Album – Elton John – Goodbye Yellow Brick Road (1973)

Né en 1947 en Angleterre, Elton John s’intéresse très tôt à la musique et devient rapidement un enfant prodige du piano. Tout en travaillant comme coursier dans une maison d’édition, il commence un peu plus tard à jouer le soir dans les clubs, puis à travailler avec divers groupes dont celui de Long John Baldry. Elton John rencontre ensuite Bernie Taupin, et ils s’associent pour écrire des chansons, Elton John mettant en musique les textes de Bernie. Ils enregistrent enfin un premier album prometteur, Empty Sky (1969), avant de s’adjoindre Gus Dugeon et Paul Buckmaster, respectivement producteur et arrangeur. L’arrivée de ces deux hommes prestigieux permet à Elton John la réalisation de deux autres disques plus à la hauteur de ses ambitions : Elton John (1970) et Thumbleweed Connections (1970). C’est le commencement de la réussite, grâce à la chanson « Your Song », qui s’inscrit rapidement dans les classements anglais, puis américains, en 1970. Le succès grandira ensuite progressivement au fil des albums et des concerts, pour atteindre, en 1975, les sommets des ventes de disques. En France, il faudra attendre les albums Blue Moves (1976) et surtout A Single Man (1978), pour qu’Elton John sorte enfin de l’anonymat.

En plus de cinquante ans de carrière, Elton John a vendu plus de 300 millions de disques. En 1993, il bat le record d’Elvis Presley en installant un nouveau single au top 40 US pour la 24e année consécutive (record maintenu jusqu’en 1999, 30e année consécutive avec un single au top 40 US avec « Written in the stars » en duo avec Lean Rimes pour sa comédie musicale Aïda).

En 1997, sa chanson « Candle in the wind » devient le single le plus vendu depuis la création des hit-parades, avec 33 millions d’exemplaires écoulés. En 2008, il est classé comme l’artiste solo masculin ayant eu le plus de succès dans le classement du magazine Billboard depuis sa création : Hot 100 Top All-Time Artists avec 56 singles inscrits au Top 40, 27 au Top 10, quatre no 2, et neuf no 18. Il s’est produit plus de 4000 fois en concert dans un total de plus de 80 pays.

Quelques albums remarquables :

Honky Château (1972) : Enregistré avec l’aide du groupe qu’il gardera de nombreuses années, cet album est celui qui pose définitivement les bases de l’art d’Elton John : une musique largement dominée par l’omniprésence du piano, qui soutient de complexes mélodies travaillées avec soin. La voix d’Elton John vient délicatement se poser sur des arrangements subtils (« Rocket Man », « Mellow »), mais s’envole parfois sur des rythmes plus rapides et funky, au swing plus léger (« Honky Cat », « Hercules »).

Goodbye Yellow Brick Road (1973) : Cet album est le chef d’œuvre du chanteur. Tout au long de ses titres, Elton John y développe à l’extrême un style unique à la limite du rock et de la variété. On a cru un moment que le secret de la réussite d’Elton John résidait dans la somptuosité de la production et des arrangements. En vain. Lorsqu’il les a joué sur scène à Paris, seul avec son piano, on a pu se rendre compte que « Candle in The Wind », « Bernie and The Jets » ou « Saturday Night is Alright for Fishing » étaient de véritables monuments de chaleur et de tendresse venus tout droit du cœur de ce personnage attachant.

Blue Moves (1976) : Elton John est au sommet de sa carrière lorsqu’il sort ce double album d’un éclectisme rare. C’est l’un des albums préférés du chanteur, qui pensa arrêter sa carrière avec celui-ci : après un rythme effréné d’enregistrements (12 albums en 5 ans) et de tournées mondiales, Elton John annonça qu’il s’agissait de son dernier album. Il retourna finalement en studio deux ans plus tard. Sans aucun doute l’un de ses chefs-d’œuvre, c’est aussi l’un des albums préférés des fans, et le second double album après Goodbye Yellow Brick Road. On y trouve des instrumentaux et des morceau allant du rock progressif au jazz, en passant par le gospel. C’est également l’un des albums les plus sombres d’Elton John, et qui, malgré son succès jamais démenti, ne contient qu’un seul tube planétaire : « Sorry Seems To Be The Hardest Word ».

A Single Man (1978) : Harassée par le rythme effréné des enregistrements et des tournées mondiales, la star déclare alors vouloir mettre fin à sa carrière. Mais, deux ans plus tard, Elton John retourne en studio (sans son parolier Bernie Taupin, remplacé par Gary Osborne, et sans son producteur fétiche, Gus Dudgeon) et sort l’album A Single Man. Celui-ci contient deux singles à succès : « Part-Time Love » et le morceau instrumental « Song For Guy ». L’album occupe une place ambiguë dans la discographie de la star britannique puisqu’il est situé entre Blue Moves, souvent considéré comme le dernier opus de l’âge d’or d’Elton John, et l’album disco Victim of Love, annonciateur d’années 1980 inégales.

Too Low for Zero (1983) : Cet album célèbre le retour de Bernie Taupin pour l’écriture de toutes les paroles, collaboration interrompue après Blue Moves (1976). Elton John marque également son retour après une période difficile et peu productive, répondant aux critiques avec la chanson « I’m Still Standing ». Très marqué par le son prédominant des claviers, Too Low For Zero renferme quatre singles : « I’m Still Standing », » I Guess That’s Why They Call It the Blues », « Kiss the Bride » ainsi que le titre éponyme.

Discographie : 

1969 : Empty Sky
1970 : Elton John
1970 : Tumbleweed Connection
1971 : Madman Across the Water
1972 : Honky Château
1973 : Don’t Shoot Me I’m Only the Piano Player
1973 : Goodbye Yellow Brick Road
1974 : Caribou
1975 : Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy
1975 : Rock of the Westies
1976 : Blue Moves
1978 : A Single Man
1979 : Victim of Love
1980 : 21 at 33
1981 : The Fox
1982 : Jump Up!
1983 : Too Low for Zero
1984 : Breaking Hearts
1985 : Ice on Fire
1986 : Leather Jackets
1988 : Reg Strikes Back
1989 : Sleeping with the Past
1992 : The One
1993 : Duets
1995 : Made in England
1997 : The Big Picture
2000 : The Road to El Dorado
2001 : Songs from the West Coast
2004 : Peachtree Road
2006 : The Captain and the Kid
2010 : The Union (avec Leon Russell)
2013 : The Diving Board
2016 : Wonderful Crazy Nigh

Voir sur YouTube : « Elton John – Goodbye Yellow Brick Road (1973) » par silksashbash ; « Elton John – Rocket Man (Official Music Video) » ; « Elton John – I’m Still Standing » ; « Elton John – Don’t Go Breaking My Heart (with Kiki Dee) » ; « Elton John – Nikita » ; « Elton John – Sacrifice » par Elton John.

Disque – Renaud – Laisse Béton (1977)

Renaud Séchan, né le 11 mai 1952 à Paris, est un auteur-compositeur-interprète français. C’est un musicien inclassable à la limite entre la chanson à texte et le pop rock, cette seconde image étant appuyée par son allure de loubard au grand cœur. Les paroles contiennent des choses qu’on dit tous les jours sans faire attention, mais que Renaud arrive en mettant les phrases bout à bout, à faire sonner comme de la vraie poésie pop, avec en sus, l’accent du pavé de Paris. Avec vingt-trois albums totalisant quasiment vingt millions d’exemplaires vendus, Renaud est l’un des chanteurs les plus populaires en France et l’un des plus connus dans la francophonie.

Les débuts :

Pendant mai 1968, il découvre l’écriture de chansons, et rédige sa première : « Crève salope » qui a un franc succès auprès des autres étudiants. Deux autres chansons, « C.A.L. en Bourse » et « Ravachol », suivent rapidement, encore inédites à ce jour.

En avril 1969, il arrête ses études, s’installe dans une chambre de bonne, et entre dans la vie active comme magasinier puis vendeur à la Librairie 73 au boulevard Saint-Michel durant deux ans. Il profite de ses temps libres pour lire autre chose que ce que lui a imposé l’école : Vian, Prévert, Maupassant, Zola, Bruant, Céline… À cette époque, il chante encore uniquement pour amuser ses amis ou draguer. Les chansons sont de lui, mais aussi d’Hugues Aufray ou de Bob Dylan. Au bout de quelques mois il peut s’acheter une première moto avec laquelle il rencontre ses premiers amis «loubards» et fréquente les bandes d’Argenteuil, de République et de Bastille.

En 1971, en vacances à Belle-Île-en-Mer, il rencontre Patrick Dewaere dans une soirée qui le fait entrer comme comédien au Café de la Gare (à Paris) pour remplacer un acteur au physique similaire parti aux États-Unis. Pendant quelques mois, tout en restant libraire la journée, il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet, Sotha et, bien sûr, Patrick Dewaere, notamment dans Robin des quoi? de Romain Bouteille. Il rend finalement sa place à l’acteur à son retour, plus tard remplacé par Gérard Depardieu. Renaud pense alors avoir trouvé sa vocation : comédien.

En 1973-1974, il commence à chanter dans les rues et les cours d’immeuble du côté de la porte d’Orléans, rejoignant un copain accordéoniste, Michel Pons, fils du patron de son bistrot favori le «Bréa». Il y chante le Paris populaire qu’il affectionne à travers les chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette. Son répertoire s’élargit avec ce qu’il écrit et compose lui-même. L’idée est de faire revivre la tradition des accordéonistes qu’il avait vus faire la manche dans son enfance.

Paul Lederman remarque Renaud en 1974, alors que celui-ci chantait devant le Café de la Gare. Le producteur de Coluche, leur propose de venir jouer au Caf’conc’ de Paris, en première partie du spectacle de Coluche. Encouragé par Lederman, Renaud continue seul en chantant ses propres chansons (« Hexagone », « Camarade bourgeois »…). C’est là qu’un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim l’entendent et lui proposent de faire un disque. Renaud, qui avait déjà refusé une proposition de Lederman – il entend toujours faire acteur – est peu enthousiasmé par la proposition mais accepte tout de même. Son premier 33 tours, Amoureux de Paname, sort en mars 1975.

Cette époque marque le renoncement à son image de titi parisien et le début de Renaud le loubard : pour son second album, il troque sa casquette de marlou et les chemisettes pour des santiags et un perfecto de cuir. S’ensuivent quelques concerts en province, où le chanteur est très demandé à la suite d’Amoureux de Paname, et où il rode certaines des chansons qui composeront l’album suivant.

Quelques albums remarquables : 

Laisse béton (1977) : appelé parfois Place de ma mob, est le second album de Renaud, sous le label Polydor. En réalité, l’album n’a pas de titre, mais l’inscription « Place de ma mob » s’inscrit sur le décor de la couverture et Laisse béton est le titre de la première chanson, c’est le verlan de laisse tomber. Il est toujours produit par Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim, mais il abandonne son image de titi parisien pour celle du gentil loubard au blouson de cuir, image qu’il durcit jusqu’à l’album Marche à l’ombre. Renaud a plus de liberté pour cet album. Il impose ses musiciens, la pochette et la chanson « Les Charognards » que ses producteurs refusaient pour « apologie du gangstérisme » (il n’avait pas réussi à leur imposer une chanson contre Franco sur l’album précédent, qui fut transformée en Petite fille des sombres rues.) Nettement plus soigné, Laisse béton se vend modestement mais la chanson-titre devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et le grand public découvre le chanteur Renaud. La vente du single « Laisse béton » atteint les 300.000 exemplaires et l’album se vend à 200.000 exemplaires. 

Morgane de toi (1983) : Cet album enregistré à Los Angeles, contient plusieurs tubes. Le premier qui donne son titre à l’abum et qui signifie amoureux de toi, a été composée par Franck Langolff et est dédiée à la fille de Renaud, Lolita. Le clip de la chanson a été réalisé par Serge Gainsbourg et tourné sur la plage du Touquet. Bambou, la compagne de Serge Gainsbourg, y est visible à cheval.

« Dès que le vent soufflera » : Au début des années 1980, inspiré par les aventures similaires d’Antoine et de Jacques Brel, Renaud se fait construire un bateau, le Makhnovchtchina, pour aller naviguer aux quatre vents, avec ses copains, son épouse Dominique et leur fille Lolita (née en 1980). Alors qu’il lui parle de sa passion pour la mer et de son bateau, son amie Dominique Lavanant lui cite «C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme» de l’aventurier Joseph Kessel, phrase qui lui inspirera cette chanson lors d’une traversée de retour des Antilles vers la France en juin 1983. Dans cette chanson, il relate sa vie sur son bateau et la vie de marin, avec son célèbre humour teinté d’autodérision, inspirée de la chanson Santiano d’Hugues Aufray.

« Déserteur » : est une chanson dont la mélodie est une variation et une réactualisation de la chanson Le Déserteur de Boris Vian de 1954. Sur un texte sciemment antimilitariste, irrévérencieux et provoquant – le Président de la République y est invité à venir manger des nouilles et fumer un pétard – dans un esprit soixante-huitard – retour à la nature, vie en communauté dans une ferme – la chanson est un plaidoyer pour le désarmement, une dénonciation de la rivalité dans leurs courses à la prolifération des armes nucléaires de l’URSS et des États-Unis, doublé de l’aveu d’une impuissance résignée : «Quand les Russes, les Ricains feront péter la planète, moi j’aurai l’air malin avec ma bicyclette». Avec cette ode empreinte de pacifisme, Renaud se revendique « un militant du parti des oiseaux, des baleines, des enfants, de la Terre et de l’eau ».

Mistral gagnant (1985) : est le septième album studio de Renaud sorti en décembre 1985, sur lequel figurent notamment la chanson éponyme qui est l’une de ses plus connues, et le titre « Miss Maggie », qui brocarde Margaret Thatcher. Ce dernier 45 tours connaît un grand succès et est aussi l’objet d’un mini-scandale outre-manche. Le titre se classe plusieurs semaines au Top 50 en mars 1986. Le 33 tours connaît un énorme succès courant 1986 et se vend à plus de 1.300.000 exemplaires.

Le titre du 33 tours vient du nom d’une ancienne confiserie, le Mistral gagnant, disparue bien avant l’enregistrement de la chanson. C’est une chanson dans laquelle le chanteur parle de ses souvenirs et des bonbons de son enfance. Elle est largement imprégnée de la mélancolie du chanteur exprimée au travers de ses souvenirs de bonbons, aujourd’hui disparus comme le temps qu’on ne peut pas récupérer (Mistral gagnant, Coco Boer, Roudoudou, Car en sac, Minto). La chanson est destinée à sa fille Lolita. Renaud raconte que cette chanson ne devait pas figurer sur l’album, car il pensait qu’elle «était trop personnelle et n’intéresserait pas grand monde». Appelant sa femme Dominique depuis le studio d’enregistrement à Los Angeles, il la lui a chantée au téléphone. Après l’avoir entendue, elle lui a dit : « Si tu ne l’enregistres pas, je te quitte… ». En mai 2015, selon un sondage BVA, elle est désignée chanson préférée des Français devant Ne me quitte pas de Jacques Brel et L’Aigle noir de Barbara.

L’album est dédié «aux petits garçons qui ont les mains sur les hanches», référence à Frédéric Dard et son roman Faut-il tuer les petits garçons qui ont les mains sur les hanches?, tandis que la chanson « P’tite conne » est dédiée à Pascale Ogier, morte d’une crise cardiaque à 25 ans, l’année précédant la sortie de l’album.

Rouge Sang (2006) : est le quatorzième album studio de Renaud. Ayant retrouvé le grand amour auprès de Romane Serda, Renaud a déclaré plusieurs fois avoir retrouvé son inspiration et la créativité qui était la sienne quelques années auparavant. Cet album se voulant plus engagé que le précédent (Boucan d’enfer), Renaud a composé des chansons engagées comme « Elle est facho », « J’ai retrouvé mon flingue », ou encore « Sentimentale mon cul! ».

Discographie :

1975  Amoureux de Paname
1977  Laisse Béton
1979  Ma gonzesse
1980  Marche à l’ombre
1981  Le Retour de Gérard Lambert
1983  Morgane de toi
1985  Mistral gagnant
1988  Putain de camion
1991  Marchand de cailloux
1993  Renaud cante el’ Nord
1994  À la Belle de Mai
1995  Les Introuvables
1996  Renaud chante Brassens
2002  Boucan d’enfer
2006  Rouge Sang
2009  Molly Malone – Balade irlandaise
2016  Renaud

Voir sur YouTube : « Renaud – Laisse béton (1978) » par Les archives de la RTS ; « Renaud – Mistral gagnant (Clip officiel) » par Reanud ; « Renaud — Dés que le vent soufflera » par Dakoras

Disque – Indochine – 3 (1985)

Banlieue sud à l’aube de 1980, une petite annonce passé dans Rock & Folk pour le groupe Les Espions va être le début d’une grande aventure musicale. Un certain Dominik Nicolas débarque pour une audition comme guitariste. Finalement, il est pris comme bassiste. Nicolas Sirkis quand à lui deviendra chanteur. Et puis, petit à petit, Nicolas et Dominik deviennent amis et finissent par quitter le groupe. Ils recrutent un saxo débutant, Dimitri Bodianski. Indochine est né. Premier concert au Rose Bonbon, fameux night-club parisien. Dans la foulée, premier 45 tours « Dizzidence politik » en 1982. Puis arrive le quatrième laron, Stéphane, le frère jumeau de Nicolas, qui de guitariste passe aux synthétiseurs. L’étape suivante, c’est le premier album. On y trouve « L’Aventurier », le tube de l’été 1983. En 1985, ceux qui attendaient le groupe au tournant en sont pour leur frais. Désormais Indochine est un groupe à succès. L’abum 3 est celui qui assoit définitivement la réputation du groupe en tête de la Pop française avec les singles « 3ème Sexe » et « Tes Yeux Noirs ».

Quelques albums remarquables : 

3 (1985) : est le troisième album studio d’Indochine, sorti en 1985. Présenté par les médias de l’époque comme l’album de la maturité, il marque la première évolution musicale du groupe à travers des textes qui abordent de nouveaux thèmes, jugés plus sérieux. En termes de succès populaire, 3 est aussi l’album de la consécration, toute une génération reprenant en chœur les titres phares qui le composent : « 3e sexe » est un hymne à la tolérance vestimentaire ou sexuelle, au droit à la différence, et devient le deuxième énorme tube du groupe. « Canary Bay » aborde le thème de l’homosexualité féminine. « Trois nuits par semaine » est directement inspiré du roman à forte connotation érotique et sensuelle L’Amant de Marguerite Duras. « Tes yeux noirs » est une chanson sur la séparation amoureuse et le désir de l’autre. 

Après une première apparition dans les charts en 1985, l’album atteint la deuxième place du Top 20 en mai 1986 et sera certifié double disque de platine en octobre de la même année. À ce jour, plus de 800.000 exemplaires ont été vendus en France. Il a également été distribué en Belgique, en Suisse, en Allemagne, au Canada, au Danemark et en Suède.

Paradize (2002) : Le 9e album studio d’Indochine est souvent considéré comme l’album du renouveau de la carrière d’Indochine. Nicola Sirkis explore ses thèmes de prédilection depuis les débuts d’Indochine : le sexe, la religion, le mal-être adolescent ou encore ici le décès de son frère jumeau Stéphane Sirkis (Electrastar). Le single « J’ai demandé à la lune », devenu un morceau mythique du groupe et incontournable en concert, a été écrit et composé par Mickael Furnon, du groupe Mickey 3D.

L’album s’est vendu à environ 1,5 million d’exemplaires, ce qui a fait renouer le groupe avec le succès après une « traversée du désert » durant les années 90.

13 (2017) : est le treizième album studio du groupe français Indochine. Son premier single est « La vie est belle ». Il est disponible en plusieurs formats notamment le disque compact, le vinyl et même la cassette audio. Sur la pochette du disque, réalisée par le photographe néerlandais Erwin Olaf, figurent 13 jeunes filles disposées sur deux rangées. Le cliché compose une photo de classe fictive sur laquelle les élèves portent des uniformes colorés imaginaires, certains arborant aussi des écharpes-drapeaux. L’esthétique de l’album est notamment inspirée des tableaux du peintre Henry Darger. « Un été français » est le deuxième single d’Indochine qui est lui aussi disponible dans plusieurs formats (CD, Vinyl et K7 audio). Cette chanson évoque principalement la montée du Front national dans les sondages, et son passage au second tour de l’élection présidentielle 2017. Le clip a été tourné sur le toit de l’Arche de la Défense.

Discographie : 

1982 : L’Aventurier
1983 : Le Péril jaune
1985 : 3 (820.000 ventes)
1987 : 7000 danses
1990 : Le Baiser
1993 : Un jour dans notre vie
1996 : Wax
1999 : Dancetaria
2002 : Paradize 
2005 : Alice & June
2009 : La République des Meteors
2013 : Black City Parade
2017 : 13

Voir sur YouTube : « Indochine – 3e sexe (Clip officiel) » ; Indochine – Tes yeux noirs (Clip officiel) ; Indochine – L’aventurier (Clip officiel) ; Indochine – Des fleurs pour Salinger (Clip officiel) ; Indochine – J’ai demandé à la lune (Clip officiel) ; Indochine – Savoure le rouge (Clip officiel) ; Indochine – Un été français (Clip officiel) par Indochine officiel

Présentation de la webradio

La webradio du blog est en ligne depuis le début du mois d’avril 2018. Elle reprend (entre autre) la musique des artistes et groupes qui sont évoqués sur Echoretro à la rubrique Disques. Elle est essentiellement consacrée au Pop-Rock, et dans une moindre mesure au Funk, au Disco et à la Variétés Française, dans une fourchette chronologique allant des années 60 à fin 90, bien que certains titres soient plus récents ou actuels. Si vous avez apprécié ces articles, vous aimerez sûrement la radio. Alors, n’hésitez pas à cliquer sur le lien ci-dessous.

Écouter la Radio

La Playlist est :

100 % Anglo-saxonne tous les jours de 00h00 à 22h00.
100% française tous les jours de 22h00 à 00h00.
AOR (Rock FM) et Rock Sudiste entre 00h00 et 01h00.

Bonne écoute.

Disque – Michel Polnareff – La Compilation (1991)

Michel Polnareff est un auteur-compositeur-interprète français, né le 3 juillet 1944 à Nérac. Pianiste et mélodiste pop, il cultive une apparence singulière. Il est le compositeur et l’interprète d’un grand nombre de succès populaires, notamment : La Poupée qui fait non, Tout pour ma chérie, Je suis un homme, Le Bal des Laze, On ira tous au paradis, Lettre à France ou encore Goodbye Marylou. Les musiques de Polnareff s’inspirent de styles anglo-américains, suivent parfois une ligne néo-classique (telle Âme câline). L’artiste affiche un look androgyne (qui ne cesse d’évoluer), et écrit certains textes prônant la liberté sexuelle. La presse ne le lâche pas et le considère comme un symbole de la décadence de la jeunesse, à cause de son apparence jugée efféminée (point commun avec David Bowie) et de ses textes qui choquent. L’Amour avec toi (repris par Étienne Daho en 1989) est d’ailleurs interdit d’antenne avant 22 heures.

L’enfance :

Michel Polnareff est russe du côté de son père, et Breton du côté de sa mère. Il passe toute son enfance dans la musique. Son père Leib Polnareff (Léo Poll) a écrit des chansons pour Édith Piaf et Mouloudji, c’est d’ailleurs à lui que l’on doit les arrangements français de la chanson Le Galérien (d’après une mélodie populaire russe). Sa mère Simone Lane, est danseuse. Michel Polnareff commence le piano à quatre ans et reçoit à douze ans le premier prix de solfège au conservatoire du 8e arrondissement de Paris.

En 1957, il se familiarise avec la langue anglaise lors d’un séjour linguistique dans le Dorset. À 20 ans, il quitte le cocon familial qu’il juge étouffant, et s’installe sur les marches du Sacré-Cœur avec une guitare achetée avec ses économies. Ses premières notes seront celles de La Poupée qui fait non.

Les débuts :

Il devient beatnik, pacifiste et fait la manche en reprenant les standards rock de l’époque. En 1965, repéré et invité par André Pousse, il remporte un concours de rock organisé par Disco Revue au club alors branché La Locomotive. Le premier prix est un contrat avec Barclay, que Polnareff refuse.

Gérard Woog, un ami d’enfance, insiste pour le présenter à Lucien Morisse, patron d’Europe 1 et futur manager. Michel accepte de signer avec la maison Disc’AZ de Morisse à condition d’enregistrer à Londres avec Jimmy Page à la guitare et John Paul Jones à la basse (futurs Led Zeppelin). À son grand étonnement, la maison de disques accepte, et La Poupée qui fait non sort le 26 mai 1966. Cette chanson connaît un véritable triomphe et sera reprise par de nombreux artistes.

Il enchaîne alors les tubes, de la complainte Love Me, Please Love Me (Rose d’or au festival d’Antibes, numéro 1 au Brésil) au romantique Bal des Laze en passant par l’existentiel Sous quelle étoile suis-je-né ? ou encore l’électrique et revanchard Roi des fourmis. Polnareff expérimente un système quadriphonique pour le disque Polnareff’s, ou encore fait tourner le micro tel un lasso pour enregistrer les chœurs de On ira tous au paradis.

L’exil américain :

Revenant d’une tournée internationale à l’été 1973, Polnareff découvre que son déficit bancaire se calcule en millions de francs, son homme de confiance Bernard Seneau l’a escroqué : avec son argent, il lui a loué un logement et une voiture sans les lui acheter (alors que Polnareff se croyait propriétaire), puis il est parti avec ses sous sans laisser d’adresse, et bien sûr sans avoir payé les impôts du chanteur. Polnareff se retrouve donc non seulement les poches vides, mais débiteur d’une énorme dette fiscale, et il faudra des années pour que ses avocats prouvent sa non-complicité dans cet impayé fiscal d’un million de francs. Sa mère meurt au même moment et Polnareff, dépressif, doit faire une nouvelle cure de sommeil avant de s’exiler, le 10 octobre 1973, aux États-Unis à bord du paquebot France, dont c’est un des derniers trajets (avant d’être désarmé en 1974 puis revendu).

Le retour en France :

En 1984, il signe la bande originale de La Vengeance du serpent à plumes de Gérard Oury. Durant cette période, Michel Polnareff réside épisodiquement en France. De 1985 à 1987, il s’installe à l’hôtel Le Manoir de Chaubuisson à Fontenay-Trésigny en région parisienne, et compose Goodbye Marylou qui devient immédiatement un tube à sa sortie. Lorsque le manoir ferme, il s’installe pendant 20 mois dans l’appartement des propriétaires du Café des Trois-Valets, à Fontenay-Trésigny, nourri, logé, blanchi. Néanmoins, ce que Polnareff écrit dans son autobiographie sur cette expérience est ressenti négativement par la famille propriétaire du café. C’est à cette époque qu’Epic (Sony Music aujourd’hui), lui propose un contrat.

À partir de septembre 1989, il réside (durant huit cents jours) à l’hôtel Royal Monceau, où il commence l’enregistrement de l’album Kâmâ Sutrâ avec l’aide de Ben Rogan à la production et Mike Oldfield à la guitare. Le disque sort en février 1990 et est un succès (près d’un million d’exemplaires vendus) grâce aux tubes Kâma Sûtra, LNA HO, Toi et moi. L’image de Michel Polnareff devient symbolique, dans ses clips et sur les pochettes, on ne voit que sa silhouette ou ses lunettes. « Période bleue » confiera l’intéressé, à l’image du clip Kâmâ Sutrâ où l’on aperçoit son ombre hanter les couloirs du Royal Monceau.

Quelques Albums remarquables :

Love Me, Please Love Me (1966) : Âgé d’à peine 22 ans au moment où il enregistre son premier album, Polnareff verra son disque publié aux États-Unis, qui pourtant faisaient peu de cas du rock français, sous le titre French Rock Blues. Folk rock, dans la veine de Bob Dylan, des Byrds ou des Kinks, avec des mélodies qui évoquent celles de Brian Wilson, et des expérimentations sur le son et le mixage dont l’exemple le plus frappant est Sous quelle étoile suis-je né ?

Michel Polnareff, dans cette seconde moitié des sixties, fut donc l’un des rares artistes pop français (avec Serge Gainsbourg et aussi Jacques Dutronc qui émerge la même année) à rivaliser en France avec les Anglo-Saxons, tant dans la qualité des compositions que dans la production sonore.

Coucou me revoilou (1978) : est le 6e album studio de Michel Polnareff sorti en 1978, premier album de Polnareff en langue française depuis son exil. Il suit la sortie de la chanson Lettre à France. 

Lettre à France : En 1972, Polnareff reçoit une lettre d’une agence immobilière qui lui réclame six mois de loyers impayés et apprend par la suite que ses biens – sa Rolls et sa maison – ne lui appartiennent pas, mais sont en location. Il a été trahi par son homme de confiance qui l’a spolié en lui prenant son argent et en laissant le chanteur endetté. De plus, le fisc lui réclame plus d’un million de franc, mais Polnareff est ruiné. L’opinion publique refusant de croire en sa bonne foi et supportant mal ce désamour, Polnareff décide de quitter la France, alors qu’il est menacé d’emprisonnement, pour refaire sa vie ailleurs.

Il s’exile alors en Californie où il publie un single qui se classe rapidement au Billboard Hot 100, hit-parade américain. Mais la France lui manque, et, pris d’un coup de blues, Polnareff griffonne sur une nappe en papier les premières notes de la chanson qui ne se nomme pas encore Lettre à France. Il enregistre la musique sur cassette et l’envoie à son parolier Jean-Loup Dabadie. Dabadie écrit alors un texte avec deux niveaux de lecture : on peut soit y voir une simple lettre d’amour d’un homme loin de sa dulcinée ou alors celle d’un homme exilé qui rêve de revoir son pays, la France. Ce double sens des paroles séduit Polnareff. Sorti durant l’été 1977, Lettre à France se classe au classement des sondages de l’IFOP à la 15e place à la date du 23 juillet 1977. Le titre progresse au hit-parade et atteint la 4e place le 27 août 1977, avant de chuter à la cinquième place durant les deux premières semaines de septembre 1977. Il apparaît pour la dernière fois dans le top 20 le 8 octobre 1977. Le single se vend à 840.000 exemplaires. Le succès de « Lettre à France » permet à Polnareff de revenir en France en octobre 1978 pour régler ses affaires avec le fisc et d’être innocenté par la justice, qui reconnaît la culpabilité de l’homme de confiance, toujours en fuite au moment du jugement. Toutefois, Polnareff est toujours redevable d’un million de francs à l’administration fiscale.

Cet album a pris plus d’un an de travail à l’artiste, qui en garde cependant un mauvais souvenir. Quelques titres se sont néanmoins imposés, comme Une simple mélodie, l’ironique Le Cigare à moteur, ou encore J’ai tellement de choses à dire et Le Clochard des jumbos qui dénoncent son exil forcé.

Bulles (1981) : Cet album fit renouer Polnareff avec le succès avec 800.000 exemplaires vendus. Bulles est un album en totale harmonie avec le son de l’époque et prouva à l’artiste que le public français ne l’avait pas oublié. À son lancement les trois chansons « Radio », « Je t’aime », et « Tam-Tam » furent les plus diffusées par les radios nationales. Cet album marqua aussi un tournant dans l’orientation musicale du chanteur. En effet, Polnareff s’imposait désormais dans un style plus rock, et les ballades dont on avait l’habitude à ses débuts ne sont pas présentes (à l’exception de « Je t’aime »).

Kâma-Sûtra (1990) : Cet album a été composé à Paris, à l’hôtel Royal Monceau, où le chanteur resta plus de 800 jours sans en sortir pour les besoins de sa création d’abord, mais aussi en raison de sa myopie devenant une cécité totale. Kâma-Sûtra est le fruit de prouesses techniques. En effet, Polnareff enregistrait les voix depuis le bar de l’hôtel, « L’Aquarius », et écoutait, par téléphone ou par bande transmise via un ordinateur, les sons mixés en studio parfois à plusieurs milliers de kilomètres. Les parties cordes ont été enregistrées aux studios Abbey Road. Annoncé par le single Goodbye Marylou (sorti en juin 1989), Kâma-Sûtra réintègre les mélodies au piano qui ont fait le succès de Polnareff, absentes de ses deux précédents albums, Bulles et Incognito.

Accompagné lors de sa sortie de l’un des premiers clips en 3D (LNA HO), abordant de manière inédite les rapports sentimentaux par réseaux, ici le minitel avec Goodbye Marylou, cet album peut être considéré comme le plus avant-gardiste de Polnareff. Mike Oldfield a joué des solos de guitare sur deux morceaux de cet album (Besoin de toi et LNA HO).

La Compilation (1991) : Les meilleurs titres de Michel Polnareff sur un double album qui sera rééditée en 1998.

Discographie : 

1966 : Love Me, Please Love Me
1968 : Le Bal des Laze
1971 : Polnareff’s
1972 : Polnarévolution
1974 : Michel Polnareff
1975 : Fame à la mode
1978 : Coucou me revoilou
1981 : Bulles
1982 : Show télé 82/Public
1985 : Incognito
1990 : Kâma-Sûtra
1996 : Live at the Roxy
2007 : Ze re Tour 2007
2016 : À l’Olympia

Voir sur YouTube : « Michel Polnareff Lettre A France Remastered » par sacha oudot ; Michel Polnareff – « La poupee qui fait non ( Rare Original Video 1966 ) » par exclusivevids1000 ; « Michel Polnareff ( Ame caline ) 1967 » par Babyhowdy233 ; « Michel Polnareff : on ira tous au paradis » par sdup