Film – Demolition man (1993)

Sous ses apparences de blockbuster brut de décoffrage calibré U.S., Demolition man est un film drôle et prédictif fort bien réalisé qui ne se prend pas trop au sérieux. Le film se déroule dans un Los Angeles post-apocalyptique (1996) où la guerre des gangs est à l’ordre du jour. Le chef de gang psychotique Simon Phoenix (Wesley Snipes) a pris des otages dans un bus et John Spartan surnommé Demolition Man (Sylvester Stallone) en raison de ses méthodes expéditives, décide de passer à l’action et parvient à s’introduire dans le repaire de Phoenix. Ce dernier refuse de se rendre et déclenche une formidable explosion durant laquelle les 30 otages trouvent la mort. Malheureusement, Spartan est accusé à tort d’homicide involontaire suite à la mort des otages et Phoenix et Spartan sont envoyés dans une «cryo-prison». Lorsque Simon Phoenix s’échappe de son frigo dans le Los Angeles Utopique et sans crime de 2032, la police n’est pas préparée à faire face à son niveau de violence. Ils n’ont pas d’autre choix que de décongeler à son tour John Spartan afin qu’il puisse capturer à nouveau Phoenix.

Quelques prédictions du film :

Schwarzenegger politicien : Nous avons tous ri en 1993 rien qu’à l’idée qu’Arnold Schwarzenegger puisse devenir un personnage politique important dans le futur. Certes il n’est pas devenu Président, mais il a tout de même effectué deux mandats comme gouverneur républicain de la Californie où il sera élu le 17 novembre 2003 puis réélu le 7 novembre 2006. Jerry Brown, qui lui a succédé le 3 janvier 2011, était déjà le successeur à ce poste en 1975 de l’ex-acteur Ronald Reagan devenu président en 1980, et si la constitution des U.S.A. n’avait pas interdit aux étrangers de briguer la magistrature suprême, qui sait Schwarzy ne le serait pas devenu…

Wesley Snipes en prison : En 2008, Wesley Snipes était rattrapé par la justice pour fraude fiscale. Le Fisc américain lui reprochait de ne pas avoir déclaré plusieurs millions de dollars. Une sacrée somme qui lui valut d’être condamné à trois ans de prison ferme. D’accord, il n’a pas dirigé une bande de criminels endurcis et assassiné les enfants d’un autobus scolaire ; il n’a pas eu droit non plus à la prison cryogénique… Mais on ne peut s’empêcher d’être troublé par la prédiction du scénario.

Les voitures autonomes : Presque toutes les voitures dans le film (à l’exception notable de l’Oldsmobile 442 rouge conduite par Stallone) sont autonomes. Google a été la première entreprise, en juin 2015, à faire circuler un prototype de voiture sans conducteur. Elle s’appuie pour cela sur un système sophistiqué de radars et de caméras qui permet de cartographier l’environnement et de détecter voitures, piétons, feux rouges, lignes blanches. Quant à Uber, il nous promet, dès que cela sera juridiquement possible, une flotte de voitures autonomes de marque Mercedes. Le contrat évoqué porte sur plus de 100 000 véhicules et ce sera le futur modèle de la classe C. « Le constructeur automobile allemand Daimler va à l’avenir fournir des voitures Mercedes autonomes au service de taxi américain Uber. Les deux entreprises ont signé à ce propos une déclaration d’intention. Daimler se propose d’être le premier groupe automobile à fournir des voitures autonomes à Uber. Cette dernière a déjà testé ce genre de voiture à San Francisco en collaboration avec Volvo. Uber a aussi racheté la jeune entreprise Otto, spécialisée dans le software pour camions autonomes. » La disparition des taxis est sur les rails…

Les téléconférences : Les téléconférences sont devenues routinières aujourd’hui, mais elles n’existaient pas en 1993. En plus, dans le film, les écrans s’orientent selon le déplacement de la personne physiquement présente ; une idée à explorer?

Les implants : Tout le monde dans ce Los Angeles utopique a un implant qui fait office de carte d’identité, de moniteur médical et de portefeuille virtuel. Alors que nous avons déjà des implants médicaux pour surveiller les niveaux d’insuline et pour contrôler les stimulateurs cardiaques, les animaux de compagnie sont déjà « pucés » et certains voudraient qu’on applique ce système à l’humain…  Au Baja Beach Club, discothèque du bord de mer à Barcelone, des clients se sont fait greffer une puce RFID dans le bras gauche, à hauteur du biceps, juste sous l’épiderme. Pour les patrons de la discothèque, cette puce permet d’identifier immédiatement, et à coup sûr, un individu : en effet, grâce à un scanner qu’il suffit de passer sur le bras, apparaissent aussitôt, sur un écran d’ordinateur, le nom du client, son numéro d’identification personnel, ainsi que le crédit dont il dispose dans l’établissement.

Quelques anecdotes du tournage : 

Le début du film a été inspirée par les émeutes de L.A. qui ont eu lieu six mois seulement avant le début du tournage.

Wesley Snipes est ceinture noire cinquième degré en capoeira, un art martial brésilien. Il se déplaçait si rapidement lors des scènes de combat, que les caméramans ont dû lui demander de ralentir afin que le public puisse suivre l’action.

Le nom de Raymond Cocteau est une référence aux visionnaires français Jean Cocteau et Raymond Radiguet.

Le bâtiment du département de l’Eau et de l’Energie de Los Angeles – qui était déjà prévu pour la destruction – a été détruit pour le film.

L’immeuble d’Huxley est dans la réalité le Pacific Design Center situé à West Hollywood. Il est surnommé «la baleine bleue» en raison de ses parois en verre bleu cobalt.

Le tunnel de la 2ème rue a également été utilisé dans le film Blade Runner, qui se déroule dans le Los Angeles futur.

Les costumes civils futuristes ont été inspirés des vêtements japonais. Les habilleurs ont supposé que les vêtements du futur incorporeraient plus de tissu pour protéger les gens du rayonnement U.V. mal filtré par la couche d’ozone endommagée du futur.

Dans certains pays (dont la France), Pizza Hut a été utilisé à la place de Taco Bell. Les deux chaînes de restaurants appartenaient à l’époque à PepsiCo.

Demolition Man a rapporté plus de 159 millions de dollars dans le monde entier. C’est le plus grand succès dans la carrière de Snipes.

Voir sur YouTube : « Demolition man (VF) – Bande Annonce » par warnervodfr  

Livre SF – Kim Stanley Robinson – Mars la rouge (1993)

La trilogie martienne de Kim Stanley Robinson est l’une des séries les plus honorées de la science-fiction, avec Mars la rouge remportant le distingué Nebula Award, ainsi que Mars la verte et Mars la bleue honorées par le Hugo. Devenu un classique du genre, cette saga épique dépeint habilement les histoires humaines derrière le projet le plus ambitieux de la Terre: la terraformation de Mars. Dans cette œuvre, Robinson tisse brillamment un cadre futuriste avec une vision poétique de l’esprit humain engagé dans un drame aussi ancien que l’humanité même.

La trilogie suit la colonisation de Mars et plus tard du système solaire complet, avec l’évolution technologique, morale, sociale et politique qui l’accompagne, couvrant 200 ans d’histoire future. Fabriqué après une longue période de recherche et atteignant 2000 pages, de nombreux romans antérieurs de Robinson, tels que Les Menhirs de glace Icehenge (1984) et Pacific Edge (1992) (jamais traduit, tiré de la série Orange County) sont à bien des égards des précurseurs de la trilogie dans les thèmes ou le cadre.  Notamment lorsque Kim Stanley Robinson spécule sur les effets psychologiques de l’ultra-longévité (les protagonistes vivent plus de 200 ans en moyenne) comme la perte de mémoire, la modification de la personnalité, l’instabilité mentale et l’ennui. Chaque roman tire son nom de la couleur de la planète Mars alors qu’elle évolue grâce au processus de terraformation.

Alors que la planète est en cours de changement pour devenir une nouvelle Terre, nous rencontrons des hommes et des femmes qui sont liés par leurs expériences sur Mars. Parmis les cent premiers colons, il y a Michel Duval, un psychologue français ébloui par la beauté autour de lui ; Maya (Katarine) Toitovona, une femme dont les déboires amoureux conduisent à son premier voyage à Mars ; Roger, un grand guide martien qui n’a pas les compétences sociales mais qui a le courage de survivre sur la surface dangereuse mais étrangement impérieuse de la planète…

A partir des premiers explorateurs, des générations d’amis, d’ennemis et d’amants sont emportés dans ce drame qui est un reflet de l’atavisme humain transposé sur Mars. L’exploration internationale se transforme en bâtiment mondial ; l’édification du monde dégénère en conflit politique, en révolution et en guerre.

A la suite de ces existences et de ces événements, à une époque où la vie humaine a été prolongée grâce à la science, La trilogie martienne devient l’histoire des générations qui vivent au bord de la frontière ultime, dans un paysage de transformation naturelle et humaine constante.

Ce chef-d’oeuvre de Kim Stanley Robinson est une histoire d’espoir et de déception, de luttes physiques et psychologiques féroces. À la fois profondément humain et scientifiquement à la pointe, la trilogie martienne est la chronique épique d’une planète qui représente l’une des plus belles possibilités de l’humanité.

Adaptation TV :

Kim Stanley Robinson aura droit à une série à la hauteur de sa saga littéraire La Trilogie Martienne. Une série qui serait adaptée par Spike TV, selon Variety. Toujours selon Variety, le premier épisode serait disponible en janvier 2017 (aux U.S.A.). La première saison adapterait logiquement le premier livre, Mars la Rouge et elle serait produite par Vince Gerradis également producteur délégué sur Game of Thrones.

Le Livre : 

Au début du XXIe siècle, Mars, symbole universel de la conquête de l’espace à travers les âges, n’est plus un rêve inaccessible et l’homme se lance immédiatement dans sa colonisation. Des voix s’élèvent aussitôt, rappelant le triste passé de la Terre en Afrique ou en Amérique. S’opposant aux ambitions des multinationales, une partie des immigrants, menée par les premiers colons, se révolte contre la « terraformation » puis contre l’exploitation sauvage des ressources. Mais la répression des grands argentiers du monde va être terrible. Et lorsque la pression des populations terriennes, poussées par la misère, la surpopulation et les catastrophes climatiques, enflamme la situation sur Terre, que vont pouvoir faire les quelques poignées de Martiens déjà bien affaiblis face à cette nouvelle crise ? Pour cette immense fresque, que l’on peut rapprocher de Dune de Herbert ou d’Helliconia d’Aldiss, Robinson a reçu lors de la sortie du premier volume le prix Nebula et le prix Hugo lors de la parution du second volet.

Album – Doobie Brothers – Listen To The Music (The Very Best of) (1993)

Américains, ils viennent de San José (Californie). Leur musique est typique de celle des groupes West Coast de deuxième génération : influence folk dans le choix des thèmes, tempos Rock et Rythm and Blues, vocaux impeccablement mis en place, héritage des Beach Boys et du gospel.

Réconfortant et agréable comme une journée ensoleillée à Los Angeles, toutes harmonies cristallines et décontractées brandies en porte-étendard du rock FM, les Doobie Brothers étaient la quintessence du yacht-rock californien (Yacht Rock était une série de vidéo en ligne qui suivait les vies romancées et les carrières des stars U.S. du Soft Rock de la fin des années 1970 et du début des années 1980 (Doobie Brothers, Kenny Loggins, Eagles, Stevie Nicks, Toto , Christopher Croos, Hall & Oates…). La série a fait ses débuts sur la chaîne 101 lors de la diffusion du 26 juin 2005 : Voir la quatrième video YouTube ci-dessous). 

Prenant leur nom « doobie » du terme d’argot utilisé pour désigner un joint de marijuana, tout ce qu’ils ont demandé à leur fans était d’«Écouter la musique» (Listen to the Music…), et de sauter à bord du « Long train qui file » (Long Train Running…) pour une ballade jusqu’aux confins de la baie californienne. Dirigé par Tom Johnston, jusqu’à ce qu’il ne quitte le navire en 1975 pour poursuivre une brève carrière en solo, les joyeux « frères pétard » étaient déjà à cette époque des musiciens très doués. Mais lorsque le brillant Michael McDonald a pris en charge les tâches vocales jusqu’au début des années 80, une autre facette du groupe à commencé à percer.

Fondé à San José en Californie en mars 1970, les racines de Tom Johnston (guitare/chant) et de John Hartman (batterie) remontent à quelques années plus tôt alors qu’ils dirigeaient le groupe post-psychédélique/country-rock Pud Avec Gregg Murphy. Quand le duo a fait équipe pour des sessions avec le guitariste Patrick Simmons et le bassiste Dave Shogren, en jouant du boogie de bar-salon qui était populaire chez les Hell’s Angels locaux, les Doobie Brothers sont nés.
Presque immédiatement signés chez Warner Brothers, il y avait un arrière goût de country-rock de la côte ouest (à la Moby Grape ou à la Crosby, Stills & Nash) dans leur premier album éponyme. Bien que n’ayant engrangés que peu de ventes, The Doobie Brothers (1971) était quand même un test initiatique musical et un révélateur de talent pour le quartet de musiciens tandis que le titre «Nobody» frémissait au Top 100.

En 1972, le groupe change le bassiste Dave Shogren contre Tiran Porter, et ajoute un second batteur/percussionniste (Michael Hossack) au groupe. L’abum Toulouse Street (1972)  qui sort la même année est très bien reçu. Aidé en peu de temps par le single entré au Top 10 « Listen To The Music » et aussi par le succès suivant : « Jesus Is Just Alright » (une piste utilisée autrefois par The Byrds), les Doobies gagnent leur premier disque d’or qui fixera leur plan musical pour la première moitié de leur carrière. Le producteur Ted Templeman a maintenant pleinement permis d’expérimenter les harmonies impeccables et la musicalité du groupe.

The Captain and Me (1973) et l’entraînant  45 tours, « Long Train Runnin », ont remporté des records de vente avec le fameux « China Grove » (qui a également atteint le Top 20). C’est un des albums les plus rock de leur discographie, avec de très belles harmonies vocales West Coast et des tempos martelés pour faire balancer le tout comme il convient ; à cette époque, les Doobies étaient une alternative dure aux Eagles, et même à des gens comme Steely Dan. Au départ, le titre « Long Train Running » a été écrit en tant qu’instrumental, jusqu’à ce que Templeman pousse Johnston à lui ajouter quelques paroles, ce qui est le témoignage de leur proche collaboration. Alors que la Grande-Bretagne s’ouvrait au tube «Listen to the Music» (qui a finalement dépassé le Top 30 au Royaume-Uni), les Doobie Brothers ont tenté une incursion dans le monde du country-rock pour le quatrième album.

En 1974, Keith Knudsen remplace Hossack en tant que deuxième batteur du groupe sur What Were Once Vices Are Now Habits, qui a lancé leur premier numéro un, «Black Water», et sur lequel l’ancien membre de Steely Dan Jeff « Skunk » Baxter officie bien que Baxter ait officiellement rejoint les Doobie Brothers pour le Stampede de 1975. Avant la sortie de l’album, Johnston est hospitalisé suite à un ulcère à l’estomac et se fait remplacer pour la tournée par le claviériste-chanteur Michael McDonald, qui avait également travaillé avec Steely Dan. Même si l’album a culminé à la quatrième place du Top, Stampede n’a pas été aussi commercialement réussi que ses trois prédécesseurs, et le groupe a décidé de laisser McDonald et Baxter, qui étaient maintenant des membres officiels de Doobie Brothers, remanier le Country Rock teinté de Boogie Light du groupe.

Le nouveau son de Takin’ It to the Streets a été présenté en 1976 avec le single éponyme, ainsi qu’une collection de titres funk et pop jazzy qui a abouti à un album de platine. Plus tard cette année, le groupe a publié la compilation de hits The Best of the Doobies. En 1977, ils ont sortent Livin’ on the Fault Line (1977), qui a été un succès sans produire de gros hits. Johnston a quitté le groupe après la sortie de l’album pour poursuivre une carrière solo sans succès. Après son départ, les Doobies ont sorti leur album le plus réussi, Minute by Minute (1978), qui a passé cinq semaines au sommet du Top 10 grâce au single numéro un «What a Fool Believes». Hartman et Baxter quitteront le groupe après la tournée de soutien de l’album, laissant le groupe au mains de Michael McDonald’s.

One Step Closer (1980) :  Après une année d’auditions, les Doobies ont embauché John McFee, (guitariste de Clover, batteur de session de Chet McCracken et ancien saxophoniste de Moby Grape, Cornelius Bumpus) et publient l’album One Step Closer (1980), qui deviendra album de platine et duquel sera tiré le Top Ten « Real Love. » Pendant la tournée pour One Step Closer, McCracken sera remplacé par Andy Newmark.

Au début de 1982, les Doobie Brothers annoncent leur rupture après une tournée d’adieu, (le 1983 Farewell Tour). Après la scission du groupe, McDonald poursuit une carrière solo réussie, tandis que Simmons sort un enregistrement solo infructueux. En 1987, les Doobies se réunissent pour un concert au Hollywood Bowl, qui se transforme en une brève tournée à laquelle Michael McDonald ne participera pas.

En 1989, la formation de Johnston, Simmons, Hartman, Porter et Hossack du début des années 70, complétée par le percussionniste Bobby LaKind, signe un contrat avec Capitol Records. Leur album Cycles, est classé disque d’or dès sa sortie à l’été 1989, grâce au hit du Top 10 « The Doctor ».

Brotherhood (1991) suit deux ans plus tard, mais il n’a pas suscité beaucoup d’intérêt.

Jusqu’à la sortie du Greatest Hits 2001 de chez Rhino records, l’album Import Listen To The Music – The Very Best of the Doobie Brothers (1993) a été la compilation la plus complète des Doobie Brothers disponible sur le marché. Contenant 19 chansons, elle contient tous les grands succès, avec notamment « Long Train Runnin » et « Listen to the Music » dans une version remixée, en plus des versions album des deux chansons. C’est une bonne collection, contenant tout ce que la plupart des auditeurs pourraient souhaiter écouter de ce groupe mythique.

Pour le reste des années 90, le groupe parcourt les États-Unis, en faisant des concerts « revival » typés années 70. En 1995, McDonald rejoint le groupe à nouveau, et l’année suivante voit la sortie de Rockin’ Down the Highway. Mais la formation change à nouveau au tournant du nouveau millénaire. En 2000, le groupe composé d’Hossack, Johnston, Knudsen, McFee et Simmons – sort Sibling Rivalry, avec Guy Allison aux claviers, Marc Russo au saxophone et Skylark à la basse. La composition de la bande de la fin des années 1970 faite de Simmons, Johnston, McFee et Hossack (avec Michael McDonald invité sur une piste) est réunie une fois de plus pour sortir World Gone Crazy en 2010. Le documentaire Let the Music Play: L’histoire des Doobie Brothers suit en 2012 ; la même année Hossack meurt d’un cancer.
Au début de 2014, les Doobie Brothers – cette fois-ci avec McDonald, Johnston, Simmons et McFee – annoncent qu’ils rentraient au studio pour enregistrer un album rempli de versions Country de leurs plus grands succès, mettant en vedette des stars de Nashville comme Toby Keith, Brad Paisley, Zac Brown, Sara Evans et Chris Young. L’album s’appelle : Southbound.

Discographie :

1971 : The Doobie Brothers
1972 : Toulouse Street (US N°21)
1973 : The Captain and Me (US N°7)
1974 : What Were Once Vices Are Now Habits (US N°4)
1975 : Stampede (US N°4) avec Ry Cooder, Maria Muldaur, Curtis Mayfield
1976 : Takin’ It to the Streets (US N°8)
1977 : Livin’ on the Fault Line (US N°10)
1978 : Minute by Minute (US N°1)
1980 : One Step Closer (US N°3)
1983 : Farewell Tour [Live] (US N°79)
1989 : Cycles (US N°17)
1991 : Brotherhood (US N°82)
1993 : The Doobie Brothers ‎– Listen To The Music (Best Of)
1996 : Rockin’ Down the Highway: The Wildlife Concert [Live]
1999 : Best of the Doobie Brothers Live [Live]
2000 : Sibling Rivalry
2001 : On Our Way Up
2003 : Divided Highway
2004 : Live at Wolf Trap [Live]
2010 : World Gone Crazy
2014 : Southbound

Voir sur YouTube : « Doobie Brothers – Listen To The Music – HD » par Largarife2 ; The Doobie Brothers – « Long Train Running (1993 Remix) » [Official Music Video] par Rhino et « The Doobie Brothers – The Doctor » par emimusic


« Yacht Rock #1 – « What A Fool Believes » par tfalconz28

Film – Les Visiteurs (1993)

C’est sûrement l’une des meilleures comédies française des années 90! Grâce à un astucieux mélange d’anachronismes et de mots d’auteur, le tout enveloppé dans une mise en scène grand spectacle, le comique fonctionne à merveille. On trouve dans cette comédie populaire des acteurs taillés pour ces rôles, notamment Valérie Lemercier (en aristocrate faussement décoincée), Christian Clavier (dans le double rôle de l’écuyer Jacquouille La Fripouille et du nouveau riche Jacques Henri Jacquard), Jean Reno (en chevalier sans peur et sans reproche), Marie-Anne Chazel (en clocharde délurée), Christian Bujeau (en mari roturier dépassé par la situation) et Didier Bénureau (en psychiatre blasé plus vrai que nature)…

Après Papy Fait de la Résistance et Le Père Noël Est Une Ordure, Jean Marie Poiré livre une véritable perle cinématographique qui mêle habilement la Comédie et le Fantastique avec une touche moyenâgeuse. Avec un Scénario à la fois inventif et poilant, le film parvient à nous faire tenir les côtes à de nombreuses reprises grâce à des quiproquos hilarant et mémorables mais aussi grâce à ses dialogues savoureux devenues cultes  (« Okay ? « , « Qu’est-ce que c’est que ce binz ?' », « Jour, nuit », « Mais enfin, M. Ouille, pas avec votre poncho »…). Ajoutez à cela un savoureux choc des cultures en combinant le Moyen Age et l’époque moderne, une réalisation efficace, des effets spéciaux réussis, une BO superbe signée Era, et l’on obtient un succès d’anthologie. En effet, réalisé pour un budget de 50 millions de francs, le film attira près de 14 millions de spectateurs et fut en première place du box-office français en 1993. Le film est nommé huit fois à la 19e cérémonie des César, pour ne recevoir finalement qu’un César, celui de la Meilleure actrice dans un second rôle, décerné à Valérie Lemercier.

L’Histoire : 

En 1123, victime d’hallucinations à cause d’un sort jeté par une sorcière, le comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise, Frénégonde. Afin de réparer son erreur, il demande à l’enchanteur Eusebius de remonter dans le temps, quelques minutes avant le drame. Mais ce dernier se trompe de formule. Godefroy de Montmirail et son écuyer Jacquouille la Fripouille se retrouvent projetés en 1992…

Voir sur YouTube : « Les Visiteurs – Bande annonce VF » par Bande annonce

Série TV – Les Deschiens – Série Classique (1993-96)

Le spectacle : 

Jérôme Deschamps est le neveu de Hubert Deschamps et le petit-cousin par alliance de Jacques Tati. Jérôme Deschamps travaille en collaboration avec Macha Makeieff depuis 1978. En 1979, il écrit une pièce, Les Deschiens, à la suite d’une commande d’Antoine Vitez pour le printemps d’Ivry. En 1981 il crée, avec Macha Makeieff, la compagnie Les Deschiens.

La série TV :

La série télé de Canal Plus s’inspira de ce spectacle et transposa à l’écran son univers décalé et cruel. Tout d’abord diffusé à raison d’un sketch chaque soir du lundi au vendredi de 1993 à 1996 (série classique) pendant l’émission phare de Canal + : « Nulle part ailleurs !», les Deschiens firent une pause de quatre ans avant de revenir à l’antenne de Canal pour deux nouvelles saisons de 2000 à 2002 dans un format plus long (série moderne) avec plusieurs sketchs d’affilé.

Dans un décor minimaliste, souvent un simple fond uni, des personnages archétypaux d’une certaine France profonde et rurale nous faisaient partager leur quotidien. Ils avaient tous une gueule, et une gouaille. Un look ringardo-kitch à l’extrême ! Très peu d’accessoires non plus ; un style donc à part entière, un ton unique, un univers gavé d’humour noir et absurde. Les dialogues, en langage courant voire relâché, font surgir l’absurde dans le quotidien de personnages incarnant un certain bon sens populaire, mais dont l’ignorance ou l’étroitesse d’esprit vire parfois à la folie.

Dans les sketches des Deschiens, on trouve un méli-mélo incroyablement varié : des  recettes de cuisine, des radio-crochets (Remplacer les chanteurs morts), des cours de langue, une télé-boutique (La Boutique du mercredi), des petites annonces (3615 Code Qui n’en veut, 3615 Code J’attaque, 3615 Code Nos Anciens), la promotion d’un produit miracle aux multiples usages, le « gibolin » … François Morel et Yolande Moreau y incarnent une famille de fromagers, la fromagerie Morel.

Les Deschiens font un usage comique des accents régionaux, chaque comédien représentant les stéréotypes d’une région. Ainsi, François Morel et Olivier Saladin représentent la Normandie (Orne pour François Morel et Seine-Maritime pour Olivier Saladin), Bruno Lochet la Sarthe, Philippe Duquesne le Nord-Pas-de-Calais, et Yolande Moreau la Belgique.

Les principaux intervenants : 

Monsieur Morel (François Morel ) : C’est le personnage principal de la série. Il est extrêmement rationnel, attaché à la vie quotidienne, et n’entend jamais utiliser la technologie moderne. C’est le stéréotype du Français « moyen » et il est hermétique à la culture (principalement aux livres).
Monsieur Saladin (Olivier Saladin) : C’est un ami de Mr Morel avec lequel il discute de toutes sortes de sujets. Il est la plupart du temps dans l’ombre de M. Morel et il cherche toujours à exprimer ses idées, bien qu’il ait du mal à les faire clairement comprendre. Les discussions qu’il entretient avec M. Morel sont souvent des quiproquos sur une expression à double sens (cyber-café, bibliothèque, souris, cd-« rhum »…).
Monsieur Duquesne (Philippe Duquesne ) : Ami et collègue de travail de M. Morel, parrain d’Olivier Morel. Imitateur de Raymond Barre et Serge Gainsbourg.
Bruno Lochet : Un client de Mr Morel qui a du mal à suivre ses explications.
Yolande (Yolande Moreau) : La femme de Mr Morel. Elle suit souvent les préceptes de son mari sur l’éducation de leurs enfants. Elle représente elle aussi un stéréotype : celui de la femme au foyer inculte.
Olivier (Olivier Broche) : Le fils de Mr Morel. Il essaye sans cesse de se cultiver en lisant des ouvrages de littérature classique (Gide, Yourcenar…) au grand dam de ses parents qui l’obligent à avoir des activités moins intellectuelles.
Atmen « Atemen » Kelif : C’est l’arabe de service qui se fait maltraiter verbalement et physiquement par Mr Morel et Mr Duquesne.

Voir sur YouTube : « Les Deschiens – « Le Gibolin a changé ma vie » par Les Deschiens ; « 3615 code « Qui n’en veut » – Militaire » ; « Mange ton sandwich ! » et « Atmen Banania » par God Save Da Deschiens