Disque – Jacques Higelin – Tombé du Ciel (1988)

Chanteur de style rive-gauche à ses débuts, comédien et acteur de cinéma quelque temps, Jacques Higelin (1940-2018) s’est lancé en 1974 dans le grand cirque Rock’n’rollien. En 1976, la reconnaissance nationale viendra enfin, ouvrant la porte à bien d’autres groupes de chanteurs français et fondant les bases du rock hexagonal, le faisant ainsi entrer dans l’histoire musicale. Comme le dit la biographie extraite de son site : “Higelin est autant chanteur que diseur, autant auteur que musicien, il n’a plus rien à prouver. Il fait se côtoyer des chansons classiques qui nous restent en tête dès la première écoute, et de longs textes épiques. Quiconque l’a déjà vu sur scène ne s’en étonnera pas : dans la ferveur des concerts, sans filet, il aime se promener dans des monologues drolatiques ou poétiques, tordant la langue, jouant avec les sens, entraînant le public dans des délires d’images et de mots. Mais comment, en studio, rendre l’ampleur de la folie scénique ?”

Ses albums de 1976 à 1988 :

Higelin se tourne résolument vers le rock avec l’album BBH 75 puis Irradié, auquel participe Louis Bertignac, futur guitariste de Téléphone. Avec l’album Alertez les bébés ! sorti en 1976, où alternent compositions rock et chansons, il reçoit le prix de l’académie Charles-Cros. Il devient alors, dans les années qui suivent, un des chanteurs rock les plus populaires de France, notamment grâce à des prestations scéniques où il donne beaucoup de sa personne, dans une débauche d’énergie communicative avec le public. No man’s land (avec “Pars”, premier tube en 1977), le double album Champagne et Caviar (initialement sorti en deux albums simples : Champagne pour tout le monde, et Caviar pour les autres…), et l’album en public Higelin à Mogador, font de lui l’égal de Bernard Lavilliers ou de Téléphone. En 1977, Higelin participe aussi au premier Printemps de Bourges, en compagnie de Charles Trenet.

Fin 1981, Jacques Higelin, s’installe au Cirque d’Hiver, il en extraira un 45 tours Informulé sorti en 1982. Dans la foulée du succès rencontré au Cirque d’Hiver, les Carpentier lui consacrent une émission Formule 1 en janvier 1982. Son talent d’improvisateur et son énergie poétique lui donnent une relation particulière avec les spectateurs. Musicalement, il se nourrit de plus en plus de rythmes africains (Nascimo ou plus tard Criez Priez). Il invite Youssou N’Dour et Mory Kanté à partager la scène de Bercy.

Higelin est également présent en 1984 aux premières Francofolies de La Rochelle, où il revient régulièrement pour des soirées musicales, vivement soutenu par l’animateur de France Inter Jean-Louis Foulquier.

Son album Tombé du ciel sort en décembre 1988. Le disque s’est vendu à 426.600 exemplaires et a été certifié double disque d’or en 1989 et disque de platine en 1991. Les musiques, paroles et arrangements sont de Jacques Higelin, sauf : “Ballade pour Roger” (paroles de J.Higelin, Marie Rivière et Roger Knobelspiess) et “La fuite dans les idées” (arrangements de William Sheller).

Cette année  1988, Higelin participe aussi à l’hommage rendu à Léo Ferré à La Rochelle, où il reprend Jolie môme. Dans les années 1990, toujours présent sur scène, son image disparaît progressivement des médias et, avec la crise du disque, il éprouve des difficultés à être produit. En 2003, toujours fidèle à Ferré, il participe à l’album hommage sorti pour les dix ans de sa disparition.

Fin 2006, Higelin sort l’album studio Amor doloroso. Le 21 juin 2007, à l’invitation du groupe Sweet Air, il se produit pour un concert à l’Élysée Montmartre. Pour la sortie de son album Coup de foudre le 22 février 2010, il bénéficie d’une large couverture médiatique : dans la presse (il est le rédacteur en chef du quotidien « Libération » du 18 février 2010), à la radio, à la télévision. La sortie de l’album est suivie d’une tournée, avec six dates à Paris, en mars, à La Cigale. Il retrouve la scène du Saint-Jean-d’Acre le 13 juillet aux Francofolies 2010. Le 18 octobre, il fête ses 70 ans au Zénith avec deux de ses enfants, Arthur H et Izïa.

Le 1er avril 2013, il publie Beau Repaire, nouvel album écrit et composé par ses soins, coréalisé par Mahut et Édith Fambuena, et sur lequel figure un duo avec la comédienne Sandrine Bonnaire.

Discographie : 

1969 : Higelin et Areski
1971 : Jacques Crabouif Higelin
1974 : BBH 75
1975 : Irradié
1976 : Alertez les bébés !
1978 : No Man’s Land
1979 : Champagne pour tout le monde…
1979 : … Caviar pour les autres
1980 : La Bande du Rex
1982 : Higelin ’82
1985 : Aï
1988 : Tombé du ciel
1991 : Illicite
1994 : Aux héros de la voltige
1998 : Paradis païen
2005 : Jacques Higelin chante Vian et Higelin
2006 : Amor Doloroso
2010 : Coup de foudre
2013 : Beau Repaire
2016 : Higelin 75

Voir sur YouTube : “Jacques Higelin en cinq chansons” par Le Monde ; “Jacques Higelin – Champagne (1980)” par Les archives de la RTS

Christopher Cross – Another Page (1983)

Christopher Cross (03-05-51) a marqué l’histoire de la musique pop-rock avec son premier album éponyme de 1980, remportant cinq Grammy Awards, parmi lesquels, pour la première fois, les quatre prix les plus prestigieux : Disque de l’année (pour le single «Sailing»), Album et Chanson de l’année (également pour «Sailing») et meilleur nouvel artiste. Aujourd’hui, presque 40 ans après son extraordinaire entrée dans le monde de la musique, Cross poursuit toujours sa carrière avec Secret Ladder, sorti en 2014 et plus récemment Take Me As I Am de 2017. «Bien sûr, je suis toujours romantique au fond de moi», dit Cross, dont les succès classiques – notamment «Ride Like the Wind» et Arthur’s Theme (Best That You Can Do), extraite de la bande originale du film Arthur – sont toujours diffusés à la radio à ce jour. Pourtant, Christopher Cross reste un artiste spirituel, voire religieux : «J’écris mes chansons à la guitare et c’est ainsi que je réalise ma spiritualité».

Un succès considérable dès son premier disque :

Cross débute dans un groupe de rock d’Austin, Flash, avant de signer un contrat solo avec la Warner. Il sort son premier album intitulé sobrement Christopher Cross en 1979. Sur cet album, il est épaulé par plusieurs artistes de studios californiens tels que Larry Carlton, Don Henley des Eagles ou encore Nicolette Larson. En 1981, il remporte avec ce dernier cinq Grammy Awards grâce à des titres comme “Ride Like the Wind”, “Never Be The Same”, et surtout “Sailing”.

Son second album, Another Page (1983), ne rencontre pas le succès du précédent mais comprend cependant quelques hits tels “Think of Laura” et “All Right”. En 1985 sort son troisième album Every Turn of the World, et malgré la qualité de certaines chansons, les ventes de ce dernier se révèlent mauvaises et aucun tube ne sort de cet opus. En 1988 Back Of My Mind connait le même sort.

En 1992, l’album Rendezvous voit le jour en premier lieu au Japon et ensuite en Europe. L’album Window suit en 1994. En 1998, il sort Walking in Avalon qui est composé de deux CD, un CD de nouveaux titres et un CD enregistré live avec la participation de Michael McDonald.

En 2008 est sorti un nouvel album de Cross, intitulé The café Carlyle sessions, qui ne propose pas d’inédits mais quinze titres reprenant ses plus grands succès en acoustique ainsi que des chansons moins connues de son répertoire. Outre cet album, Christopher Cross a publié en 2007 un album de Noël A Christopher Cross Christmas.

Il sort un nouvel album au cours de l’année 2011 qui s’intitule Doctor Faith. Pour la promotion de cet album, il se produit à Paris au Trianon, le lundi 2 avril. Ce concert est enregistré et filmé, ainsi en février 2013 sort le double CD + DVD A night in Paris.

Secret Ladder qui sort en 2015 évoque le talent artistique de grands auteurs-compositeurs-interprètes tels que Joni Mitchell et Randy Newman, tout en abordant de front les préoccupations contemporaines.

Discographie :

1979 : Christopher Cross
1980 : Crossroads
1983 : Another Page
1985 : Every Turn of the World
1988 : Back of my Mind
1992 : Rendezvous (album de Christopher Cross)|Rendezvous
1994 : Window
1998 : Walking in Avalon – 2 CD
2000 : Red Room
2007 : A Christopher Cross Christmas
2008 : The Café Carlyle Sessions
2011 : Doctor Faith
2014 : Secret Ladder
2017 : Take Me As I Am

Voir sur YouTube : “Christopher Cross – All Right (1983)” par cretinvert ; “Sailing by Christopher Cross in 1980” par The Greeper et “Christopher Cross – Ride Like The Wind (1980)” par Mar Jardim

Disque – Jacques Dutronc – Et moi, et moi, et moi (1966)

Jacques Dutronc, né le 28 avril 1943 à Paris, est un chanteur, compositeur et acteur français. Comme chanteur, avec le parolier Jacques Lanzmann, il a interprété les succès “Et moi, et moi, et moi”, “Les playboys”, “Les Cactus”, “J’aime les filles”, “Il est cinq heures, Paris s’éveille”, “L’Hôtesse de l’Air” et “Gentleman Cambrioleur”. En 1973, Jacques Dutronc entame une carrière d’acteur de cinéma, avec Antoine et Sébastien de Jean-Marie Périer. Il tourne par la suite pour Claude Lelouch, Andrzej Żuławski, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Mocky, Claude Chabrol et Maurice Pialat. Un César d’honneur lui est remis en 2005 pour l’ensemble de sa carrière au cinéma.

Les débuts :

À partir de 1958, Jacques Dutronc fréquente ce qui devient bientôt le lieu culte du rock français : le Golf-Drouot d’Henri Leproux. Dans ce club du 9ème arrondissement de Paris se produisirent de 1961 à 1981 plus de 6000 groupes amateurs et la plupart des artistes débutants du rock des années 1960-70 (français et étrangers), ainsi que des milliers d’inconnus qui ont tenté leur chance sur la petite scène le vendredi soir devant un public averti. C’est là qu’il retrouve d’autres copains, futurs confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell.

Dessinateur, guitariste, assistant de directeur artistique, compositeur, puis chanteur, Jacques Dutronc participe au début de l’époque yéyé en étant guitariste dans le groupe El Toro et les Cyclones, et rencontre de présentes ou futures vedettes à l’occasion de prestations de son groupe. C’est ainsi qu’il compose au début des années 1960 “Fort Chabrol”, un morceau qui sera un succès instrumental des Fantômes, pour qui il compose deux autres titres. José Salcy et Françoise Hardy reprennent ce titre qui devient avec des paroles “Le Temps de l’amour”, un des premiers hits de Françoise Hardy. Jacques Dutronc et son groupe, El Toro et les Cyclones, signent chez Vogue le 9 octobre 1961. Il est également guitariste d’Eddy Mitchell pendant cette période de manière ponctuelle. Après son service militaire, il devient co-directeur artistique des éditions Alpha de Jacques Wolfsohn, lui-même directeur artistique chez l’éditeur phonographique Vogue.

Le succès “Et moi, et moi, et moi” (1966) :

Jacques Wolfsohn, propose à Jacques Lanzmann, alors directeur du magazine Lui et romancier, d’écrire des chansons. Le 45 tours “Et moi, et moi, et moi” deviendra un des tubes de l’été 1966 (plus de 100.000 ventes), et les autres chansons connaitrons également un certain succès notamment “Mini, mini, mini”. Jacques Dutronc révèle au mensuel Salut les copains : « Ce qui a accéléré les choses pour le disque, c’est qu’étant dans la maison, je savais exactement à qui adresser mes demandes et à qui botter le cul pour que ça s’exécute ».

En 1966, son premier album sort chez Vogue. Il enchaîne les tubes, avec “Les Play-Boys”, “Les Cactus”, “J’aime les filles” ; en cette année de révélation, Jacques Dutronc assurera plus de 200 concerts à travers la France.

Autres albums remarquables :

Il est cinq heures (1968) : fait partie des séries des premiers 33 tours de l’artiste (entre 1966 et 1970) où on insère le disque dans la pochette après ouverture de celle-ci. Les titres de l’album comprennent l’ensemble des morceaux de trois 45 tours (4 titres) : “La Publicité”, “Il est cinq heures, Paris s’éveille” et “Le courrier du cœur”. Cet album comporte les premiers morceaux créditant Anne Ségalen comme coauteur des paroles. Son titre-phare, “Il est cinq heures, Paris s’éveille”, se classera N°5 en France, mais également N°3 aux Pays-Bas. C’est le flûtiste classique Roger Bourdin qui joue de la flûte dans ce morceau. On trouve également sur ce disque “Fais pas ci, fais pas ça”, qui sert aujourd’hui de générique musical à la série de télévision du même nom, ainsi que “Le plus difficile” (classé N°9 en France), et “Hippie hippie hourrah”, qui sera repris plus tard par le groupe Black Lips.

Guerre et pets (1980) : Cinq ans ont passé entre son précédent album, Jacques Dutronc et ce Guerre et Pets, qui est le premier des deux albums publiés par Gaumont Musique, après son départ de Vogue, son label depuis le début des années 1960. La majorité des textes de l’album sont écrits par Serge Gainsbourg, ami de Dutronc (qui venait de connaître un énorme succès avec Aux armes et cætera), qui lui concocte le fameux “L’Hymne à l’amour (moi l’nœud)”. Jacques Lanzmann, jusqu’alors auteur exclusif des chansons – et pour la plupart des tubes – de Dutronc, ne participe qu’à l’écriture de deux chansons (“La Vie dans ton rétroviseur” et “Manque de tout”). Dutronc reprend un titre qu’il a composé pour sa compagne Françoise Hardy dix-huit ans plus tôt : “Le Temps de l’Amour”. Guerre et Pets, disque d’or, s’est vendu à 168.000 exemplaires.

Discographie :

1966 : Et moi, et moi, et moi
1968 : Il est cinq heures
1969 : L’Opportuniste
1970 : L’Aventurier
1971 : Jacques Dutronc
1972 : Jacques Dutronc
1975 : Jacques Dutronc (Gentleman Cambrioleur)
1980 : Guerre et pets
1982 : C’est pas du bronze
1987 : C.Q.F.D…utronc
1995 : Brèves Rencontres
2003 : Madame l’existence

Voir sur YouTube : Jacques Dutronc “Et moi, et moi, et moi” (live officiel) ; Jacques Dutronc “Il est cinq heures Paris s’éveille” ; “Jacques Dutronc “Gentleman cambrioleur” (live officiel)” par Archive INA ; “JACQUES DUTRONC – MERDE IN FRANCE” par Ringard Willycat

Album – Elton John – Goodbye Yellow Brick Road (1973)

Né en 1947 en Angleterre, Elton John s’intéresse très tôt à la musique et devient rapidement un enfant prodige du piano. Tout en travaillant comme coursier dans une maison d’édition, il commence un peu plus tard à jouer le soir dans les clubs, puis à travailler avec divers groupes dont celui de Long John Baldry. Elton John rencontre ensuite Bernie Taupin, et ils s’associent pour écrire des chansons, Elton John mettant en musique les textes de Bernie. Ils enregistrent enfin un premier album prometteur, Empty Sky (1969), avant de s’adjoindre Gus Dugeon et Paul Buckmaster, respectivement producteur et arrangeur. L’arrivée de ces deux hommes prestigieux permet à Elton John la réalisation de deux autres disques plus à la hauteur de ses ambitions : Elton John (1970) et Thumbleweed Connections (1970). C’est le commencement de la réussite, grâce à la chanson “Your Song”, qui s’inscrit rapidement dans les classements anglais, puis américains, en 1970. Le succès grandira ensuite progressivement au fil des albums et des concerts, pour atteindre, en 1975, les sommets des ventes de disques. En France, il faudra attendre les albums Blue Moves (1976) et surtout A Single Man (1978), pour qu’Elton John sorte enfin de l’anonymat.

En plus de cinquante ans de carrière, Elton John a vendu plus de 300 millions de disques. En 1993, il bat le record d’Elvis Presley en installant un nouveau single au top 40 US pour la 24e année consécutive (record maintenu jusqu’en 1999, 30e année consécutive avec un single au top 40 US avec “Written in the stars” en duo avec Lean Rimes pour sa comédie musicale Aïda).

En 1997, sa chanson “Candle in the wind” devient le single le plus vendu depuis la création des hit-parades, avec 33 millions d’exemplaires écoulés. En 2008, il est classé comme l’artiste solo masculin ayant eu le plus de succès dans le classement du magazine Billboard depuis sa création : Hot 100 Top All-Time Artists avec 56 singles inscrits au Top 40, 27 au Top 10, quatre no 2, et neuf no 18. Il s’est produit plus de 4000 fois en concert dans un total de plus de 80 pays.

Quelques albums remarquables :

Honky Château (1972) : Enregistré avec l’aide du groupe qu’il gardera de nombreuses années, cet album est celui qui pose définitivement les bases de l’art d’Elton John : une musique largement dominée par l’omniprésence du piano, qui soutient de complexes mélodies travaillées avec soin. La voix d’Elton John vient délicatement se poser sur des arrangements subtils (“Rocket Man”, “Mellow”), mais s’envole parfois sur des rythmes plus rapides et funky, au swing plus léger (“Honky Cat”, “Hercules”).

Goodbye Yellow Brick Road (1973) : Cet album est le chef d’œuvre du chanteur. Tout au long de ses titres, Elton John y développe à l’extrême un style unique à la limite du rock et de la variété. On a cru un moment que le secret de la réussite d’Elton John résidait dans la somptuosité de la production et des arrangements. En vain. Lorsqu’il les a joué sur scène à Paris, seul avec son piano, on a pu se rendre compte que “Candle in The Wind”, “Bernie and The Jets” ou “Saturday Night is Alright for Fishing” étaient de véritables monuments de chaleur et de tendresse venus tout droit du cœur de ce personnage attachant.

Blue Moves (1976) : Elton John est au sommet de sa carrière lorsqu’il sort ce double album d’un éclectisme rare. C’est l’un des albums préférés du chanteur, qui pensa arrêter sa carrière avec celui-ci : après un rythme effréné d’enregistrements (12 albums en 5 ans) et de tournées mondiales, Elton John annonça qu’il s’agissait de son dernier album. Il retourna finalement en studio deux ans plus tard. Sans aucun doute l’un de ses chefs-d’œuvre, c’est aussi l’un des albums préférés des fans, et le second double album après Goodbye Yellow Brick Road. On y trouve des instrumentaux et des morceau allant du rock progressif au jazz, en passant par le gospel. C’est également l’un des albums les plus sombres d’Elton John, et qui, malgré son succès jamais démenti, ne contient qu’un seul tube planétaire : “Sorry Seems To Be The Hardest Word”.

A Single Man (1978) : Harassée par le rythme effréné des enregistrements et des tournées mondiales, la star déclare alors vouloir mettre fin à sa carrière. Mais, deux ans plus tard, Elton John retourne en studio (sans son parolier Bernie Taupin, remplacé par Gary Osborne, et sans son producteur fétiche, Gus Dudgeon) et sort l’album A Single Man. Celui-ci contient deux singles à succès : “Part-Time Love” et le morceau instrumental “Song For Guy”. L’album occupe une place ambiguë dans la discographie de la star britannique puisqu’il est situé entre Blue Moves, souvent considéré comme le dernier opus de l’âge d’or d’Elton John, et l’album disco Victim of Love, annonciateur d’années 1980 inégales.

Too Low for Zero (1983) : Cet album célèbre le retour de Bernie Taupin pour l’écriture de toutes les paroles, collaboration interrompue après Blue Moves (1976). Elton John marque également son retour après une période difficile et peu productive, répondant aux critiques avec la chanson “I’m Still Standing”. Très marqué par le son prédominant des claviers, Too Low For Zero renferme quatre singles : “I’m Still Standing”,” I Guess That’s Why They Call It the Blues”, “Kiss the Bride” ainsi que le titre éponyme.

Discographie : 

1969 : Empty Sky
1970 : Elton John
1970 : Tumbleweed Connection
1971 : Madman Across the Water
1972 : Honky Château
1973 : Don’t Shoot Me I’m Only the Piano Player
1973 : Goodbye Yellow Brick Road
1974 : Caribou
1975 : Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy
1975 : Rock of the Westies
1976 : Blue Moves
1978 : A Single Man
1979 : Victim of Love
1980 : 21 at 33
1981 : The Fox
1982 : Jump Up!
1983 : Too Low for Zero
1984 : Breaking Hearts
1985 : Ice on Fire
1986 : Leather Jackets
1988 : Reg Strikes Back
1989 : Sleeping with the Past
1992 : The One
1993 : Duets
1995 : Made in England
1997 : The Big Picture
2000 : The Road to El Dorado
2001 : Songs from the West Coast
2004 : Peachtree Road
2006 : The Captain and the Kid
2010 : The Union (avec Leon Russell)
2013 : The Diving Board
2016 : Wonderful Crazy Nigh

Voir sur YouTube : “Elton John – Goodbye Yellow Brick Road (1973)” par silksashbash ; “Elton John – Rocket Man (Official Music Video)” ; “Elton John – I’m Still Standing” ; “Elton John – Don’t Go Breaking My Heart (with Kiki Dee)” ; “Elton John – Nikita” ; “Elton John – Sacrifice” par Elton John.

Disque – Renaud – Laisse Béton (1977)

Renaud Séchan, né le 11 mai 1952 à Paris, est un auteur-compositeur-interprète français. C’est un musicien inclassable à la limite entre la chanson à texte et le pop rock, cette seconde image étant appuyée par son allure de loubard au grand cœur. Les paroles contiennent des choses qu’on dit tous les jours sans faire attention, mais que Renaud arrive en mettant les phrases bout à bout, à faire sonner comme de la vraie poésie pop, avec en sus, l’accent du pavé de Paris. Avec vingt-trois albums totalisant quasiment vingt millions d’exemplaires vendus, Renaud est l’un des chanteurs les plus populaires en France et l’un des plus connus dans la francophonie.

Les débuts :

Pendant mai 1968, il découvre l’écriture de chansons, et rédige sa première : “Crève salope” qui a un franc succès auprès des autres étudiants. Deux autres chansons, “C.A.L. en Bourse” et “Ravachol”, suivent rapidement, encore inédites à ce jour.

En avril 1969, il arrête ses études, s’installe dans une chambre de bonne, et entre dans la vie active comme magasinier puis vendeur à la Librairie 73 au boulevard Saint-Michel durant deux ans. Il profite de ses temps libres pour lire autre chose que ce que lui a imposé l’école : Vian, Prévert, Maupassant, Zola, Bruant, Céline… À cette époque, il chante encore uniquement pour amuser ses amis ou draguer. Les chansons sont de lui, mais aussi d’Hugues Aufray ou de Bob Dylan. Au bout de quelques mois il peut s’acheter une première moto avec laquelle il rencontre ses premiers amis «loubards» et fréquente les bandes d’Argenteuil, de République et de Bastille.

En 1971, en vacances à Belle-Île-en-Mer, il rencontre Patrick Dewaere dans une soirée qui le fait entrer comme comédien au Café de la Gare (à Paris) pour remplacer un acteur au physique similaire parti aux États-Unis. Pendant quelques mois, tout en restant libraire la journée, il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet, Sotha et, bien sûr, Patrick Dewaere, notamment dans Robin des quoi? de Romain Bouteille. Il rend finalement sa place à l’acteur à son retour, plus tard remplacé par Gérard Depardieu. Renaud pense alors avoir trouvé sa vocation : comédien.

En 1973-1974, il commence à chanter dans les rues et les cours d’immeuble du côté de la porte d’Orléans, rejoignant un copain accordéoniste, Michel Pons, fils du patron de son bistrot favori le «Bréa». Il y chante le Paris populaire qu’il affectionne à travers les chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette. Son répertoire s’élargit avec ce qu’il écrit et compose lui-même. L’idée est de faire revivre la tradition des accordéonistes qu’il avait vus faire la manche dans son enfance.

Paul Lederman remarque Renaud en 1974, alors que celui-ci chantait devant le Café de la Gare. Le producteur de Coluche, leur propose de venir jouer au Caf’conc’ de Paris, en première partie du spectacle de Coluche. Encouragé par Lederman, Renaud continue seul en chantant ses propres chansons (“Hexagone”, “Camarade bourgeois”…). C’est là qu’un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim l’entendent et lui proposent de faire un disque. Renaud, qui avait déjà refusé une proposition de Lederman – il entend toujours faire acteur – est peu enthousiasmé par la proposition mais accepte tout de même. Son premier 33 tours, Amoureux de Paname, sort en mars 1975.

Cette époque marque le renoncement à son image de titi parisien et le début de Renaud le loubard : pour son second album, il troque sa casquette de marlou et les chemisettes pour des santiags et un perfecto de cuir. S’ensuivent quelques concerts en province, où le chanteur est très demandé à la suite d’Amoureux de Paname, et où il rode certaines des chansons qui composeront l’album suivant.

Quelques albums remarquables : 

Laisse béton (1977) : appelé parfois Place de ma mob, est le second album de Renaud, sous le label Polydor. En réalité, l’album n’a pas de titre, mais l’inscription « Place de ma mob » s’inscrit sur le décor de la couverture et Laisse béton est le titre de la première chanson, c’est le verlan de laisse tomber. Il est toujours produit par Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim, mais il abandonne son image de titi parisien pour celle du gentil loubard au blouson de cuir, image qu’il durcit jusqu’à l’album Marche à l’ombre. Renaud a plus de liberté pour cet album. Il impose ses musiciens, la pochette et la chanson “Les Charognards” que ses producteurs refusaient pour « apologie du gangstérisme » (il n’avait pas réussi à leur imposer une chanson contre Franco sur l’album précédent, qui fut transformée en Petite fille des sombres rues.) Nettement plus soigné, Laisse béton se vend modestement mais la chanson-titre devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et le grand public découvre le chanteur Renaud. La vente du single “Laisse béton” atteint les 300.000 exemplaires et l’album se vend à 200.000 exemplaires. 

Morgane de toi (1983) : Cet album enregistré à Los Angeles, contient plusieurs tubes. Le premier qui donne son titre à l’abum et qui signifie amoureux de toi, a été composée par Franck Langolff et est dédiée à la fille de Renaud, Lolita. Le clip de la chanson a été réalisé par Serge Gainsbourg et tourné sur la plage du Touquet. Bambou, la compagne de Serge Gainsbourg, y est visible à cheval.

“Dès que le vent soufflera” : Au début des années 1980, inspiré par les aventures similaires d’Antoine et de Jacques Brel, Renaud se fait construire un bateau, le Makhnovchtchina, pour aller naviguer aux quatre vents, avec ses copains, son épouse Dominique et leur fille Lolita (née en 1980). Alors qu’il lui parle de sa passion pour la mer et de son bateau, son amie Dominique Lavanant lui cite «C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme» de l’aventurier Joseph Kessel, phrase qui lui inspirera cette chanson lors d’une traversée de retour des Antilles vers la France en juin 1983. Dans cette chanson, il relate sa vie sur son bateau et la vie de marin, avec son célèbre humour teinté d’autodérision, inspirée de la chanson Santiano d’Hugues Aufray.

“Déserteur” : est une chanson dont la mélodie est une variation et une réactualisation de la chanson Le Déserteur de Boris Vian de 1954. Sur un texte sciemment antimilitariste, irrévérencieux et provoquant – le Président de la République y est invité à venir manger des nouilles et fumer un pétard – dans un esprit soixante-huitard – retour à la nature, vie en communauté dans une ferme – la chanson est un plaidoyer pour le désarmement, une dénonciation de la rivalité dans leurs courses à la prolifération des armes nucléaires de l’URSS et des États-Unis, doublé de l’aveu d’une impuissance résignée : «Quand les Russes, les Ricains feront péter la planète, moi j’aurai l’air malin avec ma bicyclette». Avec cette ode empreinte de pacifisme, Renaud se revendique « un militant du parti des oiseaux, des baleines, des enfants, de la Terre et de l’eau ».

Mistral gagnant (1985) : est le septième album studio de Renaud sorti en décembre 1985, sur lequel figurent notamment la chanson éponyme qui est l’une de ses plus connues, et le titre “Miss Maggie”, qui brocarde Margaret Thatcher. Ce dernier 45 tours connaît un grand succès et est aussi l’objet d’un mini-scandale outre-manche. Le titre se classe plusieurs semaines au Top 50 en mars 1986. Le 33 tours connaît un énorme succès courant 1986 et se vend à plus de 1.300.000 exemplaires.

Le titre du 33 tours vient du nom d’une ancienne confiserie, le Mistral gagnant, disparue bien avant l’enregistrement de la chanson. C’est une chanson dans laquelle le chanteur parle de ses souvenirs et des bonbons de son enfance. Elle est largement imprégnée de la mélancolie du chanteur exprimée au travers de ses souvenirs de bonbons, aujourd’hui disparus comme le temps qu’on ne peut pas récupérer (Mistral gagnant, Coco Boer, Roudoudou, Car en sac, Minto). La chanson est destinée à sa fille Lolita. Renaud raconte que cette chanson ne devait pas figurer sur l’album, car il pensait qu’elle «était trop personnelle et n’intéresserait pas grand monde». Appelant sa femme Dominique depuis le studio d’enregistrement à Los Angeles, il la lui a chantée au téléphone. Après l’avoir entendue, elle lui a dit : « Si tu ne l’enregistres pas, je te quitte… ». En mai 2015, selon un sondage BVA, elle est désignée chanson préférée des Français devant Ne me quitte pas de Jacques Brel et L’Aigle noir de Barbara.

L’album est dédié «aux petits garçons qui ont les mains sur les hanches», référence à Frédéric Dard et son roman Faut-il tuer les petits garçons qui ont les mains sur les hanches?, tandis que la chanson “P’tite conne” est dédiée à Pascale Ogier, morte d’une crise cardiaque à 25 ans, l’année précédant la sortie de l’album.

Rouge Sang (2006) : est le quatorzième album studio de Renaud. Ayant retrouvé le grand amour auprès de Romane Serda, Renaud a déclaré plusieurs fois avoir retrouvé son inspiration et la créativité qui était la sienne quelques années auparavant. Cet album se voulant plus engagé que le précédent (Boucan d’enfer), Renaud a composé des chansons engagées comme “Elle est facho”, “J’ai retrouvé mon flingue”, ou encore “Sentimentale mon cul!”.

Discographie :

1975  Amoureux de Paname
1977  Laisse Béton
1979  Ma gonzesse
1980  Marche à l’ombre
1981  Le Retour de Gérard Lambert
1983  Morgane de toi
1985  Mistral gagnant
1988  Putain de camion
1991  Marchand de cailloux
1993  Renaud cante el’ Nord
1994  À la Belle de Mai
1995  Les Introuvables
1996  Renaud chante Brassens
2002  Boucan d’enfer
2006  Rouge Sang
2009  Molly Malone – Balade irlandaise
2016  Renaud

Voir sur YouTube : “Renaud – Laisse béton (1978)” par Les archives de la RTS ; “Renaud – Mistral gagnant (Clip officiel)” par Reanud ; “Renaud — Dés que le vent soufflera” par Dakoras