Livre SF – Pierre Pelot – Canyon Street (1978)

Philippe Pelot est né le 13 novembre 1945. C’est un écrivain français très prolifique plus connu pour ses œuvres de SF. Si les années 1960 sont celles du western et de la série Dylan Stark, lors de la décennie suivante, Pelot commence à écrire des romans de science-fiction et s’impose peu à peu comme un de ses plus talentueux maîtres français. Il est présent dans les collections J’ai lu, Presses-Pocket, Présence du futur mais aussi Ailleurs et Demain et Dimensions S-F. Coup sur coup, il reçoit le Grand prix de la Science-Fiction française pour Delirium circus et le Grand prix du Festival de Metz pour Transit. Les spécialistes du genre saluent son talent, en particulier dans la revue Fiction. Pelot dénonce à travers la science-Fiction, une société policière qui contrôle ses citoyens, en particulier dissidents ou marginaux et tous les exclus du système. Ses ouvrages forts comme La Guerre Olympique, Canyon Street, Les Barreaux de l’Eden ou Les Pieds dans la tête, mettent en évidence les pièges d’une société manipulée et aliénée.

Le livre : 

Canyon Street, c’est le fleuve-monde, le labyrinthe, la pieuvre. La planète quadrillée par un réseau sans commencement ni fin d’artères géantes, rectilignes, bordées par les hautes murailles aveugles des Horizons Fermés. C’est cela, Canyon Street. Procréez! disait la Loi. Soyez fort, méritez votre Manne! Méritez d’être un jour des élus! Et les Cohortes masqués de cuir venaient, en silence, distribuer la Manne et emmener les plus méritants. Et les Pilleurs lançaient les razzias, et les Abbés-Speakers y allaient de leurs sermons télévisés. Et Raznak le Fou racontait que le Paradis ressemblait à l’Enfer… Et Javeline fuyait… Et tout cela s’est arrêté un jour. Un jour, la Manne s’est tarie. Et les Cohortes ahuris erraient sans but, les Abbés prêchaient dans le désert. Seul Raznak le Fou demeurait constant. Et Javeline brûlait d’aimer Jean des Étoiles, le Pilleur. Et une nuit d’horreur, parce qu’elle n’avait pas d’autre issue, elle suivit Raznak le Fou vers les Horizons Fermés.

Voici ce qu’en disent la revue Lire (Février 1979) et Philippe Curval (Novembre 1978) :

“Les amateurs d’inventaires vous diront que Pierre Pelot, 34 ans, a déjà écrit plus de soixante-dix romans – dont quelques chefs-d’œuvre comme Transit (Laffont), Fœtus-Party (Denoël) ou Delirium Circus (J’ai Lu). Les idéologues ajouteront que sa tasse de thé, c’est l’aliénation ; que le héros “pelotien” se libère volontiers dans la déviance et la rupture ; que pour lui “l’utopie n’est pas utopique” ; qu’il est profondément libertiste, etc. Tout cela est sûrement vrai. Ajoutons simplement que Pelot est aussi un merveilleux conteur. Et qu’on le voit bien dans ce récit de la Grande Panne d’un “meilleur des mondes” étrange, poétique – et (comment dites-vous ?) terriblement, fabuleusement aliénateur…”

“L’ultime espoir pour ceux qui veulent savoir pourquoi tout s’est arrêté est de franchir les frontières redoutables de Canyon Street. Ce qui les attend de l’autre côté, c’est le vide. La religion sur laquelle étaient fondés les espoirs de ces parias n’était qu’un leurre, manipulé par des dieux sans pouvoir, des dieux avides seulement de jouir de leurs quelques siècles d’immortalité. Au-delà du décor truqué, ces jouisseurs irresponsables avaient imaginé qu’un autre paradis les attendait, celui qu’ils croyaient entrevoir dans l’insondable mystère de l’espace.”

Youngtimer – Maserati Kyalami (1976-1983)

Toutes les anciennes Maserati portent un nom de vent, à l’exception de l’Indy et de la Kyalami : dans ce cas, l’appellation rappelle le dernier succès obtenu par un moteur Maserati de formule 1, en l’occurrence un V12 monté sur une Cooper victorieuse au GP d’afrique du Sud en 1962.

La rude épopée de la marque au trident : 

A l’instar de tant d’autres marques spécialisées dans la voiture de prestige, de sport ou de course, Maserati n’a cessé de connaître de grandes difficultés : dès 1937, les frères Maserati, piètres gestionnaires, durent céder leur entreprise à Adolfo Orsi, lequel à son tout, dut s’allier en 1968 avec Citroën pour survivre. Le rachat de la marque aux chevrons par Peugeot rompit cette alliance et Maserati ferma alors brièvement ses portes avant d’être sauvé par l’état italien et Alessandro de Tomaso.

L’ultime Maserati de grande lignée : 

Si l’on considère que la royale n’est qu’une évolution de la Quatroporte, la Kyalami est la dernière Maserati à être équipée du V8 créé en 1964. Dessiné par Frua carrossier de De Domaso, sa carrosserie est identique à celle de la Longchamp. Présentée au Salon de Genève en mars 1976, ce très conventionnel coupé 2+2 à moteur avant n’eut qu’une brève existence ;  cependant, sa sobre élégance et sa rareté en font une voiture désirable. Après lui arriveront les “Biturbo”, des voitures assurément moins prestigieuses.

Caractéristiques : 

Moteur : V8 4,2 L puis V8 4,9 ; Position du moteur : Longitudinale avant ; Cylindrée : 4 136 puis 4 930 cm3 ; Puissance maximale : 265 et 280 ch ; Couple maximal : 43 mkg à 3 800 tr/min ; 4 carburateurs double corps Weber
Transmission : Propulsion ; Boîte de vitesses : Manuelle 5 rapports puis automatique 3 rapports
Poids et performances : Poids à vide : 1620 kg : Vitesse maximale : 245 km/h ; Accélération : 0 à 100 km/h en 7,6 s ; Consommation mixte : 25 L/100 km
Châssis – Carrosserie : tôle d’acier / caissoné à structure portante ; Coupé 2 portes , 4 places Frua Design
Direction : Assisté à crémaillère et pignon
Freins : à disques ventilés, indépendants, double circuit
Dimensions : Longueur : 4580 mm ; Largeur : 1850 mm ; Hauteur : 1270 mm ; Empattement : 2600 mm

Prix du modèle neuf : 328.440 Francs en 1983 soit 108.345 € avec 116% d’inflation.

Cote actuelle : 80.000 €

Hifi Vintage – Enceintes Klipsch Heritage La Scala (1963-2017)

Paul Wilbur Klipsch (PWK) était un pionnier américain de l’audio, notamment dans le domaine des enceintes acoustiques, un véritable excentrique et un fier membre du Hall of Fame de l’ingénierie et de la science. Il créa sa société à Hope, Arkansas en 1946. La société Klipsch est réputée pour la fabrication d’équipements audio et pour son rôle dans le développement de la haute-fidélité. Elle se caractérise par une approche de la restitution sonore à «haut-rendement» utilisant le principe du pavillon.

Klipsch a donné naissance à des technologies de haut-parleur qui ont séduit des générations d’amateurs de musique. Passionné par la radio et la reproduction sonore, Paul W Klipsch en est venu à s’intéresser à l’utilisation des pavillons sur les conseils d’un camarade de la Stanford University et a profité de son service militaire pour mettre ses idées en pratique entre 1931 et 1933. En 1938 il perçoit l’intérêt de loger une enceinte acoustique dans le coin d’une pièce d’écoute et commence à développer l’enceinte acoustique Klipschorn qu’il commercialise en 1946. Cette enceinte acoustique est toujours fabriquée 70 ans plus tard. Son principe est relativement simple : trois haut-parleurs (aigu, médium et grave), dont deux chargés par des pavillons. L’emploi du pavillon permet de diminuer énormément l’excursion de la membrane des haut-parleurs, et ainsi de minimiser la distorsion, tout en augmentant le rendement. Par ailleurs, les pavillons canalisant mieux le son, les pertes dans les hautes fréquences et les médiums sont moindres, contrairement aux autres types d’enceintes classiques.

Klipsch Heritage La Scala II :

Issue de la gamme Heritage, l’enceinte La Scala est un modèle de prestige, dont la première version a été conçue en 1963. Elle fut élaborée à une époque où la puissance des amplis était peu élevée, mais elle peut quand même se permettre d’encaisser une bonne centaine de watts avec une sensibilité exceptionnellement élevée de 105 dB/1W/1M (Avec de telles valeurs, on arrive au seuil de la douleur). Avec elle, Klipsch a réussi à combiner pour la première fois un rendement exceptionnel, une taille raisonnable et une bonne réponse dans le grave. En effet, la charge par pavillon du haut-parleur de grave implique presque toujours des dimensions trop importantes au niveau domestique. Le génie de Paul W Klipsch fut de charger le haut-parleur de grave avec un volume triangulaire sans aucun amortissement. Cette enceinte est fabriquée à la main aux États-Unis. Elle a été développée pour les auditeurs en quête d’une restitution musicale réaliste, quelle que soit la source écoutée qu’elle soit analogique ou numérique. Ainsi, le volume sonore potentiel peut être restitué de manière réaliste, que ce soit un un orchestre symphonique ou un groupe de rock et cela même avec un amplificateur de faible puissance (à tubes de préférence).

Enceinte 3 voies :
Amplification acoustique par pavillon (2 exponentiels et un arrière replié)
Finition bois et structure en contreplaqué multi-plis

Caractéristiques techniques :
Puissance : 100 Watts continu (400 Watts crête)
Réponse en fréquence : 51 Hz – 17 kHz (± 4 dB)
Sensibilité : 105 dB /1 W /1 m (SPL max : 121 dB)
Fréquences de coupure : 400 Hz et 4500 Hz
Impédance : 8 Ohms

Haut-parleurs : 
Haut-parleur de grave de 38 cm à cône en fibre composite
Compression médium K-55-X de 5 cm, diaphragme en titane
Compression aigu K-77-D de 2,5 cm

Dimensions : 
Dimensions (lxhxp) : 610 x 900 x 620 mm
Poids : 90 kg (pièce)

Prix : 5000 Euros (pièce)

 

Album – The Who – Who Are You? (1978)

Le groupe pop High Numbers, formé de quatre jeunes mods, prit le nom de Who en 1964. Il était alors composé de Roger Daltrey (chant, guitare, harmonica), Pete Townshend (guitare, voix, claviers), John Entwistle (basse, chant) et Keith Moon (batterie, chant). Managés par deux anciens producteurs de cinéma (Kit Lambert et Chris Stamp), ils deviendront le groupe mod archétypal. Les Who ont vendu environ 100 millions de disques et ont classé 27 de leurs singles au Top 40 du Royaume-Uni et des États-Unis, ainsi que 17 de leurs disques au Top 10 albums, avec 18 titres d’or, 12 de platine et 5 albums multi-platine aux États-Unis seulement. Ils sont devenus connus pour leurs concert très énergiques qui incluaient souvent la destruction de l’instrument. La pyrotechnie sur guitare de Townshend était particulièrement remarquable. L’instrument était utilisé alors comme un objet de destruction alors qu’il le brisait contre les planchers et les amplificateurs dans une simulation d’art auto-destructeur cher au peintre Gustav Metzger. Mais l’art “autodestructif” a son pendant : l’art “autocréatif”, qui donne naissance à d’éphémères bijoux en s’inspirant des progrès de la science. Notamment le psychédélique Liquid Crystal Environment, qui servit de décor aux Who dans les années 1960. Diffusées sur des écrans, les surfaces colorées changeaient imperceptiblement. Mâtinées de bulles et d’irrégularités, elles créaient une peinture abstraite toujours en mouvement.

Les Singles :

Les Who atteignirent la gloire au Royaume-Uni avec une série de singles du Top 10, appuyés en partie par les stations de radio pirate tels que Radio Caroline, à partir de Janvier 1965, notamment avec “I Can’t Explain”. 1965, c’est aussi le grand tube, qui va coller à la vie des Who pour toujours : “My Generation”, hymne à la jeunesse frustrée et solitaire de la Grande Bretagne, qui était l’une des premières chansons avec un solo de guitare basse. Les succès subséquents sont tous écrits par Townshend. Entre 1965 et 1968, il compose de nombreux singles qui se classent bien dans les charts tels que “Substitute”, “The Kids Are Alright”, “I’m a Boy”, “Happy Jack” en 1966 et “Pictures of Lily” en 1967. Ces chansons abordaient toutes les thèmes de la tension sexuelle et de l’angoisse chez les adolescents.

Albums et Opéras Rock :

Mais dès 1966, Townshend songe à écrire un opéra rock. Les premières ébauches en sont données dans l’album The Who Sell Out, album à la savoureuse pochette, qui savait replacer en situation les jingles des stations de radio pirates que l’on retrouve entre chaque morceau.

Enfin, en 1969, les Who sortent Tommy, premier opéra rock digne de ce nom, le public est d’abord surpris, puis réserve un accueil enthousiaste à cette œuvre. On en fera successivement une version orchestrale, un ballet, un film (dirigé par Ken Russell). Il est certain que Tommy peut surprendre les amateurs de rock comme ceux d’opéra. Pourtant, et quelles qu’en soient les faiblesses, il restera une œuvre marquante dans la musique d’aujourd’hui. Et pour ceux qui aiment avant tout les Who pour leur faculté de ciseler les tubes percutants, il y en a d’excellents tout au long de ce double album (“Pinball Wizard”, “See me, Feel Me”, “Acid Queen”, “I’m Free”, Amazing Journey”…)

Les Who eurent du mal à s’en remettre, et à trouver un album digne de succéder à Tommy. Pourtant, en 1971, Who’s Next apporte la preuve de la vigueur intacte de l’inspiration de Peter Townshend. Que pouvaient-il faire sinon un album de rock bien net, sans faille et bien enlevé. Cet album, commencé dans l’incertitude, est finalement l’une de leur plus belle réussite. Et pour changer, Peter Townshend titille le synthétiseur sur “Baba O’Riley”.

Et en 1973 sort un nouvel opéra rock, Quadrophenia. Cette histoire d’un mod (qui sortira en film en 1979) n’a pas la même ambition que Tommy. C’est une œuvre plus visuelle, (le livret est abondamment illustré). Son propos tout entier était d’ailleurs déjà contenu dans une chanson de trois minutes : “My generation”. Lien sur la culture mod.

Après cela, la carrière des Who prend une allure plus sporadique. Les albums de compilation Odds and Sods et Story of the Who se succèdent. Et ceux réalisés pendant cette période montrent une fatigue, une difficulté à passer à quelque chose de différent, une crainte de vieillir. Fin 78 meurt Keith Moon, un coup dur pour le groupe. Il reprend néanmoins la route en 79, avec Kenny Jones à la batterie, pour soutenir la sortie des deux films qui les concernent le plus : The Kids Are Alright et Quadrophenia.

La bande originale du film The Kids Are Alright fait un petit tour en fash-back dans la vie et l’oeuvre des Who. On appréciera les versions remixées ou live de “My Generation”, “Magic Bus”, “Baba O’Riley”, “See Me Feel Me”, “Won’t Get Fool Again”. Les Who sont depuis 15 ans sur la scène et ne semblent pas prêts à l’abandonner et c’est tant mieux pour le rock.

Who Are You? (1978) : En 1978, le groupe sort Who Are You, qui a été publié en août, accompagné d’une superbe vidéo promotionnelle de la chanson titre. Ils s’éloignement ainsi de l’opéra rock épique pour revenir à un son plus rock FM, bien qu’il contienne la chanson d’un opéra rock jamais terminé par John Entwistle. Au lieu de répondre au mouvement punk insurgé, qui qualifiait les Who de as-beens, l’album représentait la première approche du rock progressif depuis Quadrophenia. Ce fut un succès énorme, culminant à la deuxième place dans les charts américains et qui fut certifié double disque de platine. La sortie de l’album a été éclipsée par la mort de Keith Moon dans son sommeil, le 7 septembre 1978, quelques heures seulement après une fête tenue par Paul McCartney, suite à un surdosage de sédatif, l’Heminevrin, qui lui avait été prescrit pour prévenir les crises induites par l’arrêt de l’alcool. La pochette de l’album est une photographie de Terry O’Neill. Elle représente les quatre membres du groupe au milieu d’un fouillis de câbles électriques. Keith Moon est assis sur une chaise retournée, portant l’inscription « Not to be taken away » (« à ne pas emporter »), afin de dissimuler son embonpoint.

“Who Are You” est tiré de la nuit où Townshend, passablement éthylisé, avait eu du mal à reconnaître deux membres des Sex Pistols dans un bar londonien: Il avait confondu tour à tour Steve Jones et Paul Cook avec Johnny Rotten. Corrigé verbalement par ceux-ci, il se sentit encore plus confus. Mais Cook et Jones, arrogants jeunes punks travaillant sur leur complexe d’Œdipe rock & roll, furent ravis de rencontrer Townshend et horrifié de ce qu’il avait à dire au groupe : “Les Who sont finis, essorés, dépassés”. Complètement soul, il se réveilla affalé dans une rue de Soho, et fut surpris par un policier. Heureusement pour le guitariste, celui-ci était un admirateur des Who et il le laissa rentrer chez lui. C’est d’ailleurs l’endroit où la chanson commence : “Je me suis réveillé sous une porte à Soho ; Un des policiers connaissait mon nom, Il m’a dit : rentre dormir chez toi si tu peux te lever et te casser…” Townshend (à travers la voix de Roger Daltrey) se réveille avec une question lourde de sens: Qui êtes-vous? Elle est adressé à Cook et Jones (Qui sont ces Punks, sortis de nulle part, nouveaux venus dans la musique?) ; Au flic qui, reconnaissant Townshend, le renvoie chez lui sans l’arrêter (Qui sont les fans?) ; À lui-même (Que signifie être un rocker? Quelle épave la vie a fait de moi?) ; Et, enfin, à tous ceux qui écoutent: “Whooooooo are you?/Qui êtes vous?” Ronronne le chœur. “Je veux vraiment savoir!” » Crie Daltrey en retour désespéré (en plus de quelques “fucks” perdus dans le fond sonore du refrain…)

John Alec Entwistle, est décédé le 27 juin 2002.

Discographie : 

1965 : My Generation
1966 : A Quick One
1967 : The Who Sell Out
1969 : Tommy
1971 : Who’s Next
1973 : Quadrophenia
1975 : The Who by Numbers
1978 : Who Are You?
1981 : Face Dances
1982 : It’s Hard
2006 : Endless Wire

Voir sur  YouTube : The Who – Won’t Get Fooled Again (Live In Texas ’75) par Eagle Rock ; “Tommy – I’m Free – Roger Daltrey (The Who)” par FrankieMessina et “The Who – I Can’t Explain” par TheWhoVEVO

Film – La malédiction de la panthère rose (1978)

Ce fut le sixième et dernier film de la Panthère Rose réalisé du vivant de Peter Sellers. En 1976, “Quand la panthère rose s’emmêle” avait fait plus de 100 millions de dollars d’entrées, ce qui impliquait inévitablement une suite. Celle-ci serait filmé à la fois à Hong Kong et en France, comme le décrit Burt Kwouk (Cato dans le film) :

“Je me souviens que quand nous sommes revenus du tournage de la fusillade à Hong Kong pour la dernière Panthère Rose dans laquelle Peter jouait, La malédiction de la panthère rose, il faisait si froid quand nous avons quitté l’avion en Grande-Bretagne que Blake et Peter ont décidé de continuer le film dans le sud de la France.”

À cette époque Peter Sellers avait réalisé que, pour jouer les rôles d’acteur qu’il souhaitait le plus, il devrait trouver un équilibre entre ses tournages dans les films populaires, en particulier la série la panthère rose, et dans les rôles plus stimulants et personnels. Ses négociations avec le réalisateur Blake Edwards lui valurent une participation dans la production du film, désormais répertorié comme «Production Sellers-Edwards» plutôt que «Une production Blake Edwards». En outre, il fut payé 750 000 $, plus 10% des bénéfices (comme ses deux prédécesseurs, le film ayant fait plus de 100 millions de dollars). Peter Sellers disait à l’époque:

“J’en ai assez de Clousseau. Je n’ai plus rien à donner.”

Burt Kwouk décrivait l’acteur vedette et son réalisateur avec ces mots:

“La relation entre Blake et Peter pourrait être assez ardente ; Chacun voulait être le roi. La Panthère Rose avait été la création de Blake, mais Clouseau était la création de Peter… et les deux avaient une vision différente de la façon d’interpréter leur création.”

La série et le film :

À l’origine, La Panthère rose est une comédie policière américaine de Blake Edwards mettant en vedette Peter Sellers et David Niven. La «Panthère rose» y désigne un diamant de couleur rose, objet de l’enquête de l’inspecteur parisien Jacques Clouseau. Le générique du film a recours à un personnage animé créé par Friz Freleng, une panthère au pelage rose. Le succès du film est tel que le producteur, la Mirisch Company, produira neuf films mettant en scène, pour cinq d’entre-eux, Peter Sellers dans le rôle de l’inspecteur Clouseau.

“La malédiction de la panthère rose” ignore les évènements du film précédent “Quand la panthère rose s’emmêle”. Dreyfus est de nouveau inspecteur en chef. En dépit qu’il ait pris la tête d’une organisation criminelle internationale qui a rançonné le monde et qu’il ait lui-même été victime de son laser destructeur, il est réintégré à son ancien rang sans perte de salaire ou d’avantages…

Le plus grand rôle de Burt Kwouk :

Ce film donne à Cato (le valet de pied de Clouseau) son plus grand rôle de toute la série de films de la Panthère Rose et la trame fonctionne bien, malgré les tensions hors écran entre Peter Sellers et Blake Edwards. Pour la petite histoire, Burt Kwouk a été arrêté à Hong Kong pendant le tournage. Quand son personnage de Cato a couru hors de l’hôtel et a sauté sur un scooter pour poursuivre les criminels, la vraie police de Hong Kong a cru qu’il le volait.

Dans ce film, Blake Edwards s’est décidé à faire du personnage de Cato une sorte de mini-rival de Peter Sellers… Cato déteste son maître, paternaliste, voire même raciste, qui l’appelle avec un joyeux mépris : «Mon jaune ami». Alors, il se plait à se cacher dans l’appartement et, dès lors que Clouseau rentre et se croit en sécurité, il se rue sur lui et l’attaque. D’où, au fur et à mesure des épisodes, d’homériques et burlesques bagarres, dont, par traîtrise, l’inspecteur sort toujours vainqueur…

Ici, le rituel des bagarres surprises existe encore, mais un peu différemment, avec un qui-pro-quo. Quand Clouseau rentre chez lui, s’attendant à affronter un combat avec Cato, il aperçoit M. Chong, le super-assassin engagé pour le tuer, et supposant que Chong est Cato, il se débarrasse de lui. Cela signifie que Clouseau est pris au dépourvu par la vraie attaque de Cato, et donc finalement Cato gagne la partie (dans un premier temps…)

Par la suite, Cato a dû évidemment se préparer depuis longtemps à la disparition de Clouseau, car dans les 24 heures après sa «mort», il ouvre son propre bordel, ce qui est extraordinairement rapide et renforce l’effet comique lorsque l’inspecteur tente de rentrer chez lui.

Peter Sellers est mort deux ans plus tard, le 24 juillet 1980 à l’âge de 55 ans et Burt Kwouk est mort à l’âge de 85 ans, le 24 mai 2016.

L’histoire : 

L’organisation criminelle française, connue sous le nom de French Connection, est considérée comme affaiblie et inefficace par son équivalent américain. Pour impressionner son parrain américain et assurer une transaction criminelle lucrative, Douvier, chef de la French Connection, ordonne l’assassinat de l’inspecteur en chef Jacques Clouseau. Après deux tentatives infructueuses, le monde croit que Clouseau a été tué et la transaction connue sous le nom de “Gannet Transaction” peut à nouveau se poursuivre à Hong Kong.

Dreyfus, récemment rétabli de son délire paranoïaque contre Clouseau, est nommé inspecteur en chef et chargé de retrouver ses assassins. Pendant ce temps, Douvier quitte sa maîtresse et secrétaire Simone Legree qui veut se venger, et Cato, le serviteur de Clouseau, ouvre un bordel dans l’appartement qu’il partage avec Clouseau. Mais Clouseau n’est pas mort! C’est Russo, un criminel évadé qui a été tué par erreur à sa place. Après avoir sauvé la vie de Simone en la retirant des griffes de tueurs à la solde de Douvier, Clouseau et Simone embarquent Cato avec eux pour se rendre à Hong Kong…

Ce film est le cinquième d’une série de huit films réalisés par Blake Edwards :

1.La Panthère rose (1963)
2.Quand l’inspecteur s’emmêle (1964)
3.Le Retour de la Panthère rose (1975)
4.Quand la Panthère rose s’emmêle (1976)
5.La Malédiction de la Panthère rose (1978)
6.À la recherche de la Panthère rose (1982)
7.L’Héritier de la Panthère rose (1983)
8.Le Fils de la Panthère rose (1993)

Voir sur YouTube : “La malediction de la panthere rose (petit extrait)” ; “la malediction de la panthere rose (petit extrait 2)” par ExtraitDeFilms