP200A peut en optimiser le fonctionnement. Un caisson de grave peut aussi être ajouté.

Prix du modèle neuf en 1998 : 9045 F

Prix d’occasion : environ 400 € en bon état.

Crédit photo tête de page : Catalogue JBL Pro – JBL M Series

François

Oldtimer – Toyota 2000 GT (1967-70)

Cet élégant coupé sport à deux places présenté en avant-première en novembre 1965 et commercialisé en toute petite série à partir de 1967 peut être considéré comme une magistrale exception dans la production automobile japonaise des années soixante. Très inspirée de l’école latine, sa carrosserie aux courbes agressives se voulait en rapport avec sa mécanique ambitieuse. Sa seule concurrente nippone dont la plastique était elle aussi avantageuse fut la Datsun 240 Z qui entama sa carrière en 1970.

Une conception sophistiquée :

Le moteur 6 cylindres en ligne deux litres inédit de la 2000 GT développait 150 chevaux. Il était alimenté par 3 carburateurs, équipé de deux arbres à cames en tête et accouplé à une boîte 5 vitesses ; la Toyota 2000 GT proposait aussi 4 freins à disque et une suspension indépendante à l’avant comme à l’arrière. La carrosserie était entièrement fabriquée en tôles d’acier façonnées à la main, à l’exception des deux portillons latéraux qui sont en fibre de verre. Celui de gauche abrite le filtre à air et celui de droite, la batterie. Les phares étaient profilés derrière des vitres en plexiglas. La voiture étant destinée entre autres au marché nord-américain, il a été nécessaire de satisfaire une loi californienne qui impose une hauteur minimum des phares avant à 60 cm du sol. C’est la raison pour laquelle des phares escamotables ont été ajoutés.

Inspirée de la carrosserie de la Jaguar type E et du châssis de la Lotus Elan :

L’une des particularités de la Toyota 2000 GT était son châssis à structure en poutre centrale. Construit en acier, il est directement inspiré de celui de la Lotus Elan. En forme de « X », le moteur et la boîte de vitesses sont logés entre les deux branches avant alors que le pont vient se placer entre les branches arrière. Cette construction a permis une répartition optimale des masses de 51/49 % du poids respectivement sur le train avant et sur l’essieu arrière. La carrosserie vient poser sur ce châssis auquel elle est vissée.

Susceptible d’atteindre 220 km/h, cette japonaise au moteur vitaminé entrait théoriquement en concurrence avec la Jaguar type E, la Porsche 911, ou la Fiat Dino, mais sur le marché européen, sa diffusion devait rester confidentielle, ce modèle ayant un rôle de vecteur d’image dans la gamme Toyota. De fait, sa production ne dépassa pas 351 exemplaires sur 3 ans, dont 25 seulement furent exportés en Europe.

La vedette auto du cinquième Bond en 1967 :

À noter que la Toyota 2000 GT a connu la célébrité internationale en jouant les vedettes automobile dans le cinquième opus de James Bond “On ne vit que deux fois” tourné en 1967. Durant son périple, Sean Connery interprétant l’agent 007 est sauvé des attaques du Spectre par l’agent des services secrets japonais Aki au volent d’une Toyota 2000 GT. La particularité de cette auto est qu’elle est en version découvrable. L’acteur Sean Connery avait un peu de peine à s’introduire dans l’habitacle exigu de la 2000 GT. De plus, pour réaliser des prises de vues « en roulant », il n’y avait pas de place pour une caméra. La production a donc demandé à Toyota s’il était possible de construire un spider. Toyota, voyant là un coup de publicité bienvenu, s’exécuta sur le champ et fabriqua deux spiders pour les besoins du film. Aujourd’hui, il ne reste qu’un seul exemplaire, conservé au Musée Toyota au Japon.

Caractéristiques Techniques : voir brochure ci-dessous (Scan 06 extrait de la revue “Salon de l’Auto 70”).

Prix du modèle neuf en 1970 : 30.000 F soit 35.000 € avec 670 % d’inflation sur la période.

Cote d’occasion : Contrairement à sa consœur nippone (la Datsun 240 Z) que l’on trouve encore à partir de 15.000 €, un exemplaire de Toyota 2000 GT est aussi peu fréquent qu’un mouton à cinq pattes, et il faudra flirter avec le demi-million d’euros sur votre compte en banque pour qu’un de ses heureux propriétaire veuille bien vous la céder. À ce prix là, elle sera bien-sûr en état concours…