Oldtimer – Maserati Khamsin (1972-82)

La Maserati Ghibli avait récolté des éloges unanimes pour sa superbe carrosserie, signée Giugiaro, qui travaillait alors pour le carrossier Ghia. Mais aussi de sévères critiques pour son pont arrière rigide, indigne d’une voiture aux performances aussi élevées. Elle fut donc mise prématurément à la retraite, dès 1971 après seulement 5 ans de carrière, pour céder la place à la Khamsin, qui serait pour dix ans le coupé 2+2 de la gamme Maserati. La Khamsin lancée, suivant la tradition, au salon de Genève en mars 1973 et dont la production avait démarré à la fin de l’année précédente, avait une ligne et une implantation classique.

Une nouvelle suspension arrière mais une implantation classique : 

Son nom fut, comme à l’accoutumé chez Maserati, le nom d’un vent (en l’occurrence, un vent brûlant du Sud). Elle reprenait l’essentiel de la mécanique de la Ghibli, mais avec une nouvelle suspension arrière qui lui donnait un comportement routier à la hauteur de ses performances. Le moteur, placé à l’avant mais très reculé dans le châssis, était le V8 de 5 litres de la Ghibli dont la puissance était légèrement réduite à 320 ch pour 5500 tr/mn. Parmi les nouveautés mécaniques les plus importantes de ce modèle et en plus de sa suspension arrière indépendante à triangles superposés, il convient de signaler son bloc pont/différentiel monté sur un faux châssis séparé, ce qui permettait de réduire les vibrations et les bruits de fonctionnement, mais aussi la direction assistée à crémaillère qui avait, comme sur la Citroën SM, un degré d’asservissement fonction de la vitesse. La vitesse maximale était de 280 km/h.

Signée Bertone : 

La Ghibli en s’envolant au paradis des collectionneurs avait emporté avec elle sa robe troublante. Pour habiller la Khamsin, Maserati fit appel au carrossier Bertone, et à son styliste Marcello Gandini, le créateur de la Lamborghini Countach. Certes, la carrosserie de la Khamsin ne réédita pas le coup d’éclat de la ghibli, mais avec son arrière retroussé et sa ceinture de caisse très haute, la voiture avait tout de même un look élégant. La Khamsin était cependant une voiture incontestablement meilleure que la ghibli, ce qui explique qu’elle soit restée deux fois plus longtemps au catalogue du constructeur. La sortie de la Khamsin entraîna la disparition des Indy 4,7 litres et de la Mexico, la gamme Maserati se réduisait ainsi à 4 modèles : Merak 2,9 litres, Bora 4,7 litres, Indy America 5 litres et Khamsin 5 litres.

Caractéristiques Techniques : Voir la brochure ci-dessous.

Prix du modèle neuf en 1974 : 165.000 F soit 145.500 € avec 479 % d’inflation.

Côte actuelle : à partir de 130.000 €.

Album – Kool & The Gang – Emergency (1984)

Ils ont débuté au milieu des années 60, à Jersey City, comme ensemble de jazz. Le groupe qui fut dans un premier temps nommé The Jazziacs, fut créé par les frères Robert et Ronald Bell avec quelques amis d’enfance. Plus tard dénommé Kool and the Gang, ils sont devenus l’un des groupes Funk parmi les plus inspirés et les plus influents des années 70 et l’un des groupes de R & B les plus populaires des années 80. Tout aussi funky que James Brown ou Parliament, Kool & the Gang s’est appuyé sur ses origines musicales et sur la longue amitié de ses musiciens pour former un groupe très soudé en amenant l’interaction et l’improvisation d’une ligne jazz, appuyée par l’énergie d’un groupe ayant des liens avec la soul, le R & B et le funk.

Les débuts du groupe :

Robert « Kool » Bell et son frère Ronald (ou Khalis Bayyan) ont grandi à Jersey City, New Jersey, et ont attrapé le virus de la musique de leur père, un boxeur professionnel qui était aussi amoureux du jazz et un ami proche de Thelonious Monk. Avec Robert à la basse et Ronald aux saxophones ténor, soprano et au clavier, le duo forme les Jazziacs en 1964 avec plusieurs amis du quartier : le tromboniste Clifford Adams, les guitaristes Charles Smith et Woody Sparrow, le trompettiste Robert « Spike » Michens, le saxophoniste alto Dennis Thomas, le clavier Ricky West et le batteur Funky George Brown (tous, sauf Michens et West, seront toujours dans le groupe plus de 30 ans plus tard).

La présence croissante de la soul music dans le thème de leur musique a poussé les Jazziacs à tempérer leur sensibilité jazz avec des rythmes plus proches du R & B. Le groupe d’abors rebaptisé The New Dimensions puis Kool and the Flames (en hommage aux Famous Flames de James Brown), a commencé à jouer dans des clubs à Greenwich Village. En 1969, le producteur Gene Redd les remarque et leur propose un contrat d’enregistrement sur son label Redd Coach Records qui deviendra plus tard De-Lite Records. Il optent alors pour leur nom définitif, Kool and the Gang. Trois singles de leur premier album éponyme ont atteint les charts pop, et même si leur position n’était pas des plus élevée, Kool & the Gang connut un rapide succès sur les charts R & B. Cet album sera suivi par deux enregistrements lives.

Le succès :

Puis des albums de Studio ont suivi en 1972 et 1973, mais c’est avec leur album Wild and Peaceful, qu’ils ont atteint le succès. « Funky Stuff » est devenu leur premier hit du Top 40 à la fin de 1973. Puis « Jungle Boogie » et « Hollywood Swinging » ont atteint le pop Top 10. Au cours des quatre années suivantes, cependant, Kool & the Gang n’a généré qu’un succès occasionnel au Top 40 (« Higher Plane » sur Spirit of the Boogie), et bien qu’ils aient gagné un Grammy Award pour « Open Sesame » (tiré de la bande-son de Saturday Night Fever), la montée du disco – un mouvement musical centré sur la production et les chanteurs, et non sur les instrumentistes – sembla mettre fin à leur popularité.

Ladies Night (1979) : Cette année là, le groupe a recruté deux nouveaux chanteurs, Earl Toon, Jr. et, plus important encore, James « J.T. » Taylor, un ancien chanteur de boîte de nuit de Jersey. Kool & the Gang a également commencé à travailler avec l’arrangeur de jazz fusion Eumir Deodato, qui produira leurs disques de 1979 à 1982. Le premier album, Ladies Night, fut leur plus grand succès, le premier de trois albums platine consécutifs, avec le Top Ten « Too Hot » et la chanson-titre.

Celebrate! (1980) : a engendré le seul succès numéro un de Kool & the Gang, « Celebration », un standard repris dans d’innombrables réceptions et évènements internationaux depuis. Avec Deodato, le groupe a produit plusieurs autres hits, dont les singles « Take My Heart », « Get Down It », « Big Fun », et les albums Something Special en 1981 et As One, un an plus tard. Après le départ de Deodato à la fin de 1982, Kool & the Gang ont prouvé que leur succès n’était pas uniquement dû à lui. Ils ont eu deux hits immenses entre 1984 et 1985 (« Joanna » et « Cherish »), ainsi que deux autres Top Tens, « Misled » et « Fresh ».

Emergency (1984) : est le seizième album studio du groupe américain Kool & the Gang. Il est finalement devenu l’album le plus vendu du groupe, gagnant le statut de disque Double Platine en Amérique, de disque Platine au Canada et Angent au Royaume-Uni. L’album a produit quatre singles à succès dans le top 20 américain, dont « Fresh » (Classé 9ème aux USA); « Misled » (Classé 10ème aux USA); la chanson titre « Emergency » (Classée 18ème) et le plus grand succès de l’album, « Cherish » (qui a atteint la deuxième place des hits US). « Fresh », « Misled », et « Cherish » ont également dépassé le top 40 au Royaume-Uni atteignant respectivement la 11ème, 28ème et 4ème place, tandis que « Emergency » n’atteignait que la 50ème place dans ce pays.  

La série de sept disques d’or ou de platine du groupe s’est poursuivie jusqu’en 1986 avec l’abum Forever et le tube « Stone Love », après quoi James « J.T. » Taylor a amicalement quitté le groupe pour une carrière solo.

Bien que Taylor se soit plutôt bien débrouillé avec ses enregistrements solo (dont beaucoup ont été produits par Ronald Bell), Kool & the Gang coula rapidement sans ses prestations vocales. Ils ont remplacé Taylor par trois chanteurs, Skip Martin (venu du groupe Dazz), Odeen Mays et Gary Brown, mais n’ont pas réussi à mettre en avant leurs albums Sweat (1989) et Unite (1993). Taylor est finalement revenu dans le groupe en 1995 pour la sortie d’un nouvel album, State of Affairs. Le groupe s’est plutôt bien maintenu tout au long des années 2000, en publiant The Gangland en 2001, The Hits : Reloaded en 2004 et Still Kool en 2007 (enregistré après la mort en 2006 du cofondateur Charles Smith). Ils ont souvent collaboré avec de plus jeunes talents.

Discographie studio : 

Kool and the Gang (1969)
Good Times (1972)
Music Is the Message (1972)
Wild and Peaceful (1973)
Light of Worlds (1974)
Kool Jazz (1974)
Spirit of the Boogie (1975)
Love and Understanding (1976)
Open Sesame (1976)
Behind the Eyes (1976)
The Force (1977)
Everybody’s Dancin’ (1978)
Ladies’ Night (1979)
Celebrate! (1980)
Something Special (1981)
As One (1982)
In the Heart (1983)
Twice as Kool (compilation, 1983)
Emergency (1984)
Forever (1986)
Everything’s Kool and the Gang: Greatest Hits and More (compilation, 1988)
Sweat (1989)
Unite (1993)
State of Affairs (1996)
Gangland (2001)
The Hits : Reloaded (2004)
Still Kool (2007)

Voir sur YouTube : « Kool & The Gang – Fresh » ; « Kool & The Gang – Cherish » ; « Kool & The Gang – Stone Love » ; « Kool & The Gang – Celebration » ; « Kool & The Gang – Victory » par KoolAndTheGangVEVO

L’héliophore (Années 70)

L’inventeur de l’héliophore :

Louis Dufay, né en 1874 en Franche-Comté et mort en 1936, inventa dès le début du XXe siècle un procédé de photographie couleur, le Dioptichrome, puis de cinéma couleur, le Dufaycolor exploité en Angleterre, et enfin un étonnant procédé d’impression, l’Héliophore. Dans les années 30 Louis Dufay revint à Besançon pour se consacrer à sa passion : la collection de papillons. C’est en observant le chatoiement des ailes de Morphos, ces papillons bleu d’Amérique du sud, qu’il chercha à reproduire leur irisation sur une feuille d’Aluminium. L’Héliophore était né. Ce procédé restera dans la famille de Dufay, et traversera le siècle à travers de multiples utilisations, notamment des couvertures de disques et de livres.

L’héliophore est un système d’animation visuel de plaques de couleur métallisées qui exploite le renvoi des lumières incidentes par une trame de 24 lignes par millimètre orientées selon des angles variés pour réaliser d’étonnants effets spatiaux avec le déplacement du support ou des sources lumineuses. Les plaques ou feuilles Héliophores sont réalisées au moyen d’une technique entre industrie et artisanat. Un complexe de feuilles d’aluminium coloré collées sur une couche de cire et contrecollées sur carton sont estampées grâce à des matrices de plastique gravées à la main par des dessinateurs. Les feuilles sont assez fragiles mais peuvent être imprimées et façonnées. Elles furent utilisées dans la réalisation d’images décoratives ou publicitaires, dans le conditionnement de disques, de livres et de toutes sortes d’objets dans les années 70.

Voir sur Vimeo : Louis Dufay, La Couleur et l’Héliophore

Pour en savoir plus sur l’Héliophore

Voir sur YouTube : « Hélio Studio » par Ed Wood

Les disques : « Prospective 21e Siècle » : (1967-77)

Collection « Prospective 21e Siècle » chez Philips

La collection créée par Philips en 1967 dirigée par François Bayle et Pierre Henry, était dédiée à la musique électroacoustique et avant-gardiste. Pendant son existence assez courte, de nombreux disques furent produits uniquement en tirage limité. L’abstraction évocatrice de chaque motif fait allusion à un futur élémentaire, mystérieux, parfait pour la musique qu’il présage. Le designer des pochettes n’est pas crédité et reste à ce jour inconnu. On remarquera notamment sur ses couvertures irisées, l’étonnant Procédé Héliophore qui permet de graver des motifs sur des feuilles d’aluminium provoquant des effets optiques. Quelques pressages ultérieurs ont remplacé la feuille avec de l’encre grise standard. Bien que la série soit française, il existe des éditions de certains titres qui ont été publiés aux Pays-Bas, en Angleterre, en Espagne et au Japon.

Voir sur YouTube : Pierre Henry – Le Voyage (d’après « Le Livre des Morts » tibétain) – Souffle 2

Les livres : « Ailleurs & Demain » : (1969-91)

Ailleurs et demain : Sorties 1976

Ce design futuriste a été à la même époque utilisé pour promouvoir la collection de littérature de science-fiction « Ailleurs & Demain », aux éditions Robert Laffont, qui est dirigée depuis sa création en 1969 par l’écrivain de Science Fiction Gérard Klein. Ce dernier l’évoque sous son pseudo Gilles d’Argyre sur le forum de BDFI en 2009 :

« Je dois beaucoup au procédé Héliophore que j’ai dû découvrir vers 1965 au moyen des jaquettes des disques Philips Prospective 21° siècle, une des plus belles collections de musique contemporaine que je connaisse et dont j’espère avoir la série complète. Que les artisans et les artistes qui l’ont créée en soient ici remerciés. Pour moi, ce n’est jamais passé de mode. Du reste, après avoir utilisé ces couvertures pour Ailleurs et demain de 1969 à 1991, puis avoir cessé pour des raisons de coût, nous avons recommencé à les employer depuis le début 2009, au départ pour un volume, pour le quarantième anniversaire de la collection. Puis, nous avons continué. Je ne sais pas ou plus quelle est l’économie du procédé. J’espère que nous pourrons persévérer. Mais je voudrais encore une fois rendre hommage à un procédé qui, après avoir génialement illustré une grande collection de disques, a non moins génialement illustré une collection de science-fiction dont j’espère que mes efforts l’ont portée à la même hauteur. Quant aux variantes et variations, elles résultent de la disposition des feuilles, parfois tête-bêche, et elles démontrent en tout cas qu’un tel procédé, bien choisi et bien utilisé, est sans égal. (…)

Il est normal qu’on retrouve les mêmes thèmes en alu, en or et éventuellement en cuivre. Il y avait même une version bleue que je n’ai jamais utilisée. En effet, Héliophore ne disposait que d’un catalogue limité de thèmes correspondant à des matrices, et dont la plupart faisaient boite de chocolat. je choisissais donc les meilleures à mon goût en essayant parfois de les faire correspondre au thème général du livre. Entreprise subtile. Il a pu arriver que certaines feuilles aient été présentées à l’envers, ce qui expliquerait des différences subtiles. Chaque feuille permettait deux couvertures. L’avantage du procédé, c’était qu’il était possible d’utiliser un stock jusqu’à la dernière feuille, au risque, fréquemment couru, d’avoir plusieurs illustrations pour un même titre. Personne ne s’en est jamais plaint et cela fait aujourd’hui la joie (ou le désespoir) des collectionneurs obsessionnels. Mais les collectionneurs de timbre connaissent bien ça. (…) 

La machine qui produisait les planches Heliophore gravait l’aluminium et contrecollait le carton en même temps. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir plusieurs modèles pour une même feuille. En revanche, elles ont pu être livrées vierges pour repiquage à l’éditeur. Il est alors possible, si l’imposition l’autorise, que certaines feuilles aient été positionnées « tête en bas » dans la machine, auquel cas certaines séries de couvertures pourraient être différentes. Ce n’est pas de l’alu « à emballer le poisson ». Je comprends l’analogie, mais il faut rendre justice à ceux qui ont fait vivre ces œuvres. C’est de la haute technologie d’artisanat. Savez-vous que chaque motif était gravé à la main la première fois dans une matrice en plastique par une seule personne ? J’ai vu travailler cet artiste, qui faisait aussi bien les motifs géométriques que les paysages… Et puis petit à petit, les gens se sont lassés, c’est passé de mode… »

Bien évidemment, le contenu de ces livres est lui aussi superbe :

Robert Silverberg – Les monades urbaines
R.A.Lafferty – Autobiographie d’une machine Ktistèque
Philip Jose Farmer – Le fleuve de l’éternité
Philip K. Dick – Coulez mes larmes dit le policier
Philip K. Dick – Ubik

Image d’illustration en tête d’article : « L’Enfer », du réalisateur Henri-Georges Clouzot (1964).

Youngtimer – Lamborghini Countach (1973-1991)

Lorsqu’au début des années 70, on songe chez Lamborghini à remplacer la Miura, on fait encore appel au Styliste Marcello Gandini qui travaille à cette époque chez Bertone. Il prépare pour le Salon de Genève de 1971 un coupé aux formes en coin très futuriste, la LP-500 (Longitudionale Posteriore 5 litri, en référence à la position du moteur de 5 litres de cylindrée). Après le succès rencontré au Salon, un long développement s’engage pour rendre vendable cette simple étude : la cylindrée du V12 retombe à 4 litres pour des raisons de fiabilité et la carrosserie gagne de grosses prises d’air. La LP 400 est enfin proposée à la vente en 1973, sous le nom de Countach, mot qui signifie « fabuleux » dans le dialecte milanais.

LP 400 (1973-82) : Mais la crise est là et les caisses se vident ; Ferrucio Lamborghini quitte l’entreprise qu’il a créée et la Countach va pâtir de la période de trouble qui s’ensuivra. Le véhicule dispose d’un moteur V12 de 3929 cm3 développant 375 ch. Le moteur est inséré axialement, contrairement à la Miura. La boîte de vitesses à cinq rapports est placée devant le moteur, et de là l’arbre primaire traverse le carter d’huile pour atteindre la transmission arrière. Contrairement au monocoque de la Miura, la Countach a un châssis treillis (tubulaire), mais la carrosserie est toujours signée Bertone. Le pare-brise est extrêmement plat et les portes « coléoptère » s’ouvrent en quart de cercle vers l’avant, parallèlement à la carrosserie.

LP 400S (1978-82) : Après divers changements de propriétaires pour Lamborghini, la Countach voit enfin sa puissance et son image remonter. Cette nouvelle version fut conçue essentiellement pour obtenir une meilleure adhérence au sol, qui était portant déjà excellente. La suspension fut révisée afin de pouvoir monter des pneus à profil surbaissé ; on monta de nouveaux moyeux plus grands et des freins à disque de diamètre supérieur ; le spoiler fut redessiné, comprenant les prises d’air des freins et deux phares (clignotant et feux de route). Le museau plus large et un gain de poids eurent pour conséquence de faire perdre quelque 25 km/h à la S par rapport à sa devancière, mais elle y gagna en tenue de route. La Countach S fut présentée au Salon de Genève de 1978 et fut produite en parallèle à la version normale. Elle fit immédiatement sensation, mais ne permit pas à Lamborghini de sortir des problèmes financiers, certains fournisseurs refusant de livrer la moindre pièce tant que les factures impayées n’avaient pas été réglées. Les puristes estimèrent que l’aileron, en option, et monté surtout sur les modèles exportés aux USA, gâchaient quelque peu la ligne latérale de la voiture. Surtout qu’il n’apportait rien à l’excellente tenue de route de la S.

LP 500S (1982-85) : La Countach originale était une création de l’ingénieur Paolo Stanzani. En 1980, Stanzani céda la place au famaux Giulio Alfieri, l’ancien ingénieur en chef de Maserati. Pour ce dernier, comme il l’avait démontré avec la Maserati Bora, un berlinette à moteur central pouvait être une machine docile et civilisée. La conséquence de cette nouvelle politique fut la Countach LP500S présentée à Genève en 1982. Le V12 avait une cylindrée portée à 4,75 litres. Il développait la même puissance de 375 ch, mais à 7000 tr/mn. Le couple suivait la même évolution et passait de 37 mkg à 5500 tr/mn à 42 mkg à 4500 tr/mn. En même temps, la garde au sol avait été relevée de 3 cm. Le résultat était une machine plus pratique et plus docile. Heureusement, la géniale carrosserie dessinée par Marcello Gandini conservait tout son pouvoir de fascination.

LP 5000QV (1985-88) : En 1985, la Countach se voit améliorée pour une troisième fois. Le nouveau moteur passe à 5,2 L et reçoit quatre soupapes par cylindre : « QV » signifie « Quattro Valvole » en italien. Les carburateurs sont déplacés au-dessus du moteur, ce qui nécessite une bosse dans le capot moteur, réduisant de beaucoup la visibilité arrière, déjà médiocre. Certains des panneaux de carrosserie en aluminium sont remplacés par des panneaux en Kevlar. Dans la version américaine de la LP 5000 QV, le moteur sera à injection. Les seules options disponibles sont l’aileron arrière et un système audio.

Édition 25e anniversaire (1988-91) : Cette édition est créée en l’honneur des 25 ans de la compagnie. Mécaniquement parlant, le véhicule est très semblable à la LP 5000 QV. Les différences marquantes sont dans la carrosserie. Les entrées d’air sont redessinées et sont plus grosses que les précédentes. Les jupes latérales ont changé de forme, permettant à un plus grand volume d’air d’entrer dans le moteur (un problème sur les versions précédentes). Les feux arrières sont plus étroits. Cette version est la dernière produite, la Lamborghini Diablo ayant été mise en production en 1990.

Caractéristiques Techniques : Voir notice ci-dessous.

Prix du modèle neuf en 1983 : 577.500 F soit 191.979 € avec 118 % d’inflation.

Cote actuelle : USA : 200.000 € ; Europe : 300.000 €.

Film – Un Monde Sans Pitié (1989)

Ce film d’Eric Rochant, est une comédie dramatique qui brosse avec talent le portrait d’un jeune homme désabusé, revendiquant sans complexe son droit à la paresse hérité de la «Bof-génération», celle apparue à la fin des années 1950 et arrivée à l’âge adulte après les événements de mai 1968, qui est devenue «incapable de trouver la passion dans un monde sans émotion». Il semblerait que de nos jours, cette dernière ait plus ou moins disparu pour laisser la place à la « LOL génération », où le domaine d’expression de la critique de la société est passé de la rue à internet. À moins qu’il ne s’agisse de la « BEAUF génération », complètement auto-centrée et devenue addict aux smartphones, aux réseaux sociaux ainsi qu’à la télé-réalité.

Incarné par un Hippolyte Girardot parfait dans son rôle d’anti-héros, Hippo rêve d’un idéal féminin, mais veut garder sans vergogne son statut de glandeur professionnel et de parasite de la société. Il assiste sans espoir au déclin d’une France dominée par la crise économique et sociale, un monde en changement où l’amour reste la dernière aventure salutaire. On se souviendra du monologue d’introduction censée refléter la pensée d’Hippo : « Si au moins on pouvait en vouloir à quelqu’un. Si au moins on pouvait croire qu’on sert à quelque chose, qu’on va quelque part. Mais qu’est-ce qu’on nous a laissé ? Les lendemains qui chantent ? Le grand marché européen ? On n’a que dalle, on n’a plus qu’à être amoureux, comme des cons. Et ça, c’est pire que tout. »

L’histoire :

Hippo vit au jour le jour de parties de poker occasionnelles et des magouilles de son frère Xavier (Jean-Marie Rollin), lycéen sur lequel il est sensé veiller, mais qui trafique du shit et invite régulièrement ses amis à des soirées dans leur grand appartement parisien. Sa routine est troublée par les appels de Francine (Cécile Mazan), une femme plus âgée que lui auprès de laquelle il va parfois chercher un peu de tendresse et de réconfort lorsqu’il est au creux de la vague sentimentale. Hostile à toute forme de changement, décidé à rester volage, il tombe cependant amoureux de Nathalie Rozen (Mireille Perrier), une brillante normalienne qui est son opposé, à la fois arriviste dans sa vie professionnelle et sentimentalement coincée. Le choc de leurs deux modes de vie met du piment dans leur rencontre mais révèle l’impossibilité pour Hippo de partager ses sentiments, peurs et espoirs. Alors il se console en traînant ses guêtres avec Halpern (Yvan Attal), son ami d’infortune qui lui aussi est un brin désabusé avec les filles («En ce moment, les nanas elles délirent, elles supportent plus les branleurs. Faudrait tous qu’on devienne des youppies putain»)…

On trouve dans ce film un certain romantisme, comme la célèbre scène de la tour Eiffel qu’Hippo simule éteindre en claquant des doigts à minuit pour épatter sa belle, ou encore, les plans à la robert Doisneau évoquant deux amoureux marchant enlacés au milieu d’une rue parisienne au petit matin. Ce film devenu culte reflète la désillusion des jeunes, avec en fond, la triste absence de vision de nos dirigeants, incapables de mettre en œuvre des projets d’avenir qui portent le peuple grâce à des idéaux moins terre à terre que la consommation et le fric. Comme le dit un vendeur de journaux à Hippo en réponse à sa quête des nouvelles du jour : « Le patronat exploite les salariés, le capital produit de la plus-value et le prolétariat se paupérise. Rien de neuf ». On peut aussi mesurer tout le vide qui sépare Hippo et Halpern de Nathalie et ses amis lors d’une soirée à son domicile. Un fossé qui s’est creusé encore plus depuis 30 ans pour devenir maintenant un abysse d’incompréhension entre Bo-bos, Bofs, Lols ou Beaufs qui chacun vont de leur discours autiste dans la cacophonie de désinformation ambiante.

Ce film fut couronné César du meilleur premier film en 1990 et César du meilleur espoir masculin 1990 pour Yvan Attal.

Voir sur DailyMotion : « Un Monde sans pitié » par bande-annonce-film ; « Un Monde sans pitié : « Quand la Tour Eifffel s’éteint » par Antoine Beck