Film – Police Fédérale Los Angeles (1985)

Richard Chance (William L. Petersen) et Jimmy Hart (Michael Greene) sont des agents du F.B.I. bossant au bureau de Los Angeles à la section contrefaçon. Chance a une réputation de tête brûlée, alors que Hart se la joue tranquille à seulement trois jours de la retraite. Hart enquête sans son coéquipier dans un entrepôt situé dans le désert, qu’il suppose être une imprimerie du faux-monnayeur Rick Masters (Willem Dafoe). Après que Hart se soit fait tuer par Masters et Jack, son garde du corps, Chance explique à son nouveau partenaire, John Vukovich (John Pankow), qu’il veut faire tomber Rick Masters quoi qu’il arrive.

Les deux agents tentent d’obtenir des informations sur Rick Masters en mettant sous surveillance un de ses associés criminels, l’avocat Max Waxman. Vukovich trop fatigué s’endort dans sa planque, et par suite, ils échouent à coincer Masters en train d’assassiner Waxman (Christopher Allport). Alors que Vukovich veut respecter la procédure, Chance devient de plus en plus imprudent et bafoue l’éthique dans son obstination à stopper Masters. Grâce à son informatrice et amante Ruth Lanier (Darlanne Fluegel), Vukovich rencontre en privé l’avocat de Masters, Bob Grimes (Dean Stockwell). Grimes, reconnait un conflit d’intérêts potentiel qui pourrait ruiner sa pratique juridique, et accepte de mettre en place une réunion entre son client et les deux agents, qui engagent Masters en se faisant passer pour des banquiers corrompus de Palm Springs intéressés par ses services de contrefacteur. Masters est réticent à travailler avec eux, mais accepte finalement d’imprimer pour 1.000.000 $ de faux billets.

À son tour, Masters exige 30.000 $ d’acompte pour imprimer la fausse monnaie, soit trois fois la limite autorisée par l’agence fédérale. Pour obtenir l’argent, Chance persuade Vukovich de l’aider à voler Thomas Ling, un homme connu de son informatrice Ruth comme disposant de 50.000 $ de cash pour acheter des diamants volés. Chance et Vukovich interceptent Ling à la gare et s’emparent de l’argent dans une zone industrielle. Mais l’affaire tourne mal, et Ling qui est un agent infiltré, se fait tirer accidentellement dessus par son équipe de couverture. Chance et Vukovich tentent de leur échapper à travers une course poursuite épique…

Réalisation et anecdotes :

Le réalisateur William Friedkin (déjà connu pour ses films L’Exorciste ou French Connection) a reçu le roman de Gerald Petievich sous forme de manuscrit et l’a trouvé très authentique. Petievich est un ancien agent des services secrets et il apparaît dans un caméo en tant qu’agent du FBI. Le cinéaste était également fasciné par la « nature absolument surréaliste » du travail d’un agent secret à Washington DC. Friedkin avait un budget relativement faible de 6 millions de dollars pour le film, aussi, les acteurs et l’équipe furent obligés de travailler pour des salaires relativement bas. En conséquence, le film ne put bénéficier d’aucune star.

Friedkin a tout filmé sur place et a travaillé rapidement, utilisant souvent la première prise pour donner un sentiment d’immédiateté. Il n’aimait pas les répétitions, aussi, il créait des situations où les acteurs pensaient répéter une scène alors qu’en fait, il tournait pour de bon. La scène pendant laquelle Petersen court entre les tapis roulants du terminal de l’aéroport international de Los Angeles a causé des problèmes entre le cinéaste et la police de l’aéroport. L’aéroport avait interdit cette scène, principalement pour la sécurité de Petersen, car ils estimaient que leur assurance ne l’aurait pas couvert s’il s’était blessé. L’acteur a dit à Friedkin qu’ils devraient tourner la scène de toute façon, alors le réalisateur a proposé qu’ils simulent une répétition alors que les caméras tournaient la scène ; bien que la pilule fut difficile à avaler par les responsables de l’aéroport, la prise était dans la boîte.

La fabrication de fausse monnaie a l’air authentique parce que Friedkin a consulté des contrefacteurs réels. Le « consultant » a réalisé les scènes qui ne montrent pas l’acteur Willem Dafoe à la caméra pour donner plus d’authenticité à cette séquence, même si l’acteur a appris à imprimer des faux Dollars. Plus d’un million de faux billets furent imprimés mais avec trois erreurs délibérées de sorte qu’ils ne pourraient pas être utilisés en dehors du film. Les cinéastes brûlèrent la plus grande partie de la fausse monnaie mais certains exemplaires échappèrent à la destruction, et furent utilisés à leur insu. Le fils d’un des membres de l’équipe essaya d’utiliser une partie de l’argent pour acheter des bonbons dans un magasin local et il fut arrêté. Trois agents du FBI de Washington interrogèrent les membres de l’équipe chargés du travail d’impression des faux billets ainsi que le réalisateur. Vu la dimension que prenait l’affaire, Friedkin offrit de montrer le film au secrétaire du Trésor et de retirer tout ce qui représentait un danger pour la sécurité nationale. Mais l’affaire se tassa et ce fut la dernière fois qu’il entendit parler des services du gouvernement.

La poursuite en voiture à contre-sens sur une partie d’autoroute de Los Angeles a été l’une des dernières scènes tournées dans le film et il a fallu six semaines pour la réaliser. À ce stade, Friedkin travaillait avec une équipe très dépouillée. Il a eu l’idée d’organiser une poursuite à contre-sens le 25 février 1963 alors qu’il rentrait chez lui après un mariage à Chicago. Il s’était assoupi au volant et avait retrouvé sa vigilance alors qu’il s’était engagé sur la mauvaise voie avec le trafic venant en sens inverse se dirigeant directement vers lui. Il s’est rabattu sur le côté et a reculé ; pendant les 20 années suivantes, il s’est demandé comment il allait utiliser cet évènement périlleux de sa vie dans un film. Pour live and die in LA, il a déclaré au coordinateur de cascades Buddy Joe Hooker que s’il pouvait réaliser une poursuite mieux que celle du film The French Connection (qu’il avait tourné en 1971), il était preneur. Sinon, il ne l’utiliserait pas.

Petersen a fait beaucoup de séances de conduite sans doublure au cours de cette séquence et les réactions stressées de l’acteur John Pankow étaient réelles. Trois week-ends ont été consacrés au tournage sur des tronçons de l’autoroute de Terminal Island près de Wilmington, en Californie, qui ont été fermés pendant quatre heures pour permettre à l’équipe d’organiser la poursuite chaotique. Pour ajouter à la sensation oppressante de la poursuite, Friedkin l’a mis en scène sur un tronçon où le flux de la circulation autoroutière est inversé (comme si on se trouvait au Royaume-Unis) puisqu’elle se déroule sur la voie droite de l’autoroute à contre-sens, et non sur la voie gauche.

Musique du film :

Selon Friedkin, la raison principale pour laquelle il a choisi Wang Chung pour composer la bande originale était parce que le groupe « se démarquait du reste de la musique contemporaine. […] Ce qu’ils ont finalement enregistré n’a pas seulement amélioré le film, mais lui a donné de la profondeur et une dimension plus puissante ». Après avoir écouté l’album précédent du groupe, Points on the Curve, Friedklin décida que Wang Chung composerait l’intégralité de la partition musicale de son film. Mais il appréciait tellement l’album qu’il y puisa une des chansons, « Wait », afin de l’utiliser dans le cadre de la bande-son. « Wait » apparaît à la fin du film. Les chansons de la bande-son, à l’exclusion de la chanson titre et de « Wait », ont été écrites et enregistrées en deux semaines. Ce n’est qu’après que Wang Chung ait vu une ébauche du film que le groupe produisit la chanson-titre.

Voir sur YouTube et Dailymotion : « Police fédérale Los Angeles (1985) Bande annonce française » par Otto Rivers ; « Police Fédérale Los Angeles » courses poursuites par DIRECTVISION1

Série TV – Magnum (1980-88)

Origine et production :

Magnum est une série télévisée américaine en 162 épisodes de 50 minutes, créée par Glen A. Larson et Donald P. Bellisario et diffusée entre le 11 décembre 1980 et le 1er mai 1988 sur le réseau CBS.

En France, la série a été diffusée à partir du 13 décembre 1981 dans le cadre de l’émission Dimanche Martin sur Antenne 2. Rediffusion et épisodes inédits en 1988 sur M6. Rediffusion sur TF1, puis sur France 3, sur France 4, 13ème rue, Comédie+ et sur Jimmy, ainsi qu’au Québec sur le réseau TVA.

L’Histoire : 

Ancien combattant de la guerre du Viêt Nam puis lieutenant dans l’Office of Naval Intelligence, Thomas Magnum s’occupe désormais de la sécurité d’une des propriétés du célèbre écrivain de polars Robin Masters située à Oahu dans l’archipel d’Hawaï. C’est à la suite d’un pari perdu que l’auteur à succès a laissé à Magnum la jouissance de sa maison d’amis et de sa Ferrari, à la condition qu’il assure la sécurité de sa résidence.

Magnum partage le domaine avec Jonathan Quayle Higgins, un majordome britannique rigide, ancien soldat de l’armée des Indes. Higgins supporte mal la décontraction de Magnum et lui rend la vie difficile avec ses deux dobermans, Zeus et Apollon.

Magnum travaille désormais comme détective privé. Il fait souvent appel à ses amis Terry et Rick, eux aussi vétérans du Viêt Nam. Terry est un pilote d’hélicoptère reconverti dans le tourisme aérien, et Rick est devenu gérant d’un club sélect situé en bord de mer, le King Kamehameha.

Distribution :

Tom Selleck : Thomas Sullivan Magnum
John Hillerman : Jonathan Quayle Higgins
Larry Manetti : Orville « Rick » Wright
Roger E. Mosley : Théodore « Terry » Calvin

Source

Voir sur Dailymotion : « Magnum le commencement » par Bruce Willis

Sono Vintage – Deux légendes des années 80 : Les Urei 1620 & Technics SL-1200 MK2

Au début des années 80, alors que la House music devenait populaire dans les clubs Américain de la côte Est des Etat Unis tels que les légendaires Paradise Garage et Club 54, la Urei 1620 était la meilleure table de mixage que les discothèques pouvaient s’offrir et les DJs hip-hop, inspirés par les premières expériences des DJ Kool Herc et Grandmaster Flash s’en équipèrent. Complément indispensable pour les DJs, les deux platines disques qui allaient avec, étaient les légendaires platines disque Technics 1200 SL-MK2. Aujourd’hui, vous pourriez penser que ces appareils sont des pièces de musée, mais c’est loin d’être le cas, puisque ces deux bijoux de la technologie audio n’ont cessé leur carrière que très récemment (en 2010 autant pour la Urei 1620 que pour la Technics 1200, puisqu’un clone de la table de mixage Urei fut réédité en édition limité par la société Soundcraft en 2005; quant à la Technics 1200, celle-ci fit allègrement ses 38 ans de carrière pratiquement sans aucune modification!).

La table de mixage Urei 1620 L.E. : Cette réédition à tirage restreint (L.E. signifie Limited Edition) épuisée dès 2010, resta fidèle à la conception originale autant pour la cosmétique que pour la qualité sonore. Après la disparition de la 1620, à la fin des années 80, le manque était tel que certains passionné l’ont fabriqué en dénichant l’ensemble des composants aux quatre coins du monde. Un modèle comparable a même été proposé par Bozak, un autre fabriquant US. Malgré son superbe look rétro, le mélangeur était conçu spécifiquement pour les installations modernes , et même s’il n’avait pas les gadgets modernes qu’utilisent les DJ d’aujourd’hui, elle était pourvue exactement des commandes nécessaire à l’animation. La plupart des consoles de DJ actuelles sont équipées de potentiomètres linéaires, mais une large tendance au retour du rotatif s’est fait sentir depuis l’avènement du rétro, procurant une plus grande précision de réglage à en croire les professionnels. En outre, ils occupent moins de surface en façade ce qui en fait des appareils compacts.

Caractéristiques : Soundcraft a repris le look d’origine, mais en version noir anodisé seulement. Les boutons de mixage, plus importants que les autres, ont un ergot indiquant leur position, même au toucher. Ceux de la balance reçoivent un petit rond bien marqué. Le mélangeur au format rack 19 pouces s’utilise aussi bien à plat que verticalement. Les deux premières voies se consacrent exclusivement au vinyle. Les quatre autres se commutent sur leurs entrées dédiées ou sur l’une des cinq entrées auxiliaires complémentaires. Seule la dernière reçoit un préampli micro mais les trois autres peuvent recevoir une tranche Phono ou micro commutable qui se déniche encore sur ebay à 100 €pièce tout de même. Enfin, l’étage de sortie est équipé de deux voies réglables (House et Booth), d’une péécoute complète (et commutable en écoute programme grâce à une bascule à Led bi-colore) et d’un double réglage de tonalité sur chaque voie.

La console Urei 1620 était vendu 3000 $ en 1980, et la 1620 L.E., 1690 € en 2005.

La platine disque Technics SL-1200 MK2 : Dès son lancement, la Technics SL-1200MK2 devint la platine vinyle de référence des clubs et discothèques et même des radios FM. MK2 signifie « Mark 2 », qui désigne l’évolution de la première Technics SL-1200 fabriquée en octobre 1972. La MK2, conçue en 1978, reçut de nombreuses améliorations, notamment au niveau du moteur et du châssis. Depuis 1972, plus de 3 millions d’exemplaires ont été vendus. Elle est considérée comme étant la plus solide des platines jamais produites, à tel point que la plupart des unités fabriquées dans les années 1970 sont encore largement utilisées de nos jours. La qualité sonore non plus n’était pas en reste, puisque les platines actuelles n’ont pas un meilleur rapport signal sur bruit.

Caractéristiques : Ses spécificités l’ont rendue célèbre : Éclairage de stroboscope combiné à l’interrupteur général, large touche marche/arrêt, une touche pour chaque vitesse, éclairage de pointe télescopique et curseur de réglage de vitesse linéaire doux à manipuler permettant d’augmenter ou de diminuer la vitesse de rotation des disques de 8% .  Le verrou à Quartz se situe en position centrale, marqué par un cran et l’allumage d’une Led verte. La base est moulée dans un matériau synthétique à charge minérale et recouvert d’un épais rembourrage de caoutchouc fait pour absorber les vibrations parasites. La partie supérieure du châssis est structurée dans un alliage métallique très rigide argenté ou noir anodisé en option. Quatre pieds réglables en hauteur servent d’amortisseur. Les bras de lecture en S est un modèle du genre. Technics le complète d’un prolongateur arrière qui permet de compenser la masse des cellules de sonorisation professionnelles permettant la lecture avant et arrière (telles les Shure SC-35 C ou les Ortofon Concorde DJ PRO) qui réclament un contrepoids de plus de 3 grammes ; il ne faut pas oublier que cette platine était à l’origine destinée à la Hi-Fi avec un rapport signal/bruit exceptionnel de 79 db bien au delà du seul auditif. Par contre, la compensation antiskating n’est pas réglable au delà de 3 grammes; mais cella ne pose pas de problème. Le bras ne souffre d’aucun jeu et s’ajuste en hauteur via une couronne verrouillable et graduée. Le plateau très lourd comprend un aimant solidaire, l’entraînement étant direct. Des graduations rondes usinées dans la masse sont présentes sur la circonférence du plateau et permettent de contrôler la vitesse sélectionnée grâce au principe du stroboscope flashant ici à la fréquence du secteur (50 hz). On remarquera que la même graduation (la plus grosse) fait office de repère pour le réglage de la vitesse autant en 33 qu’en 45 tours, ce qui est une prouesse remarquable relevée par les ingénieurs de Technics. De plus, lorsque le quartz est vérouillé, le point repère reste centré dans le temps ce qui confirme l’extraordinaire régularité de cette platine. Enfin, le démarrage est très rapide (moins d’une seconde) ce qui permet de piloter le Start and Stop depuis le fader d’une table de mixage moyennant un petit bidouillage électronique (détail très utile autant pour les radios que pour les discothèques).

Ce matériel n’est plus produit depuis 2010 mais Technics n’a pas résisté aux sirènes du vintage et la réédité depuis quelques mois au prix de 2222 € (plus de trois fois plus cher qu’en 2010!) Il est vrai que quand on aime, on ne compte pas.

Photo haut de page : Rotary Dreams

Livre SF – William Gibson – Neuromancien (Hugo du meilleur roman 1985)

William Gibson (écrivain de S.F. né le 17 mars 1948) n’a jamais eu l’intention de devenir le leader d’un mouvement. Mais avec la publication de Neuromancien en 1984, on lui a imposé ce rôle. Si vous lisiez de la S.F. dans les années quatre-vingt, alors vous avez entendu parler du cyberpunk. Il y avait alors dans l’air le sentiment – activement encouragé par la plupart des écrivains qui étaient participants – qu’un nouveau mouvement était à portée de plume et que la SF allait enfin subir sa première révolution littéraire significative depuis la Nouvelle Vague qui avait frappé à la fin des Années soixante. Gibson est un peu impliqué dans cette exagération dans la mesure ou le battage autour de sa modeste personne a galvanisé le mouvement.

Le Cyberpunk est antérieur à la publication du roman de plusieurs années. Déjà, le film Blade Runner, inspiré d’un roman de 1968 écrit par Philip K. Dick, et tourné en 1982, établissait une esthétique similaire qui a inspiré Gibson dans son roman. Mais Neuromancien a été le coup de départ du mouvement cyberpunk. Il a d’ailleurs remporté à la fois le Hugo et le prix Nebula (ainsi que le prix Philip K. Dick). Gibson a inventé le mot «cyberpunk» plus tôt, mais Neuromancien est le roman qui l’a entérinée dans le lexique populaire.

Si plus de 20 ans plus tard, la capacité de Neuromancien à nous étonner a légèrement diminué, cela reste encore une histoire divertissante à lire, un roman intemporel et élégant; ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’il ait remporté autant de récompenses. Il est vrai aussi que cette histoire a ouvert la voie et influencé des auteurs comme Charlie Stross, Greg Egan, et tous ceux qui ont contribué à rafraîchir la S.F. dure des Années 90.

Neuromancien est une œuvre prédictive dans la mesure où elle met en avant la notion de l’avenir de l’information dans laquelle les multinationales plutôt que les gouvernements dirigent le spectacle du monde. Certes l’internet d’aujourd’hui n’est pas le cyberespace de Gibson, mais les inventions actuelles et future permettront aisément à très brève échéance de s’immerger dans une réalité virtuelle digne du cyberespace.

L’histoire : 

Le protagoniste de Neuromancien est un ancien hacker nommé Henry Dorsett Case, dont le système nerveux a été détruit avec une toxine pour l’empêcher de continuer à pirater. Comme presque tout le monde (même ceux qui n’ont jamais lu le livre) en est probablement conscient, la seule interface informatique qui est utilisée dans Neuromancer est un implant cérébral, et l’interface de Case à été détruite. L’histoire commence lorsque, dans les bidonvilles de la ville de Chiba,  Armitage, un homme mystérieux au passé trouble, et Molly, une redoutable mercenaire, lui proposent de lui redonner accès au Cyberespace et lui offrent un accord : on le guérit en échange de ses services en tant que pirate. L’objectif de son employeur semble impliquer une I.A. appelé Wintermute, appartenant à la famille de Tessier-Ashpool propriétaire d’une énorme multinationale.  En fait, il doit en pénétrer le système informatique avec l’aide du mystérieux Muetdhiver et de sa partenaire Molly, une mercenaire cybernétiquement modifiée. Partout où l’accès au réseau est piratable, le Neuromancien s’en sert pour infiltrer les souvenirs de son interlocuteur, apparaissant toujours sous la forme d’une personne connue de lui, alors que le Muetdhiver s’en sert pour assassiner des membres de la Police de Turing (une unité régulant les I.A.)

L’intrigue est l’une des forces de Neuromancien. C’est un livre court et rapide avec beaucoup d’action tendue, des personnages dangereux, des alliances risquées. L’évocation du pouvoir indécent des entreprises, de la nature des I.A. et de l’informatique future sont développés sans ralentir l’action.  Au début de Neuromancien, Dorsett renonce à la vie et entre dans une spirale autodestructrice pour des raisons compréhensibles, mais presque jamais il ne trouve de force intérieur pour sortir de sa tourmente émotionnelle afin d’obtenir une seconde chance. Il est implacablement entraîné par des forces extérieures: une guérison, le retrait menacé de la guérison, le danger physique, et la manipulation des autres personnages. Rien ne vient de l’intérieur et c’est une des caractéristique du livre. Son destin lui échappe totalement.

Neuromancien est célèbre pour ses descriptions, en grande partie parce qu’il montre un avenir laid, répugnant et dangereux (parfois pas si éloigné du notre…). Il n’est peut-être pas aussi révolutionnaire qu’on l’a dit, mais Gibson a fait un excellent travail dans sa description sans fard des bidonvilles et de la vie de la rue d’un monde avec une meilleure technologie certes, mais pas plus d’espoir et si peu d’humanité.

Album – The Cars – Greatest Hits (1985)

Certes, Blondie a obtenu une série estimable de succès placés numéro un, de même Talking Heads a reçu les faveurs de la critique, il n’empêche que ce sont les Cars ont été la plus grande révélation des groupes de la nouvelle vague américaine qui émergèrent à la fin des années 70. Avec leur pop rock élégant et mécanique, le groupe a accumulé une succession impressionnante d’albums de platine et de singles classés au Top 40 U.S. ce qui en a fait l’un des groupe de rock les plus populaires de la fin des années 70 et du début des années 80. Alors qu’ils étaient plus commercialement orientés que leurs pairs de New York, les Cars ont néanmoins été inspiré par le proto-punk, le garage rock et la pop bubblegum. La différence était dans l’emballage. Là où leurs pairs étaient aussi inspirés par l’art que par la musique, les Cars étaient strictement un groupe de rock & roll, et alors que leur musique sonnait parfois différemment du consensus rock de l’époque, ils avaient assez de piment pour qu’on passe leurs albums sur la FM. Néanmoins, les Cars sont restés un groupe New Wave, reprenant certaines spécificités du Velvet Underground, de David Bowie et de Roxy Music. Les voix de Ric Ocasek et Ben Orr rappelaient l’insouciant flegme de Lou Reed, tandis que la rythmique insistante du groupe n’était pas sans évoquer la hargne d’Iggy Pop. De plus, les Cars ont suivi la direction de Roxy Music en ce qui concerne les pochettes d’album artistiques notamment quand l’artiste Alberto Vargas a conçu une illustration sexy de style pin-up pour la couverture de leur deuxième album, Candy-O. Des couverture similaire sont devenues la signature visuelle du groupe jusqu’en 1984, alors que le groupe fait une série de vidéos sur Heartbeat City. Les vidéos de « You Might Think », « Magic » et « Drive » sont devenues des tubes accrocheurs sur MTV, élevant les Cars au rang de superstar.

Le groupe : 

Ric Ocasek (guitare, voix) et Ben Orr (basse, chant) ont collaboré pendant plusieurs années avant de former les Cars en 1976. Ocasek a commencé à jouer de la guitare et à écrire des chansons à l’âge de dix ans. Après avoir brièvement fréquenté le Collège Antioche et l’Université d’Etat de Bowling Green, il a abandonné l’école et déménagé à Cleveland où il a rencontré Orr. Les deux musiciens ont commencé à écrire des chansons et à créer des groupes à Cleveland, à New York City, à Woodstock, et à Ann Arbor avant de s’installer à Cambridge, Massachusetts au début des années 70. En 1972, les deux musiciens étaient le noyau d’un trio folklorique nommé Milkwood. Le groupe sort un album chez Paramount Records à la fin de 1972 qui est ignoré. En 1974, Ocasek et Orr forment le groupe Cap’n Swing, avec Elliot Easton comme lead guitar. Cap’n Swing devient populaire à Boston, mais le groupe se sépare en 1975. Ocasek, Orr et Easton forment un nouveau groupe appelé les Cars en 1976 en s’adjoignant l’ancien batteur des Modern Lovers, Dave Robinson et le claviériste Hawkes.

The Cars (1977) :  Les Cars ont envoyé la bande de démonstration de « Just What I Needed » à l’influente station de radio WBCN de Boston et elle devient rapidement la chanson la plus demandée de la station. Tout le reste de 1977, les Cars jouent dans des clubs de Boston, et à la fin de l’année ils signent chez Elektra. Le premier album éponyme du groupe apparait à l’été 1978 et il remporte un grand succès grâce aux singles « Just What I Needed » (27ème), « My Best Friend’s Girl » (35ème) et « Good Times Roll » (41ème). Les Cars restent dans les charts pendant plus de deux ans et demi, retardant la sortie du deuxième album du groupe. Le premier album se vend à 6.000.000 d’exemplaires.

Candy-O (1979) : Enregistré au début de 1979, Candy-O ne sort que pendant l’été. L’album est un succès instantané, grimpant rapidement au numéro trois sur les charts et devient album de platine deux mois après sa sortie. Grâce au Top Ten Hit « Let’s Go », il lance définitivement le groupe sur l’orbite du succès.

Panorama (1980) : Peut-être en réaction au succès rapide des Cars, le groupe explore des territoires plus ambitieux sur Panorama en 1980. Bien que l’album ne soit pas un aussi grand succès que ses prédécesseurs, il culmine néanmoins à la cinquième place du top album et devient album de platine.

Shake It Up (1981) : Les Cars sortent leur quatrième album, Shake It Up, à l’automne de 1981, et il devient rapidement disque de platine.
Après le succès de Shake It Up, le groupe enregistre la bande sonore du court métrage Chapter-X, puis prend un congé prolongé. Ocasek sort son album solo Beatitude en 1982. Les Cars se réunissent de nouveau en 1983 pour enregistrer leur cinquième album.

Heartbeat City (1984) : Soutenu par une vidéo animée par ordinateur, le premier single de l’album, « You Might Think », devient un hit du Top Ten et propulse Heartbeat City à la troisième place des charts. Trois autres Top 40 singles – « Magic » (12ème), « Drive » (3ème) et « Hello Again » (20ème) – sortent plus tard dans l’année, et l’album devient triple disque de platine à l’été 1985.

Greatest Hits (1985) : À la fin de l’année, le groupe sort un Greatest Hits, qui présente deux nouveaux singles à succès, « Tonight She Comes » et « You Are the Girl ».

Door to Door (1987) : En 1987, le groupe sort son septième album, Door to Door. L’album remporte un succès modéré; seul le single « You Are the Girl », atteint la 17ème place. Les Cars annoncent leur séparation en février 1988. Tous les membres ont poursuivi des carrières en solo, mais seulement Ocasek a publié des albums avec régularité. Dans les années 90, il est devenu un producteur de rock très recherché, ayant travaillé avec Weezer, Bad Religion, Black 47, Hole, Guided by Voices, No Doubt, Nada Surf, Johnny Bravo, D, Jonathan Richman, les Wannadies, et les anciens membres de Suicide (Alan Vega et Martin Rev. Easton) réapparu plus tard avec Creedence Clearwater Revisited, pendant que, malheureusement, Orr perd sa bataille contre un cancer du pancréas et décède le 3 octobre 2000.

Complete Greatest Hits (2002) : Après sa mort, quelques nouveaux enregistrements de Cars sont apparus sur le marché, y compris le concert DVD Live (enregistré à l’origine en Allemagne en 1979, et présentant une interview avec le groupe peu de temps avant la mort d’Orr), leur album de débuts auto-intitulé et une collection de hits plus complète intitulée Complete Greatest Hits. Au début de 2002, Ocasek travaille à la mise en place d’un film documentaire des Cars, composé de séquences backstage et de clips promotionnels inédits que le groupe a filmé lui-même. Il continue à travailler sur des matériaux solo, notamment Nexterday en 2005 aux critiques flatteuses. Pendant ce temps, Greg Hawkes et Elliot Easton ont fait équipe avec Todd Rundgren pour former le New Cars, un supergroupe pop dont le répertoire incluait les chansons en solo de Rundgren, les hits passés des Cars et un nouveau matériel. The New Cars a tourné avec Blondie en 2006 et a sorti un disque, l’album de concert It’s Alive !, avant que Rundgren ne reprenne sa carrière solo l’année suivante.

Move Like This (2011) : En 2010, les Cars se réunissent officiellement pour la première fois depuis deux décennies, Orr, décédé dix ans plus tôt étant le seul absent. Travaillant avec le producteur Jacknife Lee, ils prennent résidence temporaire dans un studio d’enregistrement à Millbrook, New York, et sortent Move Like This en 2011. Accueilli par des critiques positives, Move Like This rentre au Hit parade et culmine à la septième place à sa sortie tandis que le groupe fait une brève tournée promotionnelle.

Voir sur YouTube : « The Cars – Drive (OFFICIAL MUSIC VIDEO) » et « The Cars – Magic (OFFICIAL MUSIC VIDEO) » par RHINO