Film – Fight Club (1999)

Le film commence très fort, alors que Jack, notre narrateur (Edward Norton), lorgne avec effroi sur le canon d’un pistolet dont l’extrémité est enfoncée dans sa bouche. L’action se situe dans un grand loft avec vue sur la ville obscure. L’arme est tenue par un homme du nom de Tyler (Brad Pitt) qui vérifie régulièrement sa montre, et engage un décompte avant l’explosion des immeubles piégés qui leur font face. Jack se rappelle comment il a rencontré Tyler et nous projette au tout début de l’histoire.

Fight Club est inspiré du livre de Chuck Palahniuk. C’est un de ces rares films qui fait qu’après l’avoir visionné, vous n’êtes plus tout à fait le même. Et bien qu’il commence par la fin, vous n’êtes pas à l’abri de moultes surprises et rebondissements. Certes, le film est violent. Mais la violence n’est utilisée ici que de façon salutaire, comme vecteur d’un message et non comme une fin en soi. Les dialogues choisis sont là pour nous réveiller de notre léthargie de zombie endormi par le système néolibéral et certains passages dénoncent notre société consumériste sans aucun filtre, ce qui n’est pas courant. Le jeu d’acteur est parfait (y a-t-il eu un personnage plus mémorable que Brad Pitt dans le rôle de Tyler Durden?), La musique, le scénario, l’éclairage, le rythme, tout est réussi.

Avec David Fincher, (« Seven », « The Game »), on pouvait s’attendre à une bonne intrigue et un excellent jeu d’acteur mais au final, on trouve beaucoup plus. Une satire sociale reflétant l’état de notre pauvre monde à la fin du siècle dernier, lequel en l’espace de presque 20 ans, à d’ailleurs bien empiré. Un film qui mérite largement son statut de film culte et vous donne un sacré coup de poing dans la figure…

L’histoire : 

Jack est insomniaque depuis six mois. Son travail en tant que spécialiste itinérant du rappel de produits pour une entreprise automobile n’aide pas son insomnie puisqu’il doit voyager souvent, ressentant des périodes de décalage horaire en plus du stress quotidien de sa position. Comme dérivatif, il parcourt les catalogues d’Ikea ​​en achetant le prochain décor à ajouter à son appartement ; il est un esclave autoproclamé du consumérisme. Il se rend chez son médecin pour demander de l’aide, mais tout ce que le médecin peut faire c’est de lui suggérer de consulter un groupe de soutien de l’église méthodiste pour les malades du cancer des testicules afin de voir ce qu’est la vraie douleur. Là, le narrateur rencontre Robert «Bob» Paulson (Meat Loaf), le «gros nounours», un ex-bodybuilder et utilisateur de stéroïdes qui souffre d’un cas extrême de gynécomastie due à un traitement hormonal après que ses testicules ont été enlevés. Coincé entre les énormes seins de Bob, Jack trouve enfin la paix et éclate en sanglots. La libération émotionnelle lui permet de dormir et il devient ensuite accro aux groupes de soutien, cartographiant sa semaine en assistant à différentes réunions et feignant la maladie. Cependant, l’apparition d’une femme nommée Marla Singer (Helena Bonham Carter) détraque le «système» du narrateur. Il la reconnaît comme une «touriste» bluffeuse, l’ayant vue à de multiples réunions, et il est perturbé par ses mensonges au point de ne plus pouvoir dormir à nouveau.

Après une réunion, Jack se confronte à elle mais elle rétorque qu’elle fait exactement la même chose que lui, que les groupes sont «moins chers qu’un film et qu’il y a du café gratuit». Au lieu de se quereller, ils acceptent de se répartir les séances. Malgré ses efforts, l’insomnie du narrateur continue. Sur un vol de retour d’un de ses voyages d’affaires, Jack rencontre Tyler Durden. Tyler lui offre une perspective unique sur les manuels de procédures d’urgence dans l’avion et entame une conversation informelle. Tyler est un vendeur de savon, mais travaille aussi les nuits en tant que projectionniste et glisse des images subliminales de porno entre les rouleaux de pellicules. Edward arrive à la consigne de bagages pour découvrir que sa valise a été confisquée, en raison d’une vibration mystérieuse, avant de rentrer chez lui. Cependant, la maison, une copropriété située au quinzième étage, a explosé dans la nuit suite à une fuite de gaz. N’ayant nulle part où aller, le narrateur retrouve la carte de visite de Tyler et l’appelle. Ils se retrouvent dans un parking derrière un bar où Tyler l’invite à venir vivre chez lui… à une condition : qu’il le frappe du mieux qu’il peut. Jack, bien que perplexe, se conforme à sa demande et ils s’engagent dans un combat de poing avant de partager quelques verres. L’expérience est pour lui étonnamment euphorique.

Tyler et Jack s’engagent dans d’autres combats au cours des prochains jours et attirent rapidement l’attention d’autres «durs». Constatant la croissance de leur petit groupe de combat, Tyler fonde un club de combat clandestin dans le sous-sol du bar où ils ont eu leur premier combat. Les adhésions augmentent rapidement et Tyler et le narrateur façonnent une série de règles, les deux premières étant «il est interdit de parler du Fight Club». 

Peu à peu, Jack découvre une nouvelle façon de vivre et de voir les choses. Tyler le pousse à s’affranchir des règles sociales, ce qui a vite des conséquences sur son travail. Mais il s’en moque car il a pris goût au Fight Club et à la violence. Par contre, il n’apprécie pas que Tyler commence une relation avec Marla Singer. Il s’inquiète aussi de la dernière trouvaille de Tyler, le mystérieux Projet Chaos qui amène les membres du Fight Club à se transformer en une milice dont le but reste peu clair. Il reproche à Tyler de le tenir à l’écart et décide d’arrêter le projet lorsqu’une opération de sabotage provoque la mort d’un de ses membres, Bob, l’ami du narrateur rencontré lors de sa première réunion de soutient chez les cancéreux des testicules…

Voir sur YouTube : « Fight Club (VF) » par Films YouTube

Film – Usual Suspects (1995)

Usual Suspects, c’est deux films en un. Il est déjà très captivant la première fois que vous le regardez, mais c’est encore plus agréable de le voir une deuxième fois. Le premier visionnement pose des questions auxquelles on essaie de répondre tant bien que mal dans les dernières minutes du film, mais le second est aussi intéressant parce vous connaissez la fin, et ainsi, le film devient beaucoup plus clair. Cela nécessite toutefois un certain engagement. Soyez avertis, si vous arrêtez de vous concentrer pendant un moment, la durée restante du film sera perdue à essayer de comprendre comment ce que vous avez manqué a conduit à ce que vous regardez maintenant.

Le film est réalisé par Bryan Singer et les personnages sont interprétés par Kevin Spacey (Roger «Verbal» Kint), Gabriel Byrne (Dean Keaton), Stephen Baldwin (Michael McManus), Benicio Del Toro (Fred Fenster), Kevin Pollak (Todd Hockney), Chazz Palminteri (Dave Kujan) et Pete Postlethwaite (Kobayashi).

L’histoire :

Le film se déroule à la suite d’un incendie de navire dans lequel disparait totalement la cargaison et l’équipage. Bien qu’inoffensif et handicapé, Verbal est le seul survivant à s’être tiré indemne de l’incident. Il est placé en garde à vue et questionné par la police. Brillamment joué dans un style caractéristique et discret qui a valu à Spacey un Oscar du meilleur second rôle, Verbal doit être relâché. Mais avant d’être libéré, Kujan, un agent des Douanes américaines, se présente pour l’interroger. Kujan essaie de monter un dossier contre Keaton et il veut que Verbal témoigne en échange de l’immunité. Verbal refuse, mais Kujan intimide toujours Verbal en évoquant l’histoire de Keaton, McManus, Fenster et Hockney, menant à l’explosion du navire.

Ce qui suit est une fantastique improvisation de mensonges dans lesquels sont habillement distillés des demi-vérités. Ils sont magistralement décrits comme une série de flashbacks tandis que Verbal et Kujan sirotent un café et parlent au poste de police de Los Angeles. L’histoire commence six semaines plus tôt à New York tandis que Verbal et les quatre autres criminels sont embarqués par la police pour une parade d’identification par des témoins. Aucun d’entre eux n’est formellement accusé d’un crime, mais il y a des soupçons qui pèsent sur Keaton. Avant qu’ils ne soient libérés, les cinq malfrats planifient un braquage pour se venger du NYPD corrompu en volant un trafiquant de bijoux protégé par la police et en laissant fuiter l’implication de la police à la presse. Mais Keaton est réticent et doit être encouragé avec la promesse que personne ne sera tué dans le cambriolage. Il est d’accord et le quintet mène le cambriolage à la perfection. Le jeu et l’écriture sont parfaits, chaque acteur s’immergeant pleinement dans son rôle. Del Toro crée un personnage coloré unique dans son interprétation de Fenster, Baldwin exprime un manque de contrôle imprudent et une grande soif de violence, Pollak montre un courage et une détermination inébranlables, Byrne est un mélange complexe de ténacité et de pulsions qui le tirent dans toutes les directions. Chaque acteur est au sommet de son jeu.

Les cinq criminels se terrent à Los Angeles au lendemain du hold-up de New York. Là, ils sont impliqués dans un autre vol qui est supposé n’impliquer aucun meurtre. Malheureusement, ils se trompent lourdement. Tandis que Verbal raconte les problèmes croissants, l’hostilité de l’équipage et le carnage qui a suivi, l’agent Kujan est informé par un de ses collègues qu’un survivant a été repêché près de l’épave carbonisée du navire. Le témoin est gravement brûlé et ne parle pas anglais, mais il insiste sur le fait que l’homme responsable de la destruction de la vie et des biens sur le navire est le mystérieux et fantomatique Keyser Soze, une légende parmi la fraternité criminelle, un homme que personne n’a jamais vu, un homme si dangereux qu’il est considéré comme le diable en personne…

La dynamique entre Kujan et Verbal lui-même est un pur divertissement. Une sorte de jeu de chat et de souris, des nuances sont jetées dans les procédures qui rendent le dialogue intéressant et ajoutent de la profondeur aux personnages. Même la façon dont l’interrogatoire est filmée est unique. Verbal n’a pas obtenu son surnom sans raison. Il sait comment noyer le poisson et Kujan a du mal à le contrôler. Kujan soupçonne Keaton et croit que Keaton a manipulé Verbal. Mais Verbal est difficile à cerner et Kujan recourt parfois à des tactiques d’intimidation.

Mais qui est Kaiser Soze? A-t-il orchestré la parade d’identification à New York et tiré toutes les ficelles depuis? La cargaison du navire était-elle de la drogue ou seulement une cargaison humaine? Pourquoi Verbal s’en est-il sorti indemne alors que les autres sont morts? Est-ce que Keaton est vraiment mort, comme le certifie Verbal, ou est-ce qu’il s’est enfui, comme le croit Kujan? Est-ce que Verbal dit la vérité? Beaucoup de choses sont révélées dans les derniers instants du film. Des extraits de dialogues du début du film sont évoqués à nouveau, fournissant des indices sur le vrai et le faux dans le témoignage de Verbal. La fin est magistrale. Un film à voir et à revoir…

Voir sur YouTube : « Usual Suspects (1995) bande annonce » par imineo Bandes Annonces

Film – Un Monde Sans Pitié (1989)

Ce film d’Eric Rochant, est une comédie dramatique qui brosse avec talent le portrait d’un jeune homme désabusé, revendiquant sans complexe son droit à la paresse hérité de la «Bof-génération», celle apparue à la fin des années 1950 et arrivée à l’âge adulte après les événements de mai 1968, qui est devenue «incapable de trouver la passion dans un monde sans émotion». Il semblerait que de nos jours, cette dernière ait plus ou moins disparu pour laisser la place à la « LOL génération », où le domaine d’expression de la critique de la société est passé de la rue à internet. À moins qu’il ne s’agisse de la « BEAUF génération », complètement auto-centrée et devenue addict aux smartphones, aux réseaux sociaux ainsi qu’à la télé-réalité.

Incarné par un Hippolyte Girardot parfait dans son rôle d’anti-héros, Hippo rêve d’un idéal féminin, mais veut garder sans vergogne son statut de glandeur professionnel et de parasite de la société. Il assiste sans espoir au déclin d’une France dominée par la crise économique et sociale, un monde en changement où l’amour reste la dernière aventure salutaire. On se souviendra du monologue d’introduction censée refléter la pensée d’Hippo : « Si au moins on pouvait en vouloir à quelqu’un. Si au moins on pouvait croire qu’on sert à quelque chose, qu’on va quelque part. Mais qu’est-ce qu’on nous a laissé ? Les lendemains qui chantent ? Le grand marché européen ? On n’a que dalle, on n’a plus qu’à être amoureux, comme des cons. Et ça, c’est pire que tout. »

L’histoire :

Hippo vit au jour le jour de parties de poker occasionnelles et des magouilles de son frère Xavier (Jean-Marie Rollin), lycéen sur lequel il est sensé veiller, mais qui trafique du shit et invite régulièrement ses amis à des soirées dans leur grand appartement parisien. Sa routine est troublée par les appels de Francine (Cécile Mazan), une femme plus âgée que lui auprès de laquelle il va parfois chercher un peu de tendresse et de réconfort lorsqu’il est au creux de la vague sentimentale. Hostile à toute forme de changement, décidé à rester volage, il tombe cependant amoureux de Nathalie Rozen (Mireille Perrier), une brillante normalienne qui est son opposé, à la fois arriviste dans sa vie professionnelle et sentimentalement coincée. Le choc de leurs deux modes de vie met du piment dans leur rencontre mais révèle l’impossibilité pour Hippo de partager ses sentiments, peurs et espoirs. Alors il se console en traînant ses guêtres avec Halpern (Yvan Attal), son ami d’infortune qui lui aussi est un brin désabusé avec les filles («En ce moment, les nanas elles délirent, elles supportent plus les branleurs. Faudrait tous qu’on devienne des youppies putain»)…

On trouve dans ce film un certain romantisme, comme la célèbre scène de la tour Eiffel qu’Hippo simule éteindre en claquant des doigts à minuit pour épatter sa belle, ou encore, les plans à la robert Doisneau évoquant deux amoureux marchant enlacés au milieu d’une rue parisienne au petit matin. Ce film devenu culte reflète la désillusion des jeunes, avec en fond, la triste absence de vision de nos dirigeants, incapables de mettre en œuvre des projets d’avenir qui portent le peuple grâce à des idéaux moins terre à terre que la consommation et le fric. Comme le dit un vendeur de journaux à Hippo en réponse à sa quête des nouvelles du jour : « Le patronat exploite les salariés, le capital produit de la plus-value et le prolétariat se paupérise. Rien de neuf ». On peut aussi mesurer tout le vide qui sépare Hippo et Halpern de Nathalie et ses amis lors d’une soirée à son domicile. Un fossé qui s’est creusé encore plus depuis 30 ans pour devenir maintenant un abysse d’incompréhension entre Bo-bos, Bofs, Lols ou Beaufs qui chacun vont de leur discours autiste dans la cacophonie de désinformation ambiante.

Ce film fut couronné César du meilleur premier film en 1990 et César du meilleur espoir masculin 1990 pour Yvan Attal.

Voir sur DailyMotion : « Un Monde sans pitié » par bande-annonce-film ; « Un Monde sans pitié : « Quand la Tour Eifffel s’éteint » par Antoine Beck

Film – Police Fédérale Los Angeles (1985)

Richard Chance (William L. Petersen) et Jimmy Hart (Michael Greene) sont des agents du F.B.I. bossant au bureau de Los Angeles à la section contrefaçon. Chance a une réputation de tête brûlée, alors que Hart se la joue tranquille à seulement trois jours de la retraite. Hart enquête sans son coéquipier dans un entrepôt situé dans le désert, qu’il suppose être une imprimerie du faux-monnayeur Rick Masters (Willem Dafoe). Après que Hart se soit fait tuer par Masters et Jack, son garde du corps, Chance explique à son nouveau partenaire, John Vukovich (John Pankow), qu’il veut faire tomber Rick Masters quoi qu’il arrive.

Les deux agents tentent d’obtenir des informations sur Rick Masters en mettant sous surveillance un de ses associés criminels, l’avocat Max Waxman. Vukovich trop fatigué s’endort dans sa planque, et par suite, ils échouent à coincer Masters en train d’assassiner Waxman (Christopher Allport). Alors que Vukovich veut respecter la procédure, Chance devient de plus en plus imprudent et bafoue l’éthique dans son obstination à stopper Masters. Grâce à son informatrice et amante Ruth Lanier (Darlanne Fluegel), Vukovich rencontre en privé l’avocat de Masters, Bob Grimes (Dean Stockwell). Grimes, reconnait un conflit d’intérêts potentiel qui pourrait ruiner sa pratique juridique, et accepte de mettre en place une réunion entre son client et les deux agents, qui engagent Masters en se faisant passer pour des banquiers corrompus de Palm Springs intéressés par ses services de contrefacteur. Masters est réticent à travailler avec eux, mais accepte finalement d’imprimer pour 1.000.000 $ de faux billets.

À son tour, Masters exige 30.000 $ d’acompte pour imprimer la fausse monnaie, soit trois fois la limite autorisée par l’agence fédérale. Pour obtenir l’argent, Chance persuade Vukovich de l’aider à voler Thomas Ling, un homme connu de son informatrice Ruth comme disposant de 50.000 $ de cash pour acheter des diamants volés. Chance et Vukovich interceptent Ling à la gare et s’emparent de l’argent dans une zone industrielle. Mais l’affaire tourne mal, et Ling qui est un agent infiltré, se fait tirer accidentellement dessus par son équipe de couverture. Chance et Vukovich tentent de leur échapper à travers une course poursuite épique…

Réalisation et anecdotes :

Le réalisateur William Friedkin (déjà connu pour ses films L’Exorciste ou French Connection) a reçu le roman de Gerald Petievich sous forme de manuscrit et l’a trouvé très authentique. Petievich est un ancien agent des services secrets et il apparaît dans un caméo en tant qu’agent du FBI. Le cinéaste était également fasciné par la « nature absolument surréaliste » du travail d’un agent secret à Washington DC. Friedkin avait un budget relativement faible de 6 millions de dollars pour le film, aussi, les acteurs et l’équipe furent obligés de travailler pour des salaires relativement bas. En conséquence, le film ne put bénéficier d’aucune star.

Friedkin a tout filmé sur place et a travaillé rapidement, utilisant souvent la première prise pour donner un sentiment d’immédiateté. Il n’aimait pas les répétitions, aussi, il créait des situations où les acteurs pensaient répéter une scène alors qu’en fait, il tournait pour de bon. La scène pendant laquelle Petersen court entre les tapis roulants du terminal de l’aéroport international de Los Angeles a causé des problèmes entre le cinéaste et la police de l’aéroport. L’aéroport avait interdit cette scène, principalement pour la sécurité de Petersen, car ils estimaient que leur assurance ne l’aurait pas couvert s’il s’était blessé. L’acteur a dit à Friedkin qu’ils devraient tourner la scène de toute façon, alors le réalisateur a proposé qu’ils simulent une répétition alors que les caméras tournaient la scène ; bien que la pilule fut difficile à avaler par les responsables de l’aéroport, la prise était dans la boîte.

La fabrication de fausse monnaie a l’air authentique parce que Friedkin a consulté des contrefacteurs réels. Le « consultant » a réalisé les scènes qui ne montrent pas l’acteur Willem Dafoe à la caméra pour donner plus d’authenticité à cette séquence, même si l’acteur a appris à imprimer des faux Dollars. Plus d’un million de faux billets furent imprimés mais avec trois erreurs délibérées de sorte qu’ils ne pourraient pas être utilisés en dehors du film. Les cinéastes brûlèrent la plus grande partie de la fausse monnaie mais certains exemplaires échappèrent à la destruction, et furent utilisés à leur insu. Le fils d’un des membres de l’équipe essaya d’utiliser une partie de l’argent pour acheter des bonbons dans un magasin local et il fut arrêté. Trois agents du FBI de Washington interrogèrent les membres de l’équipe chargés du travail d’impression des faux billets ainsi que le réalisateur. Vu la dimension que prenait l’affaire, Friedkin offrit de montrer le film au secrétaire du Trésor et de retirer tout ce qui représentait un danger pour la sécurité nationale. Mais l’affaire se tassa et ce fut la dernière fois qu’il entendit parler des services du gouvernement.

La poursuite en voiture à contre-sens sur une partie d’autoroute de Los Angeles a été l’une des dernières scènes tournées dans le film et il a fallu six semaines pour la réaliser. À ce stade, Friedkin travaillait avec une équipe très dépouillée. Il a eu l’idée d’organiser une poursuite à contre-sens le 25 février 1963 alors qu’il rentrait chez lui après un mariage à Chicago. Il s’était assoupi au volant et avait retrouvé sa vigilance alors qu’il s’était engagé sur la mauvaise voie avec le trafic venant en sens inverse se dirigeant directement vers lui. Il s’est rabattu sur le côté et a reculé ; pendant les 20 années suivantes, il s’est demandé comment il allait utiliser cet évènement périlleux de sa vie dans un film. Pour live and die in LA, il a déclaré au coordinateur de cascades Buddy Joe Hooker que s’il pouvait réaliser une poursuite mieux que celle du film The French Connection (qu’il avait tourné en 1971), il était preneur. Sinon, il ne l’utiliserait pas.

Petersen a fait beaucoup de séances de conduite sans doublure au cours de cette séquence et les réactions stressées de l’acteur John Pankow étaient réelles. Trois week-ends ont été consacrés au tournage sur des tronçons de l’autoroute de Terminal Island près de Wilmington, en Californie, qui ont été fermés pendant quatre heures pour permettre à l’équipe d’organiser la poursuite chaotique. Pour ajouter à la sensation oppressante de la poursuite, Friedkin l’a mis en scène sur un tronçon où le flux de la circulation autoroutière est inversé (comme si on se trouvait au Royaume-Unis) puisqu’elle se déroule sur la voie droite de l’autoroute à contre-sens, et non sur la voie gauche.

Musique du film :

Selon Friedkin, la raison principale pour laquelle il a choisi Wang Chung pour composer la bande originale était parce que le groupe « se démarquait du reste de la musique contemporaine. […] Ce qu’ils ont finalement enregistré n’a pas seulement amélioré le film, mais lui a donné de la profondeur et une dimension plus puissante ». Après avoir écouté l’album précédent du groupe, Points on the Curve, Friedklin décida que Wang Chung composerait l’intégralité de la partition musicale de son film. Mais il appréciait tellement l’album qu’il y puisa une des chansons, « Wait », afin de l’utiliser dans le cadre de la bande-son. « Wait » apparaît à la fin du film. Les chansons de la bande-son, à l’exclusion de la chanson titre et de « Wait », ont été écrites et enregistrées en deux semaines. Ce n’est qu’après que Wang Chung ait vu une ébauche du film que le groupe produisit la chanson-titre.

Voir sur YouTube et Dailymotion : « Police fédérale Los Angeles (1985) Bande annonce française » par Otto Rivers ; « Police Fédérale Los Angeles » courses poursuites par DIRECTVISION1

Film – Matrix (1999)

Matrix est un film de science-fiction écrit et réalisé en 1999 par les sœurs Wachowskis, avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving et Joe Pantoliano. Il décrit un futur dystopique dans lequel le monde perçu par la plupart des humains est en fait une réalité simulée appelée «matrice», créée par des machines intelligentes pour soumettre la population humaine, tandis que la chaleur et l’activité électrique de leur corps sont utilisées comme source d’énergie. Le programmeur informatique Neo (Keanu Reeves) apprend cette vérité en étant contacté par ce qu’il pense être un groupe de hackers avec à leur tête Morpheus (Laurence Fishburne). Mais ils lui font vite découvrir que son univers quotidien est un monde virtuel dans lequel les êtres humains sont gardés sous contrôle. Morpheus pense que Neo est l’Élu et il l’entraîne dans une rébellion contre les machines.

Matrix est sorti aux États-Unis le 31 mars 1999 et a rapporté plus de 460 millions de dollars dans le monde entier. Il a été bien reçu par les critiques et a remporté de nombreuses récompences (BAFTA Awards et Saturn Awards). Les critiques ont fait l’éloge de Matrix pour ses effets visuels, sa cinématographie et sa valeur de divertissement novateurs. Les prémisses du film furent à la fois critiquées pour être dérivées des travaux de science-fiction précédents et louées pour être intrigantes. L’action polarisa également les critiques, certains la décrivant comme impressionnante, mais d’autres la rejetant comme une distraction banale inspirée d’une idée inintéressante. Le succès du film a conduit à la sortie de deux longs métrages, écrits et réalisés par les Wachowskis:  Matrix Reloaded et Matrix Revolutions.

Les sources littéraires du film :

Le film est un exemple du sous-genre cyberpunk. Il contient de nombreuses références à des idées philosophiques et religieuses et rend particulièrement hommage à des œuvres telles que l’Allégorie de la Caverne de Platon, Simulacres et Simulation de Jean Baudrillard et Les aventures d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Dans les années soixante, plusieurs grands romanciers de science-fiction s’étaient déjà interrogés sur la réalité et sa représentation par des simulacres, comme Philip K. Dick dans Simulacres (1964) et dans certains de ses romans précurseurs, L’œil dans le ciel (1957) et Le Temps désarticulé (1959), ainsi que Daniel F. Galouye avec Simulacron 3.

Mais alors que dans Matrix, les humains sont réels, seul leur cerveau étant branché sur le simulateur, dans Simulacron 3 de Galouye, les humains eux-mêmes sont entièrement simulés (cette idée est reprise dans le film Passé virtuel). Cependant, les opérateurs de la machine effectuant la simulation finissent par avoir des doutes sur le réalité de leur propre monde, dans une mise en abyme vertigineuse. Dans son roman Simulacre, qui présente une société futuriste et totalitaire dominée par une matriarche, Nicole, Dick lui, a imaginé des mondes simulés par des décors et des manipulations psychiques, au service de forces politiques.

Le sujet de la simulation a dépassé le cadre de la science-fiction pour susciter des interrogations philosophiques, voire physiques, sur la réalité du monde dans lequel nous vivons. Se pose alors la question de savoir s’il est possible ou non de détecter que nous vivons dans une simulation : c’est l’hypothèse de simulation.

Voir sur YouTube : « Matrix – La pilule rouge » par Aleste404