Film – Miracle Mile (1989)

“Miracle Mile” a la logique d’un de ces cauchemars dans lequel vous êtes accidentellement mis au courant un peu avant les autres (70 minutes) d’un évènement terrifiant qui va déferler sur le monde, mais c’est tellement gros que personne autour de vous ne veut y croire. Il n’y a pas que le temps qui est compté, vous pensez aussi que vous pouvez vous tromper et qu’il peu s’agir d’un canular, bien que cela soit peu probable. Le film commence comme une histoire de rencontre amoureuse, mais un coup de téléphone adressé à la mauvaise personne fait transpirer un secret d’état dont l’issue est terrible, d’abord pour Los Angeles, ensuite pour le monde entier. Une grande partie de la terrible efficacité du scénario vient du fait qu’il ne révèle la véracité du cauchemar que dans les dernières minutes du film.

L’histoire :

Les premières scènes du film (qui s’appelle en français “Appel d’urgence”) sont douces et ensoleillées. Harry Washello (Anthony Edwards) et Julie Peters (Mare Winningham) sont deux jeunes gens vivant à Los Angeles qui ont un coup de foudre ; ils se rencontrent dans le musée où Harry est anthropologue, et c’est l’amour qui débarque dans leur vie. Harry doit prendre Julie à la sortie de son travail, dans le café où elle est serveuse. Jusqu’à présent, tout va bien, mais suite à une panne de réveil, Harry loupe le rendez-vous. Il se réveille au beau milieu de la nuit, et se rend au café, Mais Julie est déjà rentrée chez elle.

Il lui laisse un message téléphonique en appelant depuis une cabine payante à l’extérieur du restaurant (il n’y a pas de portables en 1989 et les rares téléphones sans fil sont des radio-téléphones fonctionnant par relais hertzien). C’est alors que le téléphone sonne dans la cabine qu’il vient de quitter. Harry répond et entend l’avertissement paniqué d’un soldat enfermé dans un bunker qu’il peine à comprendre. Celui-ci cherche à prévenir son père que des missiles nucléaires THOR Artur 6 ZZT vont être lancés, et il est trop tard pour arrêter le processus ; une riposte des Russes aura lieu dans les 70 mm, bref les événements irrévocables menant à la troisième guerre mondiale ont été mis en branle et l’holocauste nucléaire s’en vient. Le gars à l’autre bout de la ligne se rend compte qu’il ne parle pas à son père et qu’il a fait un mauvais numéro. Ensuite, il y a le son d’une rafale d’arme de guerre dans le combiné téléphonique, et un type à la voix grave à l’autre bout du fil intime l’ordre à Harry d’ignorer tout ce qu’il vient d’entendre et d’aller se recoucher, puis il raccroche.

Harry, complètement bouleversé, revient dans le café, et là c’est la croix et la bannière pour essayer de convaincre les quelques noctambules encore présent que des missiles nucléaires vont raser Los Angeles. Mais une femme (qui entretient des relations avec un homme haut-placé) muni d’un radiotéléphone, confirme les dires d’Harry : les huiles quittent la ville en urgence.  La phrase qu’elle lâche alors en quittant le bar, alors qu’elle fixe l’immeuble de la compagnie d’assurance-vie Mutual Benefit Life, vaut sont pesant de cacahuète : “Toute ces assurance vies sont de vastes fumisteries. Dans peu de temps, servirez-vous encore à quelque-chose”.

C’est le début d’une course effrénée pour fuir la ville dans les plus bref délais. Certains des noctambules se démènent pour atteindre l’aéroport et s’envoler en direction de l’Arctique, mais Harry veut rejoindre Julie pour l’emmener avec lui. Débute alors pour lui une odyssée nocturne au cours de laquelle il va se retrouver immergé dans la violence, la panique et le chaos, engagé dans une course contre la montre pour arriver avec sa belle au rendez-vous fixé avec un pilote d’hélicoptère venant de Malibu, sur l’héliport situé au sommet d’un building du quartier. Vont-ils réussir à quitter la ville avant l’arrivée des missiles…?

Un parfum d’After Hours :

“Miracle Mile” rappelle un peu, par moments, le film “After Hours” de Martin Scorsese sorti en 1985. Les deux montrent une mégalopole la nuit, dans une sorte d’atmosphère nimbée de rêve, l’esprit du protagoniste désorienté par le sommeil, alors que ce dernier essaie désespérément d’appliquer sa logique habituelle là où elle ne peut plus fonctionner. Mais dans “Miracle Mile”, le danger est une attaque nucléaire impersonnelle plutôt que la folie aléatoire des personnes croisées dans la rue aux portes de l’aube. Cependant, l’effet est parfois le même, et la terreur est vraiment palpable dans une scène où l’information de l’attaque nucléaire commence à se propager dans la ville et où les émeutes sévissent dans les rues.

Lieu de tournage et B.O. :

Miracle Mile est un quartier de Los Angeles. La quasi-totalité du film se déroule entre Wilshire Boulevard et Fairfax Avenue. La bande originale du film comporte de nombreux morceaux au synthétiseur du groupe allemand Tangerine Dream, offrant une sonorité typique des années 1980 et augmentant l’intensité étrange et dramatique du film.

Un retour en grâce tardif :

Ce film réalisé et scénarisé par Steve De Jarnatt, injustement passé inaperçu à sa sortie en 1989, a été remis à la mode récemment par Walter Chaw, critique de cinéma basé à Denver et programmateur local du réseau de salles Alamo Drafthouse. Celui-ci a contacté Steve De Jarnatt pour écrire un livre sur Miracle Mile qu’il adorait parce qu’il l’avait aidé à franchir une mauvaise passe étant jeune. D’autres critiques ont fait de la promo et, de fil en aiguille, l’éditeur américain Kino Lorber a réédité le film en Blu-ray en 2015. Courant 2017, il sortira en France chez Blaq Out. Il avait déjà été édité en DVD en 2003.

Voir sur YouTube : “Appel d’urgence (1988) Bande-annonce française” par Otto Rivers

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