Disque – Francis Cabrel – Sarbacane (1989)

La musique de Francis Cabrel ne s’est jamais éloignée de ses thèmes de prédilection originaux : de douces et belles réflexions sur la vie chantées de sa voix claire et accompagnées de belles mélodies portées par sa guitare acoustique. Autour de ce noyau, il tisse des histoires sur ses contemporains, sur fond de blues rock, de pop et de soft jazz. Il s’inspire aussi de la chanson hexagonale, notamment de Polnareff et de Dutronc, mais aussi de Brassens dont il a dit : “Brassens est et sera toujours d’actualité, parce-qu’il est intemporel. Une guitare et une contrebasse! Ça ne vieillira pas. Les chanson de Brassens font un ensemble parfait, compact, homogène, riche, intelligent. Ça c’est une oeuvre! Brassens ne se compare à personne. Il fait des petites chansons avec des refrains que tout le monde reprend, mais le cœur des chansons, c’est de la grande poésie. On peut le classer à côté de Baudelaire ou de Verlaine. Je me sens plus proche de sa poésie que celle d’un Brel ou d’une Barbara.” Les paroles de Cabrel, souvent empreintes de poésie, sont très appréciées par un large public ainsi que par les critiques, et ses albums se vendent bien. Son style a également suscité un renouveau d’intérêt pour la musique acoustique en France.

L’intérêt de Cabrel pour la musique a commencé à son lycée dans le sud-ouest de la France. Inspiré par la musique de Bob Dylan, il a appris à jouer de la guitare. Il s’est joint à un groupe appelé Maïna Pub (le nom sera changé plus tard en Virginys) qui reprenait les chansons des Beatles, des Rolling Stones, de Jimi Hendrix, Simon & Garfunkel, Creedence Clairwater Revival…. Le groupe s’est séparé, et Cabrel a commencé à jouer en solo et à travailler sur ses propres créations. En 1974, il a participé a un concours organisé à Toulouse par Sud Radio, destiné aux chanteurs-auteurs-compositeurs et il a obtenu la première place. Le prix obtenu a été l’occasion d’enregistrer un single, mais le jury (composé notamment de Daniel et Richard Seffont) a tellement été impressionnés par son talent qu’ils lui a demandé d’enregistrer un LP. L’album résultant, Les Murs de Poussière, sera publié en 1977.

Quelques albums remarquables :

Les Murs de Poussière (1977) : Deux singles en sont extraits : “Petite Marie”, chanson dédiée à son épouse Mariette et “Les Murs de Poussière”. Voici ce qu’il dit de cette chanson sur une interview de Gilles Médoni publiée dans l’Express du 04/06/2007 : “Cette chanson m’a défini d’emblée et me défini encore aujourd’hui. Au départ, je pensais décrire quelqu’un de l’extérieur qui rêvait d’un ailleurs, mais c’est finalement de moi que je parlais. J’imaginais d’une façon inconsciente ce qui allait m’arriver et la façon dont je réagirais. Ce fameux “vieil arbre tordu au milieu” vers lequel revient le personnage du texte, je le voyais de ma fenêtre. Il montre la puissance des racines… J’ai fais plusieurs fois le tour du monde et je sais que partir loin longtemps ne me convient pas : je rejoins vite ma terre d’Aquitaine.”

Sarbacane (1989) : le septième album de Francis Cabrel sorti en 1989 a été certifié disque de diamant (2.000.000 d’exemplaires vendus en France). C’est un disque emblématique de Cabrel, tant par l’énorme succès des singles qui résonnent encore à nos oreilles vingt ans plus tard (“Animal”, “Sarbacane”, “C’est écrit” et “Tout le monde y pense”), que par le thèmes des chansons, notables pour quelques-unes d’entre elles : il rend hommage à sa fille dans “Sarbacane” (une chanson bluesy au mémorable solo de guitare signé Michel Françoise), dans “Dormir debout”, il rend hommage à Daniel Balavoine, l’auteur de Sauver l’amour disparu trois ans auparavant (“L’homme qui pouvait sauver l’amour est parti sans laisser d’adresse…”). La chanson “Rosie” est une reprise en français d’une chanson de Jackson Browne qui figure sur l’album Running on Empty. “Je Sais Que Tu Danses”, chanson énergique à la “Encore Et Encore”, est également superbe. Aux Victoires de la musique 1990, Francis Cabrel repartira avec trois récompenses : Meilleur artiste, Meilleur album et Meilleur spectacle musical de l’année 1989. 

Des roses et des orties (2008) : est le onzième album de Francis Cabrel. L’album fut le disque le plus vendu de l’année 2008 en France. Il est certifié disque de diamant avec plus de 800.000 exemplaires écoulés. Il contient la superbe chanson “Des Hommes Pareils”. L’album reprend trois classiques: L’excellent “Mama Don’t” de J.J. Cale (“Madame N’Aime Pas”), “Born On the Bayou” de Creedence Clearwater Revival (“Né Dans le Bayou”) et “She Belongs to Me” de Bob Dylan (“Elle m’appartient”).

Discographie :

1977 : Les Murs de poussière
1979 : Les Chemins de traverse
1980 : Fragile
1981 : Carte postale
1983 : Quelqu’un de l’intérieur
1985 : Photos de voyages
1989 : Sarbacane  
1994 : Samedi soir sur la Terre
1999 : Hors-saison
2004 : Les Beaux Dégâts
2008 : Des roses et des orties
2010 : L’Enfant-Porte (jeune public)
2012 : Vise le ciel
2015 : In extremis

Voir sur YouTube : “Alcaline, le Mag : Francis Cabrel – Sarbacane en live” par Alcaline ; “Francis Cabrel – Des Hommes Pareils” par elpetrucci ; “Madame n’aime pas – Cabrel Live Des roses et des Orties.avi” par Gliko Bello

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