Oldtimer – Toyota 2000 GT (1967-70)

Cet élégant coupé sport à deux places présenté en avant-première en novembre 1965 et commercialisé en toute petite série à partir de 1967 peut être considéré comme une magistrale exception dans la production automobile japonaise des années soixante. Très inspirée de l’école latine, sa carrosserie aux courbes agressives se voulait en rapport avec sa mécanique ambitieuse. Sa seule concurrente nippone dont la plastique était elle aussi avantageuse fut la Datsun 240 Z qui entama sa carrière en 1970.

Une conception sophistiquée :

Le moteur 6 cylindres en ligne deux litres inédit de la 2000 GT développait 150 chevaux. Il était alimenté par 3 carburateurs, équipé de deux arbres à cames en tête et accouplé à une boîte 5 vitesses ; la Toyota 2000 GT proposait aussi 4 freins à disque et une suspension indépendante à l’avant comme à l’arrière. La carrosserie était entièrement fabriquée en tôles d’acier façonnées à la main, à l’exception des deux portillons latéraux qui sont en fibre de verre. Celui de gauche abrite le filtre à air et celui de droite, la batterie. Les phares étaient profilés derrière des vitres en plexiglas. La voiture étant destinée entre autres au marché nord-américain, il a été nécessaire de satisfaire une loi californienne qui impose une hauteur minimum des phares avant à 60 cm du sol. C’est la raison pour laquelle des phares escamotables ont été ajoutés.

Inspirée de la carrosserie de la Jaguar type E et du châssis de la Lotus Elan :

L’une des particularités de la Toyota 2000 GT était son châssis à structure en poutre centrale. Construit en acier, il est directement inspiré de celui de la Lotus Elan. En forme de « X », le moteur et la boîte de vitesses sont logés entre les deux branches avant alors que le pont vient se placer entre les branches arrière. Cette construction a permis une répartition optimale des masses de 51/49 % du poids respectivement sur le train avant et sur l’essieu arrière. La carrosserie vient poser sur ce châssis auquel elle est vissée.

Susceptible d’atteindre 220 km/h, cette japonaise au moteur vitaminé entrait théoriquement en concurrence avec la Jaguar type E, la Porsche 911, ou la Fiat Dino, mais sur le marché européen, sa diffusion devait rester confidentielle, ce modèle ayant un rôle de vecteur d’image dans la gamme Toyota. De fait, sa production ne dépassa pas 351 exemplaires sur 3 ans, dont 25 seulement furent exportés en Europe.

La vedette auto du cinquième Bond en 1967 :

À noter que la Toyota 2000 GT a connu la célébrité internationale en jouant les vedettes automobile dans le cinquième opus de James Bond “On ne vit que deux fois” tourné en 1967. Durant son périple, Sean Connery interprétant l’agent 007 est sauvé des attaques du Spectre par l’agent des services secrets japonais Aki au volent d’une Toyota 2000 GT. La particularité de cette auto est qu’elle est en version découvrable. L’acteur Sean Connery avait un peu de peine à s’introduire dans l’habitacle exigu de la 2000 GT. De plus, pour réaliser des prises de vues « en roulant », il n’y avait pas de place pour une caméra. La production a donc demandé à Toyota s’il était possible de construire un spider. Toyota, voyant là un coup de publicité bienvenu, s’exécuta sur le champ et fabriqua deux spiders pour les besoins du film. Aujourd’hui, il ne reste qu’un seul exemplaire, conservé au Musée Toyota au Japon.

Caractéristiques Techniques : voir brochure ci-dessous (Scan 06 extrait de la revue “Salon de l’Auto 70”).

Prix du modèle neuf en 1970 : 30.000 F soit 35.000 € avec 670 % d’inflation sur la période.

Cote d’occasion : Contrairement à sa consœur nippone (la Datsun 240 Z) que l’on trouve encore à partir de 15.000 €, un exemplaire de Toyota 2000 GT est aussi peu fréquent qu’un mouton à cinq pattes, et il faudra flirter avec le demi-million d’euros sur votre compte en banque pour qu’un de ses heureux propriétaire veuille bien vous la céder. À ce prix là, elle sera bien-sûr en état concours…

Oldtimer – Datsun 240 Z (1969-73)

À la fin des années 60, comme le fisc japonais se montrait particulièrement gourmand avec les coupés sportifs (considérés comme un signe extérieur de richesse) Nissan décida de se consacrer à l’exportation, produisant notamment une intéressante série de voitures sportives deux places très performantes (les Datsun 240, 260 et 280 Z). À noter qu’en 1978, au Japon, juste avant la sortie de la Mazda RX-7, la Datsun 260 Z était encore la seule et unique véritable voiture de sport disponible dans l’empire du soleil levant puisque la Toyota 2000 GT, son unique concurrente, avait cessé d’être commercialisé depuis 1970.

Trois modèles Z :

Le modèle Z de Datsun est de construction classique, avec moteur sous le capot avant et transmission sur les roues arrières. À l’origine, le moteur 6 cylindres de 2,4 litres développait 151 ch ; il équipait la 240 Z, qui devint la 260 Z dès 1973, lorsque son moteur fut porté à 2,6 litres pour 162 ch. Une troisième version à la carrosserie légèrement re-stylée et équipée d’un 2,8 litres fut commercialisée de 1978 à 1983.

Le coupé Z compte à son palmarès une magnifique victoire au rallye East African Safari de 1971, remporté dans des conditions difficiles : en effet, sur les 115 partants, seuls 32 concurrents réussirent à se présenter à l’arrivée. La voiture gagnante était pilotée par un équipage allemand (Hermann-Shuller).

Datsun 240 Z versus Toyota 2000 GT :

En 1970, pour un acheteur français qui n’a pas les moyens d’investir 41.800 Francs dans une Porsche 911 T développant seulement 125 ch ou 51.650 Francs dans une 911 E faisant 155 ch, il peut être tentant d’hésiter entre la Datsun 240 Z et la Toyota 2000 GT qui sont toutes deux bien moins chères (presque moitié prix). Elles disposent d’un six cylindres en ligne. Mais le moteur de la Datsun est beaucoup plus raisonnable que celui de la Toyota. Il n’est alimenté que par deux carburateurs au lieu de trois. La puissance maximale est atteinte à 6000 tr/mn au lieu de 6600. Le couple maximal obtenu à 4400 tr/mn, au lieu de 5000. Résultat : la Datsun dispose d’un rendement de 62,6 chevaux/litre alors que la Toyota atteint 75,5 chevaux/litre. La 240 Z dispose de 150 ch comme sa rivale mais pour une cylindrée de 2393 cm3 au lieu de 1988, ce qui peut présenter un avantage en matière d’entretien et de longévité. Malgré sa ligne, la Datsun est donc plus orientée vers le tourisme que sa concurrente qui est plus typée sport.

Caractéristiques Techniques : voir brochure ci-dessous.

Prix du modèle neuf en 1970 : 29.600 F soit 34.782 € avec 670 % d’inflation sur la période.

Prix d’occasion : à partir de 15.000 €.

Oldtimer – Simca 1200 S Coupé (1968-72)

Le 5 octobre 1961, la nouvelle berline Simca 1000, le projet “S”, est dévoilé au Salon de Paris, prélude à un succès qui se traduisit par plus de 2 millions d’exemplaires vendus. Dès sa conception, des variantes avaient été envisagées, notamment un coupé de grand luxe à tendances sportives, destiné à concurrencer les Renault Floride. Le carrossier italien Bertone proposa un joli coupé ressemblant au NSU Printz Sport, en plus étoffé. Le coupé 1000 fit son apparition au Slalon de Genève de 1962. Les qualités de la mécanique de base, exploitée également par Carlo Abarth, appelaient à des développements de la formule du coupé sport. En 1964, le nouveau président de Simca, Georges Hereil, ne repoussait pas l’idée d’un sevice compétition officiel. Certains amateurs obtenaient d’ailleurs de bon résultats avec le coupé 1000 modifié. Reprenant sa caisse de base, Bertone étudia le coupé 1200 S, plus effilé et habillé d’une calandre masquant le radiateur, l’air sortant par des ouïes de capot avant.

La direction de Simca équipe la voiture du moteur Poissy qui équipera également la future Simca 1100, un 1204 cm3 développant 82 ch grâce à ses deux carburateurs double corps et autorisant une vitesse de 170 km/h. Avec ce nouveau moteur, sa tenue de route améliorée et une finition luxueuse, le 1200 S atteignait 175 km/h à Montlhéry. Les deux premiers coupés furent remis à Marcel Dassaults et à Maurice Trintignant.

En 1970, la puissance augmente légèrement, pour arriver à 85 ch et la vitesse touche presque les 179 km/h. La 1200S termine sa carrière en 1971 sans être remplacée. Pour cela, il faut attendre 1973 et la Bagheera, fabriquée par Simca-Chrysler, en collaboration avec Matra.

Au total, presque 25.000 exemplaires de carrosseries nues sont produits dans les ateliers Bertone, dans la banlieue de Turin, et qui rejoignent, par train, l’usine Simca de Poissy pour y recevoir la partie mécanique. Mais la 1200 S ne sera produite qu’à 14.400 exemplaires, entre 1967 et 1971, sans jamais avoir réussi à séduire la clientèle visée par ses concepteurs dotant plus que sa carrière sportive est compromise par la Simca CG, née en 1966 et les Rallye 2, moins chères qui allaient faire les beaux jours du Simca Racing Team.

Caractéristiques Techniques :

Moteur : 4 cylindres en ligne, 8 soupapes ; porte-à-faux AR ; 2 carburateurs double corps Solex 35 PHH 5. Cylindrée : 1204 cm3 ; Puissance maxi (ch à tr/mn) : 85 à 6200 ; Couple maxi (Nm à tr/mn) : 105 à 4500.
Transmission : AR ; Boîte de vitesses 4 rapports.
Poids et dimensions : 890 Kg ; Longueur : 3,92 m ; Largeur : 1,52 m ; Hauteur : 1,25 m ; Empattement : 2,23 m.
Performances  : Vitesse maxi : 178 km/h.

Prix du modèle neuf en 1968 : 14.400 F soit 18.797 €  avec 756% d’inflation sur la période.

Cote actuelle : 25.000 €.

Oldtimer – Simca 1300/1301 & 1500/1501 (1963-1976)

Présentée au Salon de Genève 1963, la série 1300/1500 de Simca remplaçait à la fois l’Aronde et l’Ariane. Bien dessinée par le styliste italien Marco Revelli de Baumont (venu de chez Fiat), elle séduisit par sa ligne sobre et moderne, sa surface vitrée généreuse et son habitabilité en net progrès. Ce fut le dernier modèle créé sous la direction du fondateur Henri Théodore Pigozzi. Les moteurs dérivaient du Rush Super hérité de la dernière Aronde P60 (1290 cm3) de 62 ch pour le 1300. La 1300 est bientôt épaulée par la 1500 reconnaissable extérieurement à sa calandre légèrement différente et à ses pare-chocs prolongés latéralement. Le moteur 1500 allie nervosité et couple.

Les 1301 et 1501 sortent à peine trois ans plus tard :

En 1966 au Salon de Paris, la 1300 devint la 1301 après remodelage et allongement des parties avant et arrière sans changement notable de la mécanique. En même temps, Simca revenait sagement à deux niveau de finitions car la clientèle, – comme les vendeurs – commençaient a s’y perdre. En 1967, la première traction avant de chez Simca, la 1100, fut présenté et son succès la fit empiéter sur le segment de clientèle de la 1301. Pour réagir, la 1301 devint Spécial en 1969, en recevant une version réduite du 1500 cm3 à cinq paliers, très robuste et avec un niveau d’équipement et de finitions très luxueux : feux longue portée, enjoliveurs, baguettes, pare-chocs enveloppants et garnitures intérieures de qualité.

Production de 1963 à 1967 (modèles 1300 et 1500 confondus) : 712.239 exemplaires. Les modèles 1301/1501 ont été remplacés par les Simca-Chrysler 1307/1308 à partir de l’année-modèle 1976.

1963 – 1977 : L’usine de Poissy, le fleuron de Chrysler Europe : 

Pour financer la construction de son usine de Poissy, Simca conclue un accord avec Chrysler qui monte à 63 % du capital. L’usine compte à cette époque 22.000 salariés pour produire 2000 voitures/jour dans 417.000 m² d’ateliers, et produit les Simca 1301 et 1501, puis les Chrysler 1307 et 1308 élues voitures de l’année en 1976, sans oublier l’Horizon ou les 160 et 180, et le 1er SUV français le Matra Rancho, né d’un partenariat avec Matra.

Caractéristiques Techniques : (voir la brochure ci-dessous)

Moteur(s) : 4 cylindres en ligne ; Position du moteur : Longitudinale avant ; Cylindrée : 1290 ou 1475 cm3
Puissance maximale : 54 ou 69 ch DIN
Transmission : Propulsion
Boîte de vitesses : Manuelle 4 rapports
Poids et performances : Vitesse maximale : 132 ou 146 km/h (1300/1500)
Carrosserie(s) : Berline tricorps et break
Freins : Tambours
Dimensions: (1300/1500) : Longueur : 424 cm ; Largeur : 158 cm ; Hauteur : 142 cm ; empattement : voie avant : 252 cm ; voie arrière : 130 cm ; poids : 1000 kg. (1301/1501) : Longueur : 446 cm ; Largeur : 158 cm ; Hauteur: 142 cm.

Prix du modèle neuf en 1970 : 1301 LS : 10.560 F ; 1301 Spécial : 11.270 F ; 1501 GL : 12.295 F ; 1501 Spécial : 13.495 F soit 15.801 € avec 668% d’inflation sur la période.

Cote actuelle : à partir de 3000 €  pour une 1300 & 1301 ; 8000 € pour une 1500 & 1501.

Série TV & Oldtimer – Columbo (1968) – 403 Cabriolet (1956-61)

Si j’évoque un personnage en imperméable beige tout fripé au volant d’une vieille Peugeot 403 décapotable grise (qui reste d’ailleurs toujours capotée), cette association ne manquera pas de faire naître dans votre esprit le nom du lieutenant Colombo, ce policier californien de la brigade des homicides qui bien qu’il ne paie pas de mine, apparemment maladroit et gaffeur, est en réalité vif d’esprit et d’une efficacité redoutable. C’est sûrement pour cela que Peter Folk, l’acteur qui l’incarne, a choisi une voiture en accord avec sa personnalité. Comment l’acteur et la voiture se sont-ils rencontrés. Il existe plusieurs histoires. Évoquons d’abord la version du constructeur au Lion :

” Comment ce cabriolet de la marque au Lion est-il arrivé là alors que cette version n’a jamais été vendue aux USA ? L’un des secrétaires permanent de l’Aventure Peugeot, Francis Piquera, partage la version la plus plausible de cette histoire dans un numéro du magazine La Vie de l’Auto (octobre 2015). L’acheteur du cabriolet star de la série télévisée était apparemment un cadre de l’aviation civile. Cet acheteur aurait été muté en 1962 dans un bureau d’Air France en Californie et y aurait emmené sa voiture. Arrivé sur le sol américain, cet acheteur a peut-être été séduit par une voiture américaine et aurait donc troqué sa française pour un modèle US. Son caractère bien trempé aura sûrement plu aux réalisateurs de la série afin d’appuyer la personnalité du lieutenant Columbo. Ou peut-être est-ce sa femme qui aura craqué pour la ligne cabriolet de cette Peugeot 403 J.” 

Selon une autre source, Peter Falk aurait choisi la Peugeot 403 en rencontrant par hasard l’acteur français Roger Pierre qui était alors en voyage aux États-Unis au volant de sa voiture personnelle. Peter Falk eut aussitôt le coup de foudre pour cette voiture, et tint à ce que le producteur de la série la rachète aussitôt à Roger Pierre, qui rentra en France sans sa voiture.

La Série TV :

Série TV Columbo

Columbo est une série télévisée policière américaine de Richard Levinson et William Link dans laquelle le rôle-titre est interprété par Peter Falk. Elle fut diffusée aux USA de février 1968 à mai 1978 sur le réseau NBC pour les 46 premiers épisodes (4 ans plus tard en France), puis de février 1989 à janvier 2003 sur NBC pour les 24 derniers épisodes (3 ans plus tard en France).

Columbo est un lieutenant de police du L.A.P.D. avec qui, comme on le dit parfois, “l’habit ne fait pas le moine”.  Il chasse les criminels de la upper class cigare au bec, vêtu d’un imperméable trop ample et tout défraichi qui restera le même tout au long de la série. Il se déplace systématiquement avec sa vieille guimbarde, une Peugeot 403 théoriquement décapotable, qui fait systématiquement tâche par rapport aux modèles de luxe que possèdent les gens richissimes qu’il veut arrêter.

Le train de vie de ce fils d’immigré italien est modeste. Il joue au bowling avec sa femme, promène son Basset Hound qu’il appelle « le Chien » (une bête particulièrement têtue et fainéante), mange du chili et des hot-dogs, écoute de la musique country et des valses de Strauss. Il est toujours à la recherche de « bons plans » pour obtenir un bien ou un service à moindre coût…  A l’inverse, les privilégiés sur lesquels il enquête appartiennent à la jet set : tous affichent une opulence qui n’est pas que matérielle mais également politique, culturelle ou symbolique : Ils sont auteurs de best-sellers, experts gastronomes, scientifiques éminents, officiers autoritaires, chefs d’entreprise, politiciens ambitieux, journalistes redoutés, stars d’Hollywood, vedettes du petit écran…

Contrairement aux autres séries du genre, le lieutenant n’est pas armé et le spectateur connait l’assassin dès le début de l’épisode, l’intérêt de l’intrigue consistant à découvrir de quelle façon l’enquêteur parviendra à démasquer le criminel. Pour enquêter, Columbo passe chaque jour voir son suspect pour lui poser de nouvelles questions, parfois les mêmes que la veille mais avec de nouveau éléments, évoquant souvent des anecdotes insignifiantes dans les quelles il parle de sa femme que l’on ne voit d’ailleurs jamais à l’écran. Il est tellement tenace qu’il irrite immanquablement le meurtrier qui l’avait pris, dans un premier temps pour un imbécile inorganisé, égarant souvent les objets qu’il a en sa possession et fouillant régulièrement ses poches remplies de bouts de cigares entamés et d’objets hétéroclites sans valeur. Cette attitude qui permet de mieux endormir leur vigilance porte toujours ses fruits et ne manque pas de faire jubiler le spectateur tout au long de chaque épisode.

Mais, ne nous leurrons pas, ce feuilleton est tout sauf anodin et son réalisateur n’a jamais dû voter républicain. Ainsi, la série Columbo est bien plus subversive qu’il n’y parait puisqu’elle met en scène un affrontement de classe dans lequel un modeste inspecteur parvient, en dernier ressort, à triompher d’un nabab condescendant et sans scrupule, souvent enrichi par la corruption, prêt à tuer pour garder son statut de privilégié. On est très loin du “rêve américain” donné en pâture pour tous. Et la jubilation du spectateur, qu’il soit nord-américain ou français, est d’autant plus grande que cette chute ultime paraissait improbable en regard du mépris de classe que manifestait le meurtrier envers notre fin limier modeste, inculte et mal fagoté. Le Lieutenant Columbo, malgré qu’il soit flic, les gilets jaunes doivent sûrement l’apprécier…

La Peugeot 403 :

Peugeot 403 Cabriolet

Lorsque Peugeot présente sa 403 en 1955, cette dernière ne fait pas date comme l’avait fait la 203 en son temps sur le plan des innovations techniques. Sur le terrain commercial en revanche, c’est un bon cheval de bataille qui, bénéficie de la bonne réputation de robustesse de Peugeot. L’augmentation de cylindrée fait passer la puissance de 46 à 58 ch, ce qui est lion d’être négligeable. Le moteur est d’ailleurs sobre, souple et silencieux. La vitesse maximale frôle les 135 km/h, valeur honorable pour une 1500 de grande série des années 50. La consommation reste inférieur à 10 litres sur route. On apprécie par ailleurs la souplesse du moteur qui accepte de rouler à 20 km/h en troisième tandis que la seconde autorise des reprises à des allures proche de l’arrêt. La boîte est bien synchronisée, les freins satisfaisants et la direction précise et douce sauf à l’arrêt. La suspension est confortable et la tenue de route très supérieure à celle de sa sœur cadette. L’habitabilité est excellente pour 5 personnes.

Le cabriolet : est apparu en août 1956. Dérivé de la berline 403, le cabriolet grand luxe est la vedette du stand Peugeot au Salon de Paris d’octobre 1956. Sa ligne est l’œuvre du bureau du style de la Marque qui reprend la partie avant de la berline (dessinée par Pininfarina), modifie le pare-brise, allonge la portière, et crée une partie arrière spécifique qui, outre son élégance, permet de disposer d’un coffre généreux. L’intérieur diffère de celui du modèle de base et bénéficie d’intérieurs en cuir de couleurs sable, noir, bleu ou rouge. Cinq teintes de carrosserie dont trois teintes métallisées spécifiques sont proposées, une première à l’époque pour la Marque. Réalisés dans les ateliers de carrosseries spéciales de Peugeot à La Garenne (92) 2050 cabriolets sont produits de 1956 à juin 1961.

En septembre 1956, naissance de la familiale et de la commerciale, puis le mois suivant de la camionnette bâchée. En octobre 1959 est commercialisée une version Diesel à moteur Indenor, ce qui fera de la 403 la première voiture française Diesel de série. Cette même année apparaît la version dépouillée à moteur 7 CV de la 203. En 1962, la calandre de la 8 CV comporte des barrette horizontales comme la 404 (deux pour la 403 au lieu de 4 pour la 404). La 403 proposait en option un antivol. Il s’agissait d’un Neiman actionné par une clé de contact, le démarreur étant lancé par un bouton-poussoir en bakélite installé en bas du tableau de bord, à droite du volant.

Il a été produit 1.214.126 exemplaires de la Peugeot 403. Sa construction a été arrêtée en novembre 1966.

Caractéristiques techniques: Voir la brochure ci-dessous.

Prix du modèle en 1959 : La 403 berline Grand Luxe valait 825.000 anciens francs ; un cabriolet valait 1.370.000 anciens francs, soit respectivement 15.000 € pour la version Grand Luxe et 25.000 € pour le cabriolet compte tenu de l’inflation de 1096% sur la période.

Cote actuelle : à partir de 3000 € pour une berline ; 55.000 € pour un cabriolet.