Rétroactu 1985 – Émission TV : Bonsoir Les Clips (1984-86)

Quelques évènements de l’année 1985 :

6 janvier : Début du premier mandat de Jacques Delors comme président de la Commission européenne (Commission Delors I).
12 janvier-30 juin : État d’urgence en Nouvelle-Calédonie où se produisent des troubles.
11 mars : Arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev en URSS.
22 mars : Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone.
25 mars : Accord de Bruxelles, préparant l’entrée de l’Espagne dans la CEE.
28 mars : Mort de Marc Chagall (peintre et graveur français d’origine russe).
29 mars : Affaire Grégory : Bernard Laroche est abattu d’un coup de fusil par Jean-Marie Villemin qui lui impute l’assassinat de son fils Grégory.
4 avril : Démission de Michel Rocard du gouvernement, à propos de l’adoption du scrutin proportionnel pour les élections législatives (Communiqué officiel publié dans la nuit du 3 au 4 avril) qui va permettre l’entrée du Front national au parlement.
12 mai : Mort de Marc Jean Dubuffet (peintre et sculpteur français).
12 juin : L’Espagne et le Portugal signent leur adhésion à la CEE.
14 juin : Lancement de la Fête du cinéma en France.
23 juin : Un attentat contre le vol 182 Air India au-dessus de l’Atlantique fait 329 morts. C’est l’attentat le plus meurtrier avant ceux du 11 septembre 2001.
26 juin : Adoption du scrutin proportionnel départemental pour les élections législatives.
10 juillet : Explosion du Rainbow Warrior, navire du groupe écologiste Greenpeace, dans le port d’Auckland, du fait des services secrets français (DGSE). Le 22 septembre, le gouvernement français admet sa responsabilité.
28 juillet : Mort de Marc Michel Audiard (scénariste et cinéaste français).
31 juillet : Le gouvernement français autorise la création de chaînes privées de télévision.
6 août : Disparition de Philippe de Dieuleveult (reporter et animateur français).
12 août : Un Boeing 747, le vol 123 Japan Airlines, s’écrase sur une montagne, après avoir voulu retourner à Tokyo à la suite d’un problème de décompression de l’appareil. 520 personnes y trouvent la mort.
1er septembre : L’épave du Titanic est retrouvée par une expédition franco-américaine dirigée par Robert Ballard.
20 septembre : Démission du ministre de la Défense Charles Hernu et de l’amiral Pierre Lacoste mis en cause dans l’Affaire du Rainbow Warrior.
23 septembre : Inauguration du Pont-Neuf emballé par Christo dans un film de polyester ocre jaune d’une surface de 40.876 m² dont la réalisation a nécessité 3.076 mètres de corde et 12 tonnes de chaînes d’acier. Cette installation a symbolisé pour le bulgare Christo Javacheff son propre passage du monde communiste au monde libre et son arrivée à Paris, son premier lieu de réelle création artistique.
10 octobre : Décès de Yul Brynner (acteur américain). Décès d’Orson Welles (cinéaste et acteur américain).
6 décembre : Le site de Pétra en Jordanie est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
21 décembre : Ouverture par Coluche des « Restos du Cœur ».
23 décembre : Création de la chaîne de télévision Canal J destinée aux enfants de 7 à 14 ans.

Émission : Bonsoir Les Clips (1984-86) :

Créée sur Antenne 2 en mai 1984 sous l’égide de Patrice Blanc-Francard, alors responsable de l’unité de programmes « Divertissements », cette émission avait pour but de terminer la journée de diffusion des programmes de la chaîne, en musique et en clips.

Sans animateur, seuls des génériques et jingles intermédiaires lançaient les vidéos clips musicaux. Aucune thématique n’était spécifiée par émission, les clips étant mélangés tout en représentant l’actualité musicale. Des artistes internationaux comme Duran Duran, David Bowie, ou Eurythmics étaient régulièrement programmés, ainsi que des clips d’artistes français dont Alain Souchon, Étienne Daho, ou Mylène Farmer. Le format de l’émission pouvait varier de quelques clips (15 minutes à 30 minutes), à plus d’une dizaine (près d’une heure de diffusion). Les clips étaient présentés avec en inserts les noms des artistes, titres de la chanson et noms de la maison de disque.

Cette émission a participé au phénomène des vidéos clips musicaux à la télévision, et plus globalement elle faisait partie du paysage des émissions musicales télévisées. Elle s’est arrêtée en 1986, après l’épisode de guerre des droits de diffusion des vidéo-clips puis avec la concurrence des chaînes musicales naissantes.

Lien

Voir sur YouTube : “A2 | 30 Octobre 1984 | Fin JT + Intro Complet Bonsoir les Clips” par Betamax Belgique ; “Découverte du Titanic (JT Antenne 2 – 1985)” par Jevoli 90’s

Youngtimer – Mercedes 500 SEC (1982-1985)

Depuis l’abandon, à la fin des années 60, des élégants coupés 4 places 220, 250 et 30 SE, Mercedes n’offrait plus que les coupés SLC 2+2. Avec la présentation fin 1981 des coupés 4 places 380 et 500 SEC, la firme de Stuttgart renouait donc avec une ancienne tradition.

Le raffinement en plus :

“Toute Mercedes doit être reconnaissable comme telle”. Ce sacro-saint principe stylistique de la marque était parfaitement respecté sur ce luxueux coupé 500 SEC. C’était une version à deux portes de la berline 500 SE avec une esthétique raffinée et un équipement exceptionnel pour l’époque : climatiseur automatique, régulateur de vitesse de croisière, siège avant à réglage électrique, sellerie cuir ou velours au choix ; enfin, plus extraordinaire, transporteur de ceintures de sécurité électriques amenant la boucle de ceinture à portée de main et évitant les contorsions inévitables dans un coupé 2 portes dont les montants arrière de portes sont très reculés.

La consommation en moins :

Des réglages moteur différents, un considérable allongement du rapport de pont, l’abaissement du régime de passage automatique des rapports et un aérodynamisme soigné permettaient au coupé 500 SEC de consommer 25% de moins que le coupé 2+2 500 SLC. Au point de ne pas dépasser 20l/100 km, à cadence très élevée, avec une voiture de 1700 kg, capable de moins de 30″ au kilomètre départ arrêté. Mais était-ce là une préoccupation majeure pour une clientèle qui devait débourser plus de 350 000 F pour l’acquérir en 1982?

Caractéristiques :

Moteur : V8 en alliage léger ; 4973 cm3 ; deux arbres à came en tête ; injection électronique Bosh “K Jetronic” ; puissance 231 ch DIN à 4750 tr/mn. Transmission: boîte automatique Mercedes à convertisseur de couple à 4 rapports, roues arrières motrices ; 4 roues indépendantes ; 4 freins à disques avec ABS. Dimensions : empattement, 2,845 m ; voie avant, 1,545 m ; voies arrière, 1,517 m ; poids, 1689 kg. Performance : vitesse de pointe, 225 km/h.

Prix de vente en 1985 : 455.000 Francs soit 127.477 € (correction faite de l’inflation sur la période).

Prix actuel : entre 8500 et 12000 € selon l’état.

Film – Série Noire Pour Une Nuit Blanche (1985)

Ce thriller (Prix spécial du jury au palmarès du 4e Festival du film policier de Cognac en 1985) est véritablement original et met en scène Jeff Goldblum en mari insomniaque et cocu qui prend la fuite avec une femme fatale improbable, Michelle Pfeiffer. Glamour et mort violente co-existent à la perfection dans ce polar de bande dessinée qui fonctionne comme un rêve. Ce film réunit une pléthore de réalisateurs célèbres jouant des petits rôles, parmi lesquels John Landis lui-même (interprétant le chef d’un clan d’assassins iraniens, un type débile et particulièrement gaffeur qui ne cesse de hurler), Roger Vadim (un méchant nommé «Monsieur Melville»), David Cronenberg (en tant que patron de Goldblum), Lawrence Kasdan et Jonathan Demme (comme officiers de police). On retrouve aussi des célébrités telles Irène Papas (en patronne des truands iraniens), le chanteur David Bowie (en très jovial tueur à gage britannique) mais aussi Jim Henson, Vera Miles et Dan Aykroyd… La musique est signée B.B. King.

Goldblum joue Ed Okin, un ingénieur aérospatial qui est frappé par une sorte de malaise existentiel difficile à définir. Il surprend sa femme au lit avec un autre homme. Dans la nuit sans vraiment savoir pourquoi, sa destinée s’enchevêtre avec la vie complexe de Diana (Pfeiffer), contrebandière de bijoux qui a des connexions avec l’industrie cinématographique et qui se retrouve confrontée à de graves problèmes quand elle passe clandestinement des joyaux qui appartenaient autrefois au Shah d’Iran.

Ce film est l’exemple fascinant du neo noir, qui sortait dans les années 80 bien qu’il ait en fait une fin ayant la fraîcheur des années 70. Dans une ambiance nuancée où la palette de couleur se veut discrète, il commence en douceur. Le film débute par la vie sans intérêt d’Ed où nous partageons sa routine d’ingénieur insomniaque pendant plus d’un quart d’heure. Cela peut éloigner certains téléspectateurs, mais ce serait dommage car cet effet est voulu pour offrir un contraste avec ce qui se produit quand Diana débarque dans la vie d’Ed tel un ouragan, car à ce moment là tout change, y compris le rythme.

Ce film est souvent très drôle et c’est un bon divertissement (comme le classique de Landis “Le loup-garou de Londres”, sorti en 1981) ; ce genre un peu hybride au langage parfois ordurier, parfois violent aussi (on se retrouve avec au moins 12 cadavres sur les bras à la fin de l’histoire), va de pair avec une histoire de plus en plus surréaliste et qui se termine dans un clap de fin encore plus incroyable à l’aéroport de L.A. Le scénario n’est pas sans rappeler celui de “Body Double” tourné par Brian De Palma un an plus tôt, qui raconte lui aussi l’histoire d’un looser trompé par sa femme et sans vrais amis, qui va vivre un cauchemar éveillé à la suite d’une rencontre avec une mystérieuse jeune femme.

Le mélange de comédie et de drame peut être si difficile à réaliser qu’il est rarement utilisé dans un cadre réaliste. Mais ici, il est complètement réussi, nous fournissant une sorte de version noire de ces comédies classiques comme “Bringing Up Baby” et “The Lady Eve” dans laquelle les femmes d’argent gâchent la vie d’hommes débonnaires et placides qui tardent à réaliser qu’en fait, ils cherchent à mettre un peu de piment dans leur vie. “Série noire pour une nuit blanche” essaie de préserver un tout cohérent, et contre toute attente y parvient admirablement.

Réalisateur : John Landis
Producteur : George Folsey Jr.
Scénario : Ron Koslow
Image : Robert Paynter
Direction artistique : John J. Lloyd
Musique : Ira Newborn et BB King
Réalisé par : Laurent Kandry, David Kaulin, David Kaplan

Voir sur YouTube : “Bande-annonce (Trailer) Série noire pour une nuit blanche (Into The Night) VOSTFR HD” par elephantfilms

Album – Dire Straits – Brothers in Arms (1985)

Le groupe : 

Dire Straits émerge au cours de l’époque post-punk de la fin des années 70, et avec un son minimaliste et dépouillé, il fait revivre les racines du pub rock ; mais là où le pub rock célébrait les bons moments, Dire Straits prit des accents plutôt mélancoliques. Dirigé par le guitariste/chanteur Mark Knopfler, le groupe construit un son calqué sur le blues-rock très “laid back” de J.J. Cale, tout en prenant parfois des inflexions jazz ou en se plongeant dans le rock progressif. Au fur et à mesure de leur carrière, Dire Straits est devenu plus raffiné et cette nouvelle maturité a coïncidé avec la montée de MTV et l’émergeance de l’industrie du compact disc. Ces deux révolutions musicales du milieu des années 80 ont contribué à l’avènement du cinquième album de Dire Straits, “Brothers in Arms”, un blockbuster international. Le groupe, avec Eric Clapton, Phil Collins et Steve Winwood, est devenu l’un des leaders des rockers vétérans de la fin des années 80 qui ont charmé les oreilles des baby-boomers vieillissants.

Marc Knopfler (né le 12 août 1949) fut toujours la force maîtresse derrière Dire Straits. Fils d’un architecte, Knopfler a étudié la littérature anglaise à l’Université de Leeds et a brièvement travaillé comme critique de rock pour le Yorkshire Evening Post alors qu’il était étudiant. Il a commencé à enseigner l’anglais après son diplôme, jouant avec un groupe de pub rock la nuit. En 1977, Mark jouait avec son frère David (guitare) et son colocataire John Illsley (basse). Au cours de l’été 1977, le trio réalise une démo avec le batteur Pick Withers. Un DJ de Londres nommé Charlie Gillett entend la démo et diffuse “Sultans of Swing” sur son émission “Honky Tonkin” sur la BBC. C’est le début du succès. Suite à une tournée pour Talking Heads, le groupe commence à enregistrer chez Vertigo Records avec le producteur Muff Winwood au début de 1978. En été, ils signent chez Warner USA, et lancent leur premier album éponyme à l’automne. Grâce au hit “Sultans of Swing”, Dire Straits remporte un grand succès en Grande-Bretagne et en Amérique, et rentre dans le Top Ten des deux côtés de l’Atlantique.

Communiqué (1979), gagne le coeur des radios FM et ce deuxième album consolide leur public, tout en assurant la vente de trois millions d’exemplaires dans le monde. Alors que le groupe enregistre son troisième album, David Knopfler quitte le groupe pour poursuivre une carrière solo ; Il est remplacé par l’ancien membre du groupe “Darling”, Hal Lindes. Comme son prédécesseur, “Making Movies” fut un succès considérable en Amérique et en Grande-Bretagne. Le disque passe sur toutes les radios et sur MTV, notamment les hits “Romeo et Juliette” et “Skateaway”. Dire Straits sort deux ans plus tard l’album “Love Over Gold”. Cet album est plus expérimental, mais le single “Private Investigations”, devient numéro 2 au Hits du Royaume-Uni. Ce disque devient album d’or en Amérique et reste quatre semaines numéro un en Grande-Bretagne. Peu de temps après la sortie de “Love Over Gold”, l’ancien batteur Terry Williams remplace Withers.

En 1982, Knopfler entame une carrière musicale en dehors de Dire Straits en écrivant la bande son du film de Bill Forsyth “Local Hero”. Au printemps de 1984, le groupe sort le double album live “Alchemy” et à la fin de l’année, ils commencent à enregistrer leur cinquième album studio avec leur nouveau claviériste, Guy Fletcher. “Brothers in Arms” est l’album révolutionnaire de Dire Straits, qui transforme le groupe en stars internationales.

L’album : 

29 Millions d’exemplaires vendus. Troisième best-seller de tous les temps au Royaume-Uni. Premier album à inonder le marché du CD : Brothers In Arms est un phénomène à tous les niveaux. Sa production a mis la barre très haut pour toute la musique à venir, ses chansons et vidéos sont devenus presque toutes des tubes. Mais il a également faillit détruire le groupe. Épuisés par le gigantisme de la tournée Brothers In Arms (248 concerts donnés dans 117 villes entre avril 1985 et avril 1986), les membres du groupe décidèrent en 1986 de faire une pause, occasion pour Knopfler de travailler sur d’autres projets. Mais, malgré les tournées incessantes et les quantités d’heures considérables d’enregistrement en studio, l’enthousiasme de Mark Knopfler pour la perfection n’a jamais diminué, et trente ans plus tard, il fait encore écho sur les radios du monde entier.

Brothers in Arms a mené les penchants atmosphériques, jazz-rock de “Love Over Gold” vers un contexte pop et il en résulte un best-seller international. Bien sûr, le succès de “Brothers in Arms” a été considérablement renforcé par la vidéo animée par ordinateur de “Money for Nothing” dans une attaque sardonique contre MTV. Mais ce qui a permis cette vente record était aussi le talent créatif pop-rock de Mark Knopfler. Justement, il est omniprésent dans “Money for Nothing” avec son riff de guitare inoubliable (on notera l’apparition du chanteur Sting dans le refrain et les chœurs), dans “Walk of Life” qui est une variation au tempo aussi accrocheur que “Sultans of Swing”, dans la mélodie nostalgique du bluesy “So Far Away”, dans le jazzy “Your Latest Trick”, ainsi que dans le fantastique titre éponyme qui est une dénonciation virulente de la guerre, avec un son très Pink Floyd et l’utilisation parfaite de l’orgue Hammond. “Brothers in Arms” est l’un de leurs albums les plus concentrés et accomplis, et au sens strictement pop, c’est cet une perle de la création musicale des années 80.

L’après Brothers in Arms:

Knopfler produit les disques de Randy Newman et Joan Armatrading, part en tournée avec Eric Clapton et enregistre un duo avec Chet Atkins (Neck and Neck, 1990). En 1989, il forme le groupe Country-Rock Notting Hillbillies dont le seul album, “Missing … Presumed Have a Good Time”, est un succès britannique lors de son lancement au printemps 1990.

“On Every Streets” : En 1990, Knopfler reforme Dire Straits, qui compte maintenant Illsley, Clark, Fletcher et divers musiciens de session. Le groupe sort “On Every Street” à l’automne 1991. L’abum devient disque de platine en Amérique mais ne rentre pas au Top 40 britannique où il échoue à générer un hit single. De même, la tournée est une déception, avec de nombreux billets invendus aux États-Unis et en Europe. Une fois la tournée terminée, l’album live “On the Night” sort au printemps 1993. Le groupe se sépare officiellement en 1995, avec un Mark Knopfler au bout du rouleau qui déclare « ne plus vouloir entendre parler de Dire Straits pendant au moins 10 ans ! » En 1996, Knopfler lance sa carrière solo avec l’album “Golden Heart”.

Discographie :

1978 : Dire Straits (Vertigo Records)
1979 : Communiqué (Vertigo Records)
1980 : Making Movies (Vertigo Records)
1982 : Love over Gold (Vertigo Records)
1984 : Alchemy
1985 : Brothers in Arms (Vertigo Records)
1991 : On Every Street (Vertigo Records)
1993 : On the Night

Voir sur YouTube :  “Dire Straits – Brothers In Arms” ; “Dire Straits – Money For Nothing” ; “Dire Straits – Walk Of Life” et “Dire Straits – Sultans Of Swing (Alchemy Live)” par DireStraitsVEVO