Livre SF et Film – Arthur C. Clarke – 2010 : Odyssée deux (1982)

“2010: Odyssée deux” est un livre hybride dans lequel Arthur C. Clarke tente de connecter son roman, “2001 : l’Odyssée de l’Espace” datant de 1968, avec le film de Stanley Kubrick sorti la même année. Ce roman de science-fiction fut écrit par Clarke parallèlement au tournage du film mais l’histoire est basée sur une de ses nouvelles intitulée “La Sentinelle” parue en 1951.

La quatrième de couverture :

L’auteur : Arthur C. Clarke : Né en 1917 en Angleterre, ancien président de l’Association interplanétaire anglaise, il est membre de l’Académie astronautique et vit à Ceylan où il peut se livrer à sa passion pour l’exploration sous-marine.

2001 : l’odyssée de l’espace – roman et film – , ce fut l’épique exploration spatiale qui passionna le monde et provoqua un jaillissement de questions : comment Dave Bowman s’est-il transformé en Enfant des Etoiles ? Pourquoi Hal, l’ordinateur plein de science et de sagesse, a-t-il assassiné l’équipage du Discovery ?
2010 : odyssée deux, c’est une nouvelle aventure, celle des hommes qui, neuf ans après, vont se lancer dans l’espace, bien décidés à rapporter à la Terre les réponses attendues. L’équipage composé de Russes et d’Américains s’embarquera à bord du vaisseau Alexeï Leonov, sous le commandement du capitaine Tatiana Orlov. Quand la navette s’arrache du terrain de Cap Canaveral, commence une mission qui peut décider du sort de l’humanité…

Le roman :

Clarke a choisi de baser “2010 : Odyssée deux” plus sur le film de Kubrick que sur son précédent roman, probablement parce que le film avait atteint un public considérable, gagnant rapidement le statut d’œuvre culte. Dans son premier opus 2001, le vaisseau “Discovery” avait pour destination Japet, la plus énigmatiques des nombreuses lunes de Saturne. Le système de Saturne était atteint via Jupiter : “Discovery” s’approchait très près de la planète géante, se servant de son énorme champ gravifique pour produire un effet de fronde et se catapulter vers la seconde étape de son voyage. Les sondes spatiales “Voyager” ont fait exactement la même manœuvre en 1979, lors de la première reconnaissance détaillée des géantes extérieures. Dans le film, par contre, Stanley Kubrick, pour éviter toute confusion, situe à juste titre la troisième confrontation entre l’homme et le monolithe parmi les lunes de Jupiter… Ainsi, au lieu d’un voyage à la découverte de Saturne, le vaisseau spatial doit se mettre en orbite autour de Jupiter. Au lieu d’un monolithe située sur Japet, il orbite autour de Io. En replaçant l’action sur l’orbite de Jupiter au lieu de Saturne dans son deuxième opus 2010, Clarke a également pu profiter de la connaissance beaucoup plus grande que les astronomes ont de Jupiter par rapport à Saturne en 1982.

Sa caractérisation des personnages n’est pas particulièrement profonde, mais les portraits qu’il peint d’eux les rendent sympathiques. Heywood Floyd représente la voix de la raison, ainsi qu’un lien vers le roman précédent. Max Brailovsky et Walter Curnow introduisent de l’humour dans la mission. Le froid Sivasubramanian Chandrasegarampillai (Dr Chandra) est peut-être la seule caricature que Clarke offre dans le livre. Ce scientifique, le créateur de l’ordinateur HAL 9000, est un personnage en contrepoint direct à l’ordinateur. HAL est peut-être le personnage le plus intéressant du roman. Comme Floyd et l’astronaute David Bowman, HAL fournit un lien vers les travaux antérieurs. Contrairement à Floyd, qui doit faire face à ses sentiments de culpabilité pour les astronautes perdus dans la première mission, ou Bowman, qui a dépassé le stade de l’émotion humaine, HAL reste constant, préoccupé par la réussite de la mission.

Exactement à mi-chemin du roman, Clarke détourne son attention de la mission de Heywood Floyd vers Jupiter pour s’intéresser à David Bowman, le seul astronaute survivant de la mission originale de Discovery. Clarke utilise cette partie du roman de 2010 pour réexaminer les chapitres finaux de 2001. Cependant, alors que le livre antérieur contenait une description mystique et confuse des événements qui sont arrivés à Bowman, dans ce roman, la créature qui était autrefois David Bowman a commencé à assimiler de nouveaux concepts et à comprendre sa nouvelle place dans l’univers. Les descriptions de Clarke sont donc plus concrètes et nous commençons à comprendre ce qui est arrivé à Bowman et pourquoi cela s’est produit. Clarke ne donne pas une explication entièrement cohérente, mais il répond à plusieurs des questions laissées ouvertes à la fin du roman : 2001 : l’Odyssée de l’Espace.

Différences entre le 2010 de Clarke et le film de Hyams (1984) :

Tout comme pour le premier opus, on ne peux pas vraiment réfléchir sur ce livre sans le comparer à sa version cinématographique, ici il s’agit du film de Peter Hyams, “2010 : L’Année du premier contact”, sorti deux ans plus tard, en 1984. Dans le livre, il est question d’une tension internationale entre les USA et l’URSS. Dans le film, les deux pays sont sur le point d’entrer en guerre et ont d’ailleurs entamé les hostilités. Alors que Hyams a augmenté la tension entre les Soviétiques et les Américains, chez Clarke, la même tension existe entre l’équipe chinoise du vaisseau Tsien et l’équipe soviétique/américaine du Alexei Leonov. Le vaisseau chinois Tsien dépasse le Leonov avant de se poser sur Europe, où il sera détruit par une créature émergeant de la glace. Dans le film, il n’y a pas de vaisseau chinois ; c’est le Leonov qui envoie une sonde vers Europe, où elle sera détruite par les forces qui manipulent le monolithe. Enfin, dans le livre, les occupants du Leonov font le long voyage vers Jupiter en apesanteur. Dans le film, le vaisseau russe est doté de structures tournantes qui créent une pesanteur artificielle grâce à la force centrifuge, à l’instar du carrousel de Discovery.

Extrait : 

“Certains dangers sont à ce point spectaculaire, si loin des expériences courantes, que l’esprit refuse d’admettre leur réalité et peut contempler une catastrophe imminente sans l’ombre d’une appréhension. L’homme qui regarde un raz de marée, une avalanche qui descend sur lui, ou le cœur vertigineux d’un cyclone, sans essayer de s’enfuir, n’est pas nécessairement paralysé par la peur ou résigné à un sort inéluctable. Il se peut simplement qu’il ne puisse croire que le message transmis par ses yeux le concerne personnellement. Tout cela arrive à quelqu’un d’autre”.

Voir sur YouTube :  “2010, l’année du premier contact – Bande-annonce [VO]” par Les extraterrestres au cinéma

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *