Youngtimer – Cadillac Seville (1976-2004)

La première crise énergétique de 1973-74 entraîna une chute importante des ventes sur le marché américain des modèles grand format (Standard Size) au profit des marques européennes régulièrement importées. Les grandes Cadillac subirent de plein fouet les contre coups de cette récession. La berline Seville, conçue en un temps record, révéla les étonnantes facultés d’adaptation de l’industrie américaine.

Compacte mais prestigieuse : 

Projetée à partir de la structure des Chevrolet Nova, la Seville offrait des dimensions tout à fait inhabituelles pour une Cadillac (5,18 mètres seulement…) mais il ne s’agissait pourtant pas d’une série économique. Dotée d’un équipement très complet (climatisation automatique, réglage des siège électrique, auto-radio hi-tech…), d’une finition particulièrement soignée et caractérisée par son style sobre et élégant, la Seville symbolisait une produit destiné à contrer le succès des berlines de luxe importées d’europe (Jaguar, Mercedes et BMW).

Un succès historique et une grande longévité : 

1ère génération (1976-79) : Commercialisée à un prix supérieur à celui des Cadillac Sedan conventionnelles, la Seville représentait un pari commercial audacieux, surtout sur un marché où l’on considérait jusqu’alors que le prestige d’une voiture se mesurait aussi en centimètres. C’était une propulsion équipée d’un V8 de 5737 cm3 à soupapes en tête d’une puissance de 180 ch DIN, et d’une boîte de vitesse automatique hydramatic. Très bien accueillie par la clientèle américaine, la Cadillac Seville allait connaître un succès significatif, sa diffusion atteignant 40.000 exemplaires dès la première année. Le modèle de la première génération sera produit sans grand changement jusqu’en 1980. Mais la Seville sera restylée encore quatre fois avant de terminer sa carrière, en 2004.

2ème génération (1980-85) : Si le premier modèle avait un pont rigide sur ressort à lames, la seconde génération adopte la traction avant, et une suspension arrière indépendante avec correction automatique de niveau. Côté carrosserie, les modifications, qui sont assez surprenantes, ne touchent que la partie arrière de la voiture dont le coffre adopte une forme anguleuse qui rappelle certaines voitures anglaises des années 50. Le moteur, un 6045 cm3 développant 140 ch, est équipé d’un système électronique Cadillac qui permet de rouler sur 4, 6 ou 8 cylindres en fonction de la charge. Une version 4,1 litres en V6 et V8 est aussi disponible, ainsi qu’un diesel de 5,7 litres.

3ème génération (1986-91) : A l’image de l’Eldorado, elle présente en 1986 un design entièrement nouveau. Les formes rectangulaires de la première moitié de la décennie cèdent la place à un dessin plus harmonieux, que l’on retrouve sur d’autres modèles de chez GM. L’évolution concerne la partie antérieure affinée et la ceinture de caisse abaissée, qui modernisent la ligne et lui confèrent une indiscutable élégance. Elle dégage aussi le pavillon qui bénéficie de plus larges surfaces vitrées. Par contre, la brutale rupture à angle droit qui intervient au niveau de la custode arrière est d’une esthétique aussi surprenante que discutable. La Seville partage avec l’Eldorado le même empattement de 108 pouces (2,74 m), de 15 cm plus court que la série précédente, et sa longueur perd 47 cm (4,78 m). La mécanique est par contre sans changement. Le moteur est placé transversalement, et comme toutes les Cadillac – à l’exception de la grosse Brougham – la Seville est une traction avant. Elle est équipée de freins à disques sur les quatre roues. La version “Elegante” offre des chromes supplémentaires et un équipement plus luxueux. Les moteurs vont de 130 ch à 204 ch avec la version STS en 1991.

4ème génération (1992-97) : En 1992, Cadillac sort une nouvelle Séville à saveur européenne qui reçoit un bon accueil. La Seville Touring Sedan fut élue voiture de l’année par le magazine Motor Trend pour l’année 1992. Elle fut classée en 10ième place des meilleures voitures par la revue Car & Driver cette même année. Son esthétique est particulièrement réussie. Les moteurs vont de 200 à 300 ch DIN.

5ème génération (1997-2004) : La voiture ressemble au modèle de quatrième génération, mais elle présente de nombreuses améliorations au niveau de la suspension et de la tenue de route. La Séville STS et l’Eldorado ETC devinrent les tractions avant les plus puissantes sur le marché avec 300 ch. En janvier 2002, la Seville STS reçoit un nouveau système de suspension adaptatif MagneRide. La production de la Séville STS prend fin en mai 2003 et celle de la Séville SLS s’arrête sept mois plus tard, à la fin de l’année 2003. Elle sera remplacée par la Cadillac STS en 2005.

Caractéristiques techniques du modèle 1986 : Voir notice du constructeur ci-dessous.

Prix du modèle neuf en 1986 : 26.800 $ soit 53.000 € avec 74% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 3000 € pour toutes les séries.

Album – The Bangles – Different Light (1986)

Au début des années 80, The Bangles était un groupe de pop rock californien exclusivement composé de femmes, qui a réussi, tout comme les Gogo’s, a combiner avec succès riffs de guitare et mélodies pop accrocheuses parfois teintés de Paisley Underground. Le groupe était composé de Susanna Hoffs (guitare, voix), Debbi Peterson (batterie et voix), sa sœur Vicki Peterson (guitare, voix) et Annette Zilinskas, qui a ensuite été remplacée par Michael Steele (basse, voix).

Les débuts du groupe :

Le groupe s’est formée en 1981, lorsque Debbi et Vicki Peterson ont répondu à une annonce que Susanna Hoffs avait placé dans un journal local de Los Angeles, The Recycler. Au départ, le groupe fait partie de la scène Paisley Underground (genre de rock alternatif popularisé dans les années 1980, ayant émergé à Los Angeles. Les groupes de Paisley Underground incorpore psychédélisme, harmonies vocales riches et guitare dans le style folk rock inspiré des Byrds), mais leur son s’oriente ensuite vers le pop rock. Prenant le nom de Bangs, le trio publie un single, “Getting Out of Hand”/”Call on Me”, sur son propre Label, Downkiddie. Mais elles doivent changer leur nom au début de l’année suivante pour “The Bangles”, car il y avait déjà un groupe basé à New York appelé Bangs. Le single attire l’attention de Miles Copeland, le fondateur de I.R.S. Records. Copeland les fait signer avec son label. Annette Zilinskas rejoint le groupe peu après et prend la place de bassiste, tenue jusque là par Vicki Peterson, qui passe à la guitare solo. Les quatre jeunes femmes enregistrent un maxi cinq titres, appelé The Bangles, qui sort en mai 1982. Annette Zilinskas quitte la formation en 1983 pour rejoindre le groupe de cowpunk Blood on the Saddle. Elle est remplacée par Michael Steele, ex-membre du groupe The Runaways. La formation signe ensuite chez Columbia Records et enregistre son premier album.

Les Albums : 

All Over the Place (1984) : contient les singles “Hero Takes a Fall” et “Going Down to Liverpool”, reprise d’un titre du groupe Katrina and the Waves. Ces deux titres deviennent des favoris des radios étudiantes et l’album obtient de bonnes critiques. All Over the Place se classe 80e au Billboard 2004. Le groupe assure la première partie de la tournée américaine de Cyndi Lauper.

Different Light (1986) : Les Bangles ont sorti leur deuxième album, Different Light, au printemps 1986. Il a été précédé par le morceau néo-psychédélique «Manic Monday», écrit par Prince sous le pseudonyme de Christopher. “Manic Monday” est devenu un succès classé numéro deux en Amérique et en Grande-Bretagne. Une reprise de “If She Knew What She Wants ” de Jules Shear fut une déception commerciale relative, décrochant la 29ème place sur les charts américains, mais le troisième single de Different Light, “Walk Like a Egyptian”, fut un autre succès majeur, et passa quatre Semaines numéro un en Amérique. Il a également culminé à la troisième place en Grande-Bretagne. Après que les Bangles eûrent terminé une tournée d’été, Hoffs joua dans le film The Allnighter, dirigé par sa mère, Tamara. Pendant ce temps, “Walking Down Your Street”, le dernier single tiré de Different Light, fut publié au début de 1987 et atteint la 11ème place. L’album Different Light se classe 2e du Billboard 2004 et 3e au Royaume-Uni. Il est désormais triple disque de platine aux États-Unis. Les Bangles feront une tournée américaine où tous leurs concerts se jouent à guichets fermés et remportent le Brit Award du meilleur groupe étranger en 1987.

Everything (1988) : L’album sort à l’automne. “In Your Room”, le single principal de l’album, a atteint la cinquième place, et la ballade “Eternal Flame” est devenue le deuxième numéro un du groupe au début de 1989.

Après une brève tournée d’été, le groupe se dissout et Hoffs commence une carrière solo. Susanna Hoffs a sorti deux albums solo dans les années 90 (un troisième album est resté inédit). Vicki Peterson a rejoint les Continental Drifters. Debbie Peterson a eu une carrière de courte durée avec Siobhan Maher comme Kindred Spirit, alors que Michael Steele vivait en semi-retraite en Californie.

Doll Revolution (2000) : The Bangles s’est reformé en 2000 et a enregistré un album publié en 2003, sur le Label Koch Records intitulé “Doll Revolution”. Il contient 15 chansons, et c’est l’album le plus long du groupe. Toutes les pistes ont été co-écrites par les membres du groupe, à l’exception de “Tear Off Your Own Head” qui a été écrit par Elvis Costello.

Sweetheart of the Sun (2011) : sort le 27 septembre 2011, onze ans après Doll Revolution. L’album a été enregistré dans divers studios personnels – ceux de Vicki Peterson et Susanna Hoffs, ainsi que le studio d’Hollywood Hills Home, du chanteur et compositeur Matthew Sweet, qui a produit le disque.

Discographie : 

1984 : All Over the Place
1986 : Different Light
1988 : Everything
2003 : Doll Revolution
2011 : Sweetheart of the Sun

Voir sur YouTube : “The Bangles – Walk Like an Egyptian” ; “The Bangles – Manic Monday” ; “The Bangles – Going Down to Liverpool” et “The Bangles – Hero Takes A Fall” par TheBanglesVEVO

Album – Peter Gabriel – So (1986)

Après son départ du groupe de rock progressif britannique Genesis en 1976, Peter Gabriel a commencé à travailler sur le premier de ses trois albums éponymes ; chaque disque a été nommé “Peter Gabriel”, a-t-il dit, comme s’ils étaient des éditions du même magazine. En 1977, son premier album solo est sorti et est devenu un succès avec “Solsbury Hill”. Un autre enregistrement auto-intitulé a suivi en 1978, mais a eu des retombées relativement faibles. Le troisième album éponyme de Gabriel s’est révélé être sa percée artistique. Produit par Steve Lillywhite et sorti en 1980, l’album a fait apparaître Peter Gabriel comme l’un des musiciens les plus ambitieux et innovants du rock, ainsi que l’un des plus politiques – “Biko”, une chanson sur un activiste anti-apartheid assassiné, est devenu l’un des Le plus grand hymne de protestation des années 80 -.

En 1982, Gabriel sort l’album Security, qui remporte un succès encore plus grand, obtenant des critiques positives notamment pour la vidéo étonnante de “Shock the Monkey”. En même temps que sa carrière solo décollait, Peter Gabriel conviait son ancien groupe Genesis pour financer son WOMAD – World of Music, Arts and Dance – Festival. WOMAD a été conçu pour promouvoir diverses musiques et coutumes du monde au public de l’Ouest, et il s’est vite transformé en un événement annuel. Un double album live est sorti cette année là pour commémorer l’événement. Tandis que Gabriel travaillait sur son cinquième album, il a contribué à la bande-son du film Birdy de Alan Parker en 1984. Son œuvre a été très appréciée et il a remporté le Grand Prix du Jury à Cannes cette année-là. Après avoir fondé Real World, Inc. – une société consacrée au développement de liens entre la technologie et les arts multiethniques, il sort son cinquième album So.

So (1986) : est sûrement l’album le plus réputé de Peter Gabriel, en grande partie pour son hommage “Sledgehammer” à la maison de disque Stax de Menphis et à Otis Reding. Sur ce morceau, le cornet était joué par Wayne Jackson des Memphis Horns, les musiciens de la maison de Stax ; son vidéoclip ludique et novateur fut un des plus diffusés dans l’histoire de MTV. Mais Gabriel n’avait jamais anticipé son succès phénoménal : «Je l’avais oublié, mais Tony Levin m’a rappelé que Sledgehammer a failli ne pas être de l’album So, raconte le chanteur. Tony s’apprêtait à rentrer chez lui quand je lui ai dit que j’avais une autre idée que je voulais essayer. C’était Sledgehammer.» Sledgehammer atteint le numéro 1 au billboard Américain ainsi que sur les charts en Angleterre. On peut noter aussi le titre Don’t Give Up, en duo avec son amie, la chanteuse Kate Bush. Enfin, “Big Time” – présentant une vidéo très similaire à “Sledgehammer” – atteint la première place et “In Your Eyes” entre dans le Top 30. 

Us (1992) : Gabriel a travaillé longuement sur cet album qu’il sort au printemps 1992. Au cours de son enregistrement, Gabriel a traversé un certain nombre de bouleversements personnels, y compris un divorce douloureux, et ces tensions se sont manifestées sur l’album, un disque beaucoup plus sombre que So. Un seul morceau marche bien : “Steam”, et atteint le Top 40, permettant à l’album d’être certifié platine. Les singles de l’album sont “Digging in the Dirt”,”Blood of Eden” (aussi dans le film de Wim Wenders, Until the End of the World, sorti en 1991), et “Kiss That Frog”.

Up (2002) : sort une décennie après Us. Dense, cérébral, et souvent difficile, le disque n’a pas marché en Amérique mais fut certifié or au Canada.

Scratch My Back (2010) :  contient des reprises orchestrales de chansons interprétées à l’origine par Radiohead, Arcade Fire, Paul Simon, David Bowie et d’autres.

New Blood (2011) : est une collection de réinterprétations orchestrales de ses propres chansons.

En 2014, Gabriel a été intronisé au Hall of Fame du Rock & Roll en tant que chanteur solo, rejoignant Genesis, qui avait été intronisé quatre ans plus tôt.

Discographie : 

1977 : Peter Gabriel 1 (Car)
1978 : Peter Gabriel 2 (Scratch)
1980 : Peter Gabriel 3 (Melt)
1982 : Security
1986 : So
1992 : Us
2002 : Up
2010 : Scratch My Back
2011 : New Blood

Voir sur YouTube : “Peter Gabriel – Sledgehammer” ; “Peter Gabriel – Big Time” ; “Peter Gabriel – Steam” ; “Peter Gabriel – Shock The Monkey” et “Peter Gabriel – Solsbury Hill” par Peter Gabriel

Livre SF – Vernor Vinge – La captive du temps perdu (1986)

Dans ce roman, Vernor Vinge imagine une machine qui peut créer un champ de stase sphérique dans lequel le temps reste immobile pour une durée spécifiée de temps conventionnel, ce qui permet de voyager vers le futur mais sans espoir de retour. La bulle de stase, grâce à laquelle l’humain devient quasiment immortel, peut également être utilisé comme arme, comme bouclier contre d’autres armes, pour le stockage, pour le voyage spatial (combiné avec la propulsion à impulsions nucléaires) entre autres possibilités…

Vernor Vinge : 

Vernor Steffen Vinge, né le 2 octobre 1944 à Waukesha dans le Wisconsin, est un écrivain de science-fiction américain, surtout connu pour son roman “Un feu sur l’abîme” et son essai de 1993 sur la singularité technologique (ou singularité vingienne). La théorie de la singularité technologique émet l’hypothèse que l’évolution exponentielle de la technologie informatique atteindra bientôt un point au-delà duquel il ne nous sera plus possible de l’appréhender. Cette théorie est basée sur la loi de Moore qui postule un doublement de la puissance de calcul des ordinateurs tous les 18 mois. En extrapolant, il apparaît qu’en 2035 au plus tard, l’homme aura créé une intelligence supérieure à la sienne mettant ainsi fin à l’ère humaine. Vernor Vinge a également été professeur d’informatique et de mathématique à l’Université d’État de San Diego. Vernor Vinge a obtenu le prix Hugo de l’an 2000 pour son roman “A Deepness in the Sky”. II l’avait déjà reçu en 1973 pour “Un feu sur l’abîme”.

Vernor Vinge – Marooned in Realtime (1986)

Le livre : 

Le roman “La captive du temps perdu” (Marooned in Realtime) de Vernor Vinge a été publié pour la première fois en 1986 dans le magazine “Analog” et ensuite en tant que livre. C’est la suite de “The Peace War” non édité en français. “La captive du temps perdu” est paru en France aux éditions L’Atalante dans la collection Bibliothèque de l’évasion en 1996 et réédité aux éditions Le Livre de poche en 2000. Il a remporté le prix Prometheus.

L’histoire : 

Au début du 23ème siècle, pour des raisons mystérieuses, – épidémies, guerres, ou un phénomène baptisé par Vinge la “Singularité” – l’humanité tout entière a disparu et il ne reste plus que trois cents humains sur Terre qui ont échappé à cette extinction grâce aux bulles de stase. Celles-ci sont sphériques, de tailles variables et absolument indestructibles. Elles isolent ce qui se trouve à l’intérieur du cours même du temps, ce qui en fait des moyens de transport efficaces vers le futur seulement. Le problème majeur de la plupart de ces voyageurs à sens unique n’est pas des moindres : lorsque leur stase s’est terminée, ils se sont trouvés piégés après la disparition de l’humanité, certains sans ressources. Les survivants ont été rassemblés tant bien que mal au fil du temps par deux néo-tech, Yelen et Marta Korolev, au fur et à mesure que leur bulle temporelle ont cessé leur stase.

Les humains rescapés se divisent en deux groupes : les paléo-techs et les néo-techs. Les premiers sont les plus anciens voyageurs temporels. Leur technologie est relativement primitive et certains d’entre eux viennent d’une société libertarienne. Les seconds, des personnes qui ont vécu les dernières décennies avant l’extinction, sont beaucoup mieux équipés mais sont très peu nombreux, environ une dizaine.

Au moment de démarrer une nouvelle stase vers le futur lointain pour accueillir le dernier groupe de survivants, Martha Korolev est éveillée prématurément : l’ordinateur qui gère son système a été saboté et elle est livrée à l’écoulement du temps «normal» alors que tous les autres humains se trouvent en état de stase, sans vieillir. Elle se retrouve naufragée temporelle sur une Terre sauvage où, sans équipement, elle ne survivra qu’une quarantaine d’année dans une solitude absolue, à côté des autres bulles de stase inaccessibles.

Wil Brierson, paléo-tech policier shangaïé (stasé contre son gré) par quelqu’un qu’il s’apprêtait à démasquer dans une de ses enquêtes, est chargé de trouver le coupable avec l’aide de Della Lu, mais il ne dispose pour cela que du journal intime tenu par Marta…

Un beau livre étrange et captivant, écrit par un des maîtres de la SF.

Vernor Vinge – La captive du temps perdu

Deux extraits du livre : 

“Dans un sens, presque tous les invités étaient des exilés. Certains avaient été shangaïés, d’autres avaient sauté dans l’avenir pour fuir une peine (méritée ou non), d’autres (comme les Dasgupta) avaient cru devenir riches en s’affranchissant du temps durant deux ou trois siècles, pendant que leurs investissements fructifiaient… Dans l’ensemble, les sauts initiaux avaient été brefs – et tous réintégrèrent la temporalité aux XXIVe, XXVe et XXVIe siècles.
Mais quelque part au cours du XXIIIe siècle, l’humanité avait disparu. Les voyageurs revenus juste après l’Extinction ne trouvèrent que des ruines. Certains – les plus insouciants ou les criminels partis précipitamment – n’avaient rien emporté avec eux. Ils souffrirent de la faim ou vécurent quelques pitoyables années sur la Terre devenue un mausolée en pleine décrépitude. Les mieux équipés – comme les Néo-Mexicains – avaient les moyens de retourner en stase. Ils lancèrent leur bulle à travers le troisième millénaire, priant pour y trouver une civilisation renaissante. Ils ne découvrirent qu’un monde rendu à la nature, l’œuvre des hommes ensevelie sous la jungle, la forêt et la mer.
Même eux n’auraient pu survivre que quelques années dans la temporalité. Ils n’avaient ni combiné médical ni les capacités d’entretenir leurs machines ou de conserver leurs réserves alimentaires. Tôt ou tard, leurs équipements seraient tombés en panne, les abandonnant dans une nature redevenue sauvage.
Mais quelques voyageurs, très peu, étaient partis à la fin du XXIIe siècle – une époque où la technologie procurait à tout un chacun des ressources supérieures à celles de toutes les nations du XXe siècle réunies. Ils savaient entretenir et fabriquer quasiment tous leurs instruments les plus perfectionnés. La plupart avaient quitté la civilisation animés d’un authentique esprit d’aventure. Ils avaient les moyens de venir en aide aux voyageurs les moins chanceux dispersés à travers les siècles, les millénaires, et enfin les millions d’années qui s’écoulèrent”.

“Tandis que Wil flânait dans la forêt qui avait envahi la rue, l’étrangeté de la scène s’imposa graduellement à son esprit : la vie explosait de partout, mais on ne voyait nulle part d’être humain, ni même un simple robot. Les autres s’étaient-ils réveillés plus tôt, au moment précis où la bulle s’ouvrait?
Il partit chez les frères Dasgupta. À demi caché par les broussailles, quelque chose de grand et noir lui barra la route : son propre reflet. Les Dasgupta étaient toujours en stase. Les arbres encerclaient leur bulle. Des toiles aux reflets arc-en-ciel flottaient tout autour, mais sans en toucher la surface. Nulle plante grimpante, nulle araignée ne trouvait de prise sur sa surface polie comme un miroir.
Wil se rua dans la forêt, pris de panique. Maintenant qu’il savait ce qu’il cherchait, il les repérait facilement : le reflet du soleil luisait sur deux, trois, une demi-douzaine de bulles. Seule la sienne s’était ouverte. Il regarda les arbres, les oiseaux et les araignées. Ce spectacle lui devenait beaucoup moins agréable. Combien de temps survivrait-il sans la civilisation ? Le reste de la colonie pouvait sortir de stase dans quelques minutes, quelques centaines, voire quelques milliers d’années ; impossible de le savoir. En attendant, Wil était seul, peut-être l’unique homme vivant sur Terre”.

Film – Aliens, le retour (1986)

L’histoire : 

Dans le film “Aliens, le retour” de James Cameron, on retrouve Ellen Ripley (Sigourney Weaver) là où nous l’avions laissée à la fin du film “Alien : le 8ème passager”, de Ridley Scott, c’est à dire flottant à la dérive en hypersommeil dans un vaisseau spatial de sauvetage, après s’être éjecté du cargo spatial minier Nostromo juste avant son auto-destruction. L’unique survivante, ancienne lieutenant de bord, est récupérée par une navette de secours qui l’emmène dans un hôpital où elle est sortie de sa biostase ; on découvre alors que cela fait 57 ans que les événements du premier film ont eu lieu.

Sanctionnée pour la perte du Nostromo, alors que la direction de la compagnie met en doute sa déposition où elle soutient que ses anciens membres d’équipage ont tous été décimés par un xénomorphe parasite extrêmement dangereux originaires de la planète LV4-26, Ripley voit sa licence de vol annulée.

Dans le premier film de Ridley Scott, l’Alien capture les humains pour les utiliser comme hôtes pour le développement de sa progéniture : “Une créature qui engendre à l’intérieur d’un être humain vivant, son sang est un concentré d’acide à demi-solide”, comme l’explique Ripley dans son rapport. Cet Alien dont la croissance est très rapide, passe par plusieurs stades de développement : depuis le stade larvaire “Facehugger” (étraigneur de visage) émanant d’un œuf pondu par une reine, en passant par le stade embryonnaire “Chestburster” (exploseur de poitrine), jusqu’à devenir un Alien adulte. En muant, la créature remplace une partie de ses cellules par des molécules de silicium, lui donnant une carapace noire et un aspect presque biomécanique.

Ripley apprend aussi avec effroi qu’une équipe de 17 familles de colons terrabatisseurs a été envoyée sur la planète LV4-26 afin de mettre en place des processeurs atmosphériques pour la rendre respirable. Sans emploi, Ripley se retrouve contrainte de travailler aux docks pour vivre. Mais quand la compagnie perd le contact avec la colonie, en échange d’une promesse d’être réintégrée comme commandant de bord, Ripley accepte d’accompagner Carter Burke (Paul Reiser), l’avocat de la compagnie, et une bande de marines coloniaux sous les ordres du lieutenant William Gorman (William Hope) et de son caporal Dwayne Hicks (Michael Biehn), pour enquêter sur place. Se déployant dans le complexe de la colonie, ils découvrent des traces de violents combats, mais ne retrouvent aucun des colons, à l’exception d’une petite fille, Newt (Arrie Henn), qui se cachait dans une galerie de maintenance depuis plusieurs semaines. Mais ce qu’ils trouvent près du processeur atmosphérique est terrifiant : les créatures ont pris le dessus et ont transformé la colonie en un terrain d’élevage…

Le second volet de la saga Alien :

Après le succès critique et commercial d’Alien (sorti en 1979), le producteur David Giler, qui deviendra le producteur exécutif d’Aliens, envisagea une suite. Giler, impressionné par le scénario de Cameron pour Terminator, lui demanda de l’écrire. Cameron, grand admirateur du travail de Ridley Scott, soumit son brouillon de scénario à la Fox, qui approuva sa vision et lui promit la réalisation du film si son Terminator se révélait de qualité. Lorsque Terminator reçut des critiques positives à sa sortie en 1984, Cameron fut effectivement choisi comme réalisateur pour Aliens. Il raconta que la meilleure façon pour lui de respecter la vision de Ridley Scott était de ne pas faire un «remake» d’Alien, mais une véritable suite avec sa propre vision originale, empruntant les éléments les plus intéressants, comme le cycle de vie des aliens et le personnage de Ripley, tout en y greffant d’autres éléments propres à la science-fiction, notamment une armée futuriste.

Giger, le père d’Alien :

Alien : En 1975, le plasticien, graphiste, illustrateur, sculpteur et designer suisse Giger (1940-2014) est approché pour travailler sur le projet d’adaptation de Dune par Alejandro Jodorowsky, pour lequel il conçoit l’environnement des Harkonnen. Il y travaille jusqu’en 1977, année où le projet est abandonné, les financiers s’étant retirés – ses travaux conceptuels sont cependant visibles dans ses livres. Son travail ayant été remarqué, il est engagé pour créer la créature et l’ancien vaisseau spatial extra-terrestre immobilisé sur la planète LV4-26, dans le film Alien, le huitième passager, de Ridley Scott, qui sort en 1979. L’apparence de l’Alien, a du néanmoins être retravaillée à plusieurs reprises : les dessins originaux de l’artiste suisse étaient en effet explicitement sexuels, et n’étaient pas tout à fait en accord avec les volontés du studio. Giger partagera l’Oscar 1980 des effets spéciaux pour Alien.

Aliens, le retour : Les 2 premiers épisodes de la série Alien connaissent un grand succès au cinéma. Giger n’a cependant pas été contacté pour le design des créatures du deuxième film. La Reine des Aliens fut dessinée par James Cameron lui-même. C’est à partir de ses croquis que Stan Winston en élabora une sculpture tout en restant fidèle à la créature initiale conçue par H.R. Giger. Son nom apparait au générique du troisième volet, en tant que designer des créatures.

Dans Alien, la résurrection,  quatrième film de la série, sa conception originelle ne se retrouve pratiquement plus à l’écran : les créatures n’y ont jamais été aussi «organiques», oubliant quelque peu la «biomécanique» du premier film, pourtant concept novateur et fondamental.

Un film à succès : 

Le film a eu 7 nominations aux Oscars, dont une pour la meilleure actrice pour Sigourney Weaver. Avec un budget d’environ 18.500.000 $, Aliens, le retour fut un succès commercial en salles. Il a atteint un chiffre de 131.000.000 $ au box-office mondial, dont 65 % aux États-Unis et au Canada et 35 % à l’étranger. Le film est sorti en Amérique du Nord le 18 juillet 1986 et était numéro 1 au box-office dès son premier week-end, et distribué dans 1437 salles. Il est resté à la première place pendant quatre semaines consécutives.

Voir sur YouTube : “Aliens, le retour – Bande annonce VF” par shuddertrailer