L’héliophore (Années 70)

L’inventeur de l’héliophore :

Louis Dufay, né en 1874 en Franche-Comté et mort en 1936, inventa dès le début du XXe siècle un procédé de photographie couleur, le Dioptichrome, puis de cinéma couleur, le Dufaycolor exploité en Angleterre, et enfin un étonnant procédé d’impression, l’Héliophore. Dans les années 30 Louis Dufay revint à Besançon pour se consacrer à sa passion : la collection de papillons. C’est en observant le chatoiement des ailes de Morphos, ces papillons bleu d’Amérique du sud, qu’il chercha à reproduire leur irisation sur une feuille d’Aluminium. L’Héliophore était né. Ce procédé restera dans la famille de Dufay, et traversera le siècle à travers de multiples utilisations, notamment des couvertures de disques et de livres.

L’héliophore est un système d’animation visuel de plaques de couleur métallisées qui exploite le renvoi des lumières incidentes par une trame de 24 lignes par millimètre orientées selon des angles variés pour réaliser d’étonnants effets spatiaux avec le déplacement du support ou des sources lumineuses. Les plaques ou feuilles Héliophores sont réalisées au moyen d’une technique entre industrie et artisanat. Un complexe de feuilles d’aluminium coloré collées sur une couche de cire et contrecollées sur carton sont estampées grâce à des matrices de plastique gravées à la main par des dessinateurs. Les feuilles sont assez fragiles mais peuvent être imprimées et façonnées. Elles furent utilisées dans la réalisation d’images décoratives ou publicitaires, dans le conditionnement de disques, de livres et de toutes sortes d’objets dans les années 70.

Voir sur Vimeo : Louis Dufay, La Couleur et l’Héliophore

Pour en savoir plus sur l’Héliophore

Voir sur YouTube : « Hélio Studio » par Ed Wood

Les disques : « Prospective 21e Siècle » : (1967-77)

Collection « Prospective 21e Siècle » chez Philips

La collection créée par Philips en 1967 dirigée par François Bayle et Pierre Henry, était dédiée à la musique électroacoustique et avant-gardiste. Pendant son existence assez courte, de nombreux disques furent produits uniquement en tirage limité. L’abstraction évocatrice de chaque motif fait allusion à un futur élémentaire, mystérieux, parfait pour la musique qu’il présage. Le designer des pochettes n’est pas crédité et reste à ce jour inconnu. On remarquera notamment sur ses couvertures irisées, l’étonnant Procédé Héliophore qui permet de graver des motifs sur des feuilles d’aluminium provoquant des effets optiques. Quelques pressages ultérieurs ont remplacé la feuille avec de l’encre grise standard. Bien que la série soit française, il existe des éditions de certains titres qui ont été publiés aux Pays-Bas, en Angleterre, en Espagne et au Japon.

Les livres : « Ailleurs & Demain » : (1969-91)

Ailleurs et demain : Sorties 1976

Ce design futuriste a été à la même époque utilisé pour promouvoir la collection de littérature de science-fiction « Ailleurs & Demain », aux éditions Robert Laffont, qui est dirigée depuis sa création en 1969 par l’écrivain de Science Fiction Gérard Klein. Ce dernier l’évoque sous son pseudo Gilles d’Argyre sur le forum de BDFI en 2009 :

« Je dois beaucoup au procédé Héliophore que j’ai dû découvrir vers 1965 au moyen des jaquettes des disques Philips Prospective 21° siècle, une des plus belles collections de musique contemporaine que je connaisse et dont j’espère avoir la série complète. Que les artisans et les artistes qui l’ont créée en soient ici remerciés. Pour moi, ce n’est jamais passé de mode. Du reste, après avoir utilisé ces couvertures pour Ailleurs et demain de 1969 à 1991, puis avoir cessé pour des raisons de coût, nous avons recommencé à les employer depuis le début 2009, au départ pour un volume, pour le quarantième anniversaire de la collection. Puis, nous avons continué. Je ne sais pas ou plus quelle est l’économie du procédé. J’espère que nous pourrons persévérer. Mais je voudrais encore une fois rendre hommage à un procédé qui, après avoir génialement illustré une grande collection de disques, a non moins génialement illustré une collection de science-fiction dont j’espère que mes efforts l’ont portée à la même hauteur. Quant aux variantes et variations, elles résultent de la disposition des feuilles, parfois tête-bêche, et elles démontrent en tout cas qu’un tel procédé, bien choisi et bien utilisé, est sans égal. (…)

Il est normal qu’on retrouve les mêmes thèmes en alu, en or et éventuellement en cuivre. Il y avait même une version bleue que je n’ai jamais utilisée. En effet, Héliophore ne disposait que d’un catalogue limité de thèmes correspondant à des matrices, et dont la plupart faisaient boite de chocolat. je choisissais donc les meilleures à mon goût en essayant parfois de les faire correspondre au thème général du livre. Entreprise subtile. Il a pu arriver que certaines feuilles aient été présentées à l’envers, ce qui expliquerait des différences subtiles. Chaque feuille permettait deux couvertures. L’avantage du procédé, c’était qu’il était possible d’utiliser un stock jusqu’à la dernière feuille, au risque, fréquemment couru, d’avoir plusieurs illustrations pour un même titre. Personne ne s’en est jamais plaint et cela fait aujourd’hui la joie (ou le désespoir) des collectionneurs obsessionnels. Mais les collectionneurs de timbre connaissent bien ça. (…) 

La machine qui produisait les planches Heliophore gravait l’aluminium et contrecollait le carton en même temps. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir plusieurs modèles pour une même feuille. En revanche, elles ont pu être livrées vierges pour repiquage à l’éditeur. Il est alors possible, si l’imposition l’autorise, que certaines feuilles aient été positionnées « tête en bas » dans la machine, auquel cas certaines séries de couvertures pourraient être différentes. Ce n’est pas de l’alu « à emballer le poisson ». Je comprends l’analogie, mais il faut rendre justice à ceux qui ont fait vivre ces œuvres. C’est de la haute technologie d’artisanat. Savez-vous que chaque motif était gravé à la main la première fois dans une matrice en plastique par une seule personne ? J’ai vu travailler cet artiste, qui faisait aussi bien les motifs géométriques que les paysages… Et puis petit à petit, les gens se sont lassés, c’est passé de mode… »

Bien évidemment, le contenu de ces livres est lui aussi superbe :

Robert Silverberg – Les monades urbaines
R.A.Lafferty – Autobiographie d’une machine Ktistèque
Philip Jose Farmer – Le fleuve de l’éternité
Philip K. Dick – Coulez mes larmes dit le policier
Philip K. Dick – Ubik

Image d’illustration en tête d’article : « L’Enfer », du réalisateur Henri-Georges Clouzot (1964).

Youngtimer – De Tomaso Deauville (1970-88)

Si la petite firme italienne De Tomaso a établi sa notoriété grâce à des coupés Grand Tourisme à moteur central, elle n’en n’a pas moins tenté de diversifier sa gamme au début des années 70, à l’instar de Ferrari et de Maserati. Présentée au Salon de Turin 1970, la berline Dauville a marqué les débuts de cette stratégie de redéploiement commercial, encouragée par le nouveau partenaire de De Tomaso, en l’occurrence le groupe Ford.

300 chevaux et 230 km/h : 

Dotée d’une carrosserie élancée et élégante, cette berline classique 4 portes à trois volumes, dessinée par Tom Tjaarda, designer de chez Ghia, se présentait comme une rivale potentielle des très performantes Maserati Quattroporte et autres Mercedes 300 SEL 6,3. Cette spacieuse berline adoptait des solutions techniques traditionnelles comme la propulsion, un moteur V8 éprouvé, monté en long, des suspensions à quatre roues indépendantes et quatre puissants freins à disques auto-ventilés. Le moteur d’origine Ford de 5763 cm³ de cylindrée développant 300 ch, était alimenté par un carburateur quadruple corps couplé à une boîte ZF à 5 vitesses ou, en option, une boîte automatique. La voiture était pourvue de tous les équipements d’une voiture de luxe avec un tableau de bord en bois de noyer véritable, des fauteuils en velours ou en cuir et l’air conditionné.

Une diffusion confidentielle : 

Handicapée par un prix de vente très élevé et une image aux contours un peu flous, la berline Deauville a dû en outre se mesurer à des concurrentes de haut niveau (à commencer par la Jaguar XJ12 livrée en 1972) et sa diffusion n’a jamais dépassé le seuil de la confidentialité. Produit à 244 exemplaires jusqu’en 1988, ce modèle de caractère n’a subit que des modifications mineures tout au long de sa carrière.

Caractéristiques Techniques : 

Moteur : V8 Ford en position longitudinale avant ; Cylindrée : 5763 cm3 ; Puissance maximale ; 300 ch.
Transmission : Propulsion.
Boîte de vitesses : manuelle 5 rapports ou automatique 3 rapports.
Poids et performances : Poids à vide : 1 940 kg ; Vitesse maximale : 232 km/h ; Accélération : 0 à 100 km/h en 7,2 s.
Châssis – Carrosserie : Berline 4 portes, tricorps.
Suspensions : Roues indépendantes, quadrilatère déformable avec amortisseurs à double effet coaxiaux avec les ressorts hélicoïdaux, barre stabilisatrice transversale (AV); Roues indépendantes, jambes de force, 4 amortisseurs et 4 ressorts hélicoïdaux (AR).
Direction : A crémaillère assistée.
Freins : Disques ventilés (AV et AR).
Dimensions : Longueur : 4886 mm ; Largeur : 1878 mm ; Hauteur : 1368 mm ; Empattement : 2770 mm ; Voies AV/AR : 1520 mm / 1520 mm.

Prix du modèle neuf en 1972 : 74.700 F soit 75.724 € avec 565% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 50.000 €

Album – Boston – Boston (1976)

En Amérique, on appelle ce genre de phénomène « overnight sensation ». Jaillis de nulle part, le groupe vend un million d’exemplaires de son premier album quelques mois seulement après sa formation. Son leader, Tom Scholz, est nanti d’une sérieuse formation de technicien, et a jeté les bases de la musique du groupe, tout seul dans son propre studio, avant de réunir ses propres équipiers. Les membres originaux de Boston comprenaient Tom Scholz à la guitare, Brad Delp comme chanteur, Barry Goudreau à la guitare, et Jim Masdea à la batterie.

Les débuts :

Les débuts du groupe remontent à 1969 avec Mother’s Milk. Le groupe est composé du guitariste Barry Goudreau, du chanteur Brad Delp et du batteur Jim Masdea. Tom Scholzles les rejoins plus tard aux claviers. Mais dans un premier temps, celui-ci ne dispose pas d’un matériel assez performant dans son studio artisanal pour faire des démos convaincantes, et leurs essais ne sont pas concluants. Tom Scholz est à la base un ingénieur du MIT. Il est devenu progressivement compositeur, musicien multi-instrumentiste surdoué et producteur talentueux. Il peut être considéré à lui seul comme l’inventeur du rock FM et l’inspirateur de groupes tels que Toto ou Foreigner qui apparaitrons plus tard, au début des années 80.

Boston (1976) : : un succès instantané : 

La majorité des musiques du premier album furent enregistrées pendant l’hiver 1975 dans le studio de Scholz situé au sous-sol de sa maison. Scholz tenta à nouveau de présenter ses démos, cette fois ci chez Epic Records, magnifiées par la superbe voix d’un chanteur rencontré en cession d’enregistrement dans un studio professionnel. Epic fut séduit, et lui fit signer un contrat d’enregistrement. Le chanteur Brad Delp, né à Peabody, Massachusetts en 1951 fut en quelque sorte l’arme secrète du projet de Scholz. Sa «voix dorée» poussera d’ailleurs ultérieurement de nombreux artistes de rock à prendre le micro.

Des enregistrements complémentaires furent effectués, au printemps 1976, à Los Angeles aux Capitol Studios (pour le chant de Brad) et au Record Plant. À l’exception de la batterie, Scholz joua pratiquement seul de tous les instruments sur tous les titres.

En 1976, le groupe prend le nom de Boston en référence à la ville natale des membres et sort un premier album éponyme qui devient certifié platine au bout de seulement trois mois (il se vendra à 20 millions d’exemplaires dans le monde entier en trente ans…) Au moment où le disco et le punk commençaient à émerger, le rock traditionnel de Boston embrasa les stations de radio et culmina dans les Hit Parades. Trois singles furent tirés de cet album, « More Than a Feeling », « Long Time » et « Peace of Mind ». Il se classèrent tous les trois dans le top 40 du Billboard Hot 100 aux États-Unis. La tournée du premier album se fit avec Barry Goudreau, Tom Scholz, Sib Hashian, Brad Delp et Fran Sheehan, et le groupe joua devant une grande variété de publics. Sur son deuxième album, Scholz continue a expérimenter sa musique avec un sens grandissant du perfectionnisme.

Don’t Look Back (1978) : C’est le deuxième album studio du groupe. La piste titre est l’un des plus grands succès du groupe, atteignant la 4ème place sur le Billboard Hot 100. L’album s’est vendu à plus de quatre millions d’exemplaires dès le premier mois de sa sortie et a été certifié 7 x platine par la RIAA aux U.S.A. Cet album a également marqué le début d’un combat juridique du groupe avec son label Epic Records. Scholz a affirmé que les dirigeants du Label l’ont poussé à sortir l’album avant qu’ils ne soit prêt. Il a également déclaré que l’album était ridiculement court et qu’il aurait fallu une autre chanson.

Third Stage (1986) : Le procès avec Epic Records bloque un long moment l’avenir du groupe puis Scholz passe chez MCA. Leur troisième album, sort finalement le 23 septembre 1986 soit 8 ans plus tard… La malchance et le destin semblent s’acharner contre le groupe, des inondations et des pannes d’électricité entraînent l’arrêt de nombreuses séances de studio. Lorsque l’abum sort, il devient N°1 au Billboard 200, et il y reste pendant quatre semaines. Le premier morceau de l’album, « Amanda », a été écrit en 1980 (lorsque Boston a commencé à travailler sur l’album) et est devenu le seul numéro 1 du groupe. Il est resté à la première place pendant deux semaines en novembre 1986. Il a été suivi par le deuxième Top 10 de l’album « We’re Ready », qui a atteint la neuvième place en 1987. Les chansons « Cool the Engines » et  » Can’tcha Say/Still in Love » ont également obtenu un classement substantiel.

Walk On (1994) : Après le succès de leur troisième album sorti en 1986, le groupe a commencé à écrire Walk On. Cependant, en raison de frictions et de désaccords accrus entre Tom Scholz et Brad Delp, ce dernier a quitté le groupe en 1989 pour rejoindre le guitariste membre fondateur de Boston Barry Goudreau et former un nouveau groupe, nommé RTZ. Peu de temps après, Fran Cosmo a été embauché et présenté comme nouveau chanteur. Delp a retrouvé le groupe pour aider à l’écriture, mais n’a pas chanté sur l’album, bien qu’il ait participé au Walk On Tour. Delp et Cosmo ont également partagé des compositions sur le prochain album de Boston, Corporate America. Après sa sortie, Walk On a atteint la 7ème place au Billboard 200 grâce au succès « I Need Your Love ». Le disque contient également les superbes chansons « Magdalene » et « What’s Your Name ». Il a été certifié platine par la RIAA le 8 septembre 1994.

Corporate America (2002) : L’album introduit Anthony Cosmo et Kimberley Dahme en tant que membres du groupe et auteurs-compositeurs. C’est aussi le dernier album de Boston sur lequel apparait le chanteur et membre fondateur Brad Delp. L’album s’est vendu à 32 000 exemplaires lors de sa première semaine de sortie et a été classé 42ème sur le Billboard 200. En 2013, l’album s’était vendu à 139.000 exemplaires aux États-Unis. À écouter, le tube accroche-oreille « I Had A Good Time ».

Le 9 mars 2007, le chanteur Brad Delp se suicide à son domicile à Atkinson, dans le New Hampshire à l’âge de 55 ans. Delp était bien connu pour sa voix «dorée» qui montait très haut dans les octaves. Delp était également un multi-instrumentiste, qui jouait de la guitare, de l’harmonica et des claviers. En outre, il a écrit ou co-écrit plusieurs chansons pour Boston et beaucoup d’autres artistes. Le groupe a depuis recruté Tommy DeCarlo, un fan du groupe ayant une voix similaire à celle de Delp : DeCarlo a commencé à enregistrer des reprises de leurs chansons et à les publier sur MySpace. Quand Brad Delp s’est suicidé, DeCarlo a écrit une chanson en hommage à Delp et l’a posté sur sa page Myspace. Un autre fan de Boston a entendu le travail de DeCarlo et lui a suggéré d’envoyer un lien de sa page Myspace à un membre de Boston. DeCarlo l’a fait et a été contacté par Tom Scholz lui-même pour être l’un des chanteurs au Brad Delp Tribute Concert à Boston. Il a ensuite été embauché comme membre permanent du groupe.

Life, Love & Hope (2013) : Après plus de 10 ans de préparation, Boston sort un nouvel album studio le 3 décembre 2013. Le membre fondateur, Tom Scholz déclare: « Ce sont des chansons venant du cœur, chacune d’elles. Elle m’ont demandé beaucoup d’efforts avec une écriture, une organisation, une exécution et un enregistrement, toujours à la hauteur de mes exigences. Tous les titres ont été méticuleusement enregistrés sur des bandes analogiques avec les mêmes machines et équipements utilisés dans les albums de Boston depuis 35 ans ».

Discographie : 

Boston (1976)
Don’t Look Back (1978)
Third Stage (1986)
Walk on (1994)
Greatest Hits 1976-1997 (1997)
Rock and Roll Band (Compilation – 1998)
Corporate America (2002)
Life, Love & Hope (2013)

Voir sur YouTube : « Boston – More Than a Feeling HD » par GHWTVideos ; « Boston – Don’t Look Back » par BostonVEVO ; « Boston I need your love » et  « Boston – What’s Your Name » par z2Apotheosis

Youngtimer – Renault 20 & 30 (1975-83)

La Renault 30 : 

En 1975, la Renault 30 est présentée au Salon de Paris en même temps que la Peugeot 604. Avec cette berline, Renault essaie de trouver une place dans le club fermé des limousines de luxe. Elle est dotée d’un moteur 6 cylindre en V plutôt puissant et silencieux pour l’époque (le PRV en alliage léger coulé sous pression faisant 2664 cm3 et développant 128 ch DIN à 5500tr/mn), et d’un look assez sobre pour ses prétentions. En fait côté carrosserie, c’est une limousine 6 places et cinq portes, esthétiquement raffinée, dessinée par Gaston Juchet, ingénieur-aérodynamicien entré chez Renault en 1958, qui va d’emblée marquer son temps en 1965 en dessinant la révolutionnaire Renault 16 avec son concept de carrosserie 2 corps.

Une voiture sûre et agréable : 

Sa conduite révèle nombre d’aspects positifs. La voiture est très bien suspendue, sa direction assistée est excellente, la tenue de route des plus sûres, le freinage à disque sur les 4 roues efficace, le tout avec une isolation phonique préservée. À bas régime par contre, le V6 se montre un peu décevant mais les versions de ce moteur se sont améliorées au fil des années, notamment lors de la généralisation de l’injection électronique à partir de 1978 avec l’apparition d’une injection Bosch K-Jetronic à la place des carburateurs.

Les modèles : 

Renault 30 TS (1975-81) : moteur 2 664 cm3 V6 essence de 128 ch DIN à deux carburateurs (moteur PRV développé conjointement entre Peugeot, Renault et Volvo) avec un choix de boîte de vitesses à quatre rapports manuelle ou trois rapports automatique. Parmi les équipements de série, on trouve les vitres avant électriques et la fermeture centralisée des portes.

Renault 30 TX (1978-85) : La voiture est équipée d’une injection Bosch K-Jetronic à la place des carburateurs. La puissance monte à 142 ch DIN. La boîte de vitesses manuelle passe à cinq rapports alors que la version automatique est inchangée. Ce modèle est équipé de roues en alliage léger à croisillons (pneumatiques Michelin TRX en option). La 30 TX bénéficie de nombreux équipements supplémentaires : volant gaîné cuir, condamnation centralisée des portes incluant le hayon arrière et la trappe à carburant, limiteur et régulateur de vitesse.

Renault 30 Turbo D (1982-83) : 4 cylindres 2068 cm3 turbo-diesel développant 85 ch DIN, dérivé du bloc atmosphérique apparu deux ans plus tôt sur la 20. L’équipement de série est très proche de celui de la R30 TX.

La Renault 20 : 

La Renault 20 quant à elle est presque le clone de la R30 : sa carrosserie est identique à celle de sa grande sœur, seules les optiques diffèrent. Mais elle se distingue par ses motorisations moins puissantes et par sa présentation plus simple ; son prix était donc plus accessible, notamment en version d’entrée de gamme.

Différences par rapport à la R30 : La R20 à deux optiques rectangulaires alors que la R30 à quatre optiques rondes ; les encadrements des vitres de portes sont peints, il n’y a pas de bourrelets en caoutchouc sur les pare-chocs ni de baguettes latérales de protection. Les freins sont à tambours à l’arrière.

Renault 20 L, TL et GTL (1975-80) : Elle a le moteur de la Renault 16 TX, un 1 647 cm3 de 96 ch DIN à arbre à cames latéral entraîné par chaîne. La 20 GTL, qui est dotée d’une direction assistée, de la condamnation centralisée des portes et de lève-vitres avant électriques est la plus vendue. La version L disparaît en 1977.

Renault 20 TS (1977-83) : Elle reçoit un moteur 1 995 cm3 à arbre à cames en tête de 110 ch DIN sur la version TS 2 litres. Par rapport à la 20 GTL à laquelle elle succède, la TS ajoute un pare-brise feuilleté, des sièges à dossier haut sans appuie-têtes), des roues de diamètre 14 pouces à quatre fixations identiques à la Renault 30, des baguettes latérales de protection et des bourrelets de protection de pare-chocs en caoutchouc. À partir de novembre 1978, une boîte à cinq vitesses est disponible en option.

Renault 20 LS, TX (1980-83) : Une version TX 2.2 litres est lancée avec une évolution à 2165 cm3 (116 ch DIN) du moteur de la TS. Elle conserve les encadrements de vitres chromés et le train avant classique de la Renault 30.

En 1983, les modèles Renault 20 et 30 sont remplacées par la Renault 25.

Moteurs R30 : 2 664 cm3 ; Puissance maximale : (V6) 128 ch puis 143 ch DIN. Turbo Diesel : 2 068 cm3 ; 85 ch DIN.
Moteurs R20 : Essence : 1647 cm3 ; 1995 cm3 ; 2165 cm3 ; Puissance de 96 à 109 ch DIN ; Diesel : 2068 cm3 ; Turbo Diesel : 2 068 cm3 ; Puissance 64 à 85 ch DIN.
Transmission : Traction AV.
Boîte de vitesses : BVM4, BVM5 et BVA3.
Poids et performances : Poids à vide : 1320 kg ; Vitesse maximale : (V6) 185 km/h.
Châssis – Carrosserie : Bicorps 5 portes.
Suspensions : roues indépendantes, ressorts hélicoïdaux.
Freins : Disques ventilés à l’avant avec servo.
Dimensions : Longueur : 4520 mm ; Largeur : 1732 mm ; Hauteur : 1431 mm ; Empattement : 2671 mm.

Prix du modèle neuf : R20 TS en 1982 : 68.900 F ; R30 TX en 1982 : 89.500 F soit 33.012 € avec 142% d’inflation.

Prix du modèle d’occasion : à partir de 2000 €.

Photos ci-dessous extraites des brochures publicitaires Renault d’époque.

Youngtimer – Triumph TR7 & TR8 (1975-81)

La Triumph TR7 sortit en 1975, pendant une période de conflits sociaux entre Triumph et ses employés alors que le groupe automobile British Leyland tentait de rationaliser sa production tout en se faisant partiellement nationaliser ; c’est une des raisons pour lesquelles cette voiture rencontra de nombreux problèmes de fiabilité. Moderne de ligne et de conception (c’est la première TR monocoque), elle l’est moins côté mécanique puisqu’elle a le moteur de la Triumph Dolomite et la boîte de vitesse de la Morris Marina avec un pont arrière rigide. C’est un strict coupé deux places qui remporta un certain succès aux Etats-Unis.

Un style original mais critiqué : 

Harris Mann, qui a fait ses débuts chez Austin Morris, est le styliste de la carrosserie de la TR7. Certaines mauvaises langues diront que la carrosserie semblait avoir été soulevée du châssis et posée de travers. Il paraît aussi qu’elle donna un fou rire à Giordio Giugiaro, le fameux styliste italien. Le paraphe latéral semblable à la Studebaker 1953, simple trait de crayon pour le styliste, avait coûté très cher à réaliser et était peu visible, sauf qu’il était très difficile de la raccorder correctement sur la portière. Mais cette originalité est aussi ce qui fait son charme, et elle est recherchée par certains collectionneurs. Le comportement routier de la TR7 est meilleur que celui des TR précédentes, puisqu’elle a des suspensions souples (la suspension est indépendante sur les quatre roues, équipée d’amortisseurs télescopiques et de ressorts hélicoïdaux), un grand débattement de roues et des voies plus larges. C’est une propulsion.

Le cabriolet et la TR8 : 

En juillet 1979, une version cabriolet sort en aux États-Unis. Le modèle est lancé sur le marché britannique en 1980. la TR7 cabriolet est dessinée par Michelotti, l’auteur des lignes des précédentes TR4, Spitfire et Dolomites. Entre 1977 et 1980, Quelques centaines de coupés TR7 seront équipées de V8 Rover 3.5 Litres de 133 ch DIN tous livrés aux U.S.A. Plus tard, 2500 Cabriolets baptisés TR8 en seront équipés eux-aussi, destinés aux U.S.A.

Caractéristiques Techniques : 

Moteur : 4 cylindres en ligne et V8 ; Position du moteur : Avant ; Cylindrée : 1998 cm3 ; Puissance maximale : 105 ch (2 l ) et 133 ch (3,5 l).
Transmission : Propulsion.
Boîte de vitesses : 4 vitesses manuelles ; 5 vitesses manuelles ; 3 vitesses automatiques.
Poids et performances : 1001-1060 kg ; Vitesse maximale : 177 km/h.
Châssis – Carrosserie : Coupé 2 portes ; Cabriolet 2 portes.
Freins : Freins à disque avant ; Tambours arrière.
Dimensions : Longueur : 4064 mm ; Largeur : 1575 mm ; Hauteur : 1270 mm ; Empattement : 2159 mm.

Prix du modèle neuf en 1976 : 34.500 F soit 23.732 € avec 351% d’inflation.

Cote actuelle : à partir de 4500 € pour un coupé TR7 et de 15.000 € pour un cabriolet TR8.