Hifi Vintage – Thorens 126 MkIII (1977-1984) & Thorens Prestige (1984)

Historique de la marque :

En 1883, Hermann Thorens fonde à Sainte-Croix, en Suisse, une entreprise familiale de boîtes à musique et de mouvements d’horlogerie (qu’ils produisaient encore dans les années 1950), d’harmonicas, de briquets, de phonographes et de gramophones. Plus tard, ils produisirent des tourne-disques, des radios, des chaînes haute-fidélité et des enregistreurs.

Thorens commence à construire des phonographes de type Edison en 1903. Dans les années 1920, les fils de Hermann, Frédéric (1883-1976) et Paul (1899-1966), entrèrent dans l’affaire, avant d’en prendre la direction générale. L’entreprise devint société anonyme en 1927 (Hermann Thorens SA).

En 1928, ils produisent leur premier tourne-disque électrique et lancent leur gamme de lecteurs audiophiles. Thorens met à profit son expérience dans l’horlogerie de précision pour concevoir, dès la fin des années 50, des platines vinyle d’exception avec les modèles CD 63, CD 42 et 43 et CB 33. La société devient Thorens SA en 1952. En 1957, le succès de la platine vinyle Thorens TD 124 lui assure une renommée mondiale. Entre 1958 et 1961, ils sortent les modèles TD 134 et TD 184, équipés du bras de lecture BL104, puis la TD 135 équipée du bras de lecture BTD-12S.

Thorens fusionne en 1962 avec Paillard SA. La Thorens TD150 équipée du bras de lecture TP13 sort en 1965. Elle est équipée d’une suspension Thorens à contre platine flottante, une sorte de châssis intérieur suspendu qui accueille le plateau et le bras, le moteur étant fixé sur le châssis principal et l’entraînement se faisant au moyen d’une courroie élastique. Cette invention unique permet de réduire les vibrations induites par le moteur, et équipe encore aujourd’hui toutes les platines vinyle proposées par Thorens.

En 1966, la production de tourne-disques fut délocalisée en Allemagne. En 1965 Thorens sort la TD 150 équipée d’un bras TP 13 ainsi que d’une contre platine flottante et d’un entraînement par courroie. En 1968, Thorens sort la TD 125 équipée du bras TP 25.

En 1976 apparaissent les fameuses TD 126, 145, 160 et 166. La gamme 1979 s’étoffe encore avec l’arrivée des TD 105, 110, 115 puis des TD 147, 316, 524 en 1984, sans oublier le fabuleux modèle Prestige dédié au audiophiles fortunés. Ce dernier est équipée de deux bras de lecture utilisables séparément, afin de pouvoir se servir de deux cellules différentes sur la même platine sans effectuer de manutentions ou de réglages.

La Thorens TD 126 MkIII

Thorens 126 MkIII – Documentation Thorens

C’est sans conteste une des meilleures table de lecture de disques vinyles faite par Thorens. Lorsqu’elle sortit en 1976, elle concrétisait l’aboutissement d’une longue expérience dans la construction d’instruments pour la reproduction du son, conjuguée à l’utilisation de techniques de pointe en mécanique de précision et en électronique, sa robustesse permettant le maintient à long terme des exceptionnelles caractéristiques techniques initiales.

Une contre platine flottante :

Dans sa lutte pour un plus grand silence de marche, Thorens a choisi l’asservissement électronique de l’entraînement par courroie élastique, allié à son système exclusif de suspension à contre platine flottante. Toute table de lecture de disque doit nécessairement faire appel à des éléments de suspension élastiques, afin de protéger la cellule de lecture ultra-sensible, aussi bien des chocs extérieurs, que de l’effet en retour des ondes sonores émises par les haut-parleurs (effet Larsen). L’introduction de ces indispensables éléments amortisseurs entre le moteur et l’ensemble plateau-bras lecteur leur permet d’assumer une fonction supplémentaire, soit un découplage mécanique intégral de l’ensemble lecteur par rapport au dispositif d’entraînement. Le plateau tourne-disque et le bras lecteur sont montés solidairement sur la contre-platine, suspendue de manière souple et amortie au châssis extérieur, lequel supporte également le moteur. Cette technique de construction garantit aux tables de lecture de disque de la marque un rapport signal/bruit qui n’est égalé par aucun autre système d’entrainement.

Le circuit APC (Automatic Pitch Control) : 

Ce circuit qui équipe la TD 126 compense automatiquement les forces de freinage variables et corrige tout déviation de la vitesse de rotation par rapport au réglage initial. Le freinage du système d’entraînement résultant par exemple de l’utilisation d’un balai dépoussiéreur varie en fonction de son éloignement du centre du plateau ;  le circuit APC compense automatiquement de telles variations.

Le Bras de lecture Isotrack TP16 MkIII : 

La qualité d’un bras de lecture n’est pas uniquement fonction de la liberté de de ses articulations, mais aussi de son facteur d’inertie. Cette inertie empêche le bras de suivre parfaitement les inégalités de surface présente sur tous les disques. Pour remédier à cet inconvénient, il est normalement nécessaire d’introduire une force d’appui excessive de la pointe de lecture sur le disque, ce qui provoque une usure inutile sur tous les disques.

Thorens a résolu ce problème de l’inertie des bras de lecture en éliminant toute masse inutile. La tête de lecture n’a pour seule fonction que de protéger la cellule, le lourd raccord étant reporté à proximité des paliers du bras, là où son poids n’influence pratiquement pas le facteur d’inertie du bras de lecture. Les bras de lecture Thorens isotrack sont des bras linéaires et non en forme de S. L’angle de courbure nécessaire entre le bras et la cellule de lecture pour une erreur de lecture minimum, ne dépend nullement de la forme du bras tubulaire. Les bras de lecture conventionnels ont tous une masse effective de l’ordre de 15 à 20 grammes là où elle fait moitié moins sur un bras Thorens. Il devient ainsi possible d’appliquer à chaque cellule de lecture la force d’appui minimale pour laquelle elle a été construite. Un traitement de surface de la section de bras tubulaire (Technique Split Wave), absorbe les vibrations parasites du bras de lecture.

Un arrêt automatique électronique à vélocité sans friction : 

Le sillon terminal des disques comportant un pas plus grand – les sillons sont plus éloignés les uns des autres – le déplacement du bras de lecture subit une accélération vers le centre du disque. Cette augmentation de la vitesse  angulaire est détectée par un circuit électronique qui commande le relèvement du bras et l’arrêt du moteur. Un tel arrêt électronique fonctionne donc sans altérer en quoi que ce soit la qualité de la platine disque. Il permet la lecture des plages situées en fin de face, même sur les disques dont les derniers sillons vont au-delà des normes admises.

Un circuit logique approprié empêche le déclenchement de l’arrêt automatique lors du déplacement rapide, à la main, du bras de lecture au-dessus du disque. Le dispositif de commande du bras de lecture (abaissement et relèvement) est entraîné par un servo-moteur additionnel. (Source : documentation Thorens).

Prix : On les trouve d’occasion, à partir de 600 € en bon état.

Thorens Prestige

Thorens Prestige – Catalogue Thorens 1984

Les platines Thorens sont célèbres dans le monde entier pour leur excellence. Mais la Thorens Prestige est une platine à part, résultat d’un raffinement constant, de solutions éprouvées et d’un engagement permanent de la marque impliquant une philosophie de produits basée sur l’excellence. Dans cette platine, l’accent est mis sur la qualité sonore qui de toute évidence, intègre le célèbre système à châssis flottant Thorens.

Un poids de 55 kg, un plateau de 6,6 kg…

La platine pèse 55 kg, ses dimensions sont impressionnantes (61,5x51x31cm), son socle principal reposant sur quatre pieds amortisseurs réglables en hauteur. Le moteur synchrone biphasé asservi, solidement fixé sur le châssis fixe principal, entraîne le plateau tourne-disque à l’aide d’une longue courroie souple en caoutchouc. Les vibrations potentielles du moteur sont donc isolées du plateau tournant et aussi des deux bras de lecture disposés sur le châssis suspendu. La masse du plateau tourne-disque (qui pèse plus de 8 kg si l’on y intègre le poids conséquent du stabilisateur central) explique l’absence de tout bruit de fond propre à la platine.

Le grand plateau (diamètre 34 cm, hauteur 12 cm) est absolument exempt de résonances et contribue de façon décisive à la stabilité de l’image sonore de la Prestige. La paroi extérieure du plateau comporte 24 cavités remplies de granules de plomb, empêchant ainsi toute résonance parasite. Une solution propre à Thorens.

L’arbre du plateau tourne-disque est un composant usiné avec précision faisant 15 mm de diamètre. Le châssis fixe principal et le châssis flottant sont construits en utilisant la technologie de couche multiple conçue pour éliminer des résonances indésirables. Toutes les commandes sont situées sur le panneau avant fixe, le châssis flottant supportant le plateau et les bras lecteur qui sont découplés au moyen d’une suspension commandée par gravité à quatre points.

Deux plates-formes de montage de bras permettent l’utilisation de n’importe quel bras de lecture long ou court de l’époque (SME 3012 R Gold par exemple). La hauteur de chaque plate-forme de montage peut être ajustée séparément et chaque bras possède son propre dispositif de repérage actionné électriquement depuis le panneau avant.

Les vitesses nominales sont contrôlées par quartz et surveillées en permanence sur la platine elle-même. Le dessous du plateau porte une piste magnétique. Un circuit de commande électronique compare la vitesse de rotation du plateau avec la vitesse nominale. Les moindres déviations sont enregistrées et corrigées.

Une platine rare et chère : 

La prestige ne fait usage que de matériaux nobles, y compris d’un certain nombre de pièces en plaqué or. C’est une réalisation d’exception. Lancée pour le 101e anniversaire de Thorens, au départ seules 101 platines Prestige devaient être commercialisées. Cependant, le modèle resta disponible sur commande au moins jusqu’en 1993 – à 15 000 $ tout de même – et donc, le nombre d’exemplaires commercialisés fut plus important que prévu. Malgré son prix, la Prestige s’est vendu très bien… surtout au Japon, pays des audiophiles fortunés! Elle est rarissime en occasion, et lorsqu’on la trouve, il faut compter un minimum de 8000 $ avec un seul bras de lecture et sans cellule. Comptez donc au minimum 15.000 $ pour en débusquer une en parfait état et toute équipée…

Ci dessous, quelques Pubs Thorens sur la TD 126 MkIII et la Prestige ainsi que son banc d’essai parue sur une revue de l’époque.

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